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Banque centrale, manipulation des taux, ForEx et marchandises

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Publié le 29 avril 2013
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Lors des billets précédents (1 et 2), nous avons vu qu’en l’absence de manipulation des taux d’intérêt, la spéculation était une simple activité d’arbitrage et d’approvisionnement du marché en actifs et en liquidités. Elle est un élément nécessaire à la fluidité des opérations classiques de financement et d’échange d’actifs.


La manipulation des taux par les banques centrales (BC) et les expansions et les contractions du crédit bancaire changent la donne. Nous avons déjà pu voir les effets de ces manipulations sur les marchés monétaire et obligataire, nous allons maintenant nous intéresser à ses effets sur les marchés des devises[1] et des marchandises[2].


En temps normal, quand le taux d’intérêt est déterminé par les échanges entre épargnants et investisseurs la spéculation sur les marchés de devises et des marchandises se limitent aux arbitrages classiques. Ils résultent du dynamisme et de la productivité d’un pays.


Par exemple, si le taux de chômage baisse et que le nombre de commandes industrielles monte, cela indique que le niveau de production est en hausse et suscite un besoin plus grand en capitaux. Des investisseurs étrangers seront alors intéressés d’y investir et pour ce faire d’y acheter de la monnaie. Les spéculateurs sont là pour cela et seront plus que contents de la leur fournir. De façon similaire, si on sait qu’une industrie consommatrice d’acier s’installe dans un pays, on peut prévoir que les besoins en minerai de fer de ce pays augmenteront. Une autre opportunité s’ouvre alors aux spéculateurs.


On peut alors constater que les mouvements spéculatifs accompagnent les mouvements productifs et fonctionnent comme les moyens de les soutenir.  En effet, les spéculateurs font des profits car ils vont permettre à des producteurs de créer de la valeur grâce à  ces transferts de capitaux réels, déterminés par le marché et non par une intervention de l’État ou de sa BC.


À partir du moment où la BC entre dans le jeu en manipulant les taux d’intérêt et en incitant les banques commerciales à créer (avec une baisse des taux) ou à détruire (avec une hausse des taux) du crédit, l’harmonie entre spéculation et production est rompue.


Prenons le cas d’une manipulation à la baisse des taux. En dehors des mouvements spéculatifs déjà expliqués ici, une baisse des taux incite les banques commerciales à augmenter le volume des crédits qu’elles octroient. Le premier effet est d’inciter les investisseurs sur place à privilégier les titres étrangers. Or, si la politique des banques est nouvelle et la conjoncture économique stable, elle peut alors conduire au développement des processus productifs restés inexploités par manque de capital et d’un rendement trop faible au taux prévalent antérieurement (non-manipulé). Le pouvoir d’achat va aussi augmenter en raison du réchauffement économique. Les investisseurs étrangers seront aussi attirés par le pays qui semblent offrir des opportunités d’investissement et demanderont plus de la monnaie domestique, demande à laquelle les spéculateurs répondront allègrement.


La survalorisation initiale de la monnaie locale face aux devises étrangères va pousser les importations à la hausse. . Ceci est plutôt positif pour les industries exportatrices dépendantes de matières premières étrangères – et pour la spéculation sur les marchandises aussi.


Cependant, à mesure que l’expansion du crédit se répand au sein de l’économie, une pression inflationniste s’ensuit. Elle érode la rentabilité et le pouvoir d’achat créés par le processus de création monétaire excessif. Les capitaux étrangers vont alors quitter le pays et entraîner une dépréciation de la monnaie domestique face aux autres devises. Si la politique d’expansion du crédit se poursuit, elle peut réussir à  faire renaître le boom mais le processus inflationniste déjà en place alimente la pression spéculatrice contre la monnaie domestique qui commence à se faire sentir.


Plus le volume de création monétaire augmente (et donc de crédits), plus le rôle des spéculateurs augmente. En effet, sur le marché de devises, ils peuvent profiter de la volatilité engendrée par les investisseurs qui veulent abandonner leurs positions dans le pays et ceux qui veulent, au contraire, profiter de l’expansion artificielle du crédit. En fait, celle-ci va amplifier la spéculation car elle crée une opportunité d’arbitrage supplémentaire liée à ce qu’on appelle l’effet de levier. Il s’agit d’emprunter à des taux bas  pour spéculer contre ou en faveur de la monnaie domestique, ce qui augmente encore plus sa volatilité.


En tout cas, la baisse progressive des taux et l’expansion croissante du crédit tend à épuiser la rentabilité et le pouvoir d’achat du marché domestique, rendant impossible toute importation. Finalement, ce contexte morose sur le marché domestique conduira les spéculateurs à se positionner contre la monnaie domestique.


La hausse des taux d’intérêt provoque une série d’évènements exactement inverse  de tout ce qui a été décrit ci-dessus. Le résultat final est que les taux d’intérêt dans le pays y sont trop élevés pour inciter la production privée mais assez attractifs pour pousser les investisseurs et spéculateurs… à y acheter des obligations d’État.


La manipulation des taux d’intérêt et l’incitation que la BC donne ainsi à la hausse ou à la baisse des crédits bancaires produit une rupture entre spéculation et production dans les marchés de devises et des marchandises. La spéculation devient un phénomène indépendant de ce qui se passe sur les marchés productifs et dépend surtout des manipulations des taux de la BC, et en particulier parce qu’elle offre une rentabilité plus régulière et plus certaine que celle du secteur productif de l’économie.


Or, les manipulations des taux, comme nous l’avons dit, peuvent osciller à la hausse ou à la baisse et son rarement unidirectionnels. Nous verrons que cela offre de belles opportunités de spéculer sur les marchés de dérivés.


 

 



[1] Autrement dit, le marché ForEx. Il s’agit du segment du marché monétaire où des monnaies sont échangées les unes contre les autres. Peu importe où les échanges ont lieu, on peut dire que le marché ForEx d’une monnaie est ouvert tant qu’une monnaie est échangée dans un marché monétaire quelque part dans le monde. Ainsi, à trois heures du matin de Paris, le marché de l’Euro peut être ouvert à Tokyo où des euros sont échangés contre des yens ou autres monnaies. Rien d’étonnant que le marché ForEx soit un de plus grands marchés financiers du monde, fonctionnant presque 7j/7 et 24h/24.

[2] En fait, le marché des « commodities » fait référence ici uniquement aux biens fongibles tels que les céréales, les métaux, les carburants, et autres matières premières. Certains considèrent que les devises font aussi partie du marché des marchandises à cause du caractère fongible des monnaies. Or, les devises circulent dans le marché monétaire où elles peuvent être échangées contre l’escompte des lettres d’échange et autres effets de commerce, ce qui arrive rarement aux marchandises.

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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