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Compétitivité Globale et Avenir : A la recherche de la compétitivité perdue

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Extrait des Archives : publié le 02 mai 2012
1061 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
( 9 votes, 4,6/5 ) , 8 commentaires
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Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

Aujourd’hui, l’inéluctabilité des réformes ainsi que la non-viabilité du généreux modèle social Européen semblent évidentes. Cependant, n’est-il pas aussi  évident qu’il a pu se maintenir et se développer pendant au moins 30 ans sans apparemment heurter à la compétitivité Européenne ?


Cette remarque ne peut pas résister à une analyse plus approfondie de la réalité de la compétitivité Européenne préalable à la crise actuelle. En effet, la compétitivité de l’Europe de l’après-guerre était aussi incontestable que presque personne ne contestait cette compétitivité. La moitié du monde était sous le joug des régimes communistes dont les principaux produits offerts sur les marchés internationaux non-communistes étaient les matières premières – sans compter les armes et autres équipements militaires. Les matières premières y étaient demandées pour que les pays occidentaux puissent produire leurs propres marchandises. C’est le cas du gaz russe et autres minerais utilisés largement dans les usines allemandes, françaises et italiennes.


La Chine et l’Inde ne représentèrent rien de sérieux en termes de concurrence jusqu’à la fin des années 1980. La Chine était alors plutôt occupée à maintenir la révolution en place qu’à développer sa structure productive. S’il est vrai que l’Inde n’a pas ouvertement adopté le communisme, son économie était néanmoins organisée autour d’une planification centralisée des ressources. Le système indien était caractérisé par un fort protectionnisme et un vaste secteur public visant à une industrialisation par la substitution aux importations. En effet, l’Inde cherchait davantage à chasser son passé colonial et à maintenir intact son énorme mosaïque ethnoculturelle qu’à construire une économie vraiment compétitive.


Les principaux pays Sud-Américains – Argentine, Brésil, Chili et Mexique – se lancent pour leur part dans des aventures économiques similaires à celle de l’Inde en adoptant la gestion centralisée de l’économie sous des régimes généralement issus de la droite patriotique – avec quelques intervalles socialistes, surtout au Brésil et au Chili. Le protectionnisme de ces pays a fait émerger des entreprises surprotégées qui resteront incapables de faire face à la concurrence de leurs homologues américains, européens et japonais. L’aventure de la substitution aux importations prend seulement fin au début des années 1990, avec quelques récidives occasionnelles néanmoins– par exemple, en Argentine, en Bolivie, au Venezuela, entre autres, avec les résultats qu’on connait aujourd’hui.


Finalement, les pays Africains après avoir obtenu leur indépendance plongent immédiatement dans des dictatures – généralement de type communiste – ou dans des guerres civiles. Cette instabilité chronique va rendre impossible tout développement économique dans une vaste région pourtant riche en ressources naturelles. L’instabilité en Afrique engendrera d’ailleurs une forte émigration vers l’Europe Occidentale qui saura bien en profiter pour favoriser sa compétitivité économique.


L’instabilité politique conjuguée à l’incapacité économique de tous ces pays à concurrencer les pays développés de l’Occident a aussi favorisé les flux de capitaux financiers vers ces pays développés. Ce n’est qu’à partir des années 1980 que le capital financier se dirigera massivement vers les marchés émergents pour y acheter d’ailleurs de la dette publique plutôt que pour investir directement dans la production locale.


En outre, il faut bien remarquer que le modèle social Européen n’atteint son sommet en termes de « générosité » que dans les années 1970.


En France, s’il est vrai que les acquis sociaux s’accumulent depuis le milieu du 19ème siècle, les principales dépenses de l’État sous la IVème République sont avant tout constituées d’investissement publics massifs dans les infrastructures notamment. Les présidences de Charles de Gaulle et de Georges Pompidou permettront une libéralisation relative de l’économie qui s’intensifie sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing mais s’accompagnent aussi d’une augmentation du poids des charges sociales. Ce processus d’accroissement des dépenses sociales reprend avec force sous le premier mandat de François Mitterrand et a poursuivi sa course à un rythme certes moins effréné jusqu’à nos jours.


En Allemagne, ce n’est que lors de la montée au pouvoir des sociaux-démocrates Willy Brandt (1969-1974) et Helmut Schmidt (1974-1982) que le modèle social croît avec vigueur.


Autrement dit, avant la fin des années 1960, le poids des dépenses sociales en Europe Occidentale n’avait pas encore explosé par rapport aux autres dépenses publiques.


