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Climat: demain, les sceptiques au tribunal ?

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Publié le 21 septembre 2015
1529 mots - Temps de lecture : 3 - 6 minutes
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Rubrique : Editoriaux

A quelques semaines de la conférence climatique “COP 21” de Paris, les appels à la “criminalisation des climatosceptiques” se multiplient. Fait nouveau, l’un des derniers en date émane non pas d’activistes ou de politiciens, mais de scientifiques, qui se sont adressés directement à la personne la plus influente du monde occidental, le président des USA. Que cachent ces appels ? Le débat scientifique est il soluble dans le fascisme ?


Il y a deux façons d’envisager le débat autour d’une question scientifique ou politique. La première, est, justement, le débat. Les tenants de différentes thèses confrontent leurs vues, font en général évoluer leurs arguments en fonction de cette opposition, qui ne peut que se révéler fructueuse lorsqu’elle est menée avec un esprit constructif.

La seconde façon consiste à vouloir imposer, généralement pour des raisons politiciennes ou assimilées, un point de vue unique, quitte à faire taire toute dissidence par tous les moyens. Inutile de préciser que, dans un tel cas, la science n’en sort pas grandie. Deux précédents célèbres: l’église voulut faire taire Galilée, qui osait argumenter contre le dogme de la centralité de la terre, et Trofim Lyssenko, biologiste soviétique qui utilisa ses connexions avec le parti pour imposer sous Staline, dans les années 30, ses thèses pourtant fausses sur la génétique, en opposition avec la biologie classique. Lyssenko fit déporter ou muter 3000 biologistes “classiques” accusés d’être au service d’une science bourgeoise. Il fallut attendre les années 60 pour qu’il soit discrédité (il mourut en 1976), et son action a contribué à handicaper lourdement la science biologique soviétique pendant des décennies.

Débattre ou abattre… Le monde scientifique, instruit des errements du passé, est-il immunisé contre le second terme de l’alternative ? Hélas, hélas… 

De la prison pour ceux qui promeuvent les contradicteurs du GIEC ?

20 climatologues “alarmistes”, que je peine à qualifier encore de scientifiques, viennent de signer une lettre adressé à Barack Obama et à son garde des sceaux, que je résume (original ici ou )

“M. Le président, M. Le garde des sceaux, 

Une immense majorité de climatologues est convaincue des effets néfastes du réchauffement climatique induit par les activités humaines

(....)

Et nous apprécierions que vous fassiez un usage agressif et imaginatif des outils limités dont vous disposez face à un congrès récalcitrant. Un de ces outils - récemment proposé par le sénateur Whitehouse - est une enquête pour “extorsion et corruption en association de malfaiteurs (acronyme US: “RICO”) des entreprises et autres organisations qui ont en connaissance de cause trompé le peuple américain sur les risques du changement climatique, comme un moyen de stopper la réponse de l’Amérique à ce changement.

(...)”

Ont ils des éléments tangibles leur permettant d’étayer une telle demande ? Même pas. Les climatosceptiques sont simplement comparés à l’industrie du Tabac, dont ils utiliseraient “les méthodes” pour défendre leurs thèses, et cela, selon les signataires, justifierait le déclenchement du feu judiciaire américain à leur encontre. Comme si ces méthodes n’étaient pas universellement utilisées par tous les lobbys, lucratifs ou non, honnêtes ou pas, pour faire valoir leur point de vue !

Le courrier est signé de 20 scientifiques dont une des sommités du GIEC, Eric Treneberth, “auteur principal” du GIEC et mouillé jusqu’au cou dans l’affaire du climategate.

Le chef d’inculpation demandé n’est pas anecdotique. Les enquêtes RICO, si elles aboutissent à un procès, peuvent entraîner de lourdes condamnations.

Ainsi donc, des scientifiques “officiels”, estampillés “GIEC” donc sous l’égide de l’ONU, appellent le président américain à mettre en prison des membres d’organisations qui osent diffuser un message non conforme à leur doxa.

Cette offensive anti-contradicteurs n’est pas isolée. Quelques jours après l’envoi de cette lettre (datée du 1er septembre), le New York Times publiait un éditorial comparant les climatosceptiques, pardon, les “négationnistes” climatiques, à Adolf Hitler, rien de moins. Je cite, “These deniers tend to present (...) — an intellectual stance that is uncomfortably close to Hitler’s."


Il y a encore cet avocat renommé d’outre Manche qui estime dans le “Guardian” que les sceptiques doivent être… Traduits devant un tribunal international. Ou cette pétition en Français visant à considérer la consommation d’énergies fossiles comme un crime climatique, innovation juridique intéressante s’il en est…

Mais la pétition des 20 infâmes franchit un pas en demandant précisément un certain type de poursuite auprès des pouvoirs en charge de les mettre en oeuvre. On passe de l’incantation à la pétition. Prochaine étape ?

