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Apologie et critique de la démocratie : La critique

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Publié le 09 septembre 2013
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

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Les accusations faites à l’encontre de la démocratie valent pour n’importe quel autre régime politique. Le manque de représentativité, de participation, les guerres, l’endettement public, l’abus du pouvoir sont tous des défauts inhérents aux gouvernements et pas nécessairement à la façon dont les membres du gouvernement sont choisis. Le problème politique essentiel se trouve dans le rapport entre les libertés individuelles et l’étendue des pouvoirs de l’État.


La démocratie ne favorise pas nécessairement une plus grande liberté individuelle. Elle a, en effet, servi de porte d’entrée à la suppression de cette liberté. La démocratie républicaine de la Rome antique et l’Allemagne de Weimar en sont de bons exemples. Plus récemment, les essais démocratiques dans les pays arabes ont permis à des politiciens de tendance liberticide de prendre le pouvoir par voie démocratique.


À l’inverse, un référendum en Suisse a arrêté net les velléités de certains politiciens voulant imposer une assurance maladie publique ou allonger de façon obligatoire la durée des congés payés. Dans tous ces exemples, le principe démocratique est le même. Les résultats sont cependant différents.


Le régime démocratique a permis l’instauration d’une série de libertés en France lors de la révolution de 1789. Ce même régime démocratique a pourtant donné naissance à la Terreur et à l’avènement de l’impérialisme napoléonien. De façon similaire, la démocratie a été la base de la consolidation des libertés aux États-Unis, mais cette même démocratie a permis depuis 1929 l’érosion des libertés économiques et celle des libertés civiques, en particulier depuis le 11 septembre 2001.


Ce paradoxe provient de que qu’en promettant trop de droits aux citoyens, l’État devient ouroboros, le serpent qui se mord la queue. Pour garantir ces droits, l’État doit prélever de plus en plus des ressources auprès des citoyens. Ceci produit cette contradiction qu’en voulant garantir des droits et certaines libertés, l’État finit par les réduire.


Ce phénomène vaut pour n’importe quel régime politique. Il est cependant intrigant de le voir se produire dans une démocratie supposée protéger les libertés individuelles. Cela ne peut que signifier que les citoyens – dans leur majorité - approuvent cette érosion des libertés. Ils ne veulent sans doute pas perdre leurs libertés mais ils approuvent d’une façon ou d’une autre que d’autres en perdent. Reste qu’à partir du moment où ils participent au jeu démocratique, ils prennent le risque de  se retrouver dans la minorité (relative) perdante.


Le maintien des libertés individuelles ne dépend pas de la démocratie, mais des pratiques au sein de celle-ci. Les libertés si souvent associées aux régimes démocratiques sont la manifestation des pratiques institutionnalisées chez les citoyens. C’est la pratique du respect de la propriété privée et des échanges volontaires pour l’acquisition des biens et services qui garantit le maintien des principes de liberté.


C’est ce qui explique que des régimes autoritaires se libéralisent sans qu’aucune démocratie n’existe au préalable. Les principes de libertés individuelles ne se maintiennent que parce que les citoyens croient dans les gains que celles-ci peuvent apporter. La démocratie n’y est pour rien. La liberté individuelle est une question de pratique institutionnelle et non d’imposition étatique.


La démocratie n’est en fait qu’une conséquence de cette pratique institutionnelle. Celle-ci donne naturellement naissance à la démocratie car un système autoritaire – par définition – fait taire immédiatement les libertés individuelles. Le système démocratique – en donnant à chaque citoyen accès aux décisions publiques – résout un problème qui se pose dans l’exercice des libertés individuelles. En effet, le développement des échanges conduit à la création d’un système complexe de copropriétés qui rend difficile la prise de décision. Seule une structure hiérarchique permet de résoudre la question et la démocratie peut garantir à chaque copropriétaire d’émettre un vœu quant à la composition de cette hiérarchie.


Néanmoins, une démocratie continuera à garantir les libertés individuelles  si et seulement si les citoyens qui la composent pratiquent majoritairement le respect à la propriété privée. Dans ce cas, la démocratie servira de rempart à toute tentative visant à nuire à cette pratique.  Si elle est absente, il ne faut pas se faire d’illusion : la démocratie ne servira pas à garantir les libertés individuelles, au contraire.


Ceci permet de comprendre pourquoi un État ne peut pas imposer une démocratie stable. . Tant que la pratique institutionnelle des libertés individuelles est absente ou limitée, la démocratie repose sur des bases très fragiles. Il est plus facile à un gouvernement autoritaire de favoriser la pratique institutionnelle des libertés individuelles que pour lui d’instituer la démocratie. C’est qui a été fait à un degré plus ou moins grand au Brésil, au Chili et en Espagne pendant la transition entre dictature et démocratie.


La situation actuelle de l’Europe occidentale est aussi plus facile à comprendre. Après plusieurs années de « garantie » excessive de droits et libertés financés par la dette, il est devenu évident que ces droits étaient en réalité « garantis » par la propriété d’autrui. Or, la pratique institutionnelle  de l’assistanat est devenue si forte par rapport à la pratique de la propriété privée que les citoyens utilisent aujourd’hui la démocratie pour maintenir des institutions défavorables aux libertés individuelles.


L’effritement des libertés individuelles sous le coup des abus de l’État et des citoyens explique aussi le scepticisme grandissant d’un segment de plus en plus important de la population à l’égard de la démocratie et son penchant de plus en plus marqué pour une forme de gouvernement plus autoritaires.


Ce point a été souligné par des auteurs comme Bertrand de Jouvenel et Mancur Olson. Plus que la liberté individuelle, les individus cherchent la sécurité. La liberté sans sécurité est une illusion car la pratique de la liberté est fondée sur la propriété privée. Si cette dernière est constamment menacée, la liberté ne peut pas vraiment s’exercer. Quand la démocratie devient un vecteur d’insécurité pour les citoyens, il est naturel que la population estime qu’elle est un échec et qu’elle soit attirée par un gouvernement autoritaire jugé seul capable de réinstaurer la sécurité.


En conclusion, la démocratie n’est pas un principe fondateur de la société. Elle est une conséquence des pratiques institutionnelles des citoyens. C’est seulement lorsque ceux-ci se sentent en sécurité du fait du respect de leurs libertés individuelles et de la prospérité économique que cela suscite, qu’une démocratie devient éventuellement inévitable.


 

 

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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