|
A partir de 1989, les banques centrales mondiales
sont devenues des vendeurs nets de leurs réserves d’or
accumulées pendant des années.
En sus des
ventes d’or officielles, les banques ont commencé à
s’engager dans les contrats de leasing avec les banques
spécialement habilitées à négocier l’or
(bullion banks) telles que J.P. Morgan, Goldman Sachs et les autres.
L’or a été prêté et les banques l’ont
vendu sur le marché, payant la différence dans une sorte de
gold carry trade.
Et
maintenant, en raison de quelque chose de complètement
différent, il apparait que les banques centrales pourraient de nouveau
devenir des acheteurs nets d’or, après une campagne de vingt ans
de vente de leurs réserves d’or sur les marchés publics
créant une pression constante vers le bas sur le cours de l’or
qui a contribué a son long marché haussier.
Il existe certains arguments selon lesquels le but
des ventes d’or des banques centrales a été de soutenir
un dollar fort comme devise de réserve des banques centrales.
L’or a été perçu comme une menace. Les documents
qui ont été divulguées et les citations des
retranscriptions des réunions des banques centrales corroborent bien
une certaine inquiétude concernant une hausse du cours de l’or,
déstabilisant le régime de monnaie à cours forcé
(fiat money) en place aux Etats-Unis depuis la fin de l’étalon
or international en 1971.

A partir
de 2001, l’or a commencé sa hausse en partie en raison du
déclin du dollar en tant que devise de réserve mondiale unique.
Et maintenant les banques reconsidèrent leur position et dans certains
cas, des banquiers centraux nerveux tentent de récupérer leur
or prêté en leasing et même ajoutent des nouvelles
acquisitions à leurs réserves.
Cela n’implique pas que
l’or remplace le dollar. De fait, si les droits de tirages
spéciaux (DTS) sont en fait la vraie cible, parce qu’en 2010 ils
vont être redéfinis, les banques pourraient bien être dans
l’obligation d’avoir de l’or sous la main, puisqu’on
pense qu’il sera un élément privilégié dans
le panier de devises grâce auquel les DTS vont être
définis.
Concernant
la vente de 403 tonnes d’or proposée par le FMI, il existe une
certaine spéculation selon laquelle ce montant d’or serait
déjà promis à certaines banques centrales qui souhaitent
convertir leurs réserves existantes de dollars en or. A un prix de
marché de 1050 $ par once, cela serait une vente totale
d’environ 13,7 milliards de dollars. Cela ferait peu de différence
pour les réserves en dollars de la Chine, si elle souhaitait faire le
chèque.
Et bien sûr, il y a les
rumeurs habituelles des banques bullions qui sont largement
déficitaires en or, ayant vendu le produit prêté, et qui
sont incapables d’acquérir l’or physique en lingots dans
une quantité adéquate. Il existe aussi des discussions
à propos de banques bullions qui se sont engagées dans des
ventes « fractionnaires d’or » auprès de
clients qui détiennent chez elles des lingots non-alloués. On
cite cette dernière raison comme étant la raison pour laquelle
le Comex aux USA a inclut une règle permettant la livraison en papier
monnaie sur les marchés à terme.
Quelque
soit la vérité finale, il ne peut y avoir aucune divergence sur
le fait que les vingt ans de ventes ininterrompues de l’or prennent
fin, un marché assez petit et dense comparé à la plupart
des autres marchés et dans lequel les réserves centrales
d’or représentent une source importante de l’offre,
c’est une nouvelle importante en effet.
“Dans l’enquête qui vient juste d’être publiée
par GOLD Survey 2009, GFMS suggérait que le secteur officiel en
termes d’agrégats devenait un acheteur net au second trimestre
2009 et les prévisions pour la seconde moitié de
l’année, partaient de ventes nettes également. Cela
représente un changement remarquable de direction pour un
marché qui s’est habitué à absorber des volumes
substantiels de ventes d’or par les banques centrales pendant cette
dernière décennie. »
„L’année prochaine ou la
suivante, cette tendance pourrait être obscurcie un peu par les
ventes prévues de 403 tonnes d’or du FMI, en supposant bien
sûr que se ne soient pas des transferts hors-marché par le
transfert de tout ou partie d’un acheteur du secteur officiel, une
chose que nous pensons être improbable, ce qui ne veut pas dire
impossible. Une fois que le programme des ventes du FMI achevé,
nous nous attendons cependant à ce que le secteur officiel dans son
ensemble ait un impact assez neutre sur le marché. Cela
représenterait un retour à la situation qui prévalait
dans les années 1970 et 1980 quand le secteur officiel était un
acheteur net certaines années et un vendeur net d’autres. En
plus des implications pour l’offre/demande d’or, un changement
allant de ventes nettes à une situation proche de la neutralité
amènerait des cours de l’or en forte progression et devrait
donner un coup de fouet majeur au sentiment et à la confiance qui vont
au métal jaune. »
GFMS Report
“Les banques centrales sont prêtes à prêter
(leasing) leur or en quantités croissantes si le cours de l’or
devait monter“. Alan Greenspan, 24 juillet 1998.

Une banque à « réserves
fractionnaires » habilitée à négocier
l’or serait anéantie par cette tendance et aurait des visions
d’insolvabilité potentielle et si elle poursuivait, elle ferait
face à la menace de ne pas pouvoir tenir ses engagements. Parler de
son bilan demanderait à être assez négatif dans
l’espoir de créer une offre sous la forme d’un demi-tour
assez important afin de lui permettre de couvrir ses positions courtes et
mais pas de les contrebalancer adéquatement.
Le
plus gros hedger à terme du secteur, Barrick Gold, a été
récemment forcé à capituler et à annoncer la
nécessité de lever des milliards pour pouvoir satisfaire
à ses obligations futures. Cela n’aide toujours pas ceux qui ont
besoin du produit physique.
Potentiellement, la situation sur le marché
de l’argent est encore plus explosive, parce que le CFTC a
autorisé deux ou trois banques à assumer des positions courtes
énormes, un fait sans précédent pour tout autre
marché de matière première, équivalent à
une immense position courte nue, sans espoir concevable de pouvoir être
alimentée aux cours du marché actuel. Mais tant qu’ils
sont quelques pas plus loin que la date de livraison des biens, le jeu peu
continuer.
Un système financier véritablement
remarquable qui pourra seulement servir à ce que les
générations futures s’interrogent. « Mais
qu’ont-ils fait ?»
Jesse
Le Café Américain
Tous les articles du Café
Américain

Traduit et publié avec l’aimable
autorisation de Jesse. Tous droits réservés
|