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Crise des pays émergents : après la pseudo reprise mondiale, retour à la dure réalité

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Publié le 30 janvier 2014
552 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
( 26 votes, 5/5 ) , 4 commentaires
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Rubrique : Editoriaux

"C’est tout le scénario de reprise mondiale qui est remis en question." Voici le cri du cœur d’un analyste bancaire parisien cité par Le Figaro vendredi dernier après la chute des marchés actions à travers le monde : car revoici le spectre d’une crise des pays émergents. Un véritable raz de marée a en effet balayé les devises émergentes : le peso argentin a perdu 20% de sa valeur par rapport au dollar depuis le début de l’année, la livre turque 30% sur les douze derniers mois. Le peso mexicain, le real brésilien et le rand sud-africain sont également plongés dans la tourmente.

Les pays émergents, ce n’est plus l’eldorado ! Et le principal d’entre eux, la Chine, marque des signes d’essoufflement, tout le monde commence à se rendre compte que sa croissance marque le pas. A cela s’est rajoutée la menace d’un défaut de paiement de la principale banque du pays, ICBC. Celle-ci vantait en effet les mérites d’un fonds promettant 10% de rendement par an, une performance nettement supérieure aux livrets bancaires classiques, mais une promesse qui s’est volatilisée, l’argent récupéré n’ayant pas servi à exploiter une mine, comme prévu. Bien que l’ayant commercialisé, ICBC a refusé au début toute responsabilité directe dans le produit incriminé, avant finalement de trouver un accord évitant les pertes en capital pour les clients. Les autorités au plus haut niveau sont intervenues pour éviter une crise de confiance, mais cette affaire illustre les dangers du shadow banking qui a pris, en Chine, une ampleur insoupçonnée.

Les marchés plongent, mais déjà depuis plusieurs mois les inquiétudes étaient latentes. Pays émergents : fin de partie ? avions-nous écrit en août dernier où déjà des mouvements de retrait de capitaux apparaissaient. Nous assistons à une cristallisation des craintes, à une amplification de la défiance, à une accélération de la crise. En Argentine, la banque centrale ne cherche même plus à la défendre le peso, préférant garder ses devises pour permettre l’achat des produits de première nécessité devant être importés. Résultat le cours du peso s’effondre encore et les 28% d’inflation en 2013 risquent fort d’être dépassés en 2014.

Faut-il craindre un effet de contagion aux pays industrialisés ? Pas du tout s’empressent d’affirmer plusieurs responsables européens par la voix de l’AFP, comme par exemple le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem : "Je ne pense pas qu'il y aura une quelconque contagion des risques pesant sur les économies émergentes vers la zone euro." Vraiment ? Même pas à l’Espagne et au Portugal, dont les économies sont très liées à celles de l’Amérique latine ? Effectivement, dans un tel cas, s’en serait définitivement terminé de la si timide et si discrète reprise économique que l’on nous annonce avec insistance, comme s’il fallait y croire de toutes ses forces pour qu’elle advienne vraiment.

Est-ce un phénomène secondaire ou une première bulle qui commence à éclater, avant bien d’autres ? Nous verrons bien, même si nous penchons pour la seconde branche de l’alternative, mais cette crise témoigne de la fragilité de l’économie mondiale. Elle montre aussi que les banques centrales peuvent totalement perdre le contrôle de la situation et se révéler impuissantes face à la glissade de leur monnaie et au dérapage des prix. Cela peut-il servir d’avertissement à la Banque du Japon, à la Fed et à la BCE ? 

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Philippe Herlin est chercheur en finance et chargé de cours au Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Il est également contributeur sur le site Goldbroker.com
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...c'en serait", pas "...s'en serait" !
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Pourquoi parle-t-on en permanence de pays émergents et jamais de pays "immergents" ?... Et pourtant, il y a des pays qui passent d'une situation supportable à une situation catastrophique. L'Argentine est exemplaire, mais on parle peu de 2 autres pays: le Venezuela et l'Algérie. Tous deux ont misé à 98 % sur le pétrole et , du coup, ont totalement abandonné tout investissement susceptible de prendre le relais: qu'il soit agricole, industriel mais aussi touristique. Tous les deux ont misé sur le socialisme, c'est à dire le partage apparemment équitable de la misère, apparemment car une camarilla souvent liée à l'Armée jouit de privilèges exorbitants par rapport à la masse qui manque du nécessaire. En Asie, l'Indonésie parait sur le même chemin.
Il semble que les ressources énergétiques énormes agissent comme une malédiction en stérilisant toute envie de produire. Cela rappelle l'Espagne du 16 ème siècle stérilisée par l'arrivée massive de l'Or du Nouveau Monde ou même le Royaume Uni qui faillit couler sous le pétrole off shore et que Margaret Tatcher sauva d'une main de fer. Il y a des pays qui ont du pétrole mais pas d'idées. La France n'a pas de pétrole et elle est en panne d' idées. Après les 30 "glorieuses" ( il faut le dire vite avec la perte de notre Empire), nous avons eu les 30 "piteuses" ( avec la désindustrialisation massive), nous entrons dans les 30 "scabreuses".
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On a aussi la Norvège, où l'on peut vivre confortablement en travaillant peu. Parfois rien qu'en regardant une cascade turbiner au fond de son jardin.
Dans ce pays, les universités sont vides. Les Norvégiens travaillent jeunes, y sont bien payés, ne suivent plus de formation continue et se la coulent douce.
"Cela peut-il servir d’avertissement à la Banque du Japon, à la Fed et à la BCE ?"
Rien n'est moins sûr. Elles prendront acte et c'est tout. Une corrction sérieuse de tir reviendrait à un sabordage. Même si elles laissent des plumes, elles n'auront d'autre souci que de rebondir. La donne pourrait effectivement changer, mais ce sont toujours les mêmes qui vont se faire tondre !
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douny A. - 01/02/2014 à 08:59 GMT
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