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Bastiat Vivant II : L’héritage intellectuel de Bastiat

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Extrait des Archives : publié le 20 novembre 2011
891 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
( 13 votes, 4,5/5 ) , 5 commentaires
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Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

Première partie : Apports conceptuels et actualité




Éclipse en France et renaissance aux États-Unis


Avec le XXe siècle, la montée du socialisme chez les intellectuels et l’irruption des régimes totalitaires en Europe, la connaissance et la popularité de Bastiat ont disparu en France. Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour voir réapparaitre Bastiat aux États-Unis. Un des artisans de ce renouveau est Ludwig von Mises, qui a fui l’Europe en 1940. Installé à New York, il organise des séminaires qui attirent des esprits remarquables : George Stigler, Milton Friedman, tous deux futurs lauréats du Prix Nobel d’économie, Israël Kirzner, mais aussi des écrivains comme Henry Hazlitt. Ce dernier popularise la pensée de Bastiat à travers son livre L’économie en une leçon. En 1969, Dean Russell publie Frédéric Bastiat : Ideas & Influence (Frédéric Bastiat : Idées & Influence), le premier ouvrage entièrement consacré à Bastiat jamais publié en anglais. Ce livre fut publié par la Foundation for Economic Education. Mais dès les années 1950, la même organisation avait déjà publié The Law, une traduction anglaise de La loi qui se vendra à plus d’un million d’exemplaires.



Bastiat précurseur de l’école des choix publics.


Bien avant les économistes du « Public Choice » au XXe siècle, Bastiat a démystifié l’État et a montré que lorsqu’un gouvernement outrepasse sa mission de défense des personnes et des biens, il incite les groupes d’intérêt à rechercher des privilèges et à influer sur le pouvoir pour obtenir des avantages au détriment des contribuables et des consommateurs.  « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde », écrivait Frédéric Bastiat dans un pamphlet intitulé L'État. Certains groupes d'intérêts particuliers ont compris qu’il était plus facile de gagner de l’argent par l’engagement politique que par des comportements productifs. Ils cherchent à voler l'argent des autres sous l'égide de l'État, sapant la capacité de production du marché par la multiplication des lois, des taxes et des contraintes bureaucratiques.


Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de financer les promesses électorales qui se multiplient au fil du temps. La crise de la dette publique souveraine en est une preuve suffisante. Toute analyse rationnelle digne de ce nom démontre que l’État est de plus en plus incapable de s'acquitter de ses obligations et que les promesses de nouveaux droits ne seront pas tenues.


Cela n’empêche pas Dominique de Villepin, par exemple, de proposer dans son programme présidentiel un revenu universel d'assistanat de 850 euros par mois pour tous. Et cela n’empêchera pas non plus l’électeur de voter pour lui. Malheureusement, l'électeur moyen est rationnellement ignorant des conséquences économiques des programmes qui lui sont proposés. Car la plupart des citoyens ne sont pas des militants politiques mais des consommateurs. Quand ils votent, les électeurs soutiennent les candidats qui leur promettent de vivre aux dépens de l'État. Ils ignorent le fait que l'État vit à leurs dépens


En effet, Bastiat insiste sur le fait que le gouvernement ne produit aucune richesse. « Sous la dénomination d'État, on considère la collection des citoyens comme un être réel, ayant sa vie propre, sa richesse propre, indépendamment de la vie et de la richesse des citoyens eux-mêmes, et puis chacun s'adresse à cet être fictif pour en obtenir qui l'instruction, qui le travail, qui le crédit, qui les aliments, etc., etc. Or, l'État ne peut rien donner aux citoyens qu'il n'ait commencé par le leur prendre » (Propriété et Spoliation). L’État doit nécessairement prendre aux uns pour donner aux autres. Déshabiller Pierre pour habiller Paul est l'essence même de l’État.



Bastiat et l’école autrichienne


Selon Bastiat, il est nécessaire de considérer l'économie du point de vue du consommateur. Tous les phénomènes économiques doivent être jugés selon les avantages et les inconvénients qu'ils apportent au consommateur. Bastiat souligne constamment que la consommation constitue la finalité de toute activité économique, la production n'étant qu'un moyen. Le sacrifice de l'intérêt du consommateur à celui du producteur n'est que le « sacrifice de la fin aux moyens ».


Ce point a retenu particulièrement l’attention de Mises dans L’Action humaine. Selon Mises, les gens qui s'imaginent que les grandes entreprises ont un pouvoir énorme se trompent eux aussi, car les grandes entreprises dépendent entièrement de la clientèle qui achète leurs produits : la plus grosse entreprise perd sa puissance et son influence dès qu'elle perd ses clients. Dans le système capitaliste, ceux qui commandent en dernier ressort sont les consommateurs. 