Néanmoins, le développement économique de l’après-guerre reste profondément marqué par l’interventionnisme étatique. S’il est vrai que des pays comme l’Allemagne et l’Autriche relâchent les rênes de l’interventionnisme, d’autres pays n’hésitent pas, au contraire, à l’accroître comme c’est le cas de la France et du Royaume-Uni. Cela se manifeste dans la création de nombreuses entreprises publiques et de marchés  protégés par l’État qui aboutira plus tard à un manque de compétitivité face aux pays émergents.


Les pays Européens bénéficiaient cependant à l’époque d’une main d’œuvre bien formée, productive et relativement bon marché. Si nous ajoutons à cela l’aide américaine, on comprend que le rétablissement économique Européen ait pu arriver  assez vite alors que les économies de ces pays deviennent de plus en plus dirigistes et dépensières.


En résumé, la compétitivité de l’Europe Occidentale avant les années 2000 était fondée sur un ensemble de facteurs économiques, géopolitiques et institutionnels, souvent, mais pas toujours, externes à l’Europe. Face à un manque d’alternatives viables ailleurs, le développement économique de l’après-guerre en Europe s’est construit grâce à des capitaux à la recherche de marchés relativement développés avec une main d’œuvre spécialisée, un parc industriel facile à rétablir et de nombreux consommateurs en puissance. En outre, la géopolitique de l’époque privilégiait un rétablissement rapide de l’Europe face à un bloc communiste expansionniste. Finalement, les institutions en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie n’attiraient pas les investissements vers ces régions.  L’Europe Occidentale a ainsi été « protégée » de concurrents potentiels pendant presque 40 ans.


La fin de la compétitivité Européenne n’était alors qu’une question de temps. Une fois que les pays dits en voie de développement allaient réussir à stabiliser leur environnement institutionnel et ouvrir leurs marchés aux investisseurs étrangers, la donne allait changer.


La globalisation des marchés de capitaux  financier et humain va permettre aux investisseurs internationaux de trouver de  meilleures opportunités là où on peut allier force et stabilité institutionnelle et avantages économiques traditionnels (prix ou spécialisation de la main d’œuvre, position géographique et ressources naturelles).


L’accumulation d’obstacles fiscaux et interventionnistes rend alors l’Europe moins attractive que d’autres pays émergents. Il est donc temps pour l’Europe de réformer ses institutions afin d’éviter la stagnation et mettre en valeur ses avantages compétitifs.


A suivre : la compétitivité retrouvée ou pourquoi l’Europe est loin de dire son dernier mot


 

 

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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En partie, nous pouvons dire que oui la prospérité européenne a été le résultat de circonstances particulières de l'époque -- mais en moindre degré pour l'Allemagne car elle a été très peu, voire aucunement, favorisée par le Plan Marshall. N'oublions pas le fait que si les États-Unis n'avaient pas mis en place le Plan Marshall, sa balance commerciale aurait restée largement excédentaire en sa faveur -- mais déficitaire pour l'Europe Occidentale. Le Plan Marshall a permis à l'Europe Occidentale de financer sa ré-industrialisation et sa capacité d'exportation en temps record. Si pour l'Europe c'était une bonne affaire, pour le contribuable américain c'était beaucoup moins intéressant... à terme.

Cependant, je n'enlève pas le mérite aux européens non plus. Si le Plan Marshall a pu "fonctionné" en Europe, c'est grâce aux capacités humaines et matériels disponibles sur le sol européen (oui, malgré la destruction; c'est une longue discussion, mais l'Allemagne finit la guerre avec un parc industriel beaucoup moins touché que celui des voisins et le parc industriel français à moitié ruiné était toujours plus important que le parc industriel des pays "développés" de l'époque tels que l'Argentine ou l'Uruguay). Comme je dis dans l'article, c'est la combinaison de circonstances géopolitiques et des capacités productives traditionnelles européennes qui a facilité la prospérité européenne de l'après-guerre.

Le fait que les pays aujourd'hui émergents à l'époque s'aventuraient dans le dirigisme a facilité les choses pour l'Europe. Cela a permis à un continent relativement riche en capacité productive, l'Europe, à jouer à l'interventionnisme tandis que des pays beaucoup moins dotés en capital essayaient de faire pareil ce qui a représenté pour ces derniers des décennies perdues. Quand l'Europe commence son timide processus de libéralisation, elle dispose des capacités productives bien plus développées tandis que les futurs concurrents étaient encore pris dans des processus inflationnistes et dirigistes qui retardaient leur développement.

Néanmoins, la libéralisation européenne a été insuffisante quand comparée à celle des émergents comme l'a remarqué Libertador. Voilà pourquoi ces pays arrivent à se développer tellement vite. Il faut remarquer cependant que ces pays sont encore marqués par un fort interventionnisme. Leurs avantages sont fondés sur un coût du travail dérisoire (Chine, Inde) ou une disponibilité énorme de matières premières (Brésil, Russie). Je parlerai de ça dans mon prochain article...

