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Ce n’est pas la joie à Trumpville

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Publié le 20 octobre 2017
853 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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J’ai profité du calme avant la tempête pour me rendre samedi dernier dans ma ville natale, Trumpville, aussi connue sous le nom de Manhattan. Le fils d’un ami de fac jouait dans une pièce off-Broadway (c’était la dernière représentation, pas la peine de demander). La ville que je connaissais en tant qu’enfant – et que, pour être franc, je n’ai jamais beaucoup aimée – m’a semblé aussi perdue et lointaine que l’avant-poste colonial pittoresque de Peter Stuyvesant en 1962.

Cette ville perdue de mon enfance en était une dans laquelle un garçon pouvait s’aventurer dans le Metropolitan Museum of Art un après-midi de semaine – mon école était un pâté de maisons plus loin – sans le moindre problème. Le musée était gratuit, il n’y avait pas de don forcé à faire à l’entrée. Et il n’y avait surtout presque personne. Vous savez pourquoi ? Réponse : parce que la plupart des adultes de l’île étaient au travail. A l’époque, c’était majoritairement une ville de classe moyenne.

Je sais. C’est plutôt difficile à croire au vu des récents développements de la vie américaine – le plus saillant étant la financiarisation extrême et perverse de l’économie. C’est ce qui se manifeste aux yeux de ceux qui visitent New York aujourd’hui. Pour être plus spécifique, ce que j’ai pu voir assis sur High Line – un sentier pédestre établi sur un ancien chemin ferroviaire qui s’étend de l’ancien Meatpacking District jusqu’à Chelsea – peut être décrit comme toute la richesse des Etats américains concentrée dans quelques kilomètres carrés de terre, en bordure de l’océan Atlantique.

Alors que j’observais le flot incessant de touristes et de hipsters perdus dans leur monde de selfies, j’ai repensé à tous les centres villes du Midwest que j’ai visités au fil des années — St Louis, Kansas City, Minneapolis, Detroit, Akron, Dayton, Cleveland, Louisville, Tulsa, et bien d’autres — et me suis souvenu de leur incroyable désolation. Il n’y avait personne, certainement pas de touristes ou de hipsters, aucune activité à proprement parler. Elles étaient des villes fantômes. L’effet net de la financiarisation a été le démembrement des actifs de toutes les autres villes des Etats-Unis au bénéfice de quelques villes côtières, et plus particulièrement des ingénieurs financiers qui les peuplent.

D’où l’ironie de la montée en puissance du New-Yorkais Trump comme sauveur supposé de tous ces gens qui peuplent les villes mourantes du pays. Et de leur hostilité envers les élites « bleues » de la côte, dont Trump est un exemple sans pareil. L’Histoire est mère de bien des tromperies.

Ce que j’ai aussi vu, assis sur mon banc, tourné vers l’Ouest le long de High Line, mais aussi partout ailleurs où je me suis promené sur l’île ce jour-là, a été le nombre remarquable de grues de construction à l’horizon, élevant des immeubles élancés jusque dans les nuages, certains hauts de cinquante étages ou plus. Cela a été pour moi une vision inquiétante. Les cycles économiques peuvent être retracés jusqu’il y a des siècles, mais les cycles de notre époque techno-industrielle ont été marqués par les extrémités les plus extrêmes, le cycle actuel étant le plus vertigineux de tous.

Et le développement immobilier atteint peut-être des extrêmes plus élevés encore, tel un cycle au sein du cycle économique au sens large. Les cycles d’expansion et de récession de l’immobilier caractérisent l’époque moderne, aux côtés des guerres et du carnage écologique. La véritable raison pour laquelle l’immobilier fluctue est qu’il faut beaucoup de temps pour que soient autorisés les plus gros projets et pour arranger leur financement, les construire et vendre les unités qu’ils contiennent. Un projet peut être lancé dans des circonstances économiques spécifiques, pour être complété dans un monde bien différent. Imaginons par exemple que la Russie ou la Chine imposent des contrôles sur la fuite de capital hors de leurs frontières, pour mettre soudainement fin à la demande des milliardaires et oligarques étrangers en appartements new-yorkais comme mécanisme de dissimulation de capital. C’est une dynamique qui se joue aujourd’hui… alors même que les grues continuent d’élever poutres et vitres de verre dans les airs.

Il est facile de réaliser que le boom des gratte-ciels à New York City se terminera par un véritable bain de sang. Il accompagnera l’effondrement général de l’économie financée par la dette, tel la partition musicale grinçante d’un film d’horreur. Contrairement aux débâcles immobilières précédentes, ces tours de verre ne s’en remettront pas, même si elles se trouvaient vendues pour trois sous. Elles pourraient même ne jamais devenir des ghettos, rien que des bâtiments inhabitables et décrépits qui ne pourront plus être entretenus, parce qu’il n’y aura plus d’argent pour le faire et que le modèle de financement basé sur la déconstruction des droits immobiliers – sur le développement des appartements – sera mort.

Le fiasco des gratte-ciels marquera aussi la fin de l’hypertrophie de New York et, finalement, de toutes les autres villes qui lui ressemblent. Elles ont atteint une échelle qui ne leur permettra plus d’être réparées et entretenues, et quand la financiarisation s’effondrera sur ses propres fondations, il ne restera plus rien pour soutenir ce mode de vie.

 

 

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James Howard Kunstler est un journaliste qui a travaillé pour de nombreux journaux, dont Rolling Stones Magazine. Dans son dernier livre, The Long Emergency, il décrit les changements auxquels la société américaine devra faire face au cours du 21° siècle. Il envisage un futur prochain fait de crises sociales à répétition, la fin de la Surburbia et du modèle économique associé et une guerre mondiale pour les ressources en énergie. Il prédit la déconstruction des empires européens et américains et pense que, lorsque les convulsions seront terminées, le monde reviendra à un modèle décentralisé et local.
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