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15 Novembre 1923 : la fin de l’hyperinflation Allemande

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Extrait des Archives : publié le 21 février 2014
1488 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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Rubrique : Histoire de l'or

 

 

 

 

Le 15 novembre 1923, un pas en avant décisif a été pris dans l’espoir de  mettre fin à l’hyperinflation dans la République de Weimar : la Reichsbank, la banque centrale Allemande, a cessé de monétiser la dette du gouvernement, et un nouveau moyen d’échange appelé Rentenmark est entré en circulation en parallèle au Papiermark. Ces mesures ont permis de mettre fin à l’inflation, mais le pouvoir d’achat du Papiermark s’en est trouvé complètement ruiné. Pour comprendre comment et pourquoi cela a pu se produire, il faut se pencher sur ce qui s’est passé juste avant la première guerre mondiale.

 

Depuis 1871, le mark était la monnaie officielle du Reich Allemand. Avec l’arrivée de la première guerre mondiale, la possibilité d’échanger des Reichsmarks contre de l’or fut suspendue le 4 août 1914. Le Reichsmark soutenu par l’or devint le Papiermark. Initialement, le Reich finançait ses guerres en émettant de la dette. La dette publique totale est passée de 5,2 milliards de Papermarks en 1914 à 105,3 milliards en 1918 [1]. En 1914, la quantité de Papiermarks en circulation était de 5,9 milliards, contre 32,9 milliards en 1918. En août 1914 et novembre 1918, les prix des biens à la consommation au sein du Reich ont augmenté de 115%, et le pouvoir d’achat du Papiermark a été divisé de plus de moitié. Sur la même période, le taux de change du Papiermark a été déprécié de 84% contre le dollar.

La nouvelle République de Weimar faisait face à des épreuves économiques et politiques sans précédent. En 1920, la production industrielle ne s’élevait plus qu’à 61% de son niveau de 1913, et elle a perdu 54% supplémentaires en 1923. Les pertes engendrées par le Traité de Versailles ont diminué la capacité de production du Reich : il a perdu 13% de son territoire, et 10% de la population Allemande vivait désormais hors de ses frontières. L’Allemagne a également eu à payer des dédommagements. Plus important encore, le nouveau gouvernement voulait plus que tout répondre aux demandes de ses électeurs. Puisque les recettes fiscales étaient insuffisantes pour financer ces projets, la Reichsbank a dû mettre en marche la planche à billets.

Entre avril 1920 et mars 1921, le ratio des recettes fiscales sur les dépenses ne s’élevait qu’à 37%. La situation s’est ensuite améliorée et, en juin 1922, les recettes fiscales relatives aux dépenses totales ont atteint 75%. Et puis les choses se sont aggravées. Vers la fin de l’année 1922, l’Allemagne a été accusée de ne pas avoir envoyé ses paiements de réparations à temps. Pour soutenir leurs accusations, les troupes Françaises et Belges envahirent et occupèrent la Ruhr, le cœur industriel du Reich, dès le début du mois de janvier 1923. Le gouvernement Allemand, sous la direction du chancelier Wilhelm Kuno, a demandé aux travailleurs de la Ruhr de refuser les ordres des envahisseurs en leur promettant que le Reich continuerait de leur envoyer leur salaire. La Reichsbank a commencé à imprimer de la nouvelle monnaie en monétisant de la dette pour maintenir la liquidité du gouvernement et continuer de payer salaires, transferts sociaux et financements.

A partir de mai 1923, la quantité de Papiermarks est devenue hors de contrôle. Elle est passée de 8,160 milliards en mai à 17,340 milliards en avril, pour ensuite atteindre 669,703 milliards en août et 400 quintillions (400 x 1018) en novembre 1923 [2]. Les prix au gros ont atteint des niveaux astronomiques et augmenté de 1,813% entre la fin de l’année 1919 et novembre 1923. A la fin de la première guerre mondiale en 1918, il était possible d’acheter 500 milliards d’œufs pour la somme qui fut nécessaire cinq ans plus tard pour n’en acheter qu’un seul. En novembre 1923, le prix du dollar en termes de Papiermarks a augmenté de 8,912%. Le Papiermark n’était plus qu’une valeur à la casse.

Avec l’effondrement de la devise, le taux de chômage a flambé. A la fin de la guerre, il était encore peu élevé – le gouvernement de Weimar avait maintenu l’économie en marche grâce aux dépenses déficitaires et à l’impression monétaire. A la fin de l’année 1919, le taux de chômage était de 2,9%, il était de 4,1% en 1920, de 1,6% en 1021 et de 2,8% en 1922. En revanche, avec la mort du Papiermark, le taux de chômage atteint 19,1% en octobre, 23,4% en novembre et 28,2% en décembre. L’hyperinflation avait appauvri la grande majorité de la population Allemande, et notamment la classe moyenne. Les gens ont souffert de pénuries alimentaires et du froid. L’extrémisme politique se généralisait.