Évidemment, comme a été pointé par ELS, le modèle social européen n'est pas vraiment "généreux". On voit là l'ironie de l'interventionnisme. En voulant être généreux, on devient en réalité mesquin et accapareur. D'où le système fiscal et social en place en Europe aujourd'hui. L'idée de cette série d'articles est de montrer que la "générosité" européenne a résulté non seulement en un coût fiscal important, mais en un coût compétitif également (un coût qui est dérivé de ce coût fiscal).

Merci encore une fois,

Prof. Gabriel A. Giménez-Roche
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Pouvez-vous nous citer les pays qui ont une compétitivité supérieure à l'europe et dont l'économie est plus libéralisée (que celle de l'europe)?
Balance du commerce extérieur de l'UE 27 (en milliards d'euros)
2000 2009
Chine -48,7 -133,1
USA +31,9 +45,2
Russie -41,0 -49,7
Suisse +9,9 +14,5
Norvège -20,7 -31,1
Japon -46,5 -19,8
Turquie +13,1 +7,6
Corée-du-Sud -10,2 -10,5
Inde +0,832 +2,1
Brésil -1,8 -4,1
Canada +2,1 +4,6
Monde -142,9 -104,7
Source: Eurostat

Si l'on regarde les 5 plus gros déficits commerciaux de l'europe en 2009, on trouve :
- Russie et Norvège (on peut supposer que ce déficit s'explique par l'achat des matières premières)
- Chine, Corée du Sud et Japon : peut-on réellement affirmer que la Chine et le Japon sont des économies plus libéralisées que l'Europe ?

Quand vous parler de déficit de compétitivité, qu'entendez-vous exactement par là ?

Je crois qu'il y a une dimension des taux de change que vous sous-estimez largement. Les règles ne sont pas les mêmes pour tous le monde. Si la Chine laissait flotter sa monnaie, on peut supposer qu'il y aurait eu une appréciation spéctaculaire du yuan, réduisant probablement le déficit commercial en volume.

De plus la Chine bénéficiait (et bénéficie peut être toujours) de la clause du pays sous industrialisé dans les accords du GATT (puis OMC), lui permettant de pénétrer les marchés occidentaux tout en protégeant ses propres marchés nationaux.

Si les règles du jeu étaient les mêmes pour tous, on y verrait un peu plus clair.

"Néanmoins, la libéralisation européenne a été insuffisante quand comparée à celle des émergents" Je ne suis pas du tout d'accord avec ce constat.

Un exemple :

"C'est une petite bombe qui a explosé à la figure du géant Apple, fin 2011 : le gouvernement argentin a tout simplement interdit la vente d'iPhone sur son territoire pour une durée indéterminée. Motif invoqué : ce smartphone est entièrement produit à l'étranger. Pour Apple, la seule solution pour contourner ce blocus est d'ouvrir une usine en Argentine, comme l'ont déjà fait Samsung, Nokia et LG. Une mesure radicale qui fait suite à la décision du Brésil d'imposer une taxe de 30 % sur tous les véhicules fabriqués avec moins de 65 % de pièces issues de la zone Mercosur. Il faut dire que, avec l'appréciation du réal, l'industrie automobile brésilienne est à la peine : les importations de véhicules ont grimpé de près de 40 % l'an passé. En fonction de la cylindrée, la nouvelle taxe pourrait accroître le prix de vente des voitures étrangères de 27 à 36 % !"
( http://lexpansion.lexpress.fr/economie/un-nouveau-protectionnisme_284511.html)

L'Europe et le US sont les régions du monde qui ont le plus libéralisé leurs marchés.
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Merci de votre commentaire.

En réalité, je suis plutôt d'accord avec vous, mais je ne voudrais pas être en avance sur mon prochain article à paraître dans une semaine.

Très cordialement,

Prof. Gabriel A. Giménez-Roche
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Doit on en déduire à la lecture de cet article que la prospérité de l'Europe durant les 30 glorieuses venait du communisme chez les voisins et de l'interventionnisme étatique chez nous, et que rien ne va plus depuis que notre économie à été libéralisée?
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J'en doute, mais il est clair que la prospérité desdits voisins provient de la libération de leur economie
À 55% de prélèvements obligatoires je ne vois pas bien ce que ce modèle social à de généreux
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Merci de votre commentaire. En réalité, je suis plutôt d'accord avec vous, mais je ne voudrais pas être en avance sur mon prochain article à paraître dans une semaine. Très cordialement, Prof. Gabriel A. Giménez-Roche Lire la suite
Gabriel Gimenez Roche - 06/05/2012 à 20:55 GMT
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