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Décryptage : la faustérité de l’État français

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Publié le 10 septembre 2014
1315 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
( 13 votes, 5/5 ) , 6 commentaires
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

En pleine rentrée politique, nombreux sont ceux qui critiquent l’austérité des États français et plus généralement européens. « Le monde entier nous supplie de faire cesser ces politiques d'austérité absurdes qui continuent d’enfoncer la zone euro dans la récession » lançait ainsi le lundi 25 août 2014 le ministre de l’économie démissionnaire Arnaud Montebourg.


Étant donné que ce qui est en jeu ici est la souffrance des populations française et européenne, il est urgent de clarifier cette notion ambiguë d’austérité en faisant le point sur les niveaux d’endettement, de dépenses et de revenus de l’État.


Comprendre d’où vient le problème


Lorsqu’un État dépense plus que ce qu’il récolte en taxes, il a la possibilité de demander à emprunter la différence auprès d’investisseurs gérant l’épargne de personnes comme vous et moi.


Mais lorsque cela cesse d’être ponctuel et que le fait de vivre au-dessus de ses moyens devient une habitude pour l’État, les investisseurs se demandent s’ils reverront un jour leur argent prêté. Ils cessent donc d’en prêter ou demandent plus de garanties financières.


C’est exactement ce qui s’est passé en Europe en 2009-2013 lors de la crise des dettes publiques de la zone euro. Certains États-membres – l’État grec par exemple – ayant vécu au-dessus de leurs moyens pendant des décennies ont perdu la confiance des investisseurs.


Le problème vient donc de ce que la dette de l’État grossit de plus en plus à cause du choix de l’État de dépenser plus que ce qu’il ne récolte en taxes et ce sur une longue période.


La dette de l’État français augmente-t-elle ?


Pour savoir si l’État français peut un jour se voir confronter à un problème similaire, il faut se demander si sa dette grossit de plus en plus.


Regardons donc les chiffres.


Année

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

Dette de l’État français en % du PIB

64,2

68,2

79,2

82,7

86,2

90,6

93,5

Dette de l’État français en milliards d’€

1212

1319

1493

1602

1725

1841

1925






Oui, la dette de l’État français grossit de plus en plus. Pire, elle a presque doublé au moment même où la priorité aurait du être de la réduire. Elle représentait 64,2% du PIB au début de la crise en 2007 et représente 93,5% en 2013.


De quel type d’austérité parlons-nous ?


Lorsqu’un État très endetté décide de changer de politique afin de réduire sa dette publique, on parle d’un programme d’austérité.


Mais ce mot est ambigu car il peut signifier deux choses différentes.


En théorie, un État peut réduire sa dette publique en augmentant les impôts, en baissant ses dépenses ou en faisant un peu des deux.


Mais ce qui rend le tout confus est que certaines autres politiques dont l’effet est de réduire la dette ne sont pas qualifiées de mesures d’austérité. Par exemple, réduire les impôts peut permettre de redynamiser l’économie, donc d’augmenter les recettes de l’État, donc de réduire le déficit.


Cette expression d’austérité provoque donc une incompréhension. Les personnes partisanes d’un État limité disent que « l’Europe n’est pas engagée dans un programme d’austérité » étant donné qu’elles estiment que les dépenses publiques n’ont pas baissé et qu’augmenter les impôts est une erreur. Les personnes favorables à un État illimité leur répondent « bien sûr que si, et il faut que cela cesse » en pointant du doigt les hausses d’impôts et en affirmant que les dépenses de l’État ont baissé.


Qu’en est-il en France ?


Les dépenses de l’État français baissent-elles ?


Année

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

Dépenses de l’État français en % du PIB

52,6

53,3

56,7

56,6

55,9

56,7

57,1

Dépenses de l’État français en milliards d’€

993

1030

1069

1095

1118

1152

1176






Les dépenses de l’État français n’ont pas baissé. Au contraire, elles ont même fortement augmenté pendant la crise, tant en valeur qu’en pourcentage du PIB français : de 52,6% en 2007 à 57,1% aujourd’hui.


