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“L’impérialisme américain : toute une histoire – 1re partie”, le billet de l’ami Hubert

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Publié le 22 janvier 2018
2512 mots - Temps de lecture : 6 - 10 minutes
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Rubrique : Editoriaux
24hGold - “L’impérialisme amér...
Notre ami Hubert nous livre une belle analyse sur les fondements de l’impérialisme américain, basée sur quelques faits historiques méconnus ici en France car nous connaissons globalement (ce qui est normal) assez mal l’histoire américaine.
Pourtant, comme le disait Mitterrand, « la France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort ».
N’oubliez jamais cette phrase de l’ancien président français, qui n’était ni un complotiste, ni un antiaméricain primaire.
Le billet d’Hubert aide à comprendre ce phénomène en le remettant dans un contexte historique.
Bonne lecture.
Charles SANNAT
Introduction

Je vous offre l’ensemble de mes billets, pour élargir l’étendue de vos réflexions et ainsi augmenter le « champ des possibles », notamment sur le plan de votre patrimoine.

Le fait de citer divers auteurs, parfois (souvent) politiquement incorrects, et généralement peu ou pas cités par les « grands médias », ne signifie pas pour autant que j’approuve la vision qu’ils développent. Étant parfaitement conscient que les avis et positions que j’exprime dans mes billets sont l’expression de ma vérité, je vous donne l’accès à mes diverses sources d’informations, afin que vous soyez en mesure d’avoir une appréciation éventuellement différente de la mienne et ainsi construire VOTRE vérité. La seule qui vaille à mes yeux.

DES FAITS

Mon propos n’est pas de vous faire peur, mais de vous préparer, car c’est en sachant les choses qu’on peut mieux les gérer.Pour bien comprendre les mouvements tectoniques qui agitent le monde d’aujourd’hui, sur le plan politique, économique et sociétal, il est nécessaire de faire un « retour en arrière ». C’est la technique narrative qui est employée par de nombreux metteurs en scène de cinéma, plus connue sous le nom de « flash-back ».Rassurez-vous, chers lecteurs, je ne vais pas vous infliger un cours d’histoire relatif aux États-Unis d’Amérique. Vous connaissez bien maintenant mon attachement au pôôôlitiquement correct… Quoique !!! Il ne saurait donc être question ici de contredire la moindre parcelle de l’histoire offfficielle, mais plus simplement de relever quelques faits et dates du passé américain qui m’apparaissent comme « marqueurs ».Comme « par enchantement » – j’adore cette expression qui nous ramène au monde de l’enfance, de l’imaginaire, du merveilleux, du « tout est possible » –, nous allons découvrir ensemble, pendant quelques semaines, que non seulement des événements récents et actuels « sont logiques », mais encore des projections vers l’avenir deviendront plus claires.

Bien que l’histoire de ce continent remonterait, selon les spécialistes, à une période comprise entre 14 000 et 30 000 ans, je prendrai comme point de départ la colonisation par les explorateurs européens au 15e siècle, dont le plus connu est Christophe COLOMB en 1492. Comme souvent dans l’histoire d’un grand événement, celui-ci commence par quelques approximations. Cristoforo COLOMBO, probablement génois d’origine, serait né entre le 26 août et le 31 octobre 1451. Après quelques expériences maritimes qui l’amènent à retrouver son frère Bartolomeo, alors cartographe à Lisbonne, il se marie avec Filipa MONIZ, issue de la petite noblesse portugaise et, plus important pour la suite, fille du capitaine gouverneur de Porto Santo, ville de l’île de Madère. Toujours est-il qu’il a de multiples occasions de se perfectionner dans la lecture des cartes des vents et celles des courants, déjà établies par la marine marchande portugaise de l’époque.

