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Cours Or & Argent en

* A CONTROLER La clé de la formation du prix de l’or

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Robert Blumen
Extrait des Archives : publié le 09 mars 2018
1610 mots - Temps de lecture : 4 - 6 minutes
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Rubrique : Université de l'or

Dans cette interview exclusive pour Matterhorn Asset Management, Robert Blumen discute des effets d’éléments importants et largement incompris sur le prix de l’or. Il explique pourquoi les statistiques fréquemment citées de la demande en or n’ont aucun lien avec le prix de l’or, et que la production annuelle n’a qu’une très faible influence sur son prix, parce que l’or est accumulé, et non consommé comme les autres marchandises.

Robert Blumen est né en 1964 à Boulder, dans le Colorado. Il a étudié la physique à l’Université de Stanford et l’ingénierie à l’Université de Berkeley, en Californie. Il vit aujourd’hui à San Francisco, aux Etats-Unis, où il travaille sur le secteur technologique en tant qu’ingénieur logiciel, spécialisé dans les applications serveur et l’architecture des systèmes évolutifs. Il éprouve depuis toujours un grand intérêt pour l’école autrichienne d’économie, et est un avide lecteur d’économie et de finance. Ses écrits sur l’or et sur une variété d’autres sujets ont été publiés par Financial Sense, le Ludwig von Mises Institute, LewRockwell.com, The Dollar Vigilante, la lettre Gloom Boom and Doom de Marc Faber, ainsi que d’autres sites financiers.

Lars Schall : M. Blumen, comment vous êtes-vous intéressé au sujet de l’or en général ?

Robert Blumen : Deux évènements m’ont influencé dans les années 1970 et 1980. Nous avons traversé une période de très forte inflation aux Etats-Unis. Le président Nixon a imposé des contrôles sur les salaires et les prix dans l’idée erronée, ou peut-être cynique, de combattre l’inflation. Le successeur de Nixon, le président Ford, a distribué ces macarons idiots qui disaient « Whip Inflation Now ». Je me rappelle avoir vu un jeune homme à la télévision qui accusait un magasin de crime économique pour avoir rehaussé le prix de l’un de ses produits. Et pour ça, il a reçu une sorte de récompense.

Le deuxième évènement a été la bulle du marché de l’or de la fin des années 70. Et puis Reagan est arrivé avec Paul Volker, dont il a hérité de l’ancien président, Carter. Je ne leur prêtais pas trop d’attention à l’époque, mais je me souviens de la très forte hausse de l’or.

Les deux se sont joints pour avoir sur moi une influence de long terme. Depuis cette époque, j’ai toujours été curieux au sujet de l’inflation. Ce qui m’a finalement poussé à m’intéresser à l’économie en général. J’ai beaucoup de chance d’avoir entendu parler de l’école autrichienne d’économie. J’ai commencé à lire à son sujet au lycée. L’école autrichienne place l’or à la base du système monétaire, et explique le rôle qu’il a pu jouer au fil de l’histoire humaine.

L.S. : L’intérêt croissant pour l’or a récemment été souligné dans un rapport publié par l’Official Monetary and Financial Institutions Forum (OMFIF), intitulé Gold, the renminbi and the multi-currency reserve system. Je trouve ce rapport remarquable pour diverses raisons. Êtes-vous d’accord ?

R.B. : Ce rapport suggère que le système monétaire international accordera un jour plus de reconnaissance à l’or en tant qu’actif de réserve. Je pense que, de façon informelle, ce soit déjà le cas. Les signes en sont nombreux. Les banques centrales sont passées de vendeuses à acheteuses ces dernières années.

Pour ce qui est de la sphère intellectuelle, un consensus y est présent depuis de nombreuses décennies qui veut que l’or ait été détaché de manière permanente de son rôle monétaire. Les élites discutent de plus en plus de l’or en tant que métal monétaire. Il y a déjà quelques années, l’économiste Benn Steil a écrit un article d’opinion pour le Financial Times (extrait ici), qui suggère que l’étalon or global ait mieux fonctionné que le système actuel de devises flottantes. Robert Zoellick, qui dirigeait à l’époque la Banque mondiale, a lui-aussi écrit il y a quelques années un article favorable à l'or pour le FT.  

L.S. : Quelle opinion avez-vous de la Chine ?

R.B : La perception populaire de la Chine veut qu’elle soit un poids lourd économique en passe d’éclipser les économies du monde développé. Pourquoi ? Parce que ses planificateurs centralisés ont opté pour une stratégie de croissance des exportations. Beaucoup perçoivent aujourd’hui cette stratégie comme la cause de la déficience de la Chine en matière de consommation domestique, et pensent nécessaire pour le pays de se tourner vers une croissance alimentée par la consommation, une tâche qui sera également effectuée par les mêmes planificateurs centralisés au travers de plans quinquennaux soigneusement planifiés.  

Je pense que cette opinion est mal fondée. La Chine demeure largement une économie centralisée, et nous savons de l’économiste Ludwig von Mises que les planificateurs centralisés sont incapables d’allouer des ressources correctement.

