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Économie réelle et patriotisme économique

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Publié le 21 décembre 2011
684 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
( 15 votes, 4,6/5 ) , 2 commentaires
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Tandis que la France enregistre une nouvelle hausse du chômage et voit son triple A menacé par les agences de notation, la classe politique multiplie les propositions pour sortir de la crise. De l'UMP au Parti socialiste, du Front national au Parti de gauche, un seul mot d'ordre : défendre l'économie réelle, génératrice d'emploi, contre les « dérives » de l'économie financière et la concurrence « déloyale » des pays émergents. C'est séduisant, ça sonne bien, mais ce n'est pas si simple.



De l'économie « réelle » aux réalités de la finance


            Cela fait plusieurs années déjà que les politiques français envisagent une taxation des transactions financières, et aujourd'hui d'autant plus que le projet en a déjà été adopté par la Commission européenne en septembre et par le Sénat en novembre. Il existe un large consensus en France sur la nécessité d’adopter une telle taxe – abusivement baptisée « taxe Tobin », du nom de cet économiste keynésien qui en 1972 ne suggérait de taxer, rappelons-le, que les transactions monétaires, c’est-à-dire la conversion de montants d’une monnaie à une autre sur un marché au comptant.


            L'ennui, c'est que les mesures destinées à limiter la spéculation financière pourraient bien se retourner in fine contre l'économie dite « réelle », pourtant censée tirer profit du dispositif. Comme l'a expliqué le chroniqueur économique Alexandre Delaigue dans Libération – quotidien peu réputé pour sa complaisance envers les traders –, une taxe sur les transactions financières (TTF) ne pourrait empêcher la formation de bulles spéculatives et accroîtrait au contraire la volatilité des cours, le regroupement des transactions permettant d'atténuer la pression fiscale sur les marchés.


            De plus, être assujetti à une taxe ne signifie pas que l'on s'en acquitte : il est à craindre en effet que la TTF, comme la TVA et selon un mécanisme analogue, soit répercutée sur les derniers maillons de la chaîne, à savoir les ménages. À trop vouloir défendre l'économie « réelle », on se heurte aux réalités de l'économie financière.



Acheter français ?


            N'importe : les politiques français tiennent à traquer les spéculateurs, ne serait-ce que pour faciliter la reconstitution du tissu industriel français. Et pour y parvenir, les propositions ne manquent pas : de l'assouplissement des 35 heures à la valorisation du « Made in France », en passant par les allègements fiscaux et les taxes de réciprocité, tout est bon – ou paraît l'être – pour « réindustrialiser » l'Hexagone.


            Mais l'argument protectionniste doit être employé avec précaution. Car si les Français sont nombreux à prôner le patriotisme économique, ils sont plus nombreux encore à s'inquiéter pour leur pouvoir d'achat. Les ménages se souciant moins d'« acheter français » que d'acheter ce qu'ils peuvent, le patriotisme économique restera probablement une coquetterie de « consomm'acteur » – quelque part entre le « commerce équitable » et les céréales « bio ».


            Par ailleurs, les Français ne savent pas ce qu'ils veulent : si le protectionnisme leur paraît une réponse efficace à la concurrence des pays émergents, la TVA sociale – aussi appelée taxe anti-délocalisation – est à leurs yeux synonyme de vie chère. Au mauvais protectionnisme, qui appauvrit les ménages, répondrait le bon protectionnisme... qui appauvrit les ménages tout autant ! Comment les candidats trouveront-ils le chemin de l'Élysée dans ce labyrinthe de contradictions ?


            Aussi longtemps que l'on pourra se dire partisan du protectionnisme sans en payer le prix, la mondialisation – qu’elle se manifeste par des transactions financières ou par des échanges de biens – restera ce phénomène dont on peut à la fois dénoncer les méfaits et récolter les bénéfices, à savoir, d’une part, la possibilité pour les entreprises de trouver les financements nécessaires à leur développement, et d’autre part une baisse générale des prix rendant accessibles à la majorité des consommateurs les biens et services longtemps réservés à une minorité de nantis. C’est ce qui s'appelle avoir le beurre, l'argent du beurre, et le sourire d'Adam Smith.


            Mais surtout, peut-on à ce point s'aveugler sur la réalité et prétendre distinguer l'économie « réelle » des abstractions spéculatives ? En politique, oui. C'est toute la magie de la rhétorique.

 

 

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Nils Sinkiewicz est le principal rédacteur du blog catholique et libéral "Marché Gris", qui propose au public analyses et réflexions sur l'actualité socio-économique
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Quand la sottise est considérée patriotique, il est dangereux d'être intelligent

Isaac Asimov
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Ah, l'évolution de la sémantique. Avant on disait "Réchauffement de la planète", maintenant on dit "dérèglement climatique", la réalité étant ce qu'elle est. L'objectif était de taxer l'air que l'on respire.

Tobin ayant lui même affirmé que son projet de taxe dite "Taxe Tobin" sur les transactions financières n'était pas une bonne idée, la Taxe Tobin n'exite plus, on doit désormais dire "Taxe sur les transactions financières"

L'objectif est le même, en tout état de cause. Trouver coute que coute un système de taxation de quelquechose au niveau mondial, qui permettra de créer une bureaucratie mondiale pour le gérer, qui se transformera un jour en gouvernement mondial.

Rien que pour cela, il faut combattre cette taxe imbécile.
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