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Cours Or & Argent en

De l’art de se contenter de (seulement) baisser le déficit

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Publié le 20 août 2014
817 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Or et Argent

 

 

 

 

Les hommes politiques occidentaux se targuent depuis le début de la crise financière de réduire les dépenses. Parfois à contre-courant de leurs opinions publiques, ils tentent de se faire féliciter d’une grande rigueur dans la gestion des comptes publics, soi-disant à contrario des politiques menées par leurs prédécesseurs.


Pourtant, cette présentation ne doit pas tromper les citoyens : il ne s’agit ici que de réduire les déficits, les pertes, les montants qui viennent alourdir la dette ! La communication – et la mise en scène de considérables efforts – tend à faire oublier à quel niveau se situe la réduction nécessaire des dépenses publiques pour cesser l’accumulation d’une dette devenue abyssale.


Depuis la fin de la 2nde guerre mondiale, le premier véritable déficit budgétaire apparait en 1975, à la suite du choc pétrolier de 1973. Son montant s’élevait alors à 25 milliards de francs. À partir de cette date, ce fut une suite sans fin : 41 milliards en 1978, 100 milliards en 1982, etc.


Sous l’impulsion de François Mitterand, le déficit sera exprimé en % du PIB plutôt qu’en valeur absolue. L’explication officielle était ainsi de pouvoir donner un indicateur de contrôle et de comparaison. Mais il était aussi probablement plus simple et moins anxiogène de communiquer sur un pourcentage abstrait plutôt que d’énoncer chaque trimestre les milliards de déficit qu’il faudra rembourser.


La limite de 3% de déficit, instituée dans le cadre des accords de Maastricht, devait permettre un contrôle de la dette. Cette limite avait été calculée avec les variables en vigueur à l’époque en termes d’inflation, de croissance économique et de niveau d’endettement. Aujourd’hui, bien que ces données soient complètement différentes, les instances de Bruxelles et de Bercy conservent les 3% comme un sacro-saint objectif. Alors qu’une stabilisation de la dette imposerait de diviser ce déficit environ par deux…


À fin 2013, la dette cumulée atteignait 1 925 milliards d’euros, soit 93,5% du PIB français (au sens de Maastricht). Chaque année, environ 50 milliards d’euros sont dévolus au paiement des intérêts de la dette (46,3 milliards en 2012, 44,9 milliards dans la loi des finances 2013[1]), la charge de la dette est le second poste de dépenses du budget de l’État Français, soit 14,2%. Pour 2014, ce poste de dépenses devrait devenir le premier, passant ainsi devant celui l’Éducation Nationale.


Tous ces chiffres sont bien connus. Mais l’habileté des hommes politiques est de faire croire que le combat ne concernerait que des niveaux marginaux de dépenses publiques. En réalité, l’effort à réaliser pour atteindre le solde stabilisant – c’est-à-dire le niveau de déficit qui n’alourdirait pas la dette française au regard de l’inflation et de la croissance du PIB – est bien plus considérable.

Pour l’année 2013 par exemple, l’effort de réduction des dépenses devrait être de 67,3 milliards d’euros.



Situation 2013 France

Inflation

0,86%

Croissance du PIB

0,30%

Niveau d'endettement (% du PIB)

93,50%

Niveau d'endettement (en Mds €)

    1 925,0  

Solde stabilisant (% du PIB)

1,08%

Solde stabilisant en valeur brute du déficit (en Mds €)

            22,3  

Déficit visé pour atteindre les critères de Maastricht (% du PIB)

3%

Déficit visé pour atteindre les critères de Maastricht  en valeur brute (en Mds €)

            62,0  

Déficit actuel (% du PIB)

4,20%

Déficit actuel en valeur brute (en Mds €)

            89,6  

Réduction du déficit nécessaire pour atteindre le solde stabilisant (en Mds€) :

            67,3  


Données : Insee


Quand les responsables publics se targuent d’une réduction de 3 milliards des déficits, il est légitime de se demander s’ils croient vraiment à ce qu’ils disent. Pensent-ils vraiment que ces si maigres performances suffisent à corriger le tir ?