Carte dite des frères Colomb. Vers 1490

À cette époque, celle-ci est présente sur « toutes les mers du monde » et notamment sur la route maritime des Indes pour le commerce des épices. Notre « ami Cricri », je me permets cette amicale familiarité car je me sens d’humeur à soutenir cet aventurier, qui a 33 ans, va rencontrer le Roi du Portugal Jean II, et lui demande de sponsoriser une expédition permettant de créer une route plus courte pour rallier les Indes et ses richesses. Hélas, le projet ne retient pas l’attention du monarque. Sans doute parce qu’il venait de tester la dernière application « PDB » de la déjà célèbre marque à la morue… ??

Effectivement, je comprends votre interrogation ! « Mais qu’arrive-t-il à notre ami Hubert ? La carence en vitamines D, que lui impose son pourtant court séjour parisien, lui aurait-il causé quelques troubles de l’expression ? Le pauvre, j’espère qu’il va rapidement s’en remettre, son histoire commençait à m’intéresser !!! »

Merci chers lecteurs de vous inquiéter ainsi de mon état mental et de ma santé. Ces preuves d’amour me font chaud au cœur et m’incitent à poursuivre mes recherches. Oui, recherches nombreuses, autant que la lecture de « quelques pavés » nécessaires à la rédaction de cette série de billets consacrée au décryptage de notre actualité. Je vous rassure sur mon état de santé et vous traduis cette phrase «bizarre ».

Le Roi Jean II n’a pas accepté la proposition de Cricri Colomb, car elle était en totale contradiction avec les résultats affichés sur son écran et calculés par cette fameuse appli « PDB » qui signifie, en portugais, « Pasteis De Bacalhau » et en français « beignets de morues ».

Cette appli PDB du 15e siècle est « l’ancêtre » de notre appli GPS actuelle !!!! Je me dois de vous préciser que les Portugais préfèrent et ce, encore aujourd’hui, la morue (bacalhau)…à la pomme, d’où cette habitude de « célébrer » le plus possible ce si délicieux poisson. Vous voyez bien que nos môôôdernes publicitaires ont tout simplement essayé de plagier les Portugais du 15e siècle, époque où la « célèbre marque à la morue » était beaucoup plus logique, patriotique et justifiée que de se pâââmer aujourd’hui devant « la célèbre marque à la pomme ».

Pour toujours « vendre plus », être réduit à la rendre très apparente sur le dos de l’écran de ses iPads et autres iPhones, de peur d’être confondue avec… Une morue ?? C’est un monde !!!  Futilité, quand tu nous tiens.

Mais revenons à la suite des tribulations de Cricri l’explorateur des temps anciens. Têtu comme il l’était, il va voir les souverains voisins, j’ai nommé Isabel de Castille et Ferdinand d’Aragon, plus connus sous l’appellation des « Rois Catholiques ». Ce point est important à retenir, car nous sommes au moment précis de l’histoire espagnole où ces deux souverains viennent de « bouter les musulmans » hors d’Europe en leur reprenant leur dernier émirat de la péninsule ibérique, celui de Grenade, partie intégrante du territoire al-Ándalus, qui a donné son nom à l’actuelle Andalousie. Cette période de reconquête du territoire espagnol au nom de la religion chrétienne est glorifiée sous le terme de « Reconquista ». L’ami Christophe va jouer très habilement auprès de la Reine Isabel non seulement la carte d’une nouvelle route commerciale plus courte, mais aussi, au nom de Dieu et pour le rayonnement de la couronne d’Espagne, la christianisation des peuplades de ces nouvelles terres inconnues. Ce point est à garder en mémoire. De même, le fait que depuis 1478, Isabel de Castille a obtenu du pape Sixte IV la bulle créant l’inquisition espagnole, juridiction spécialisée pour faire la chasse aux hérétiques.

