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Fédéralisme et liberté

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Extrait des Archives : publié le 28 mars 2012
1217 mots - Temps de lecture : 3 - 4 minutes
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Les Américains – tout comme le reste du monde – ont été dépourvus de l’important moyen d’établissement et de maintien d’une société libre qu’est le fédéralisme, ou droit des Etats. Ce n’est ainsi pas une coïncidence que le droit des Etats ait été relégué dans le tiroir du souvenir, ou encore dénigré comme  un instrument de racisme ou de toute autre forme de mécréance. Le droit des Etats imaginé par Jefferson était – et est – la clé nous permettant de comprendre pourquoi le meilleur des gouvernements est celui qui gouverne le moins, et comment l’établissement d’un gouvernement constitutionnel est possible.

Qu’est-ce que le droit des Etats ?

L’idée de droit des Etats est liée à la philosophie de Thomas Jefferson et de ses héritiers politiques. Jefferson lui-même n’a jamais développé l’idée que les Etats devaient avoir des droits, comme ont pu le prétendre certains critiques peu cultivés. Il est évident que les Etats ne peuvent pas disposer de droits. L’essence même de l’idée de Jefferson est la suivante : si les citoyens devraient être les maîtres plutôt que les servants de leur gouvernement, alors ils devraient se voir attribuer les moyens nécessaires au contrôle de ce gouvernement. Ces moyens, dans la tradition de Jefferson, sont représentés par les communautés politiques organisées à l’échelle étatique et locale. Elles donnent aux citoyens la possibilité de contrôler, de discipliner, voire même si besoin d’abolir leur propre gouvernement.

Ce fut Jefferson qui, après tout, écrivit dans la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis que les pouvoirs du gouvernement ne devraient s’étendre que par l’accord de son peuple. Et que si le gouvernement tendait à abuser de la liberté de ses citoyens, il était dans le devoir de ces derniers que d’abolir ce gouvernement et de le remplacer par un autre. Comment les citoyens sont-ils supposés achever une telle chose ? De la même manière que lors de l’adoption de la Constitution, par le biais de conventions politiques organisées par les différents Etats. Les Etats sont supposés être des nations indépendantes, tout comme l’Angleterre et la France le sont entre elles. La Déclaration d’Indépendance s’adresse à ces Etats comme tant ‘libres et indépendants’, du moins suffisamment pour lever des taxes et déclarer la guerre, comme tout autre Etat du monde.

C’est pourquoi les Démocrates du Sud, héritiers politiques de Thomas Jefferson du milieu du XIXe siècle, organisèrent des conventions politiques et des votes populaires afin de déterminer s’ils devaient ou non demeurer membres de l’union créée par les Pères Fondateurs. L’article 7 de la Constitution expliquait en effet que les Etats étaient libres de choisir de joindre (ou de ne pas joindre) l’union par un vote des représentants du peuple (et non des corps législatifs) organisé au cours d’une convention politique, et qu’ils avaient également le droit de demander une sécession de leur gouvernement national.

Jefferson n’était pas uniquement l’auteur de la Déclaration de la Séparation de l’Amérique et de l’Empire Anglais : il développa aussi l’idée d’annulation de lois fédérales inconstitutionnelles dans ses Kentucky Resolutions de 1978. Il pensait également que le dixième amendement de la Constitution en était la pierre angulaire. Jefferson était un bâtisseur strict, persuadé que tout devait être mis en place pour que le gouvernement central ne puisse posséder plus que les pouvoirs qui lui étaient délégués par la section 8 de l’article 1 de la Constitution. Le pouvoir du gouvernement lui est délégué par les Etats. Tous les autres droits, selon le dixième amendement, sont réservés aux Etats eux-mêmes ainsi qu’à leurs citoyens.

Le droit des Etats, ou fédéralisme, ne signifie pas que les hommes politiques des Etats aient une conscience morale supérieure à celle des hommes du gouvernement, ou soient moins corrompus que les hommes politiques nationaux. Mais les idées dominantes étaient toujours les suivantes :

1.       Il est plus facile pour les citoyens de contrôler un gouvernement qui leur soit proche.

2.      Un système de gouvernements décentralisés consistant en une multitude d’Etats offre aux citoyens Américains un moyen d’échapper à la tyrannie.

