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A en avoir le vertige

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Publié le 22 août 2011
1281 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
( 6 votes, 2,2/5 ) , 3 commentaires
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Une vraie réussite ! c’est le monde développé tout entier qu’ils vont finir par mettre en faillite ! Après celui des Etats, le tour des banques zombies est redevenu d’actualité. La dette des uns est aussi pesante que les engagements des autres. Trop lourd, l’échafaudage repose sur la pointe écrasée de l’économie réelle, le condamnant à perdre l’équilibre.


« L’irrationnel prend le pas sur la réalité » croit pouvoir finement déceler le quotidien Le Monde, en mal d’explication, dans son dernier éditorial titré « Les banques à l’heure de la défiance ». La réalité, si l’on veut la solliciter, est que le monde qu’ils ont construit n’est plus solvable et que les créditeurs, pris à leur propre jeu, ne vont avoir d’autre issue que de l’admettre. Ne sachant pas l’éviter, ils paniquent.


Si l’on va au fond des choses, c’est la rançon de la concentration de la richesse. Du fonctionnement intensif de la machine à produire de la dette (et des intérêts en conséquence), afin de distribuer du crédit de pouvoir d’achat à défaut de revenu.


Les banques prêtent aux entreprises comme aux particuliers, aux Etats comme aux autres banques, et l’inquiétude est de retour quant aux remboursements. L’insolvabilité impose sa loi quand la dette devient difficile à être roulée, à défaut d’être amortie, la perspective d’une récession aggravant le tableau.


Comme des détonateurs, les fonds monétaires américains portent une responsabilité particulière dans le renouveau de la défiance envers les banques européennes. Celles-ci sont plus dépendantes de leur financement à court terme, notamment en dollar, que leurs consoeurs américaines; et sont plus touchées dès lors que leurs pourvoyeurs outre-Atlantique font des façons, comme c’est actuellement le cas. Certaines banques en sont actuellement réduites à se financer overnight (la nuit, pendant que les marchés sont fermés), faute d’autres opportunités. Ce roulement au jour le jour de la dette la rend encore plus onéreuse pour les banques, les fragilisant davantage.


Pour les financements à plus long terme, une étude de Morgan Stanley conclut que les banques européennes auraient couvert 90% de leurs besoins pour l’année en cours, mais quid de la suite des opérations, une fois constaté que les marchés des obligations seniors et sécurisées, après avoir chuté en juillet, sont quasiment à l’arrêt en août ? 80 milliards d’euros doivent encore être levés d’ici à la fin de l’année et les besoins des banques en 2012 sont reconnus comme étant très élevés.


Les pronostics économiques sombres s’accumulent, le pire étant celui d’un décrochage et du danger de la japonisation de l’économie occidentale, qui serait en marche d’après un article alarmiste du Financial Times. Faisant référence au déclin que le Japon connaît depuis vingt ans, tombé dans une trappe à liquidité, condamné depuis à une relance introuvable, sans que rien n’y contribue.


A examiner l’économie occidentale, on retrouve partout les mêmes traits plus ou moins affirmés. Combinant à des degrés divers la chute du marché des actions et de la valeur de l’immobilier, la déflation et des intérêts proches de zéro, un ratio de dette par rapport au PIB élevé, pour y associer un monde politique dans l’impasse et des banques zombies. Avec cette circonstance aggravante qu’il ne s’agit plus, comme il y a vingt ans, d’un seul pays atteint dans un monde respirant la santé, mais du monde développé dans son ensemble.


Quand on vient aux remèdes, la circonspection règne. Après avoir été l’alpha et l’oméga de la réflexion stratégique, la consolidation fiscale ne bénéficie plus systématiquement des mêmes faveurs. Appliquée sans discernement à tous les pays, elle serait porteuse d’une récession généralisée s’alarment certains, dont la nouvelle patronne du FMI.


