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Cours Or & Argent en

Ce que les riches étaient autrefois

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Publié le 22 juin 2017
1302 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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Rubrique : Editoriaux

J’ai toujours été passionné par l’argent et, plus récemment, par les écarts de richesses (pour vous en convaincre, ne regardez pas plus loin que le stack SocialTrade sur le sujet). J’ai grandi à Baton Rouge, en Louisiane, dans une famille heureuse, financièrement stable, mais décidément de classe moyenne. Voici la maison dans laquelle nous vivions :

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Tous ceux que je connaissais étaient dans la même situation. Nous avions tous à peu près la même maison, la même quantité de jouets, le même genre de vacances simples… tout était si similaire que nous aurions aussi bien pu vivre dans une sorte de paradis socialiste.

Ce n’était évidemment pas le cas, et il y avait, comme partout, un « enfant de riche » dans le voisinage. Sa vie était, sous tous les aspects, juste un peu plus belle que la nôtre, à commencer par sa maison :

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Elle n’est pourtant pas si différente. Et c’est là que je veux en venir dans cet article.

Quand j’étais jeune, j’étais très conscient des différences qui existaient entre la vie que j’avais et celle qu’avait mon ami Steven (l’enfant de riche). Bien que des décennies se soient écoulées depuis, il ne m’est pas nécessaire de réfléchir très longtemps pour me remémorer certains de ces contrastes :

La moquette blanche
L’un de mes souvenirs les plus vifs est d’être un jour entré dans la maison de Steven et d’avoir été accueilli par de la moquette blanche, d’un mur à l’autre. Chez moi, nous étions quatre enfants, et de la moquette blanche aurait été pure folie. Mais chez Steven, la moquette était blanche, et toujours comme neuve. Il y avait aussi, il faut le dire, des chemins de plastic sur lesquels nous devions marcher, comme des trottoirs au milieu de la maison. Même en tant qu’enfant, je trouvais idiot d’avoir de la moquette puis de la couvrir de pans de plastic sur lesquels marcher, mais qu’aurais-je bien pu dire ?

La cabane
Dans le jardin de Steven se tenait la plus jolie des cabanes. Son père était responsable d’une concession Ford, et pouvait aisément se permettre de payer un charpentier pour lui en construire une. Je dis « jolie », simplement parce qu’elle était très belle dans les yeux de l’enfant de dix ans que j’étais. Elle n’était qu’un simple cube – bien que faite de bois de qualité et évidemment très bien construite. J’ai demandé à mon père pour la énième fois un soir d’été si nous pourrions aussi avoir une cabane. Sa réponse a été la même que d’habitude : « Je vais y réfléchir ». Nous n’en avons jamais eue.

La Thunderbird
Comme je l’ai dit plus haut, le père de Steven était le responsable d’une concession Ford, et sa famille avait une belle voiture « de luxe ». Elle était certes plus belle que notre vieux chariot, et j’étais personnellement passionné par son régulateur de vitesse qui, dans mon jeune esprit, signifiait que la voiture pouvait se conduire toute seule, et était bien plus élégante et plus chère que ce que je ne serais jamais en mesure d’avoir.

Les salaires de nos pères
Je me rappelle d’une conversation que mon ami et moi avons eue lors de laquelle nous en sommes venus à parler des salaires de nos pères. Je ne savais pas vraiment ce que gagnait mon père, mais je me sentais l’esprit compétitif ce jour-là, et ai dit à Steven que mon père gagnait 35.000 dollars par an, ce qui me paraissait énorme. Il m’a répondu que si mon père gagnait 35.000 dollars par an, alors son père en gagnait certainement 50.000. Après quoi je me suis tu, parce que j’ai compris que cela pouvait être vrai, compte tenu de nos différents modes de vie.

