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Cours Or & Argent en

Faut-il répudier la dette publique ?

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Jérémie Rostan
Extrait des Archives : publié le 01 décembre 2011
645 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
( 27 votes, 4,4/5 ) , 6 commentaires
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Répudier la dette publique ? Affirmer simplement et brutalement que l’on ne paiera pas ? L’idée semble farfelue, relevant davantage de la discussion à table que de la politique économique. Immorale, aussi,  envers les créanciers de l’État. Suicidaire enfin, et cela sur tous les plans. Celui de l’État, tout d’abord, qui s’interdirait par là-même tout recours futur à l’endettement. Celui de l’économie dans son ensemble, ensuite. D’une part, l’incapacité de l’État à emprunter impliquerait une chute brutale des dépenses publiques, et donc de la demande globale. D’autre part, la contagion aux banques entraînerait elle-même une restriction considérable du crédit, avec les mêmes conséquences.


La répudiation de la dette publique a pourtant été défendue par l’un des grands économistes du XXº siècle, Murray Rothbard, auquel on doit le renouveau, au milieu même des années 60, de l’approche  libérale en économie politique.


Ardent défenseur des droits de propriété, et farouche opposant à l’arbitraire de l’État, comment cet auteur pouvait-il accepter que l’État vole les détenteurs de ses obligations ? N’y a-t-il pas là une flagrante contradiction ? Absolument pas, prétendait Rothbard car, malgré leur apparente proximité, emprunt public et emprunt privé sont de nature différentes. Lorsqu’un acteur de l’économie prête son épargne à l’État, le revenu dont il achète le droit par ce contrat qu’est l’obligation souveraine, est en effet une taxation future. Or, du point de vue de Rothbard, c’est cette taxation qui relève du vol, car elle est un transfert contraint et forcé de propriété. Pour cette raison, tout titre de créance sur un État serait, par principe, nul et non avenu ; et la répudiation de la dette, la simple reconnaissance d’un état de fait prenant les créanciers à leur propre piège.


Qu’en est-il, maintenant, des conséquences dramatiques d’un défaut définitif ? La théorie des cycles économiques développée par Rothbard s’oppose diamétralement à l’approche keynésienne. D’après lui, le règlement d’une crise ne peut passer par une politique de relance, mais doit nécessairement prendre la forme d’une  « liquidation » des mauvais investissements engendrés, précisément, par de telles  « stimulations » de l’activité.


Cette approche est souvent jugée simpliste, se contentant de  « laisser faire ». Du point de vue de Rothbard, la liquidation est pourtant le seul moyen de connaître les problèmes mis en évidence par la crise, ainsi que de les résoudre, en les laissant se régler par le même processus qui les met en évidence : la faillite.


De ce point de vue, le chaos tant redouté (celui d’une contagion des banqueroutes bancaires) apparaît comme une remise en ordre spontanée et positive. Certes, ses coûts immédiats peuvent être terribles. Là encore, la théorie rothbardienne se distingue pourtant des autres analyses de l’économie. Selon elle, l’intensité et l’extension de la crise, sources de tant de crainte, sont d’une importance relative comparée à sa durée. Le pire, en effet, serait que le politique s’empare de la crise, donc de l’économie, et, prétendant contenir ses effets, la transforme en une longue dépression.


C’est dans cette même perspective que Rothbard analysait les conséquences d’une répudiation en termes d’impact sur les dépenses publiques. Certes, celles-ci seraient drastiquement réduites. Mais c’était là, d’après lui, un argument en faveur de la répudiation, et l’un de ses plus grands bénéfices. L’idéal, ironisait-il, serait qu’elle empêche effectivement les États de s’endetter à l’avenir, et discipline leurs budgets.


En effet, ce n’est pas la répudiation qui est irrationnelle, mais bien plutôt l’objection selon laquelle il faudrait maintenir la dépense publique pour maintenir l’activité. Car le problème est précisément que l’activité dépende à ce point de la dépense, et surtout de l’endettement publics.


On a coutume de dire que l’on commence à se droguer pour se sentir bien, mais que l’on continue et que l’on ne peut s’arrêter ni cesser d’augmenter les doses pour ne pas se sentir mal. Qui irait dire qu’une cure de désintoxication est une solution simpliste et illusoire ?

 

 

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Jérémie Rostan enseigne la philosophie et l'économie à San Francisco. Il est l'auteur, en plus de nombreux articles pour mises.org et le quebecois libre, de guides de lecture aux travaux de Condillac et de Carl Menger, ainsi que d'un ouvrage , Le Capitalisme et sa Philosophie, et de la preface a la reedition de l'ethique de la liberte de Rothbard (Belles Lettres)
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Excellente chronique. Si je finance un casse, puis-je me prévaloir du droit des créanciers? Non, j'ai prêté à des voleurs, tant pis pour moi. Si je finance un déficit public, c'est la même chose à ceci prés que j'ignore financer des voleurs. j'imagine que sont toutefois plutôt rares les citoyens assez inconscients pour prêter leur argent à un état par définition irresponsable. Qui donc va permettre ces abus des politiques ?
C'est là qu'interviennent d'autres irresponsables , dirigeants de banques ou assurances pour l'essentiel, tous déformés aux mêmes moules mais pas fous, ils ne prêtent que l'argent des autres .
En résumé : le voleur A prête au voleur B l'argent présent ou futur du brave C.
A peut faire ses choux gras .
B peut se montrer généreux à des fins de réélection + copinage, affairisme, gloire, conquètes, etc ,
ego comblé.
C paie et paiera tous les abus de ces aimables messieurs. (Aimables dans la forme, requins dans le fond).

