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24 Septembre 1869 : le Corner sur l’or de Jim Fisk and Jay Gould

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Extrait des Archives : publié le 01 octobre 2012
1061 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Histoire de l'or

 

 

 

 

En 1869, Jim Fisk et Jay Gould ont tenté de manipuler le marché de l’or et, pour un temps, ce duo notoire y a réussi. C’est histoire fascinante permet également d’apporter un éclairage sur ce qui se passe sur le marché actuellement.





Dans les années 1860, le dollar était dans un système d’étalon or. Il était donc défini en termes d’or, au taux de 20,67 $ l’once. Le président Lincoln avait toutefois suspendu sa convertibilité pendant la Guerre de Sécession.


En 1869, la possibilité de convertir les billets de papier-monnaie en or n’avait toujours pas été rétablie. L’or était coté activement et négocié sur le marché de New York (Le New York Gold Exchange, NYGE) en termes de « billets verts » ou « greenbacks », c'est-à-dire les dollars ou billets verts imprimés pendant la guerre. Et cette monnaie à cours forcé, le dollar « greenbacks », était négocié avec un escompte contre des dollars or (ci-après notés $). 





Les cours cotés au NYGE en greenbacks (ci-après GB$) indiquaient combien il fallait de GB$ pour acheter 100$ or, soit 5 pièces de 20$ portant un double aigle sur leur face totalisant 4,838 onces d’or. Au paroxysme du conflit, en raison des résultats de l’armée de l’Union et de l’issue toujours incertaine de la guerre, il fallait 250 GB$ pour acheter 100$. Une fois la guerre terminée, la solvabilité du gouvernement grandissant, l’escompte sur le GB commença à baisser. Quand Fisk et Gould ont commencé leurs manipulations, l’or se négociait aux environs de 130 GB$.






Jay Gould était le cerveau du duo. Il comprenait les marchés et comprenait aussi la psychologie humaine. Ayant initié et participé à de nombreuses manipulations sur les actions, il savait comment conduire les marchés à un état de panique et en septembre 1869 son plan d’action était bien avancé.


A cette époque-là, c’était avant la découverte de la climatisation, pendant les journées torrides et humides de l’été new yorkais, le négoce se languissait bien souvent. Ces conditions inconfortables mettaient régulièrement les marchés dans un état de langueur leur donnant un faux air de sécurité et l’été 1869 ne fit pas exception. Même si les greenbacks se négociaient contre un escompte important en dollars or, la complaisance régnait et Gould savait que le marché de l’or était mûr et prêt à être squeezé. Tout ce qui lui restait à faire était de faire claquer son fouet pour donner le signe du départ. Et il le fit bien claquer.


Mi-septembre l’or commença à grimper et l’augmentation du cours s’accéléra la semaine du 20 septembre. Gould obtint le soutient de certains journaux qui l’aidèrent en imprimant des articles à propos d’une pénurie d’or qui aurait commencé. Le jeudi l’or montait à 140 GB$. Le feu d’artifice réel commença le jour suivant, le 24 septembre, aujourd’hui entré dans l’histoire sous l’appellation de « vendredi noir ».


Les courtiers agissant pour le compte de Fisk et Gould ont commencé la journée en achetant de l’or à son cours d’ouverture de 145 GB$ et ceux qui créaient la hausse attendaient donc de faire fortune. Utilisant les dérivés pour augmenter au maximum leur avantage, Fisk et Gould contrôlaient 5,5 millions d’onces, soit une valeur faciale de 110 millions, ce qui était l’équivalent de la totalité des réserves d’or du Trésor à ce moment-là.  Cela constituait une position de levier énorme et permettait à Fisk et Gould de réaliser 5,5 millions de GB$ de profit à chaque augmentation de 1GB$ du cours de l’or.


Le 24 Septembre l’or grimpait sans discontinuer.


La panique se répandit sur Wall Street et le cours monta sans relâche ce jour-là. Ces manipulations affectaient tous les secteurs de la banque et de la finance. De nombreuses personnes faisaient faillite alors que l’or atteignait des sommets et que les appels de marge retentissaient.


Le cours de l’or était monté à 162 GB$ quand James Brown (qui avec son frère repris la société créée par son père et qui existe encore à ce jour sous le nom de Brown Brothers Harriman) entra dans le jeu. Il vendit à un courtier qui représentait Fisk et Gould 250 000 onces à 160 GB$ l’once. D’autres sentant le vent tourner se positionnèrent aussi du côté vendeur. Le cours de l’or commença à baisser.


Peu après, le Trésor américain annonçait qu’il vendait de l’or contre des greenbacks. Quand cette nouvelle atteint le parquet de la bourse du NYGE, la chute commença. L’or clôtura à 132 GB$ ce jour-là. Le bond vers le haut du cours de l’or et l’effondrement qui suivit directement laissèrent un chaos et un carnage derrière eux.


L’histoire ne se termina pas là pour  Fisk et Gould.


Gould n’avait jamais confié la totalité de son plan à son partenaire Fisk. Pour rendre la pénurie plus crédible, Gould avait laissé Fisk continuer à acheter de l’or par leurs courtiers habituels pendant la montée et pendant la baisse du cours convaincant ainsi tout le monde à la NYGE que la pénurie était réelle et que le cours ne pouvait s’effondrer. Mais, sans rien dire à Fisk, Gould en agissant secrètement par l’intermédiaire de son courtier personnel vendu l’ensemble de sa position aux environs de 150 GB$ en moyenne et a continué à vendre davantage que Fisk n’achetait sur le cours en baisse.


Ce n’est qu’après la fin des opérations ce jour-là que Gould révéla son plan à son partenaire. Et au lieu de faire face à la ruine à laquelle il s’attendait, Fisk apprit qu’ils avaient réalisé un profit d’environ 12 millions de GB$.


Pour protéger son butin, Gould paya 2 millions de GB$ à deux avocats sans scrupules pour bloquer dans des procès les actifs du NYGE et des courtiers innombrables mais aussi pour se défendre des plus de 300 poursuites judiciaires qui furent présentées contre eux. Une partie de cet argent alla aussi à Boss Tweed qui par l’intermédiaire de la Société Tammany contrôlait les finances et les politiciens de la ville de New York.


Il resta ainsi 10 millions de GB$ à Fisk et Gould. Pas mal pour quelques semaines de travail.






James Turk

GoldMoney.com





James Turk est le fondateur et le président de  GoldMoney.com, qui vous permet d’acheter de l’or et de le stocker à Jersey ou en Suisse. Il est le co-auteur de  The Collapse of the Dollar.


Publié par Goldmoney.  Copyright © 2008. Tous droits réserves par James Turk.



 

 

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