Toujours est-il que le 3 août 1492, le capitaine Cricri embarque avec 90 marins sur trois navires (la Niña, la Pinta et la Santa Maria), pour débarquer le 12 octobre 1492 sur l’île des actuelles Bahamas, qu’il baptise San Salvador (le Saint Sauveur). Depuis cette époque, la fièvre du samedi soir… ? Pardon, je me trompe de film, la fièvre des nouvelles richesses et de l’or attire les colons européens qui ne vont cesser de venir « explorer le nouveau continent » tout au long du 17esiècle. Les Espagnols, mais aussi les Anglais. Les Français ne sont pas en reste, de même que les Hollandais. Bien évidemment, l’établissement de tous ces « nouveaux commerçants » se fait au prix de « quelques massacres » des tribus autochtones amérindiennes. Ces grandes puissances coloniales se mènent une lutte acharnée, notamment les rivales de toujours, la France et l’Angleterre, afin d’établir et agrandir leur pouvoir local. À force de guerres et de tractations politiques, les colons anglais établissent durablement leur domination le long de la côte est du nouveau continent et forment dès lors les historiques « 13 colonies britanniques ». Ce sont ces États fondateurs qui donneront naissance aux 13 bandes horizontales blanches et rouges du drapeau américain.

Cette communauté de colons américains supporte de moins en moins la présence des troupes de leur propre pays d’origine et surtout l’augmentation du nombre des impôts réclamés par la couronne britannique. En réponse aux tracasseries financières et administratives imposées aux « trop riches » colons américains par le pouvoir à Londres, l’incident dit « Boston Tea Party » marque un tournant dans les rapports entre les deux parties. Rappel des faits !

Le Tea Act, voté en mai 1773, exemptait la British East India Company de taxe sur les ventes de thé aux colonies américaines. Grâce à cette loi, la Compagnie remporta le monopole sur la vente de thé en Amérique du Nord face aux autres compagnies étrangères lourdement taxées. Cet événement inquiéta encore plus les colons qui craignaient la fin de la libre concurrence pour d’autres produits. Gardez bien ce point en mémoire.

Le 16 décembre 1773, des navires de commerce de la British East India Company, chargés de thé en provenance d’Asie, rentrent dans le port de Boston. Des colons et des importateurs prennent la décision de jeter la totalité de la cargaison à l’eau, soit 350 caisses, et ainsi lancer un fort message de révolte à Londres. Avec la volonté de défier la couronne, certains ont même pris soin de se déguiser en Indien Mohawok, symbole de la lutte d’un peuple pour sa liberté. Cet événement sera dès lors nommé « la partie de thé de Boston », ou en anglais dans le texte « Boston Tea Party ».

Deux cent trente-six années plus tard… Le 19 février 2009, Rick Santelli, une journaliste financière de la chaîne CNBC, lance sur YouTube l’idée d’organiser une « Tea Party » à Chicago en protestation d’une décision du président OBAMA de débloquer 75 milliards de dollars pour aider les propriétaires endettés à éviter la saisie de leur maison… C’est la naissance du TEA PARTY, mouvement politique contestataire qui s’oppose à l’État fédéral en réclamant plus d’indépendance. Le TEA PARTY a eu trois sénateurs et 60 des 83 nouveaux représentants républicains à l’issue des élections législatives américaines de 2010. Si la référence au mouvement de décembre 1773 semble évidente, il est « amusant » de relever que TEA signifie « Taxed Enough Already », c’est-à-dire, en bon français « déjà suffisamment imposé ». Pas d’amalgame, je vous dis, pas d’amalgame !!!

