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Lorsque le
gouvernement s'approprie votre maison ou votre terrain, les
sociaux-démocrates s'empressent de justifier le geste en invoquant le
bien commun. Lorsque c'est au tour des banques, des producteurs
d'électricité et de pétrole d'être
expropriés, ils invoquent encore le bien commun, mais en prenant soin
de banaliser le geste, plutôt gros, en le qualifiant de «
nationalisation » et en tentant de nous faire croire qu'il en va
de notre intérêt. Enfin, le gouvernement s'approprie votre
argent quotidiennement par l'entremise des taxes et impôts toujours
avec l'approbation des sociaux-démocrates qui en redemandent.
Le gouvernement
annonce partout, avec notre argent, que « Piquer, c'est voler!
», mais jamais il ne vient à l'esprit des
sociaux-démocrates que taxer constitue également un vol. Ils
vous diront que prendre l'argent ou le bien des autres est justifié en
autant que c'est pour le bien commun ou qu'il s'agit du désir de la
majorité. Or, ces justifications ne tiennent pas. Un vol commis par un
individu ou une majorité n'en est pas moins un vol et le bien commun
n'existe que parce qu'il est imposé. Un bien imposé n'est pas
un bien, mais la dictature du bien et en tant que telle, il s'agit d'abord et
avant tout d'une dictature. La social-démocratie est l'opposée
de la morale. Ceux qui y participent en sont complices.
Analogies
Les
sociaux-démocrates se battent entre eux pour savoir qui est le plus
juste. Ainsi, le gouvernement américain cherche à mener une
guerre préventive, mais d'autres sociaux-démocrates de par le
monde protestent, car ils ne considèrent pas que cette guerre
répond à ce critère. Toutefois, beaucoup de ces
protestataires adorent la discrimination préventive. Comment expliquer
l'apparente contradiction? En effet, quelle est la différence entre la
guerre positive et la discrimination positive?
Les gouvernements sociaux-démocrates adorent tout ce qui est positif:
une bonne discrimination, qui privilégie, une discrimination «
renversée », réparatrice, qui corrige la
soi-disant sale discrimination tout autant qu'une bonne guerre
préventive qui corrige un mal soi-disant plus grand. Ils protestent
lorsque c'est trop évident, mais ils devraient se regarder dans le
miroir et se demander quelle est la différence entre une intervention
militaire et une intervention sociale. Les deux sont pour une certaine
idée du bien, les deux désirent corriger un mal, réel ou
non, par le mal.
Combattre la discrimination par la discrimination procède de la
même logique que répondre à la violence par la violence.
Avec des armes à la main, ceux qui revendiquent la bonne
discrimination risquent fort de revendiquer la bonne guerre. Les deux
s'appuient sur des maux présumés et les deux sont une violation
de propriété. La guerre agresse les hommes et leurs biens,
alors que c'est en soutirant l'argent des individus qu'est établie la
discrimination dite positive. Dans ce dernier cas, le vol est certain, dans
l'autre, la mort et la destruction sont probables.
L'envahisseur
Le socialisme envahit
nos vies depuis quelque 150 ans. Partout le vol est commis au nom de la
démocratie et partout une majorité y participe. Voler du pétrole
en particulier ou de l'argent en général, c'est du pareil au
même. Si vous protestez pour l'un, pourquoi ne pas protester pour
l'autre? De plus, il n'est pas du tout sûr que le gouvernement
américain se bat pour du pétrole, ce pourrait être la
peur et elle seule qui l'y conduit. Toutefois, il est certain que plusieurs
des individus qui ne veulent pas d'intervention militaire aiment bien, par
ailleurs, les autres interventions gouvernementales.
Ceux qui se plaignent de l'une, devraient également se plaindre des
autres interventions. C'est facile de se dire pour la paix lorsqu'on n'a en
tête que l'agression physique, mais lorsqu'on encourage, par ailleurs,
le vol, on ne peut prétendre davantage favoriser la paix. Tuer est
plus grave que voler, mais l'un ne peut être justifié par
l'autre. Si vous voulez la paix, c'est l'un et l'autre que vous devez exigez.
Regardez ce qui se
passe en Argentine. Les Argentins émigrent par milliers car leur
gouvernement les a volé à tour de bras. Au début, ils
s'en sont pris aux banques, comme nous nous en prenons aux
pétrolières, pour réaliser peu à peu que le
véritable coupable est leur gouvernement. Toutefois, ayant l'esprit
trop lavé par le socialisme, plusieurs demandent à leur
gouvernement d'intervenir, sans trop savoir sur quoi et sur qui, pour
corriger la situation.
C'est un peu à l'image de cette femme battue par son mari qui se
plaint, au courrier du coeur, qu'il a beau être violent avec elle et
les enfants, elle ne peut s'en passer car elle l'aime. Continuez à
jouer le jeu de la démocratie et vous serez soumis aux diktats de ceux
à qui vous demandez de vous représenter. La vie sans
gouvernement est non seulement possible, mais elle est souhaitable. Sur ce
point, les marxistes avaient raison, mais est-il besoin de vous rappeler
qu'ils ont établi un État monstrueux, soit le contraire de ce
qu'ils visaient? Cela était à leur image de la même
manière que c'est à l'image des sociaux-démocrates
d'aujourd'hui.