Et le plus drôle c'est que C en redemande à chaque élection !
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Allons bon, comme vous y allez. Répudier la dette, comme certaines religions vous permettent de répudier votre femme ? Et de quel droit, grands dieux ? Du droit du plus fort ? Du droit du fait du prince, variante du premier droit ?

Il est manifeste que cette dette ne sera jamais payée, ou payée en monnaie de singe, ce qui revient au même. Mais l'idée est lamentable et porte pendant des années les stygmates de la faillite, de la honte, des engagements rompus, du manque de morale, de dignité et de respect. Sans compter l'exemple qu'elle donne à la population dudit pays. Le poisson pourrit de la tête, comme le disent les chinois.

Cela dit, ces termes de respect, de droit, de morale et d'engagement n'existent plus de nos jours, même en concepts. Le droit privé a vu depuis des dizaines d'années la descente aux enfers de la protection des créanciers, en partant du droit de la faillite des entreprises, - où au nom de la "sauvegarde de l'emploi" le droit de propriété est piétiné -, aux procedures de surendettement qui aboutissent à donner un vrai "droit à la dette", là encore en spoliant les créanciers.

Alors, puisque le terrain a été préparé depuis si longtemps, va pour la répudiation de la dette comme la répudiation d'une femme agée qui vous a bien servi mais qui n'est plus désormais qu'une charge. Vous pourrez recommencer avec une autre plus jeune.

Intellectuellement parlant, et je pense que c'est là où vous souhaitez en venir, c'est le droit à la dette qu'il faudrait supprimer. Après tout, la démocratie est née du consentement à l'impot. Sans consentement du peuple, le souverain ne peut pas lever l'impot.

Une dette d'Etat n'est qu'un impot décalé dans le temps. A celà près que les personnes qui paieront cet impot ne sont peut etre pas nées, et n'ont donc pu consentir à cet impot. En conséquence, l'impot né de la dette est incompatible avec la démocratie.

Démocratie qui meurt généralement lorsqu'elle cesse de pouvoir payer ses dettes, à propos.
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Cher ELS , la dette doit être répudiée car c'est une dette indigne.

Je me permets de vous rappeler que la dette publique a été créée de toutes pièces par la loi Pompidou Giscard du 3 janvier 1973, par l'obligation d'emprunts de l'État auprès des banques privées , qui elles-mêmes fabriquent l'argent à partir une ligne de crédit,un simple jeu d'écriture.

La dignité comme la salubrité financière voudrait que l'argent soit un bien public comme l'eau ou l'air que nous respirons et nous dispenser une bonne fois pour toutes de cet invraisemblable seigneuriage imposé par l'autorisation de création monétaire privée discrètement mis en place par les autorités, payés pour le faire, à grand renfort d'explications alambiquées des économistes carpette.

Vous savez très bien que les banques privées ne disposent pas des milliers de milliards qu'elles ont fournis pour l'acquisition des OAT.

Explications comptables de la combine des escrocs encore appelés banquiers :
http://ecodemystificateur.blog.free.fr/index.php?post/Cr%C3%A9ation-mon%C3%A9taire-obligations-Etat

En raccourci ,nous payons des intérêts , de l'ordre de 50 milliards par an, la totalité de l'impôt sur le revenu, pour un service rendu qui n'existe pas.
C'est la définition même d'une escroquerie.

NB
Personnellement je me garderai bien de faire le parallèle entre une femme et une dette...
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"Je me permets de vous rappeler que la dette publique a été créée de toutes pièces par la loi Pompidou Giscard du 3 janvier 1973"

Non la dette vient de ce que l'on dépense plus que le butin fiscal. L’État ne devrait être quasi-interdit d'emprunt. La le vote à la majorité des 2/3 pour tout emprunt ou budget en déficit devrait être la règle.

"nous payons des intérêts"
Vous vous en rappellerez la prochaine fois que vous demanderez des dépenses supplémentaires.
Evaluer :   6  4Note :   2
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...Non la dette vient de ce que l'on dépense plus que le butin fiscal. L’État ne devrait être quasi-interdit d'emprunt. La le vote à la majorité des 2/3 pour tout emprunt ou budget en déficit devrait être la règle....

Certes, je suis tout à fait d'accord avec vous..

Il n'en reste pas moins que visiblement vous ignorez tout de l'arnaque de la dette publique, alors je vous invite à lire ceci:
http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Arnaque+dette+2
Vous me direz merci après ,d'avoir enfin les yeux ouverts et d'arrêter d'être pris pour un pigeon...
Le montant de l'escroquerie c'est plus de 1600 milliards d'euros.
Alors ,avant de penser à équilibrer le budget faudrait penser à boucher la fuite de la dette.


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Il est pour le moins cocasse d'invoquer pêle-mêle le respect, la morale et la dignité pour voler au secours du paiement de cette dette illégitime.
A t-on respecté les Français en passant la loi Pompidou-Rotschild de 1973 ?
Etait-il moral de choisir ainsi de faire verser des intérêts aux banques privées par les Français ?
Etait-il digne pour les hommes politiques alors en place de trahir leur peuple en vendant la nation à une poignée de banksters ?
Un seul mot d'ordre : répudions la dette !
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Excellente chronique. Si je finance un casse, puis-je me prévaloir du droit des créanciers? Non, j'ai prêté à des voleurs, tant pis pour moi. Si je finance un déficit public, c'est la même chose à ceci prés que j'ignore financer des voleurs. j'im  Lire la suite
LOUIS L. - 02/12/2011 à 14:01 GMT
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12 juil.fredbob2
effectivement ! ...encore un "article" totalement dénué d' un quelconque intérêt... :-S
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12 juil.Lolo270
Et j'ajouterais NUL et INUTILE ! ;-)
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