A y regarder de plus près, cette inflexion stratégique reviendrait à exempter de ce traitement de choc les biens portants – qui pourraient mieux le supporter – pour l’imposer aux malades… Une autre version de la même approche consisterait à appliquer des mesures de stimulation fiscale dans l’immédiat, combinées avec d’autres destinées dans le plus long terme à combattre la dette. Sur le papier, ces gymnastiques retombent merveilleusement sur leurs pieds, mais dans la pratique ?


L’administration Obama cherche à favoriser une relance et une reprise de l’emploi, tandis que les Européens s’acharnent à les contrecarrer, emmenés par la BCE et la coalition allemande au pouvoir. Ce n’est pas ce qui s’appelle conjuguer les efforts.


En fouillant dans la trousse à outils, que trouve-t-on d’autre ? Les taux des banques centrales sont déjà très bas et n’offrent plus que de faibles marges de manoeuvre, quand c’est le cas. Relancer des programmes de création monétaire – ou finalement s’y résoudre, s’agissant des Européens – n’est pas garantie d’efficacité, à considérer le résultat des deux programmes américains successifs. Mais cela serait porteur d’un danger inflationniste redouté par les investisseurs, qui n’en veulent pas. Conclusion : les banques centrales n’ont que des pansements à disposition, et leur boîte est presque vide.


Sur ce chapitre de l’inflation, une précision s’impose. Si les investisseurs la redoutent, ce n’est pas en défense des petits épargnants, comme on peut s’en douter, mais parce qu’ils craignent l’érosion de leur patrimoine, autrement plus imposant. La concomitance, il y a plusieurs décennies, entre la lutte contre l’inflation érigée comme vertu cardinale et l’essor de la financiarisation, aboutissant à la croissance phénoménale du volume des actifs financiers, n’est pas tout à fait le fruit du hasard. Chef économiste du FMI, Olivier Blanchard avait en janvier 2010 suscité l’ire des banquiers centraux en suggérant d’accepter 4% comme limite supérieure au taux d’inflation, au lieu des 2% rituels. Mais il n’admet pas ainsi raboter la dette, ce qui reviendrait selon lui à une véritable « expropriation ». Dieu reconnaît les siens !


Pour la même raison, toute perspective de restructuration de la dette publique est inenvisageable et, dans la cas de la Grèce, n’a été acceptée a minima que du bout des lèvres, afin d’éviter le pire, étant entendu qu’il ne faut pas y revenir. Il ne reste alors de disponible en magasin que toutes les formes de mutualisation de la dette, en espérant que l’échafaudage tiendra le coup.


C’est pourquoi on enregistre un tel vent de ferveur pour les euro-obligations dans les milieux financiers et qu’il en émane, sous la plume de Barclays Capital (BarCap), une proposition de création d’une « agence européenne d’emprunt de la zone euro », qui permettrait de rehausser le crédit des Etats emprunteurs et contournerait la difficulté politique que représente la création d’euro-obligations.


Si l’on s’aventure hors des enceintes de la finance, enfin, on peut lire dans le Sunday Times un David Cameron, premier ministre britannique, et ne pas en croire ses yeux. Deux semaines après les émeutes qui ont déferlé dans plusieurs villes britanniques, alors que les tribunaux fabriquent à la chaîne de nouveaux Jean Valjean, celui-ci chevauche le thème de l’ »effondrement moral » et appelle à « restaurer la politesse, la discipline et le sens du devoir qui font de bons citoyens », condamnant « l’Etat providence qui ne récompense pas le travail » et la « conception erronée des droits de l’Homme ».


Le pire est que, selon les sondages, le premier ministre conservateur s’appuie sur une majorité de l’opinion. Décidément, cette bataille-là sera remportée s’il est montré qu’il y a plus à gagner qu’à perdre à remettre en cause le désordre établi.



Billet rédigé par François Leclerc




Paul Jorion






(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.   

 

 

 

 

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Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).
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M. Jorion, vous decrivez joliment les effets, mais quand vous interesserez vous aux causes ?
C'est beaucoup trop compliqué , lui cerveau de blonde alors pas comprendre et surtout ça ne PAYE pas !
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