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L’ennemi caché de l’économie de marché

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Extrait des Archives : publié le 25 novembre 2011
730 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Mises et Schumpeter l’avaient déjà remarqué. L’ennemi le plus dangereux de l’économie de marché n’est pas nécessairement l’État. Celui-ci n’est qu’un instrument dans les mains de ceux qui occupent les postes clés du pouvoir. Il ne s’agit pas non plus des opposants les plus virulents à l’égard de l’économie de marché car ceux-ci sont faciles à repérer lors de leur entrée sur la scène politique. En effet, n’est-il pas notoire qu’il faut se méfier de ses amis ? La cinquième colonne dans le camp de l’économie de marché n’est autre que son plus grand héros : L’entrepreneur !


Comment l’entrepreneur - force-motrice de l’économie de marché - peut-il devenir la force-destructrice du système socio-économique qui a rendu possible son ascension ?


Les actions des individus peuvent toutes se solder par une réussite ou un échec et nul ne sait à l’avance si ce sera l’un ou l’autre. Nous agissons dans la plus grande incertitude. Or, les individus ne contrôlent pas  bon nombre de facteurs qui structurent pourtant leurs actions individuelles, en particulier les actions des autres individus qui peuvent venir contrecarrer les leurs ou au contraire les aider à atteindre leurs buts. Quelles que soient les capacités intellectuelles d’un individu, il ne peut que se faire une idée approximative des  conditions sociales changeantes de son action.  Et pourtant, certains individus prospèrent dans ces conditions d’incertitude et arrivent même à se spécialiser dans l’évaluation de l’évolution des conditions sociales de l’action.


Ces individus-entrepreneurs cherchent à gérer l’incertitude, en associant d’autres individus à leurs projets, tout en évitant de leur faire subir cette forte incertitude. Ils produisent ainsi de la richesse tout en associant d’autres individus – les propriétaires des facteurs tels que travail et biens de capital – dans ce processus créatif. Pour ce faire, les entrepreneurs accumulent un capital capable de financer des facteurs productifs. En cas de réussite, ce capital augmentera et permettra donc une éventuelle expansion de la production existante ou la création de nouveaux processus productifs.


Cependant, certains entrepreneurs estiment que la compréhension du  comportement de leurs clients, de leurs fournisseurs, de leurs concurrents, et des autres agents qui influencent positivement ou négativement leur réussite, ne suffit pas. Ils concluent que la meilleure façon de faire face à l’incertitude est de contrôler directement les conditions sociales dans lesquelles leurs entreprises évoluent. Une partie de leur capital sera alors utilisé pour obtenir des privilèges auprès de l’État afin de réduire l’incertitude sociale qu’ils subissent.


Ces « entrepreneurs » vont chercher à obtenir par la force ce qu’ils réussissaient auparavant à avoir grâce à leurs compétences entrepreneuriales. Les concurrents seront ainsi évincés du marché, non parce qu’ils sont moins bons mais parce qu’ils n’ont pas su obtenir les faveurs de l’État. Les consommateurs n’auront plus d’autre choix que de se fournir auprès des entreprises sélectionnées par l’État.


La symbiose entre l’État et les entreprises privilégiées peut parfois atteindre un tel niveau que  les deux se confondent. L’État obtient de nouveaux marchés pour ces entreprises de façon politique et les soutient financièrement en cas de mauvaise passe (au détriment des contribuables). De leur côté, les entreprises privilégiées n’hésitent pas à employer d’anciens hauts fonctionnaires et autres technocrates, en guise de remerciement pour les privilèges reçus ou dans l’espoir de futurs privilèges. Les entreprises privilégiées n’oublieront pas non plus d’investir dans les projets gouvernementaux qui servent aussi bien les intérêts de leurs partenaires politiques que les leurs.


Ce type d’entreprise est un casse-tête  pour les défenseurs de l’économie de marché. Comment démontrer les avantages et la réussite des entreprises non-privilégiées et les bienfaits de l’économie de marché quand les exemples les plus visibles de réussite et de pérennité « entrepreneuriale » sont ceux de grandes corporations étroitement liées à l’État ?


La réponse consiste à montrer que la réussite de ces entreprises privilégiées, loin d’être une réussite entrepreneuriale, n’est rien d’autre qu’un transfert de la charge entrepreneuriale sur les épaules du contribuable.