Si tu ne peux rien contre le message… Tue le messager

Trofim Lyssenko n’est peut être pas mort, finalement, et il a couché avec Joe McCarthy.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au sujet, en tentant de mobiliser ce qui me restait de ma culture d’élève ingénieur, je suis rapidement tombé sur des débats entre les deux parties, et j’ai constaté que le camp “officiel”, déjà, tendait à fuir le débat dès qu’une incohérence dans leur discours apparaissait, et n’hésitait pas à entrer dans des campagnes de dénigrement totalement fallacieuses de leurs contradicteurs. Ainsi, par exemple, un immense scientifique (directeur du centre de climatologie au MIT, plusieurs fois auditionné en tant qu’expert par le congrès US, pas de la gnognotte, donc), Richard Lindzen, fut traîné dans la boue parce que dans son passé, il avait répondu à deux appels d’offres (et les avait gagnés) pour deux missions commanditées par Exxon Mobil,  pour environ 20 000 $ ! L’argument, venant de la part de scientifiques inondés d’argent public pour défendre à tout prix la thèse alarmiste, ferait rire, si malheureusement les scientifiques concernés n’étaient pas obligés de consacrer une énergie et parfois un argent démesuré, à répondre à ces misérables diffamations. D’autres scientifiques très titrés et sceptiques (Singer, Soon, Michaels, Pielke, et sans doute d’autres) ont été traités avec les mêmes procédés méprisables.

Et quand vous n’avez plus que ce type d’attaques ad hominem à offrir au débat, c’est que vous savez que vos arguments de fond sont battus en brèche.


La schlague, l’arme des losers


Pauvres climatologues du GIEC… Ces gens, malgré 20 ans de financements ONUsiens toujours plus abondants, et avec un des réseaux d’investisseurs financiers parmi les plus puissants (l’INCR, 13 000 milliards en gestion…) de leur côté, n’ont pas été fichus de convaincre l’opinion que leur “science” valait mieux que les arguments d’une aggrégation informelle de physiciens, géologues, chimistes, mathématiciens, ou simples ingénieurs, peu ou pas financés, simplement réunis par internet et mus par le désir de faire progresser la vérité scientifique...

Pire, la réalité météorologique infirme leurs prévisions d’il y a 20 ou 15 ans, et l’évolution des températures réelles, tout comme l’occurrence de catastrophes météorologiques,  se situent en dessous des courbes de prévisions tracées en début de période par les modèles officiels les plus modérés.

Comme l’a dit l’immense physicien et mathématicien Freeman Dyson, un des pères de la physique quantique, “lorsque votre modèle est incapable de reproduire le passé, il est juste faux”, ce qui relève du simple bon sens. Les climatologues du GIEC sont infichus de répondre à cette objection basique: pourquoi vos modèles ne savent pas reproduire l’évolution du climat des 15 dernières années ? Et ce n’est pas là la seule question gênante à laquelle ils ne répondent pas.

Alors vont ils admettre s’être un peu emballés ? après tout, l’erreur fait partie du processus de découverte scientifique et n’a rien de honteuse, à condition qu’elle soit reconnue et corrigée.

Et bien non, ils veulent seulement faire taire ceux qui diffusent des messages contredisant leurs thèses en demandant à la plus haute autorité de la première puissance économique mondiale de les traîner en justice en leur imputant des charges de nature criminelle. “Si tu ne peux réfuter le message, tue le messager !

Pour une (grosse) poignée de dollars

“Mais pourquoi ?”, me direz vous… Les motivations peuvent être multiples. Certains de ces scientifiques peuvent être tentés d’utiliser leur culture scientifique pour aiguiller les politiciens décideurs dans une mauvaise direction au nom de leurs croyances idéologiques. Certains politiciens peuvent être tentés d’influer sur les “découvertes” de la recherche scientifique pour biaiser le débat dans la direction qu’ils souhaitent.

Mais plus prosaïquement, “suivons l’argent”... Le quotidien “La Tribune” faisait cette semaine état des études de l’économiste vedette du GIEC, Sir Nicolas Stern estimant les investissements nécessaires à la politique de transition énergétique à plus de 80 000 milliards d’Euros, et affirmant que seules des subventions publiques et des réglementations très contraignantes peuvent drainer de telles sommes dans la “bonne” direction… Et selon le “climate change business journal”, le chiffre d’affaires des activités tournant autour du réchauffement climatique atteint déjà, au niveau mondial, $1500 milliards par an !

Ah oui, voilà qui peut inciter certains “aspirants bénéficiaires” de cette manne à ne pas se montrer trop regardants sur les moyens employés… Lesquels, comme le note ironiquement la chroniqueuse australienne Joanne Nova, sont justement très proches des tactiques de cette maudite industrie du tabac: dénigrement diffamatoire, harcèlement professionnel ou judiciaire, etc… Mais ces façons de procéder n’ont plus rien à voir avec la science.

Notre époque voit donc poindre une inquiétante demande pour l’instauration d’un climato-fascisme par les gouvernements, avec la complicité de très lourds intérêts financiers de connivence.  Pas sûr que les éléments sains d’esprit de nos sociétés puissent s’y opposer efficacement.

 

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Vincent Bénard, ingénieur et auteur, est Président de l’institut Hayek (Bruxelles, www.fahayek.org) et Senior Fellow de Turgot (Paris, www.turgot.org).
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