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Cinq dures réalités sur les robot-conseillers

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Publié le 05 février 2017
1717 mots - Temps de lecture : 4 - 6 minutes
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Les robot-conseillers sont une nouvelle catégorie de conseillers financiers qui gèrent l’argent de leurs clients en fonction de caractéristiques prédéterminées. Les clients répondent à un questionnaire, et en fonction de leurs réponses, des portefeuilles sont automatiquement créés. Les robot-conseillers ont commencé à faire parler d’eux dès 2008. En 2017, les actifs gérés par les robot-conseillers représentent environ 600 milliards de dollars. Ils sont employés par les vétérans de l’industrie comme Vanguard, ainsi que par des start-ups telles que Wealthfront. Ce nouveau modèle d’investissement dit permettre une allocation de capital plus sophistiquée à des tarifs moins élevés que ceux des gestionnaires de fonds traditionnels.

Cette nouvelle industrie a dédié des centaines de millions de dollars à la commercialisation des robot-conseillers, et malgré leurs efforts, nous ne savons toujours pas s’ils sont quoi que ce soit de plus qu’une mode passagère. Voici cinq différentes raisons pour lesquelles les robot-conseillers pourraient ne pas être adaptés à vos besoins :

1. La gestion financière dépend d’individus, et pas d’algorithmes

Toutes les entreprises de gestion de capital utilisent les mêmes règles de marketing. Elles veulent vous faire croire que l’investissement est une science complexe. Elles veulent vous faire croire que les marchés financiers sont trop complexes, et qu’un simple individu ne devrait jamais entrer en compétition contre des fonds de couverture, des gestionnaires de fonds et des propriétaires d’algorithmes.

Rien ne pourrait être plus dénué de vérité. L’investissement requiert seulement deux choses : une bonne dose de patience, et une certaine capacité à prendre des décisions. La patience est importante, parce qu’elle permet d’investir sur les opportunités les plus intéressantes. Il n’est pas toujours nécessaire d’être investi sur le marché.

Une société de gestion d’investissements avec laquelle j’ai travaillé par le passé envoyait souvent un document infographique à ses clients, qui représentait les différences entre les rendements offerts par une stratégie d’achat et de conservation en comparaison à une stratégie d’investissement qui passerait à côté des vingt meilleurs jours de négoce sur une période de vingt ans. La stratégie d’achat et de préservation rapporte en moyenne 9,2% annuellement, alors qu’une stratégie qui passe à côté des vingt meilleurs jours de négoce sur la période rapporte en moyenne 3% par an.

En observant le document de plus près, il était possible de voir un petit astérisque au-dessus des 3% annuels rapportés par la deuxième stratégie. La note correspondante expliquait que si vous aviez échappé aux vingt journées de négoce les plus mauvaises de la période, vos rendements seraient passés à 17,2% annuellement. Il est donc évident que la patience ait du bon, et qu’il vaut toujours mieux d’avoir du capital disponible en prévision de bonnes opportunités d’investissement.

Je n’essaie pas de vous encourager à anticiper les marchés. Le négoce au jour-le-jour et l’anticipation des marchés sont des stratégies perdantes. Investir a beaucoup plus à voir avec la patience et les opportunités à forte probabilité.

Warren Buffet nous a souvent dit qu’un investisseur « devrait toujours agir comme s’il n’avait au cours de sa vie d’investisseur qu’une vingtaine de décisions à prendre ». L’oracle de l’Omaha sait que la patience et l’investissement sélectif sont la clé de la richesse. Déléguer cette responsabilité à des robot-conseillers ne permet pas aux individus d’exploiter ces principes. Voici une étude d'Harvard qui prouve que les individus peuvent battre le marché.

2. Les robot-conseillers n’offrent aucune protection contre les émotions humaines

En janvier 2016, Wealthfront a publié un article sur la Biologie d’un bon investissement. Cet article intéressant discute des chausse-trappes typiques de la psychologie humaine. Il se penche sur diverses découvertes avant d’en conclure que les gens feraient mieux d’investir au travers d’un service de robot-conseil. L’un des thèmes les plus répandus au sein de ce secteur est l’idée que les performances d’investissement des robot-conseillers sont supérieures parce qu’elles laissent de côté les émotions humaines.

Malheureusement pour les robot-conseillers, leurs services n’apportent rien qui permette de calmer les émotions humaines. Un investisseur auprès de Wealthfront ou Betterment peut retirer ses fonds à tout moment. Il n’y a aucune restriction concernant la vente d’actifs contre des espèces et le retrait de fonds depuis un compte ouvert auprès d’un robot-conseiller. Lorsque les marchés sont en déclin, il n’y a que peu de chances que les propriétaires des comptes gérés par les robot-conseillers réagissent avec moins d’émotions que les autres investisseurs.

A dire vrai, il vaut peut-être mieux disposer d’un conseiller humain avec qui discuter des meilleures décisions d’investissement. Ceux qui délèguent leurs décisions d’investissement à un ordinateur ne sont pas préparés à faire face à une période de forte volatilité. Le manque d’information que génèrent les services de robot-conseil peut également contribuer à des réactions trop émotionnelles de la part des investisseurs lorsque les marchés présentent des signes de déclin.

3. Les robot-conseillers reposent sur une théorie de portefeuille d’investissement fondamentalement erronée

Les robot-conseillers utilisent la théorie moderne du portefeuille d’investissement comme base pour leurs algorithmes. Cette théorie a été développée par Markowitz, et vise à maximiser les rendements d’un portefeuille au travers du risque représenté par les actifs qu’il contient. Cette théorie mesure le risque grâce à la volatilité du prix d’un actif. En revanche, la volatilité ne représente pas un risque.

