|
Fukushima: Le Japon
bientôt inhabitable ?
Cela fait trois
mois aujourd’hui que la catastrophe nucléaire de Fukushima a eu
lieu, et malgré les tentatives du lobby nucléaire qui tente de
nous rassurer, la situation est aux antipodes d’être
réglée.
Miguel Quintana,
journaliste indépendant basé au Japon essaye de faire le point,
malgré toutes les tentatives de désinformation lancées
par Tepco, et le gouvernement Japonais.
90 000 japonais ont
été déplacés, vivant dans 2400 centres
d’accueil, et qui malgré les invitations de relogement
proposées par le gouvernement, préfèrent rester dans ces
centres, car étant sans revenus, quitter ces lieux d’accueil,
les priverait de rations alimentaires, et les obligeraient à assurer
leur survie, alors qu’ils n’en ont pas les moyens.
D’autre part,
les fonds récoltés grâce à la solidarité
mondiale tardent à parvenir aux intéressés, suite,
semble-t-il à la désorganisation des services sociaux japonais.
Même si
l’information a été distillée au compte goutte, Tepco avoue maintenant avoir menti : les réacteurs
1, 2 et 3 avaient effectivement fondus quelques heures après le
tsunami.
On peut voir sur cette
vidéo, un ralenti saisissant de la première explosion.
Le 7 juin
l’agence de sécurité nucléaire et industrielle
japonaise a avoué que les doses de radioactivité qui ont
été réellement relâchées sont de
l’ordre du double de ce qui avait été dit.
L’estimation
d’origine était de 370 000 terra becquerels, elle est
passée à 770 000, et ces chiffres ne sont pas
définitifs, puisque la centrale continue à relâcher
chaque jour toujours plus de radioactivité, dans l’air et dans
l’eau, car les fuites d’eau contaminée continuent de se
produire.
En effet les sous
sols de la centrale sont totalement inondés, (plus de 100 000 tonnes
d’eau radioactive s’y trouvent actuellement correspondant
à 720 000 tbq) et les nombreuses fissures
provoquent bien évidemment des fuites continuelles.
Fin mai le
ministère des sciences japonais nous annonçait la
découverte de niveaux d’irradiation plusieurs centaines de fois supérieurs à la norme au fond de
l’Océan Pacifique sur une zone de plus de 300 km de long.
Comme le dit le
journaliste, on assiste à un crescendo d’informations.
Quant aux
travailleurs qui tentent de travailler dans la centrale, ils sont
exposés à des doses de radiation de l’ordre de 4000 mSv/heure dans le bâtiment du réacteur
n°1, ce qui fait douter des affirmations deTepco
qui prétend pouvoir régler la situation d’ici la fin de
l’année.
Aujourd'hui,
personne, Tepco y compris, ne sait ce qui se passe
vraiment dans la centrale, et tant que l’eau irradiée y restera
stockée, la pollution radioactive continuera de se dégager.
L’interview
complète est sur ce lien.
Aujourd’hui,
la centrale fumante continue donc à relâcher de la
radioactivité qui fait allègrement le tour de la terre,
s’accumulant dans l’eau, le sol et nos aliments chaque jour un
peu plus comme on peut le constater dans cette vidéo
Les travaux ont
été suspendus dans le réacteur n° 3, celui qui pose
le plus de problème, puisqu’il fonctionnait au Mox (uranium et surtout plutonium), et on a mesuré
sur le site 100 millions de becquerels par cm3. lien
Les travailleurs ne
peuvent pas s’approcher plus de 30 minutes des bâtiments, vu le
taux d’irradiation, la piscine du bâtiment n°4 menace de
s’écrouler, et la situation va se compliquer encore, puisque la
saison des pluies va commencer au Japon. lien
C’est une
situation insoluble, car d’une part, l’exploitant est
obligé d’arroser continuellement les réacteurs, pour
freiner la montée en température, et d’autre part, il ne
sait que faire des milliers de mètres cubes d’eau radioactive,
même si Areva promet de trouver une solution
pour traiter cette eau.
De plus
l’exploitant envisage de relâcher en mer 3000 tonnes d’eau
« faiblement radioactive » provenant de la centrale de Fukushima daini. lien
Au sujet de cette
seconde centrale, Tepco se montre peu bavard, et on
s’interroge en haut lieu suite à une fuite d’huile
inexpliquée, un incendie sur un tableau électrique, et la
présence d’eau de mer dans une installation jugée
hermétique. lien
Tepco a perdu plus de 90% de sa valeur boursière.
Dans cette
vidéo, Yves Marignac, directeur de
Wise-Paris propose son analyse de la situation, 3 moisaprès
la catastrophe.