Le gouvernement Valls, dont le premier ministre s’est justement fait le représentant d’une rigueur budgétaire affirmée, ne fait pas exception. En annonçant 50 milliards d’euros d’économies d’ici à 2017 (espérant autant de déficits en moins), il incarne le sérieux budgétaire aux yeux des médias, d’une partie de l’opinion publique, des députés, etc. Au point de se mettre à dos une part conséquente des députés PS et alliés.


Or, des baisses de 50 milliards chaque année ne serait pas suffisantes pour stabiliser la dette nationale. Le chemin est long pour arriver ne serait-ce qu’à stabiliser la dette.


Qu’en penser ?


Il faut le reconnaitre, l’effort est déjà suffisamment rare pour être notifié (notamment au regard des précédentes législatures).


Un certain nombre de services publics et d’administrations commencent à atteindre une limite en termes de réduction des capacités. Il devient difficile (nous dit-on) d’assurer le même niveau de service aux citoyens en baissant encore les budgets.


Il ne semble plus y avoir qu’une solution : revoir le périmètre, changer le « business model » de l’interventionnisme d’État, pour reconstruire une intervention publique adaptée aux nécessités de baisse des déficits.

Toute entreprise l’aurait déjà fait depuis longtemps. Mais comme nous le savons, un État n’est pas une entreprise.

 

 

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Benjamin Le Pendeven est diplômé de l’IAE Gustave Eiffel en Finance, de Dauphine et des Mines Paris Tech en Management de l’Innovation. Il a travaillé dans le monde entrepreneurial et de l’innovation (CroissancePlus, Webhelp) avant de devenir investisseur en capital (Citizen Capital). Il est co-fondateur et directeur général de SOFTCORNER. Il est par ailleurs chercheur en sciences de gestion sur différentes problématiques (innovation, finance, diversité, etc.).
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Une politique de réduction (réelle) de la dette ne sera jamais menée !
Les politiques sont décidées par ceux qui apportent le fric, c'est à dire ceux qui achètent les oblig pourries et qui donc vivent de la dette.
Ne comptez pas sur eux pour se priver de leurs revenus.

Le principal ne les intéresse pas, ils l'ont tiré de rien et il serait détruit s'il était remboursé. Pour les intérêts par contre, ils sont prêts à tout. Absolument tout.

Par exemple, TOUS les chefs d'Etat, sur tous les continents, qui ont décidé de ne plus prendre de nouvelles dettes d'Etat ont été débarqués ou assassinés.
Ceux qui aujourd'hui refusent fermement (Iran, Russie...) sont sévèrement dénigrés et combattus.
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la France se meurt dans le communisme.

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Tu as rayé ton disque, mon vieux Fred !

Allez, retrouve tes discussions éclectiques
qui faisait le charme de ta prose
aux doux accents d'auto-dérision
érigée en art de vivre (et de penser).

Tu nous ferais pas une petite dépression, quand-même ?
Je te sens faiblard du commentaire, ces derniers temps...

Est-ce le fait de ne pas pouvoir partir en vacances,
avec ton fort Alamo à entretenir et à garder ?

Comme nous tous, tu feras à nouveau risette
quand l'or repassera la barre des 40 euros le gramme :
ainsi tu pourras revendre quelques lingotins
pour t'acheter quelques hectares supplémentaires.

En tout cas, personnellement, ça ne me paraitrait pas absurde.
La terre a aussi une valeur pérenne.
Je le mesure chaque année davantage.
... Mais il est vrai qu'il faut être à la campagne
pour en avoir pleinement conscience.

L'or et la terre : les anciens déjà avaient compris.
On n'a finalement rien inventé.
Le tout est que l'or cesse d'être plafonné à 31 euros.
... Car ça commence à gaver grave,
depuis le temps que ça dure !
(on a beau être patient, quand-même :
on est mortels, merde !).

Bref, mon vieux Fred,
reviens-nous tonitruant comme jadis,
avec autre chose que tes habituelles antiennes-leitmotiv.
Tu mérites mieux que ça.

"A la revoyure",
comme on dit par chez nous

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Une politique de réduction (réelle) de la dette ne sera jamais menée ! Les politiques sont décidées par ceux qui apportent le fric, c'est à dire ceux qui achètent les oblig pourries et qui donc vivent de la dette. Ne comptez pas sur eux pour se priver de  Lire la suite
Pâris - 20/08/2014 à 12:02 GMT
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