Lorsqu’un homme politique ou un commentateur parle de coupes sauvages dans les dépenses de l’État français, vous savez maintenant qu’il est soit un ignorant soit un menteur. Et s’il est ministre de l’économie, il s’agit sans doute de la seconde option.


Les revenus de l’État français augmentent-ils ?


Année

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

Revenus de l’État français en % du PIB

49,9

49,9

49,2

49,5

50,7

51,8

52,8

Revenus de l’État français en milliards d’€

941

965

928

959

1015

1053

1087






Oui, les recettes de l’État français ont beaucoup augmenté depuis le début de la crise. Entre 2007 et 2012, les contribuables ont connu 205 augmentations différentes de leur fardeau fiscal. Le taux d'imposition marginal sur le revenu a augmenté de 40% en 2010 à 45% en 2012.


Rigueur ou faustérité, qu’est-ce qui fonctionne le mieux ?


Cette différence entre l’austérité pour l’État (moins de dépenses étatiques ; nous l’appellerons « rigueur » ici) et l’austérité pour les citoyens (plus de taxes ; nous lui donneront le nom de « faustérité ») est essentielle car l’expérience porte à croire que la nature du type d’austérité choisie importe plus que sa taille.


Historiquement, les politiques de rigueur fonctionnent en effet bien mieux que les politiques de faustérité.


Alberto Alesina et Silvia Ardagna, de l’Université Harvard aux États-Unis, ont examiné 107 plans gouvernementaux visant à réduire la dette publique dans 21 pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entre 1970 et 2007. Leur étude est gracieusement disponible en ligne.

 

Leurs résultats laissent entrevoir que les réductions d'impôt sont plus favorables à la croissance que l'augmentation des dépenses de l’État dans le cas d'une relance budgétaire. 

 

Ils ont aussi constaté que la réduction des dépenses de l’État est le moyen le plus efficace pour réduire le ratio d’endettement : 

 

« Nous montrons que les réductions de dépenses publiques sont beaucoup plus efficaces que les hausses d'impôts afin de stabiliser la dette de l’État et d'éviter les ralentissements économiques. Mieux, nous présentons plusieurs cas où la réduction des dépenses de l’État adoptée afin de réduire le déficit public a provoqué une forte croissance économique en lieu et place d’une récession. » (page 3)

La conclusion de l’étude montre que dans les cas où les plans de réduction du ratio d’endettement réussissent (une réussite étant définie comme la réduction cumulative du ratio d’endettement d’au moins 4,5 points sur trois ans), ils sont le résultat d’une baisse de deux points de PIB des dépenses publiques et d’une baisse d’un demi-point des rentrées fiscales. Des résultats encore meilleurs peuvent être obtenus si l’État libéralise le marché du travail et accomplit d’autres réformes structurelles (réformer en profondeur son système de retraite, de santé, d’éducation, etc.).


La France ou l’exemple à ne pas suivre


On l’a vu dans les graphiques ci-dessus, depuis le début de la crise des dettes publiques de la zone euro, et que cela soit sous la présidence de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande, l’État français a choisi un programme de faustérité en taxant davantage les citoyens tout en augmentant ses dépenses publiques.


Sans surprise si l’on connait l’expérience internationale, cette politique de faustérité n’a pas résolu le problème. Au contraire, on l’a vu, la dette de l’État français n’a cessé d’augmenter.


En matière d’austérité, la faustérité française a été tentée depuis 7 ans et est un échec. La rigueur, elle, n’a pas été tentée et l’expérience des autres États de l’OCDE montre que c’est un succès.


