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Danse de la pluie

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Publié le 30 juin 2017
973 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editorial du Jour

Nous pourrions penser au débat quant à une réforme d’Obamacare qui se joue actuellement au Sénat comme aux derniers glouglous de politiciens qui se savent tourbillonner vers le siphon. Ils prétendent tenter de remédier à un racket qui englobe désormais un huitième de l’économie américaine. Comment en sommes-nous arrivés là ? Au début du XXe siècle, il représentait un quart d’un pourcent (0,25%) de l’économie.

L’explication standard veut tout d’abord que Medicare ait fait flamber les activités liées à la santé dans les années 1960, pour attirer beaucoup de personnes âgées qui auparavant ne bénéficiaient d’aucun traitement particulier et qui étaient, dans l’ensemble, en moins bonne santé que les plus jeunes. Deuxièmement, les innovations technologiques ont permis le développement de tant de nouvelles méthodes de maîtrise des maladies, chez les plus jeunes comme chez les plus âgés, que nous sommes parvenus à traiter plus de malades, grâce à des solutions de plus en plus complexes – ce qui a fait flamber les prix.

Le plus gros de l’histoire demeure caché bien au chaud dans la matrice de rackets érigée autour des flux monétaires depuis la grosse flambée des prix des années 1960, et qui implique bien des compagnies d’assurance. Big Pharma, les cabinets médicaux qui appartiennent à de grosses sociétés, les monopoles hospitaliers et, bien évidemment, les politiciens, se sont partagé des quantités colossales de capitaux qu’ils n’ont pu obtenir que pour une seule raison : tous les coûts ont été gardés à l’abri du regard du public.

Dans le domaine médical, personne n’a aucune idée de ce que coûte quoi que ce soit. Certainement pas les patients, parfois qualifiés de « clients » ou de «consommateurs » - mais qui sont véritablement des otages. Si vous vous rendiez à l’hôpital pour vous faire implanter une endoprothèse dans l’artère coronaire antérieure descendante, personne ne pourrait vous dire ce qu’elle coûte, à commencer par le docteur qui a déjà effectué la procédure des milliers de fois. Personne ne peut même en deviner le coût, bien que tout le monde soit certainement capable de vous donner une estimation du prix de l’installation d’une nouvelle pompe à carburant sur sa BMW-28i.

Les prix des soins de santé ne sont jamais discutés avec les patients. Les médecins perçoivent le sujet comme au-dessous de la dignité de leur profession, de la même manière que les aristocrates britanniques percevaient les questions monétaires à l’époque de Downton Abbey comme des affaires grossières réservées aux servants, similaires au débarrassage de la table du déjeuner. Bien entendu, les « servants », dans le contexte des hôpitaux américains, sont la fantastique hiérarchie de greffiers dangereusement suralimentés, accablés par les trop nombreuses heures passées à entrer des chiffres complètement inventés dans leur ordinateur de travail. Une vie plus stérile peut difficilement être imaginée. Si vous demandiez à la personne avec laquelle vous « interagissez » à la caisse d’un magasin de quoi exactement se compose le total de votre facture, vous ne recevriez en échange rien de plus qu’un regard méprisant – réellement orienté vers l’intérieur, vers ses propres dilemmes existentiels, une dynamique pathologique qui mérite peut-être l’attention des instruments de financement de recherche.

Le coût de tout ce qui est médical est calculé à l’occasion d’une danse de la pluie privée entre les partis mentionnés plus haut, sur la base de ce qu’ils pensent pouvoir se permettre de soutirer pour chaque cas particulier. Dans les hôpitaux, cette danse est rendue possible par le système ChargeMaster qui, pour dire les choses le plus simplement possible, permet simplement aux hôpitaux d’inventer n’importe quoi.

Tout projet de loi présenté devant le Congrès dont l’objectif serait de réformer les malfaisances financières du système de santé devrait commencer par rendre obligatoire la publication de ce que font les hôpitaux et les médecins, et ne permettre aux « fournisseurs de services » de ne toucher que ces coûts publics – pour mettre fin à la danse de la pluie qui divise actuellement les rançons versées par les otages du système entre ses fournisseurs. Cet aspect crucial de la crise n’apparaît nulle part dans le débat politique, et n’est jamais mentionné par les organes médiatiques tels que le New York Times, soi-disant défenseurs de l’intérêt public. Peut-être cette facette du problème n’est-elle jamais venue à l’esprit des journalistes – auquel cas je ne peux que me demander jusqu’où va leur stupidité.

(Ce que je trouve le plus drôle, c’est que le New York Times d’aujourd’hui ait déclaré que 20 millions de citoyens ont pu avoir accès aux services de santé dans le cadre de l’Affordable Care Act. Vraiment ? Vous voulez dire qu’ils ont pu bénéficier de polices d’assurance aux primes de 8000 dollars, alors qu’ils ne disposent même pas de 500 dollars d’épargne ? Sur quelle planète vit le personnel de rédaction du New York Times ?)

Les questions corollaires quant à la déconstruction de l’armature du racket de la santé, et de la redistribution de ses « fonctions » à une agence gouvernementale « à payeur unique » constituent bien évidemment un débat plus poussé. Je ne dis pas qu’une réforme pourrait fonctionner, même si elle était modelée sur les systèmes qui marchent aujourd’hui ailleurs, comme en France. Les Américains sont devenus allergiques au sujet même de réforme… ou peut-être leurs politiciens les ont-ils, dans leurs propres intérêts, poussés à s’en imaginer allergiques… Le débat qui se joue actuellement au Sénat n’est donc qu’un prétendu de réaffectation des fruits colossaux du racket entre ses responsables.

Epargnez-vous l’angoisse de réfléchir à l’issue du débat actuel sur le système de santé. Il ne sera pas « réparé ». Le système médical tel que nous le connaissons aujourd’hui finira très vite par exploser, de la même manière que les systèmes de retraire au travers du pays, que les trésors des cinquante Etats, et que tout le reste de l’économie Potemkine américaine.

 

 

 

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James Howard Kunstler est un journaliste qui a travaillé pour de nombreux journaux, dont Rolling Stones Magazine. Dans son dernier livre, The Long Emergency, il décrit les changements auxquels la société américaine devra faire face au cours du 21° siècle. Il envisage un futur prochain fait de crises sociales à répétition, la fin de la Surburbia et du modèle économique associé et une guerre mondiale pour les ressources en énergie. Il prédit la déconstruction des empires européens et américains et pense que, lorsque les convulsions seront terminées, le monde reviendra à un modèle décentralisé et local.
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