Le canon Boom Boom
C’est là ce qui m’a le plus piqué. Un Noël, mon « gros cadeau » a été un OVNI en plastique que je pouvais faire s’envoler à l’aide d’un propulseur à moteur. Malheureusement, personne n’est parvenu à le faire s’envoler, malgré les efforts de mon père. Mon Noël a donc été assez décevant. Quand j’ai rendu visite à Steven pour voir ce qu’il avait reçu, je l’ai découvert en fier propriétaire d’un petit canon en état de marche baptisé Boom Boom (les inquiétudes en matière de sûreté n’étaient alors pas ce qu’elles sont aujourd’hui… il s’agissait bel et bien d’un jouet qui fonctionnait à la poudre à canon, d’un canon en miniature). Il était fait de métal et pesait assez lourd. Je n’en avais encore jamais vu auparavant. C’était pour moi le plus beau de tous les jouets.

En y réfléchissant aujourd’hui, c’est un peu comme si mon père avait mesuré 1m80 de haut, et celui de Steven 1m85. Les jouets de Steven étaient juste un peu mieux que les miens. Sa maison était un peu plus propre. Ses vacances un peu plus luxueuses. Mais en réalité, la différence entre la vie de Steven et celle de tous les autres était très petite. Bien qu’à l’époque, je me sois toujours senti pauvre en comparaison.

Aujourd’hui, la différence ne concerne pas un homme d’1m80 et un homme d’1m85. Nous nous sommes soudainement retrouvés avec des gens de 100 mètres de haut, puis de 2000 mètres, puis de 5000. Leur capital est ridiculement élevé, alors que le reste de l’humanité semble s’appauvrir d’une semaine à l’autre.

Des décennies durant – notamment dans les années 40, 50 et 60 – la distribution de richesses aux Etats-Unis est restée incroyablement équitable. Un membre de la classe moyenne pouvait encore rêver de devenir un jour le riche de son quartier. Si mon père, par exemple, avait voulu devenir le plus riche d’entre ses voisins, la tâche ne lui aurait pas été si difficile. C’était un objectif atteignable.

En revanche, dès les années 1970, la situation a commencé à changer, et cette transformation n’a fait que s’accélérer dans les années 1980. Au cours des trente années précédentes, les politiques ont clairement redirigé les richesses du pays entre les mains des riches.

Notez le changement survenu en 1982. Chose intéressante, la même année, la première liste Forbes 400 a été publiée. Le moment n’aurait pas pu être mieux choisi, parce que l’existence même d’une « liste des riches » est pour beaucoup venue marquer l’officialisation de l’émergence d’une ère de ploutocratie. Mais voyez ce à quoi ressemblait cette liste à ses débuts.

Seuls 13 individus figuraient sur la première liste Forbes 400. Une valeur nette de 75 millions de dollars était nécessaire pour y apparaître. La liste de 1982 représentait 2,8% du PIB des Etats-Unis. La liste Forbes 400 de 1982 était composée à hauteur de 22,8% de fortunes pétrolières, à 15,3% de fortunes manufacturières, et à 9% de fortunes financières, avec seulement 3% de fortunes technologiques.

Etre milliardaire était quelque chose. Il n’en existait alors que treize ! Aujourd’hui, pour figurer sur la liste des individus les plus riches, il faut avoir au moins 1,7 milliard de dollars, 23 fois plus que la somme nécessaire pour figurer sur la liste originale. Chose plus impressionnante encore, il existe aujourd’hui 200 personnes qui sont milliardaires mais ne figurent pas sur la liste, parce qu’elles ne sont pas assez riches. La liste de 1982 semble aujourd’hui plus que désuète.

La vie avance par cycles, et je doute que le scénario dans lequel existe cette disparité soit une caractéristique permanente de la vie. En revanche, il faudra de nombreuses décennies – et certainement beaucoup plus qu’un simple plan social – pour que les richesses soient de nouveau distribuées plus équitablement.

J’aimerais dire à l’enfant que j’étais que les différences que je percevais entre mon riche ami et moi-même n’étaient pas si importantes, et que la vie financière était alors bien plus équilibrée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Et que je n’ai toujours pas de cabane.

 

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