Il faut donc se défaire de la notion ambiguë d’austérité et privilégier les termes de faustérité et de rigueur afin de clarifier le débat et d’aboutir à des mesures politiques qui sauvent l’économie au lieu de l’enterrer  - comme c’est malheureusement le cas actuellement en France et plus généralement en Europe.


Conclusion


La solution aux problèmes français et européens de dettes publiques est une politique de réformes structurelles, combinée à une baisse des dépenses de l’État et couplée dans la mesure du possible avec une réduction des impôts.

 

 

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Tout à fait d'accord avec nymeo.

Votre article est excellent. Clair, précis et concis.
Il était inutile et contre productif de faire de la novlangue. C'est dommage. Pas grave, mais selon les interlocuteurs en face, vous perdriez en crédibilité.
C'est un peu le penalty sur la barre ! (Un peu seulement !)
Merci quand même.

On perd la guerre des idées quand on emprunte son vocabulaire à son ennemi. Laissons les rouges faire de la novlangue, ignorer l'étymologie, mentir et tricher.
Le temps dit la vérité...et c'est en cours...
Cdlt
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Cher Alex,

Le choix des mots est primordial dans tout débat public, car la pensée-slogan, comportant une dimension affective, a plus d'impact sur les esprits que les démonstrations circonstanciées; ledit impact pouvant très bien être négatif. Le terme "faustérité" dénote un arrière plan vindicatif et moqueur qui amoindrit la crédibilité des arguments que par ailleurs vous mettez en œuvre avec brio. Le couple de concepts austérité/rigueur, plus neutre, suffisait largement à positionner votre propos dans le sérieux qu'on attendrait sur un tel sujet.
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L'andouille = Faust ?
Evaluer :   0  1Note :   -1
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Bien sur mais si on t'écoute que deviendront les parasites de tout poil qui ne vivent que par le système ?
Et la il ne s'agit pas que des assistés qui eux ne constituent que la piétaille .
A se demander si le vivant n'est pas un moyen trouvé par un cadavre pour engendrer un autre cadavre .
Evaluer :   1  0Note :   1
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Le socialisme, c'est toujours l'histoire d'une spoliation méthodique exercée aux dépens du peuple.
Les unes après les autres, les catégories sociales et professionnelles se font arracher progressivement leur bien.
Puisque les besoins sont sans limite, la spoliation l'est aussi.
Elle ne cesse qu'avec le dépouillement complet des victimes. Malheureusement pour l'oligarchie au pouvoir,
les dites victimes viennent ensuite grossir la masse des assistés,
ce qui oblige à de nouvelles spoliations exercées contre des catégories de moins en moins aisées.
Quand il n'y a plus de gens à dépouiller, le socialisme redistributeur cesse et se fait violent afin d'étouffer le mécontentement général.

Claude Reichman
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On a reproché aux socialistes arrivés au pouvoir en 2012 de ne pas avoir d'expérience gouvernementale, donc de découvrir comment on gère un pays. Le résultat est une catastrophe. En face on a des gens qui ont été aux commandes pendant 10 ans et plus pour certains. Résultat : idem ! La dette nationale ne fait que continuer sa croissance, jusqu'à la faillite avérée de la France.
Et là : Sarkozy, comme un beau diable sorti de sa boîte va reconquérir l'ump et visera la présidence de la république......qu'il sera potentiellement capable de conquérir, lui aussi par défaut.
Si ce n'est pas lui, ce sera Juppé, dont l'arrogance et la condescendance mijotent depuis longtemps dans les casseroles qu'il trimballe derrière lui !
La France des escrocs. On a pas fini de se faire tondre !
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Dernier commentaire publié pour cet article
Tout à fait d'accord avec nymeo. Votre article est excellent. Clair, précis et concis. Il était inutile et contre productif de faire de la novlangue. C'est dommage. Pas grave, mais selon les interlocuteurs en face, vous perdriez en crédibilité. C'est un  Lire la suite
Noumounke - 11/09/2014 à 16:12 GMT
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