Par exemple, si l’Etat du Massachussetts venait à créer une théocratie, ceux qui ne désireraient pas vivre sous la tutelle de théocrates puritains pourraient fuir en Virginie ou dans quelque autre Etat. L’idée de droit des Etats ne signifie pas que les Jeffersoniens désiraient créer un ‘laboratoire d’expérimentation’ de l’interventionnisme d’Etat, comme le pensent de nombreux politologues modernes.

La sécession, ou la menace de faire sécession, avait pour but de protéger à la fois l’union Américaine et le gouvernement constitutionnel. L’idée était que le gouvernement central proposerait uniquement des projets de lois conformes à la Constitution, dans la mesure où toute proposition de loi inconstitutionnelle mènerait à une demande de sécession ou à la nullification de cette loi. Ces deux droits ont été imaginés dans un seul et même objectif. C’est pourquoi le grand historien Britannique de la liberté, Lord Acton, écrivit cette lettre au général Robert E. Lee le 4 novembre 1866, dix-sept mois après sa défaite à Appomattox :

‘J’ai vu en le droit des Etats une arme de contrôle de l’absolutisme étatique, et la possibilité de faire sécession m’a rempli d’espoir, non pas comme forme de destruction mais comme forme de rédemption de la démocratie. Les institutions de votre république (la Constitution Sudiste) n’ont pas su exercer sur le vieux monde l’influence salutaire et libératrice qu’elles auraient dû lui inspirer. Je suis d’avis que cet exemple de Réforme pourrait apporter au genre humain une liberté réelle, et le protéger des dangers et des désordres des Républiques. Je juge par conséquent que vous vous battez pour notre liberté, notre progrès, et notre civilisation, et pleure plus la défaite de Richmond que je me réjouis des bilans de la bataille de Waterloo’.

Ce que le général Acton explique ici, c’est qu’il considère l’abolition du droit de sécession par la guerre comme étant un désastre pour l’Humanité. Le XXe siècle deviendrait le siècle de la consolidation de gouvernements monopolistiques en Russie, en Allemagne, aux Etats-Unis, et partout ailleurs, cela s’avèrerait bien vite être un désastre pour le monde entier. Si les droits de sécession et d’annulation avaient été conservés, si l’esclavage avait été aboli de manière aussi pacifique qu’elle l’a été partout ailleurs, les Etats-Unis auraient été un contrexemple de gouvernement décentralisé et limité aux yeux du reste du monde.

Le général E. Lee avait bien compris cela. Le 15 décembre 1866, dans sa réponse à Acton, il écrivait :

‘Bien que j’ai considéré le pouvoir constitutionnel du gouvernement comme étant la fondation même de notre paix et de notre sécurité, aussi bien sur nos terres qu’à l’étranger, je suis d’avis que le maintien des droits et de l’autorité du peuple soient non seulement essentiels à l’ajustement et l’équilibre du système tout entier, mais aussi les gardiens du maintien d’un gouvernement libre. Je les considère comme étant la source même de stabilité de notre système politique, tandis que la consolidation des Etats en une seule et même république est certaine de nous mener vers la création d’un gouvernement agressif à l’étranger et despotique à l’intérieur de ses frontières, et ne sera que le précurseur de la ruine ayant bouleversé tous ceux lui ayant précédé.


C’est un passage oublié de l’histoire des Etats-Unis. Les avocats de la centralisation, ayant prévenu l’Indépendance des Etats du Sud, ont réécrit l’Histoire, comme le font toujours les vainqueurs.

 

 