La situation
n’est toujours pas contrôlée, les fuites continuent, et
tout ce que peut faire l’exploitant, c’est d’arroser en
continu les réacteurs en fusion, afin d’empêcher une
aggravation de la situation. vidéo
Un rapport
gouvernemental confirme la fonte totale des 3 réacteurs,
évoquant un emballement du cœur du combustible nucléaire
à l’intérieur de ceux-ci, faisant couler celui-ci au fond
des réacteurs (syndrome chinois) pouvant traverser l’enceinte de
confinement.
Dans une interview
donnée au Wall Street Journal, un haut fonctionnaire, Ichiro Ozawa évoque la possibilité de la
perte totale du pays, celui-ci pouvant devenir totalement inhabitable. lien
Le journal japonais
« Daily Yomiuri » affirme que nous
vivons « le pire aboutissement d’un accident nucléaire
». lien
De plus en plus de
personnes sont évacuées chaque jour, lesquelles viennent compliquer la situation déjà précaire,
des réfugiés.
Les premiers effets
de la radioactivité commencent à être constatés,
avec la naissance d’un lapin mutant, sans oreilles. lien
On ne sait pas
encore si le Japon va devoir être totalement évacué dans
les mois à venir, mais on est sur que la situation devient critique
à Tokyo.
En effet,
dès le 16 mars, Agnès Buzyn,
présidente du conseil d’administration de l’IRSN, et
professeur d’hématologie à l’hôpital Necker
de Paris, avait envisagé, sur l’antenne de France Info, cette
éventualité dans les heures ou les jours à venir. lien
D’ailleurs,
le 7 juin, un habitant de la banlieue de Tokyo, compteur à la main,
à constaté que le taux de radiation élevée,
mesuré dans la rue, chez lui, et sur son toit, ne devrait pas lui
permettre de sortir, ni de manger des légumes de jardin. lien
Les mesures ont
atteint 48 000 mS/heure, ce qui est la limite
maximum autorisée pour les travailleurs du nucléaire. lien
On s’achemine
donc vers une évacuation des 36 millions de japonais habitant à
Tokyo.
Le nucléaire
qui devait être le salut des économies industrielles, est en
train d’en devenir le fossoyeur, puisqu’au Japon, on est dans
l’expectative : exposer la population aux risques que l’on sait,
afin que l’économie reprenne, ou laisser s’achever la
débâcle en cours. lien
Pour ceux qui
auraient raté l’émission « envoyé
spécial » consacrée sur la 2ème chaine au
nucléaire, c’est sur ce lien.
Mais en France,
l’autocrate présidentiel droit dans ses bottes continue contre
vents et marées de défendre l’indéfendable, au
même moment ou une étude confirme la certitude statistique
(estimée de 50%) d’un possible accident nucléaire dans
notre pays. lien
Aujourd’hui,
on sait que, contrairement aux attentes des lobbys pro nucléaires,
l’électricité nucléaire est la plus chère.
En effet, entre le
démantèlement des centrales, estimé à 17
milliards par EDF, mais qui devrait allègrement franchir la barre des
200 milliards, le traitement des déchets, toujours sans solution
acceptable, et le dédommagement des citoyens touchés par un
accident, on constate que le prix du kilowatt nucléaire est largement
sous estimé. lien
Quant aux fameux
tests de résistance prévus en Europe, ils font
déjà l’objet de critiques acerbes de la part de nombreux
eurodéputés, qui dénoncent leur insuffisance. lien
La profonde
divergence constatée par le commissaire Oettinger
est surtout basée sur le fait que certains pays, dont la France,
refusent d’envisager la possibilité d’une attaque
terroriste. lien
Pour ceux qui ne
l’ont pas encore fait, une pétition pour l'interdiction du
combustible mox sur toute la planète. lien
Et sur ce lien, la
pétition pour un référendum en faveur de la sortie du
nucléaire : elle vise le million de signatures.
Le 11 juin, date
anniversaire de la catastrophe, des manifestations auront lieu un peu partout
dans le monde. lien
Pour avoir une
vision chronologique de la situation à Fukushima, on peut aller
visiter avec profit ce très bon site proposé par l’ACRO,
ce laboratoire indépendant qui mesure régulièrement la
pollution radioactive du sol et des plantes de notre pays. lien (...)
D’autant que
le 4 juin dernier, une centrale nucléaire égyptienne a connu
quelques difficultés, puisqu’après une explosion,
restée très discrète, une fuite d’eau radioactive
a été constatée. lien
Mais comme dit mon
vieil ami africain : « Qui s’est brûlé la langue une
fois n’oublie jamais de souffler sur sa soupe ».
Olivier Cabanel
pour Agoravox
Url de cet article:
http://www.internationalnews.fr/article
Denissto
Denissto.eu
Denissto.eu est
un site dédié aux analyses financières,
économiques et géopolitiques. Vous pouvez accéder au
forum du site en cliquant ici.
|