Le problème central posé par les désordres monétaires était la Reichsbank elle-même. Son président, Rudolf E. A. Havenstein, était élu à vie, et n’était confronté à aucun obstacle : sous Havenstein, la Reichsbank a continué à imprimer des Papiermarks pour maintenir le Reich sur pieds financièrement. Le 15 novembre 1923, la Reichsbank a dû cesser de monétiser la dette du gouvernement et d’imprimer de la nouvelle monnaie. Dans le même temps, il fut décidé de créer un nouveau Rentenmark, qui s’élèverait à un trillion de Papiermarks (un nombre avec douze zéros derrière : 1.000.000.000.000). Le 20 novembre 1023, Havenstein mourut d’un arrêt cardiaque. Le même jour, Hjalmar Schacht, qui deviendra président de la Reichsbank en décembre, stabilisa le Papiermark contre le dollar : la Reichsbank établi le taux de change à 4,2 trillions de Papiermarks pour un dollar. Et comme un trillion de Papiermarks valait un Rentenmark, le taux de change était de 4,2 Rentenmarks pour un dollar. C’est le taux de change qui avait prévalu entre le Reichsmark et le dollar avant la première guerre mondiale. Le ‘miracle du Rentemark’ marqua la fin de l’hyperinflation [3].

Comment un tel désastre monétaire a-t-il pu se développer au sein d’une société avancée au point de découler sur la destruction d’une devise ? De nombreuses explications ont été avancées. Il a été dit par exemple que les paiements de réparations, la balance des déficits de paiement et la dépréciation du Papiermark sur le marché des changes ont causé la mort de la devise Allemande. Mais ces explications ne sont pas convaincantes, comme l’explique l’économiste Allemand Hans F. Sennholz : ‘Chaque mark a été imprimé par les Allemands et émis par une banque centrale gouvernée par des Allemands sous un gouvernement Allemand. Ce sont des partis politiques Allemands, le parti Socialiste, le Parti Centre-Catholique et le parti Démocrate qui ont formé les coalitions du gouvernement responsables pour les politiques conduites. Bien entendu, admettre des calamités de ce genre n’est pas dans l’habituer des partis politiques’ [4]. L’hyperinflation Allemande a été générée par l’Homme, elle a été la conséquence de la décision politique d’augmenter la masse monétaire sans limite.

Quelles sont les leçons à tirer de l’hyperinflation Allemande ? La première est que même une banque centrale politiquement indépendante ne permet pas une protection fiable contre la destruction de la monnaie papier. La Reichsbank a été rendue indépendante dès 1922 par les forces Alliées comme service rendu contre l’ajournement de paiements de réparation. Le conseil de direction de la Reichsbank a toutefois choisi la voie de l’hyperinflation. Puisque le Reich reposait sur le crédit offert par la Reichsbank, le conseil de la Reichsbank a décidé de fournir des quantités illimitées de monnaie face à la ‘crise politique existentielle’. Et bien entendu, l’appétit des politiciens de Weimar pour le crédit s’est prouvé être illimité.

La seconde est que la monnaie fiduciaire ne fonctionne pas. Hjalmar Schacht, dans sa biographie publiée en 1953, a écrit que ‘l’introduction d’un billet de banque n’était possible que parce que l’Etat ou la banque centrale promettait de les échanger contre de l’or. Assurer l’échange d’une devise papier en or doit être la politique centrale de tous les émetteurs de monnaie’ [5]. Les paroles de Schacht présentent une réelle perspicacité économique : la monnaie papier est une monnaie politique, et comme telle, elle est un élément porteur de trouble au sein d’une économie de marché libre. Les représentants de l’école Autrichienne d’économie ont déclaré ça il y a déjà très longtemps.

La monnaie papier, produite ex-nihilo et injectée au sein de l’économie au travers du crédit des banques, n’est pas seulement chroniquement inflationniste, mais entraîne un mal-investissement, des cycles économiques de croissance et de récession, et un surendettement. Une fois que les gouvernements et les banques commencent à se noyer sous la dette, leur économie risque de se contracter, et l’impression monétaire apparaît comme une politique parfaite pour échapper aux problèmes créés par la monnaie papier produite par le crédit. En observant le monde aujourd’hui – au sein duquel les économies utilisent de la monnaie papier depuis des décennies et où la dette ne cesse de grimper, les épreuves sont quelque peu similaires à celles auxquelles s’est heurtée la République de Weimar il y a 90 ans. Aujourd’hui comme autrefois, une réforme du système monétaire est nécessaire, et plus tôt elle sera mise en place, plus il sera facile d’en couvrir les coûts d’ajustement.

 

 

 

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c est un contexte historik et geopolitique particulier car vu l impression de la BOJ ou de la FED depuis 30 ans leur monnaie auraient du s effondrer aujourdhui justement la non convertibilite or des monnaie et les reserve fractionnel des banques central assure l interdependance monetaire des pays qui oblige chacun a cooperer cf chine et russie 1er( 2eme) et 10 eme acheteur de dette US poutine soutient le dollar super systeme evidement les consequence so,t desastreuse maisceux qui les subissent sont les peuple et le propre du peuple c est ca soumission a la loi et depuis 45 ans c est la loi de l ordre monetaire .
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Depuis quelques trimestres la Chine et la Russie vendent massivement leurs bons du trésor US, tout en continuant d'accumuler de l'or.

Les taux directeurs US augmentent.

Les marchés boursiers baissent fortement.

Des changements sont à l'horizon... une nouvelle crise majeure... une spoliation généralisée afin de baisser l'endettement... ?
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Les deux, mon Capitaine.
Ai-je bien lu...... La responsabilité de politiciens socialistes (et de qqs alliés) serait en cause ?????
Un billet de banque n'a de vraie valeur que s'il est appuyé sur l'or ?????
Mais cet article est totalement sédicieux !!!!!
Pffff.... Où va-t-on !!!!!
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LOUIS L. - 03/01/2019 à 16:52 GMT
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