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Thomas DiLorenzo est économiste et professeur au Loyola College du Maryland. Il est l'auteur de 10 livres sur l'histoire américaine, les politiques antitrust et l'interventionnisme de l'état dans l'économie en général.
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Pour la France, même dans l'Europe, mon idéal serait : les mairie, même un peu regroupées, les régions qui enverraient des représentants à une chambre centralisée, qui donnerait des ordres à un exécutif professionnel.
à chaque échelon, mairie, région, le peuple serait consulté par référendum ou proposerait un référendum sur des sujets regroupant au moins 10% des citoyens concernés. Les régions aurait un exécutif calqué sur le national et choisi et révocable pareillement.
L'exécutif national serait choisi par la chambre selon des critères techniques dans leur spécialité et pourraient être démis sur mauvais résultats ou déviance. Leur champ d'activité serait limité au régalien (Défense [intérieure & extérieure], Affaires étrangères, Justice, Finances [émission de monnaie],)
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on peut toujours rêver : ils y auraient aussi bien d' autres impératifs criants, tels que, par exemples, des scrutins représentatifs à la proportionnelle à tous les échelons, la suppression des "services publiques" de l' information ( devenue un quasi-monopole scandaleux et totalement anti-démocratique, de l' Etat en France ), la suppression de l' inamovibilité, du statut de fonctionnaires et de l' "irresponsabilité" des magistrats, la réaffirmation et la garantie par les tribunaux du droit de propriété privée et des contrats privés, le rétablissement d' une école vraiment libre avec libre choix pour les parents d' élèves, la suppression des fichiers de police ( d' ailleurs totalement inutiles, cf. l' affaire Mohamed MERAH ), la limitation du cumul des émoluments des élus, etc, etc, etc,...
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Vous restez dans le système ! Ce que vous proposez sont des mesurettes qui ne font que compliquer les choses et conduiront inéluctablement à plus d'état. Relisez ce que je propose : c'est bien plus radical.
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de toutes façons, la situation est déjà désespérée ; il suffit par exemple, de considérer les programmes des candidats à la prochaine élection : tous sans exception sont socialisants avec toujours plus d' Etat et de prélèvements, la gangrène progressive des libertés individuelles, toujours plus de lois, de réglementations à la con dans tous les domaines, de fichage-flicage-traçabilité des individus, toujours plus d' administration et de formulaires etc...
un niveau de propagande et d' intoxication étatiques, permanent et effarant déferle en permanence dans les média ( des média fonctionnarisés, essentiellement ) ; quel degré d' abrutissement !! un vrai lavage généralisé des cerveaux ! la plupart des gens avec qui j' ai d' ailleurs l' occasion de discuter ne pensent plus par eux-mêmes depuis bien longtemps ! ; dans tous les domaines sociétaux, ils se contentent d' ânonner bêtement tous les poncifs de la "bien-pensance unique" et de réciter les dogmes officiels de l' évangile étatique ; dans ce contexte, la prétendue "montée" du stalinien Mélenchon ne m' étonne même plus ; à mon sens, les français sont tout à fait mûrs pour l' instauration du communisme intégral ; dans un contexte de grande déchéance morale et de la promotion permanente de contre-valeurs de ce qui fait la civilisation même, la plupart aspirent d' ailleurs toujours plus au servage et à renoncer à leurs libertés fondamentales pour l' illusion forcenée de la protection de l' "Etat-Providence" et du socialisme ; il en est bien sûr de même de ce qui fait notre "monnaie" ; ce que je constate tous les jours et ce que je pressens est absolument catastrophique...
Un dernier exemple emblématique de ce que je viens, en vrac, de mentionner, c' est la loi collectiviste SRU avec leur 20 % de logements sociaux ; quelle folie ! ; le bilan, c' est que désormais et compte-tenu de toutes les "aides sociales" cumulées une proportion fantastique de la population, ne prend même plus la peine et ne cherche même plus à travailler ; beaucoup préfèrent se consacrer à des marchés parallèles ; la criminalité et les trafics en tous genres prospèrent ; dans ma commune il y a des quartiers comptant plus de 80 % de chômeurs ; un quartier où c' est devenu une "tradition folklorique", des voitures sont incendiées par dizaine au nouvel an notamment ( mais attention ! jamais les super BMW et autres voitures de sport des petits caïds de quartier bien sûr ! ) ; des zones où le taux d' immigrés est de plus de 90 % ( merci l' aspirateur social du tiers monde ) ; personnellement, il faudrait bien qu' on m' explique aussi un jour, d' où vient cette vocation sacrée de la France de devoir perpétuellement absorber tout l' excédant de sperme du Tiers-Monde ??
donc en route vers la tiers-mondisation et toujours plus de communisme ! ; haut les coeurs ; on aura bien ce qu' on mérite !!
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OK sur tout.
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de toutes façons, la situation est déjà désespérée ; il suffit par exemple, de considérer les programmes des candidats à la prochaine élection : tous sans exception sont socialisants avec toujours plus d' Etat et de prélèvements, la gangrène progressive  Lire la suite
fredbob - 28/03/2012 à 07:57 GMT
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