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Capitalisme et progrès des libertés civiles

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Extrait des Archives : publié le 03 avril 2012
833 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

Il y a quelques jours, une directrice de Bank of America (BoA) a pris parti contre l’ « Amendement numéro Un », une proposition soumise à referendum le 8 mai prochain en Caroline du Nord et visant l’interdiction constitutionnelle, dans cet État, du marriage entre personnes de meme sexe.

D’après elle, le passage de cette mesure « nuirait gravement à notre capacité à attirer l’emploi et la croissance sur le plan national, » rapporte l’agence Reuters, et l’effet en serait « désastreux, » rendant la Caroline du Nord (où se trouve le siège social de BoA) moins apte à attirer et conserver les employés les plus talentueux, ainsi que les meilleurs entrepreneurs et les entreprises les plus performantes.

Certes, cette position défendue dans une video publiée sur l’internet par une association faisant campagne pour le « non » l’était à titre purement privé. Ceci étant, Bank of America est réputée pour son soutien à la communauté homosexuelle. Cette banque fut ainsi l’une des premières à inclure les « conjoints » de même sexe dans les assurances qu’elle offre à ses employés. Son plan santé couvre même les soins nécessaires aux transexuel(le)s.

De plus, cette directrice n’est pas la seule, ni la plus haute figure du secteur bancaire à s’être prononcée de la sorte. En février, rien moins que le P.D.G de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, se prononçait ainsi en faveur du mariage gay.

En cette période de campagnes en tous sens (campagnes présidentielles de part et d’autre de l’Atlantique, toutes deux occasion d’une véritable propagande électorale et médiatique contre « le monde de l’argent », la « jungle capitaliste », etc.), il semble ainsi particulièrement important de souligner le rôle essentiel du capitalisme dans le progrès des libertés civiles en termes d’égalité de droit entre les membres de la société.

Karl Marx était le premier à clamer que la Révolution Française, mettant à bas  « ordres » et privilèges caractéristiques de l’Ancien Régime et recomposant la société en un ensemble de citoyens égaux en droit, était l’œuvre d’une bourgeoisie naissante, et un épiphénomène du passage de l’exploitation féodale à l’atelier et au commerce des produits de manufacture.

Constatant les effets de ce changement social dans l’Amérique d’alors, Tocqueville en conclua que le capitalisme devait s’accompagner d’une égalisation des conditions.

Les raisons en sont multiples. D’une part, le capitalisme est par essence, dans sa logique même, démocratique. La « concurrence » que l’on décrie si fort implique ainsi que les positions se répartissent au mérite (ou plus exactement « à la réussite ») entre des individus de même statut. De même, l’échange marchand implique effectivement que l’un ne s’intéresse qu’aux capacités et au pouvoir d’achat de l’autre — et non à son origine ethnique, sa religion, ou son orientation sexuelle. Mais, de ce fait, il inscrit sur un même plan les différences entre les membres de la société.   

Plus généralement, le capitalisme est un système de production de masse, par les masses, et pour les masses. Pour cette raison, il favorise toujours l’intégration du plus grand nombre. Toute discrimination implique un coût, est donc non-économique et absurde pour qui cherche à maximiser son profit. C’est d’ailleurs pourquoi elle s’exerce principalement par l’intervention politique, celle-ci permettant à certains groupes d’imposer leurs valeurs sans en payer le prix.

Aux États-Unis, c’est dès 1918, soit à peu près 40 ans avant le civil right movement, que deux compagnies ferroviaires, la South Covington and Cincinnati Street Railroads et la Covington and Erlanger Railway Company, en appelèrent à la Cour Suprême de leur État du Sud contre la loi qui les obligeait à mettre en place des wagons distincts pour les noirs et les blancs.


On dira qu’elles s’intéressaient à leurs seuls profits, et non à la justice sociale- et l’on aura raison. Pour elles, instituer une telle ségrégation entraînait des dépenses importantes, sans le moindre bénéfice, et elles ne s’y plièrent que parce qu’elles y furent obligées. Certains de leurs clients en furent certainement et tristement heureux, mais ceux-ci n’auraient jamais demandé un tel service, s’ils avaient dû financer eux-mêmes leur racisme. Dans le cas des bus de ville, la cause aurait été encore plus vite entendue : leurs clients étaient principalement Afro-Américains.


Mais cela montre précisément que le capitalisme, en tant que système, favorise le progrès des libertés civiles, et cela indépendamment des préjugés des acteurs.


D’autre part, le capitalisme est démocratique dans ses effets. Le plus général est la « moyennisation » de la société. Bien que l’on répète sans cesse que l’écart se creuse entre riches et pauvres, la vérité est que le développement économique s’accompagne de la constitution d’une vaste classe moyenne englobant l’essentiel de la population. Or rien ne rend les inégalités de droit plus anachroniques à leurs yeux que le partage grandissant d’un niveau et de modes de vie communs entre les membres de la société.


Certainement, le capitalisme s’accompagne également d’une individualisation croissante. Mais, de ce fait, il dissipe précisément ces identités collectives hierarchisées qui structurent les sociétés traditionnalistes et inégalitaires.

 

 

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Jérémie Rostan enseigne la philosophie et l'économie à San Francisco. Il est l'auteur, en plus de nombreux articles pour mises.org et le quebecois libre, de guides de lecture aux travaux de Condillac et de Carl Menger, ainsi que d'un ouvrage , Le Capitalisme et sa Philosophie, et de la preface a la reedition de l'ethique de la liberte de Rothbard (Belles Lettres)
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