Mises écrit par exemple dans Politique Économique : « Dans tous les problèmes économiques, nous devons avoir à l'esprit les mots du grand économiste français Frédéric Bastiat, qui intitula l'un de ses brillants essais : « Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas ». Afin de comprendre le fonctionnement d'un système économique, nous devons prendre en considération non seulement les choses qui sont visible, mais aussi prêter attention à celles qui ne peuvent être perçues immédiatement. Par exemple, lorsqu'un patron commande quelque chose au garçon de bureau, cet ordre peut être entendu de toute personne présente dans la pièce. Ce qui ne peut être entendu, ce sont les ordres donnés au patron par ses clients. »

Jörg Guido Hülsmann, le biographe de Mises, considère Bastiat comme « un précurseur des chercheurs actuels qui unifient droit et économie en une seule discipline ».

 

 



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Damien Theillier est professeur de philosophie. Il est l’auteur de Culture générale (Editions Pearson, 2009), d'un cours de philosophie en ligne (http://cours-de-philosophie.fr), il préside l’Institut Coppet (www.institutcoppet.org).
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LES ABSTRACTIONS COMPTABLES SONT DEVENUES des MONSTRES PARFAIT !
mangeur d'état , avec la régularité du métronome et la froideur de la lame !
bientôt il se nourriront d eux même !
QUAND ? est la seul question !!
assis toi au bord de la rivière et tu verras le cadavres de tes ennemies passer (SUN SU, art de la guerre)
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La citation "Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre" serait plutôt de Lao-Tseu
D'autre part l'art de la guerre n'a pas été écrit par un homme mais une lignée de chefs militaires qui codifièrent leur sagesse dans un lire nommé le SUN TSE ou l'art de la guerre
Bonne journée
Note de l’auteur :

(*) Je cite ici le lecteur Oriundo06, qui connaît personnellement Mario Monti :« En tant que personne, il est correct : il n’a pas la mentalité de la caste, il n’est pas hautain, il est aussi sensible socialement (à moins qu’il n’ait changé de costume depuis), humainement on peut considérer qu’il est conscient de l’existence de qui n’est pas privilégié. Mais c’est tout. Il vit comme tant d’autres “techniciens” dans la tour d’ivoire de leurs compétences “scientifiques”, enveloppés d’un jargon d’une inauthenticité sociale effroyable (…). C’est un monétariste “pur”, ce qui veut dire – pour les non initiés – une personne qui pense par abstractions, à travers une doctrine économique théorique dont les paradigmes doivent “forcer” la réalité à s’intégrer. Tout le reste est négligeable : avant tout les choix stratégiques d’un petit pays comme l’Italie, dont les intérêts peuvent ne pas être “cohérents” avec nos “amis” obligés. »

En somme, Monti est incapable (comme Draghi) de l’exercice mental aujourd’hui le plus urgent : la critique du système financier qu’ils sont appelés à défendre, pour pouvoir le réformer. Penser en dehors des règles de l’orthodoxie monétariste est impossible à ce genre d’homme, il a été sélectionné précisément pour cela. Ces gens-là croient que l’économie consiste en des équations mathématiques (qui remplissent les livres de description des produits dérivés) et ils ignorent l’économie comme histoire, comme politique, comme chair du travailleur, unique et véritable producteur de richesse non volée et de dignité non conférée par les médias.

Pour en avoir plus
http://www.boursorama.com/forum-cac-40-goldman-sachs-le-putsch-du-desespoir-413657018-1

J'aurais bien aimé voir des gens comme bastiat ou Friedman exercer le pouvoir et mettre en application leurs belles théories.
Friedman a indirectement tué des milliers de personnes en amérique du sud (cf N Klein 'La théorie duchoc' .
Bref, sur le papier ça marche. En pratique c'est un génocide.
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Exactement. Et ceci d'autant plus que les théories économiques des Chicago Boys n'ont même pas vocation à "marcher". Elles sont faites pour fournir une doxa "clés en main" pour la classe dirigeante, et ne sont en fait qu'un bel habillage pour justifier et masquer le pillage de ces pays par les grandes entreprises et les grandes banques U.S.
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oh mon Dieu ! quel baratin !!
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La citation "Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre" serait plutôt de Lao-Tseu D'autre part l'art de la guerre n'a pas été écrit par un homme mais une lignée de chefs militaires qui codifièrent leur sagesse dans un lire  Lire la suite
CLAUDE F. - 02/12/2014 à 06:40 GMT
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Criant d'actualité, malheureusement.
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Hi Charleston The human nature is probably what less changed on this planet. For our biggest misfortune. Thank you for the text.
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