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Cours Or & Argent en

Comédiante, tragédiante !

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Publié le 14 octobre 2011
880 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Plus la perspective d’une recapitalisation des banques se précise, plus les tensions entre celles-ci et les autorités européennes s’accroissent. Cela se manifeste par les tentatives publiques des établissements bancaires d’y échapper, ainsi que par des discussions plus discrètes sur l’ampleur et les modalités de l’opération.


Josef Ackermann, patron de la Deutsche Bank, s’est dressé vent debout. « Il me paraît douteux qu’une hausse du niveau des fonds propres pour l’ensemble des banques soit une mesure appropriée pour résorber la crise de la dette publique », a-t-il déclaré, en insistant bien : « Le débat actuel sur la recapitalisation est contre-productif parce que d’une part il envoie le message qu’une décote est plus probable, et d’autre part comme les moyens nécessaires à une recapitalisation ne vont sûrement pas venir des investisseurs privés, ce serait finalement aux Etats de lever les fonds, ce qui ne ferait qu’aggraver la crise de la dette ». Tout est dit, ou presque.


Les autorités européennes ont finalement admis que le renforcement des banques s’imposait, mais sans en clarifier les raisons. Les Français ont pratiqué l’art du camouflage en prétextant qu’il s’agissait de respecter les nouveaux ratios de Bâle III. En réalité, la situation des banques européennes est très variée, suivant que l’on considère les espagnoles, plombées par l’éclatement de la bulle immobilière, les allemandes qui n’ont toujours pas digéré leurs actifs toxiques américains ou les françaises et italiennes en raison de leur exposition à la dette souveraine. Comme on le voit, l’opacité continue sans surprise de régner. Seule réponse possible, est-il désormais concédé : un coup de bazooka, qui risque à l’arrivée d’être un pétard mouillé.


Le bras de fer engagé est promis à rebondir. Car les banques tentent de biaiser en cherchant à améliorer leur ratio via la vente d’actifs et la réduction de la taille de leurs bilans et engagements. BNP Paribas et la Société Générale ont montré la voie et d’autres banques italiennes et allemandes seraient sur le point de les suivre. Cela ne fait pas l’affaire des autorités européennes, qui craignent que cette réduction de voilure ne se traduise par une diminution du crédit aux entreprises. Celles-ci, à la différence des entreprises américaines qui vont directement se financer sur le marché, sont dépendantes à hauteur de 80 % des banques pour se financer. Déjà atone, la croissance économique en souffrirait. Pour préserver autant que possible sa rentabilité, le système bancaire apporterait une nouvelle fois sa contribution à l’économie en appuyant sur ses épaules alors qu’elle se noie.


Les banques cherchent à éviter les voies qui leur sont proposées : soit de se recapitaliser par leurs propres moyens, soit de subir une infamante injection de capitaux publics. Cette hypothèse s’imposerait après une période de 6 à 9 mois, si elles n’y parvenaient pas elles-mêmes, après avoir été reconnues défaillantes par de nouveaux stress tests qui sont dans les tuyaux.


L’intervention dans leurs affaires des États n’est évidemment pas souhaitée par les banquiers, dans le contexte de défiance dans lequel leurs établissements sont plongés, qui pourrait inciter les dirigeants politiques à exiger cette fois-ci quelques compensations. À imposer des conditionnalités, comme dit le FMI quand il s’agit des États. On a entendu à ce propos Jean-Claude Juncker réclamer des sièges dans les conseils d’administration et José Luis Barroso l’arrêt de la distribution des dividendes et bonus. Il y a loin de la coupe aux lèvres, mais on ne sait jamais…


Le renforcement des fonds propres des banques n’a pas non plus leurs faveurs. Trouver de nouveaux investisseurs, argumentent-ils, est tâche impossible, alors que se dessine la perspective de décotes sur les obligations souveraines détenues par les banques : ce serait comme leur demander de venir perdre de l’argent !


Derrière cet argument s’en dissimule deux autres :


1/ Les actionnaires ne veulent pas vendre à prix sacrifiés les nouvelles actions qu’ils devraient émettre pour augmenter le capital, étant donné le coup de tabac que les banques viennent de subir. La valorisation boursière des banques a en effet été rabotée en moyenne de 40 %. Procéder ainsi reviendrait dans ces conditions à accorder une place importante aux entrants et à un partage du gâteau au détriment des actionnaires en place. L’hypothèse d’une augmentation de capital réservée aux actionnaires n’est même pas envisagée…


2/ Toute autre forme de renforcement des fonds propres, telle l’émission d’obligations sécurisées, se fera à un coût élevé – en dépit des achats décidés par la BCE qui sont destinés à l’éviter – et diminuera d’autant la rentabilité des futures opérations financières des banques. En désespoir de cause, on voit ainsi poindre à nouveau les CoCos (obligations convertibles), bien que le Comité de Bâle ait refusé de les prendre en considération dans le calcul du noyau dur des fonds propres. Mais on peut toujours essayer…


La farce va changer de décor. Une intransigeance de façade va être proclamée, mais des assouplissements vont être concédés. Toute l’attention va être dirigée vers la nécessité de respecter un nouveau ratio de fonds propres durs, considéré comme le plus solide rempart que les banques doivent bâtir. Au détriment des modalités détaillées de son calcul, qui repose sur une définition des fonds propres à géométrie incertaine et sur une pondération des risques de leurs actifs effectuée selon les modèles des banques elles-mêmes.





Billet rédigé par François Leclerc



 

 



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Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).
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Alors Paul, vous y croyez encore...? les yeux du peuple dupé s'ouvrent progressivement et ne peuvent que péniblement accepter l'inacceptable: le monde est sous l'emprise d'argent bidon piloté par des monstres humains? immoraux qui l'utilisent pour financer les guerres du 20eme et 21eme siecle. il est temps que ça cesse et que les responsables soient trainés devant un tribunal mondial.
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WakeUp - 14/10/2011 à 10:49 GMT
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