L.S. : Pourquoi pas ?

R.B. : Mises a écrit un article en 1920, qui est devenu une thèse célèbre et très controversée débattue des décennies durant. Il était intitulé Economic Calculation in the Socialist Commonwealth, et est accessible gratuitement sur le site de Mises.

Si vous avez une économie au sein de laquelle les gens produisent des biens de consommation de leurs propres mains, il est possible d’avoir une planification centralisée. Mais Mises tente d’expliquer la croissance économique qui s’est développée au travers du monde à partir des villages pour que naissent les économies modernes où des millions de produits sont disponibles et où le travail est divisé. Comment cette croissance est-elle apparue ? Le processus requiert le développement de relations complexes entre les biens d’équipement, les ressources naturelles et la division du travail.

Dans une économie moderne, le nombre de produits qu’il est possible de développer est si large qu’il est impossible de l’imaginer. Et le nombre de différentes méthodes de production pour un même bien est incalculable. Prenons l’or, par exemple – découvrir un gisement d’or est très complexe. Il existe plusieurs moyens d’y parvenir. Champs magnétiques, chimie, électricité, forage. Comment forer, et où ? Le gisement doit-il être exploité à ciel ouvert ou sous terre ? Une estimation de ressources doit-elle être établie avant que commencent les activités d’exploitation sur une veine ? Et qu’en est-il de la métallurgie, de la chimie ? Du type d’énergie électrique ? De la main d’œuvre ? Faut-il raffiner le métal sur place, ou simplement l’y raffiner partiellement ? Construire des routes, des voies de chemin de fer, ou transporter le minerai par bateau ? Des millions de décisions doivent être prises, et chaque détail doit être pris en compte jusqu’à la location ou l’achat de machines spécifiques et l’emploi de salariés individuels.

Pour Mises, toutes ces décisions de production peuvent uniquement être prises sur une base de prix. Il note que les prix des biens d’équipement sont cruciaux aux décisions de production. Contrairement à ce que nous ne cessons de lire dans les actualités financières au sujet de la consommation comme clé de la croissance économique, les dépenses en biens d’équipement représentent le plus gros des dépenses totales.

Ce sont les prix qui permettent l’établissement d’une comptabilité, qui rendent possible le calcul de rendements et de pertes. Dans un système d’économie de marché, les décisions importantes sont prises sur la base des rendements et des pertes anticipés, ou de la différence entre les prix tirés des ventes et les coûts.

Mises a su percevoir que les prix des biens d’équipement ne peuvent être un outil significatif de l’allocation de ressources que s’ils sont établis au travers d’un processus compétitif entre divers entrepreneurs. Les entrepreneurs doivent choisir combien ils souhaitent dépenser pour acheter des immobilisations spécifiques et employer la main d’œuvre dont ils ont besoin. Les entrepreneurs exposent leur capital au risque, et peuvent en tirer des profits ou générer des pertes.

La diversité des entrepreneurs est la clé de tout ça. Chaque firme ou société a une vision unique de son propre marché, qui peut être très détaillée et basée sur plusieurs années d’expérience. Mises a également noté que chaque entrepreneur a sa propre idée de ce que souhaitent les consommateurs. Le marché est un processus décentralisé au sein duquel un entrepreneur développe le meilleur plan d’action pour un bien particulier, et est en position de déterminer comment ce bien est utilisé.

Je travaillais autrefois pour une société qui appartenait au sous-secteur d’un sous-secteur. Il existe peut-être une demi-douzaine de personnes dans le monde qui comprennent notre industrie, peut-être même moins. Le monde entier est peuplé d’experts qui comprennent en détails une industrie ou un produit particulier.

Imaginez-vous que nous aurions des iPhones et des Kindle si l’industrie de la technologie avait été planifiée par un comité centralisé ? Avant l’iPhone, la compétition dans l’industrie mobile consistait majoritairement en le nombre de minutes qu’il était possible de téléphoner en semaine ou le weekend. Quand Steve Jobs a décidé de développer l’iPhone, il a risqué 150 millions de dollars de l'argent de ses actionnaires et pris d'assaut l'industrie mobile américaine, qui ne voulait pas qu’un téléphone vienne voler la vedette à ses forfaits mensuels.

La planification centralisée annule ce genre de compétition. C’est là le problème identifié par Mises. Il n’existe aucun moyen de remplacer ce processus compétitif par un planificateur ou un comité centralisé. Un comité centralisé ne peut pas entrer en compétition contre lui-même pour tenter d’acquérir des biens et des employés particuliers. Ce ne serait que l’équivalent de se taper la main gauche avec la main droite. Il serait possible d’assigner de faux prix aux ressources et de prétendre calculer les meilleurs projets, mais les nombres qui en ressortiraient ne seraient pas des prix, mais simplement des nombres arbitraires qui ne reflèteraient pas le meilleur usage des ressources productives. Pour Mises, un planificateur central n’a aucune raison de prendre des décisions économiques, même si le processus ne finit pas par être entièrement politisé, ce qu’il finit toujours par devenir.

 

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