Démocratie /
Politique
La
démocratie est légitime lorsqu'elle est appliquée
à des associations dont on est libre de se retirer en tout temps. Elle
est donc inapplicable à l'ensemble d'une société, car
elle dérive inévitablement vers la social-démocratie,
c'est-à-dire un régime qui considère l'appropriation
comme étant légitime. La social-démocratie engage tout
le monde malgré la volonté contraire de plusieurs et bafoue
quotidiennement la propriété des gens. Ceux qui y participent
ne peuvent prétendre à la morale et lorsque celle-ci est ainsi
bafouée et ridiculisée, c'est également la ruine
économique qui les attend. Cela peut prendre quelques
générations, mais ça viendra.
Les sociaux-démocrates qui se promènent de par le monde en
professant la supériorité morale de la démocratie sont
à l'image des apôtres d'hier qui prêchaient la bonne
nouvelle. Le problème, c'est que leurs suggestions se sont trop
souvent avérées des exigences. Lorsque le choix qu'il nous
reste est de type « crois ou meurt » ou «
adhère ou meurt », il ne s'agit plus de
philosophie, mais de dictature. Une monarchie peut être de beaucoup
supérieure à la démocratie non pas parce que le
souverain règne de par son sang, mais parce qu'il peut offrir à
son peuple les libertés qui lui permettent de s'épanouir.
Ce n'est pas la démocratie qui est importante, mais les
libertés qu'elle sous-tend. C'est surtout la peur qui conduit les
hommes à brimer les libertés. À force de chercher la sécurité,
l'individu se soumet jusqu'à l'emprisonnement, voire l'esclavage. Tant
et aussi longtemps que vous imposerez votre idée du bien, l'injustice
sera présente malgré qu'elle ne soit pas toujours
évidente. C'est peut-être un trop haut degré
d'appropriation qui fera tomber la démocratie, mais sa
légitimité n'est pas une question de degré. Il s'agit
d'une question de principe, l'appropriation est un mal peu importe son
but.
Démocratie /
Guerres
La démocratie
n'est rien comparée aux droits de l'homme et ceux-ci, à leur
tour, ne sont rien comparés au respect de la propriété
qui leur a donné naissance. Le respect de la propriété,
c'est d'abord considérer tout individu comme son égal,
c'est-à-dire ne pas l'agresser, ensuite cela signifie ne pas endommager
et voler ce qui lui appartient. Lorsqu'une démocratie veut faire une
guerre qui ne semble pas répondre au critère de légitime
défense, cela choque. Toutefois, lorsqu'une démocratie soutire
l'argent des individus, cela ne choque guère que les libéraux
(libertariens).
Les sociaux-démocrates imposent leur idée du bien, car ils ont
l'âme du dictateur. Ainsi, je me méfie de celui qui se dit
social-démocrate tout en voulant la paix, car ou bien il ne se rend
pas compte qu'il est lui-même un voleur ou bien qu'il considère
le vol comme étant légitime. Dans ce cas, il tente de se
justifier en disant que c'est un bon voleur, type Robin des bois, qui prend
des riches, nécessairement voleurs à ses yeux, pour donner aux
pauvres qui, à ses yeux toujours, ne peuvent faire de mal. Si ce
n'était qu'ignorance, un libéral pourrait lui pardonner, mais
s'il s'agit d'une mauvaise volonté, alors il doit être combattu.
Il ne faut pas se surprendre que plusieurs dictateurs se disent
démocrates. Hitler n'était-il pas un produit de la
démocratie? Lors des deux dernières décennies, les
ex-dirigeants des pays communistes ne se sont-ils pas convertis en
sociaux-démocrates? Ces derniers mois, Saddam Hussein et Fidel Castro
se sont revendiqués de la démocratie, car ils voient bien
qu'entre leur régime et ce que l'Occident considère comme la
forme achevée du politique, il n'y a qu'un pas. Combien de gens d'ici
n'avez-vous pas entendu parler en bien du régime castriste car il offre
des systèmes de santé et d'éducation tout comme dans nos
démocraties? Castro fait le bien que désirent tous les
sociaux-démocrates sans que ces derniers aient à voter. Or,
n'est-ce pas un progrès par rapport à notre démocratie?
Pas besoin de se déplacer pour voter, Castro & Cie. savent ce qui
est bon pour les individus.
Ce sont des dictateurs éclairés que souhaitent, sans le dire,
tous les sociaux-démocrates. Ces dictateurs ne déplorent-ils
pas, comme eux, les guerres préventives? Les sociaux-démocrates
sont beaucoup plus près, en pensée, de ces dictateurs qu'ils ne
voudront jamais l'admettre, mais entre agresser quelqu'un pour son bien et le
voler pour son bien, le seuil à franchir est effectivement très
petit. Ce bien se fait nécessairement au détriment des autres
et c'est pour cette raison que je dis que la social-démocratie est
portée à disparaître, car le premier moteur de l'homme de
raison est l'éthique. Toutefois, le véritable premier moteur
est le désir, mais on fait ce qu'on peut.
André Dorais
André
Dorais a étudié en philosophie et en finance et vit à
Montréal.
Les vues présentées par l’auteur sont
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