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Finance et développement

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Chroniques en liberté
Publié le 08 avril 2019
460 mots - Temps de lecture : 1 - 1 minutes
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Rubrique : Editoriaux

Selon une étude du F.M.I, les pays en développement qui tirent le meilleur parti de la mondialisation sont aussi les pays dans lesquels la « financiarisation » est la plus avancée [1]. C’est particulièrement frappant dans les zones émergentes de l’Asie et de l’Afrique et cela devrait faire réfléchir tous ceux qui considèrent que finance et développement sont incompatibles. La croissance économique est le résultat d’un processus cumulatif (et évolutif) d’investissement sans lequel la productivité (et donc la capacité à créer des richesses) n’a aucune chance de progresser. Mais l’investissement n’est possible que s’il existe des circuits et des acteurs financiers viables dont le rôle principal est de collecter l’épargne pour l’orienter vers les projets d’investissements les plus prometteurs. Cette capacité d’expertise et de choix constitue un capital humain précieux qu’il s’agit aussi de former. Car c’est la fragilité voire l’absence de ces circuits qui constitue le principal obstacle au développement dans les pays africains que j’ai pu visiter. Si l’aide internationale est une solution d’urgence pour déminer des situations de crise, elle ne peut être une alternative sérieuse à la finance. Au cours de ma dernière mission en Algérie, j’ai pu constater que ce pays se définissait lui-même comme un pays « pauvre en milliards ». En effet, l’embellie pétrolière est une source inestimable de liquidités mais, faute de pouvoir les injecter dans des circuits financiers à même de sélectionner les projets d’investissements cruciaux et prioritaires pour le pays, la détention de ces liquidités devient un problème (de surliquidités). Or, à chaque fois qu’une manne financière transite aux mains des gouvernements locaux, elle est une source de corruption qui entretient le mal-développement. Les décideurs politiques sont redevables devant les citoyens-contribuables de la gestion de l’argent public, ce qui passe par l’affirmation d’un principe élémentaire de finance publique : par une fiscalité équitable et mesurée, l’Etat doit assurer le financement d’un secteur public aux dimensions raisonnables et contrôlée. De ce point de vue, l’impôt est une sorte d’épargne collective et forcée destinée à l’investissement public. Mais l’impôt n’a pas vocation à assécher l’épargne pour laisser émerger un secteur productif lui-même financé par les intermédiaires financiers qui ont en charge d’attirer et de gérer l’épargne libre et volontaire. Dans une certaine mesure, la consolidation d’une croissance vigoureuse et durable dans notre pays, seule susceptible de terrasser réellement le chômage, passe par la reconnaissance de ce rôle positif et essentiel de la finance (outrageusement assimilée à de la spéculation improductive qu’il faudrait taxer) alors que la plus grande partie de l’effort d’épargne des français est orientée vers le financement de notre dette publique. [1] Gulde A.M. et Pattillo C. “Financiarisation de l’Afrique. L’Afrique pourrait croître encore si elle réformait son secteur financier », Finances & Développement, Revue du F.M.I., juin 2006, 44-47

 

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Jean-Louis Caccomo est Maître de Conférences en Sciences Économiques à l'Université de Perpignan. Chercheur, il est expert international spécialisé dans les questions de croissance, innovation et tourisme international. Responsable de l'atelier tourisme au GEREM (Université de Perpignan). Il est par ailleurs responsable des programmes de coopération avec Prince of Songkla University (Phuket - Thaïlande), avec l'université de Tabasco (Mexique) etavec l'université de Moroni (Comores).
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