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Du capital politique

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Extrait des Archives : publié le 13 mars 2013
615 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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SUIVRE : Faillite
Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

Il est désormais convenu, en sociologie, de distinguer trois types de capital, c’est-à-dire de ressources accumulables dont le contrôle conditionne la position de départ et la progression ultérieure d’un acteur au sein du système social : le capital économique, le capital culturel et le capital social.


Le capital économique correspond au patrimoine et donc aux richesses marchandes accumulées sous la forme de monnaie, de capital financier et immobilier, ainsi que d’objets de grande valeur.


Le capital culturel, quant à lui, regroupe les biens culturels, le niveau de langue et la culture générale, ainsi que les diplômes.


Enfin, le capital social correspond au « carnet d’adresses », c’est-à-dire à un réseau de relations qui sont autant de sources d’information et d’opportunités d’accès.


Bien qu’elle les distingue, la sociologie courante suppose généralement que ces trois types de capital sont cumulatifs – tous comme les inégalités qu’ils engendrent.

Concrètement, les mêmes familles seraient à la fois riches, « cultivées » (c’est-à-dire détentrices de la culture dominante,) et bien connectées.


Plus encore, un tel état de fait assurerait que le système social destine sans trop en avoir l’air (par exemple à travers la prétendue méritocratie scolaire) les membres de la classe possédante / dominante aux fonctions les plus hautes, notamment politiques, et ainsi que l’action de l’État s’exerce au bénéfice des puissants – tout d’abord en pérennisant ce système même. La boucle serait ainsi bouclée.


Des nombreuses critiques que l’on peut faire à une telle modélisation de la vie sociale, je me limiterai ici à son oubli d’un type de capital essentiel : le capital politique.


D’ordinaire, cette expression de « capital politique » sert à désigner la capacité d’un gouvernement à « faire passer » les mesures qu’il entend en fonction de la disposition de l’opinion à son égard.


Ainsi, un président fraîchement élu est-il censé avoir les mains relativement libres, fort de la légitimité qu’il vient de recevoir. À l’inverse, un scandale sans rapport avec une législation en cours de débat peut « affaiblir » une équipe, c’est-à-dire diminuer son capital politique.


Il semble pourant que cette expression de capital politique serait mieux utilisée si elle désignait une notion un peu différente : la capacité relative de différents groupes sociaux à faire agir l’État dans leur intérêt, et donc à employer la force publique (et à travers elle, le reste de la société) comme une ressource.


Qu’est-ce qui détermine le capital politique d’un groupe ? Sa capacité à se mobiliser, tout d’abord; sa capacité à nuire et/ou à servir au pouvoir qu’il essaie d’influencer, ensuite ; sa capacité à légitimer son action auprès du public, également.


À cet égard, il n’est pas du tout certain que le capital politique d’un groupe soit fonction (positive ou négative) de sa position sociale.


Ainsi, bien que plus riches peut-être, les patrons de PME ont certainement moins de capital politique que les enseignants, par exemple. De même, bien qu’ils en aient certainement plus besoin, les sans-domicile-fixes ont certainement moins de capital politique que les employés de la SNCF.


Aux États-Unis, les ouvriers de l’automobile ont démontré en 2008, tout comme les grands banquiers, leur aptitude à bénéficier de l’action de l’État.


En Californie comme dans d’autres États, les fonctionnaires parviennent encore à activer – jusqu’à la faillite publique – la pompe à taxes et la machine à dettes. Dans le même temps, nombre d’illégaux s’échinent en essayant, eux, de faire le moins de bruit possible.


Bref, l’État ne sert les groupes sociaux, ni selon un ordre conventionnel de hiérarchisation économique et sociale, comme s’il était un pantin aux mains des grands; ni par ordre de besoin, comme s’il était le bienfaiteur des petits; mais par ordre de pouvoir ou capital politique.


 

 

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Jérémie Rostan enseigne la philosophie et l'économie à San Francisco. Il est l'auteur, en plus de nombreux articles pour mises.org et le quebecois libre, de guides de lecture aux travaux de Condillac et de Carl Menger, ainsi que d'un ouvrage , Le Capitalisme et sa Philosophie, et de la preface a la reedition de l'ethique de la liberte de Rothbard (Belles Lettres)
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Manifestement on n'a rien de mieux à faire là-bas....
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RalphZ - 13/03/2013 à 08:50 GMT
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