On estime que c’est le « déclencheur » de la déclaration d’indépendance, qui sera signée le 4 juillet 1776 à Philadelphie, entérinant unilatéralement la sécession avec la couronne d’Angleterre. La France s’engage auprès des colons appelés « insurgents » par les Anglais, notamment Gilbert du MOTIER, marquis de LAFAYETTE, qui à 19 ans, sur ses propres deniers et sans l’autorisation du Roi, rejoint les indépendantistes. La France s’engage ensuite officiellement avec un corps expéditionnaire de 6 000 hommes aux ordres de Donatien-Marie-Joseph, Vicomte de ROCHAMBEAU. Cette aide française, si elle est déterminante pour la victoire américaine, met à mal les finances du roi de France Louis XVI qui va augmenter les impôts, provoquant la grogne d’une partie de la population française, le Tiers-État. Il faudra attendre la signature du traité de Versailles le 3 septembre 1783 pour que l’indépendance des « États-Unis d’Amérique » soit reconnue par les Britanniques.

La révolution américaine intervient donc 16 ans avant la Révolution française. Comparons les motivations qui ont animé ces révolutions. Pour les USA, c’est une protestation de riches colons, de surcroît, pour une grande partie esclavagiste, contre une augmentation de taxe qu’ils jugeaient « inappropriée ». C’est aussi le refus absolu de toute entrave à ce qu’ils considéraient déjà, comme une atteinte à la liberté de commercer selon leurs règles. La libre circulation des marchandises est un des principes fondateurs de la « révolution américaine ». Notons aussi que Georges WASHINGTON est l’un des plus riches planteurs de tabac de Virginie, ayant plus de 300 esclaves noirs à son service. Sur le plan militaire, il se distingue pendant la guerre de Sept Ans, puis pendant la guerre d’indépendance. Après le conflit, il participe à la rédaction de la Constitution des États-Unis et fait l’unanimité du milieu politique. Ses faits d’armes et appartenance à de nombreux cercles de pouvoir, notamment maçonnique, vont l’amener à devenir le premier président des États-Unis d’Amérique.

Pour ce qui est de la Révolution française, comme nous venons de le voir, le financement de la participation de la France à l’accession des États-Unis d’Amérique à l’indépendance, a laissé quelques trous dans les caisses du royaume. De plus, la répartition de l’impôt est très inégalitaire. La noblesse et le clergé en sont exempts, alors que le Tiers-État qui représente 97 % de la population, en supporte l’essentiel. De plus, au niveau du Tiers-État, en fonction de la ville, de la province, du métier, le poids de l’impôt est très différent. C’est donc une revendication d’égalité devant l’impôt qui est au cœur du mouvement contestataire. Lors de la Révolution française, « Liberté, Égalité, Fraternité » fait partie des nombreuses devises invoquées. Dans un discours sur l’organisation des gardes nationales, Robespierre préconise, en décembre 1790, que les mots « Le Peuple Français » et « Liberté, Égalité, Fraternité » soient inscrits sur les uniformes et sur les drapeaux. Son projet ne sera finalement pas adopté.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 mentionne expressément dans son article 1er « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », puis dans son article 6 « Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ». Aujourd’hui, c’est le Conseil constitutionnel qui est le garant de l’application par le législateur du principe d’égalité devant l’impôt.

Un « détail révélateur » de deux cultures difffférentes, ô combien. Le mot « Liberté » apparaît sur le fronton de tous nos édifices publics ainsi que, jusqu’à la mise en place de l’euro, sur une face de toutes nos pièces de monnaie, alors que Georges WASHINGTON a donné son nom à la capitale des États-Unis, à un de ses états, à de nombreux sites et monuments et son portrait, sur les billets de 1 dollar.

Notre révolution a été lancée par et pour le peuple, alors que celle des États-Unis d’Amérique l’a été par et pour des marchands. Ce sont les conséquences de ces deux visions du monde que nous continuerons d’explorer ensemble la semaine prochaine.

Chers lecteurs, prenez bien soin de vous. Je vous aime et vous salue.

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Charles Sannat est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires Il a exercé les fonction de directeur des études économiques de la société Aucoffre.com de 2012 à 2015, et créé le Contrarien Matin un site de « décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique ». Il a fondé en Septembre 2015 le site Insolentiae.com et se consacre depuis pleinement à ce nouveau projet éditorial.
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