Le risque représenté par un actif doit être évalué sur une base structurelle plutôt qu’au travers d’une analyse de probabilités. Le risque représenté par une société est lié à sa dette, aux produits qu’elle vend, au caractère moral de sa direction et sa capacité à parvenir à ses objectifs financiers. La théorie moderne du portefeuille d’investissement émet un certain nombre de suppositions quant aux résultats gaussiens des marchés, dits à « courbe en cloche ». La réalité, en revanche, veut que le marché ne génère pas de résultats gaussiens. Beaucoup comprennent que les marchés offrent souvent des résultats anormaux.  

Cette théorie utilise également le modèle de la frontière efficiente. Ce modèle montre l’allocation d’actifs idéale à un instant T. Malheureusement, ce modèle est tourné vers le passé – il vous indique aujourd’hui ce qu’était l’allocation idéale en 2016. Il n’est pas en mesure de prédire l’avenir.

Robo-advisor

JP Morgan

Ce rapport publié par JP Morgan discute en détails de l’anormalité des marchés. La théorie moderne du portefeuille d’investissement manque de décrire les évènements qui englobent l’ensemble du système tels que les crises de liquidité ou les effondrements financiers. Comment est-il possible de baser une stratégie d’investissement sur une théorie qui n’explique pas les évènements les plus difficiles pour un investisseur ? Dans The Black Swan, le célèbre négociant Nassim Taleb nous fait part de son opinion de la théorie moderne du portefeuille d’investissement :

Après l’effondrement du marché boursier de 1987, deux théoriciens ont été récompensés, Harry Markowitz et William Sharpe, responsables de l’établissement de modèles platoniques sur une base gaussienne, qui ont contribué à ce qui est aujourd’hui appelé la théorie moderne du portefeuille d’investissement. Mais en laissant de côté leurs suppositions gaussiennes et en observant les prix comme évolutifs, il ne reste plus rien de leur théorie. Le Comité Nobel aurait pu tester les modèles de Sharpe et Markowitz – qui fonctionnent aussi bien que les remèdes de charlatan vendus aujourd’hui sur internet – mais personne ne semble y avoir pensé. 

4. Le robot-conseil n’est pas un modèle d’entreprise viable

Peut-être la critique la plus importante qui puisse être faite de l’industrie des robot-conseillers est-elle que cette dernière ne peut pas être viable. Certaines firmes de gestion d’investissements ont intégré avec succès l’industrie du robot-conseil. Malheureusement, un grand nombre de start-ups qui offrent les mêmes services reçoivent aussi un gros pourcentage de l’attention des médias. Les investissements peu chers sont une bonne chose, mais lorsque les clients ne paient que 0,25% de frais, peuven-ils vraiment s’attendre à un service de qualité ?

Wealthfront gère aujourd’hui plus de 4,65 milliards de dollars. Avec des frais équivalents à 0,25% des actifs, cela signifie que Wealthfront touche environ 11,6 millions de dollars de frais de conseils. L’industrie de la gestion de capital est traditionnellement un secteur très lucratif pour les professionnels de l’investissement et de la technologie. Si un employé de Goldman Sachs touche en moyenne 300.000 dollars par an, alors Wealthfront est en mesure d’employer environ 39 professionnels.

Si je disposais de fonds auprès de Wealthfront ou de n’importe quelle autre société qui emploie des robot-conseillers, je serais très inquiet. 39 professionnels ne me semblent pas suffisants pour l’écriture d’un algorithme et la création d’une technologie complexes destinés à l’investissement du capital durement gagné de leurs clients. Que se passe-t-il une fois que la croissance ralentit ?

5. Les robot-conseillers sont peu chers… mais les ETF coûtent moins encore

Les ETF demeurent l’alternative la moins chère pour les investisseurs individuels. Voyons les recommandations faites par Buffet quant aux actifs de sa femme. Dans sa lettre de 2013 à ses investisseurs, il écrit ceci :

« Mon conseil ne pourrait pas être plus simple : déposez 10% de votre capital sur des obligations gouvernementales de court terme, et 90% sur un fonds indiciel à prix très faible du S&P 500 (je suggère Vanguard). Selon moi, les résultats de long terme d’une telle allocation sont supérieurs à ceux enregistrés par une majorité des investisseurs – qu’il s’agisse des fonds de pension, des institutions ou des individus – qui emploient des gestionnaires très coûteux. »

Pour vous exposer aux actions, vous avez la possibilité de choisir le S&P 500 ETF VOO de Vanguard, avec un ratio de dépenses de 0,05%. C’est là un coût raisonnable pour obtenir une diversification instantanée et une exposition au S&P 500. Pour ce qui est des obligations, un investisseur peut choisir de se tourner vers les ETF BSV offerts par Vanguard sur les obligations de court terme, avec un ratio de dépenses de 0,09%.

En utilisant la formule de Buffet, cela nous donne un ratio de dépenses combinées de 0,063%, ce qui est bien inférieur aux alternatives offertes par les robot-conseillers.

Conclusion

Les bénéfices des robot-conseillers semblent, à mes yeux, assez douteux. Les conseils reçus par leurs clients sont basés sur des théories financières erronées, et les start-ups qui les utilisent sont souvent d’une viabilité questionnable. Les investisseurs feraient mieux de s’éduquer quant à l’investissement et de prendre eux-mêmes en main la gestion de leur capital. Investir sur les ETF les moins chers est un bien meilleur choix que déléguer votre avenir à des algorithmes infondés.

 

 

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