Quand une entreprise réussit « grâce » à l’aide de l’État, ce n’est pas le signe que le système capitaliste a besoin de l’État pour survivre. C’est plutôt la preuve que ces faux entrepreneurs  ont besoin de s’approprier l’argent des contribuables pour pouvoir survivre. La vraie  réussite n’est pas de prospérer via les moyens politiques, mais bel et bien de former du capital productif à même de réduire par les moyens économiques l’incertitude à laquelle font face les individus. 


 

 

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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L’État est en incapacité de gérer quoi que ce soit
L’ÉTATISME (SOCIALO-FASCISME*) EST UNE HÉRÉSIE, ON NE PEUT PAS ÉDICTER LES RÈGLES D'UN JEU, ARBITRER CE JEU ET PRÉTENDRE TOUT EN MÊME TEMPS JOUER DANS LA PARTIE.

L’État français n'a rien a faire dans les secteurs manufacturiers, agri-agroalimentaires ni marchands/financiers, ce sont de vieux remugles qui datent depuis 1945/46 de l'emprise du CNR (comité national de la résistance) truffé à l'époque de communistes obéissants à Moscou, aujourd'hui n'obéissants qu'à eux-mêmes

*Tout dans l'État, rien contre l'État, rien hors de l'État (Benito Mussolini)
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Peut-on alors imaginer un scénario de séparation ?

Il fut une époque où l'Etat et le Clergé ne faisaient pratiquement qu'un. Le pouvoir religieux dictait subtilement (ou pas) sa loi sur le monde européen. Un roi "forte tête" pouvait se faire excommunier.
Mais le pouvoir séculaire avait de la répartie, comme le roi d'Angleterre qui a créé sa propre version du christianisme.

Un jour, l'Eglise et l'Etat ont été définitivement séparés. Bien entendu, l'Eglise garde une certaine influence, ne fût-ce que par le processus démocratique (si elle influence l'esprit du peuple, elle peut l'inciter à adopter certains comportements politiques), on peut ainsi analyser la récente ouverture des USA vers Cuba qui aurait été suscitée par le Pape.
(En France, c'est un philosophe qui a suscité une guerre contre la Libye, avec des résultats absolument resplendissant, ce pays profitant actuellement d'une magnifique démocratie très stable et pacifique - sarcasme).

Peut-être que l'avenir, suite à des révolutions, permettra de créer une rupture entre l'Etat et la Finance ? Une constitution interdira toute intervention de l'Etat en faveur de certaines entreprises ou de certains secteurs d'activité. Il pourrait également être interdit de financer les campagnes électorales.
Pour l'instant, le TTiP nous mène dans une autre direction, celle de l'asservissement ouvert des Etats par la Finance (clause permettant aux multinationales d'attaquer en justice les Etats qui leur feraient obstacle). Sera-ce la goutte de trop ?




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Sans état, pas de privilège, pas de corruption, pas de lois liberticides, pas d'égalitarisme, pas de socialisme, pas de raison d'état, pas d'expropriation, pas de monopole institutionnel, pas de capitalisme de copinage donc pas d'obstacle à la concurrence. Comme en médecine, il ne sert à rien de combattre les symptômes si on n'attaque pas la source du mal ; l'état, parasite de la société.
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La guerre est la santé de l'Etat (Randolf Bourne, War is the health of the state).

C'est la raison pour laquelle l'Etat part en guerre en permanence : contre l'alcool, le tabagisme, les dépenses de santé, les dangereux automobilistes, sans compter les guerres extérieures, multiples en ce moment, j'en passe et de bien meilleures.

En conséquence, tous les hommes d'affaires dont l'essentiel du carnet de commande provient de l'Etat devraient être considérés comme des profiteurs de guerre.

Et traités comme tels
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Merci de votre commentaire!

Remarque très pertinente.

Cordialement,

Prof. Gabriel A. Giménez-Roche
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L’État est en incapacité de gérer quoi que ce soit L’ÉTATISME (SOCIALO-FASCISME*) EST UNE HÉRÉSIE, ON NE PEUT PAS ÉDICTER LES RÈGLES D'UN JEU, ARBITRER CE JEU ET PRÉTENDRE TOUT EN MÊME TEMPS JOUER DANS LA PARTIE. L’État français n'a rien a faire dans le  Lire la suite
zelectron - 07/01/2015 à 10:01 GMT
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