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L’essor du dollar sur le point de prendre fin

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Delta Global Advisors
Publié le 24 novembre 2014
1086 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
( 2 votes, 5/5 ) , 1 commentaire
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Rubrique : Editoriaux

Sous l’intendance de Shinzo Abe, le Japon est devenu un leader mondial en matière de dette, de dévaluation monétaire et d’inflation. Malheureusement pour les Japonais, l’Abénomie entraîne aussi le Japon vers une dépression hyper-inflationniste. La première de ses trois flèches est venue transpercer le yen et faire un trou béant dans les portefeuilles des citoyens de son pays.

La Banque du Japon a parié tous ses jetons sur l’hypothèse que l’inflation pourrait régler tous les problèmes économiques du pays. Faire de la déflation l’ennemi public numéro un est bien pratique pour un pays dont le ratio dette/PIB est le plus élevé du monde. Afin de mettre fin à la déflation, la banque centrale a acheté 70% des obligations japonaises nouvellement émises. Toute cette impression monétaire a pour objectif de faire grimper les prix, et il faut dire qu’elle a jusqu’à présent été un véritable succès. Les prix à la consommation ont enregistré en août une hausse de 3,1% sur un an. Les prix de l’essence, de l’électricité et de l’eau ont gagné 6,4% sur l’année. Mais à mesure que les salaires réels continuent de baisser, les yeux du taureau restent fixés sur la classe moyenne. 

Dans l’univers absurde de l’Abénomie, où l’inflation est perçue comme la mère de la croissance, une hausse de 3,1% de l’ICP semble insuffisante. La raison en est que le taux de base de 1,1% est bien en-dessous du taux de base de 2% espéré. En conséquence, et comme nous pouvions nous y attendre, les experts économiques lobotomisés du pays tout entier appellent à davantage d’impression monétaire de la part de la Banque du Japon.

Cette expérience du Japon avec l’Abénomie pourrait être plus intéressante encore si nous ne savions pas comment elle allait se terminer. Cette expérience, que l’on appelle monétisation massive de la dette, a déjà été testée par des pays tels que l’Allemagne de Weimar et, plus récemment, le Zimbabwe, et a eu à chaque fois des conséquences déplorables. L’idée qu’il soit possible d’avoir recours à l’inflation pour générer de la croissance génère des bulles sur les obligations japonaises et les actions. La Banque du Japon ne cesse plus d’imprimer de l’argent pour monétiser la dette de son pays et acheter des actions. Son portefeuille d’actions est désormais estimé à 7 trillions de yens (63,6 milliards de dollars). Et tout cela n’a rien fait pour faire grimper le PIB réel, équilibrer les échanges commerciaux ou stimuler les salaires réels. A dire vrai, la production industrielle a perdu 1 ,5% sur un mois en août, et les dépenses des ménages japonais ont chuté de 4,7%.

L’économie japonaise a atteint un point de non-retour. La Banque du Japon continuera d’imprimer des yens jusqu’à ce que les citoyens de son pays soient incapables de supporter plus d’inflation et demandent un changement de trajectoire. La solution qui s’offrira alors au Japon sera de faire défaut de sa dette.

Le principal bénéficiaire de l’Abénomie a été la valeur du dollar américain. Mais ce ne sera pas le cas beaucoup plus longtemps. Il semblerait qu’une divergence tranchante apparaisse entre les politiques monétaires de la Banque du Japon et celles de la Fed. Le marché est désormais convaincu que la Fed fera grimper les taux d’intérêt, alors que la Banque du Japon continue d’imprimer sans vergogne. La valeur du dollar a donc fortement augmenté vis-à-vis de celle du yen.

Le dollar grimpe parce que beaucoup pensent, à tort, que l'économie des Etats-Unis a entamé une reprise. Les marchés sont aussi convaincus que la Fed pourra se tirer gracieusement du QE et qu’une transition sans turbulence vers les taux d’intérêt ne reviendra qu’à effectuer une simple marche arrière. Mais ce ne pourrait pas être plus dénué de réalité. L’économie des Etats-Unis est encore hautement sensible à la moindre hausse des taux d’intérêt. C’est pourquoi le PIB était à -2,1% pour le premier trimestre de cette année. Les obligations sur dix ans sont passées de 1,6% en mai à 3% à la fin 2013. Les Keynésiens ont blâmé la neige pour ce premier trimestre négatif, mais la vérité, c’est que notre économie surendettée s’effondrera dès que le coût de service de notre dette grimpera – ne serait-ce qu’un tout petit peu.

Alors que la Fed abandonne ses programmes de QE et prépare le marché à une hausse des taux d’intérêt, l’indice du marché résidentiel Case-Shiller a perdu 0,5% en juillet, sa baise la plus importante enregistrée depuis novembre 2011 et un troisième déclin consécutif. Le Russell 2000 a perdu 12% depuis son record du mois de mars, et la moitié du NASDAQ a entamé un marché baissier. Les prix des ressources baissent à mesure que les chiffres économiques s’affaiblissent. Les ventes de logements, l’indice manufacturier ISM, les dépenses de construction et les commandes passées aux usines ont enregistré des résultats inférieurs à ce qui était attendu.

L’objectif du QE était de stimuler le marché résidentiel, le marché des actions et le marché des obligations. Après six années d’inflation des actifs, la Fed a poussé les marchés à croire qu’elle pourrait sortir de ces manipulations monétaires en toute impunité. Attendez-vous donc à une chute des prix des actifs digne de celle que nous avons vu apparaître en 2008.

Souvenez-vous que la peur numéro un des banques centrales est la déflation. La Fed de Janet Yellen n’est certainement pas une exception, et elle fera tout ce qui sera nécessaire pour limiter la force du dollar. C’est pourquoi elle ne fera pas grimper agressivement les taux en 2015, et pourrait de nouveau lancer un programme de QE dans un avenir proche.

A la manière de la Banque du Japon, la Fed de Janet Yellen pense que l'inflation peut mener à la prospérité. Après l’éclatement de la bulle sur les actifs et le réengagement de la Fed, l’anémie du dollar sera enfin révélée.

Plus important encore, il est crucial de comprendre que la valeur intrinsèque du dollar n’augmente pas. Les taux d’intérêt réels sont toujours négatifs aux Etats-Unis, et la masse monétaire augmente bien plus rapidement que le PIB réel. Le dollar ne fait que grimper par rapport aux devises de pays dont les banques centrales se lance dans des politiques de dépréciation monétaire. Et la Fed des Etats-Unis est sur le point de se joindre à elles.

Les citoyens du japon – s’il leur reste un quelconque revenu d’investissement – devraient vendre leur monnaie papier et acheter de l’or. Il ne se passera pas longtemps avant que tous ceux qui possèdent des devises fiduciaires se retrouvent forcés d’en faire de même.

 

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"Le dollar ne fait que grimper par rapport aux devises de pays dont les banques centrales se lance dans des politiques de dépréciation monétaire."

Mais le dollar grimpe aussi par rapport à l'euro, qui ne compte sans doute pas pour du beurre... Or les allemands s'opposent justement à toute forme de monétisation.N'entend-on pas suffisamment de grincements à ce sujet? L'article ne l'aborde pas. Pourtant, l'euro devrait monter en même temps que le dollar, non?
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"Le dollar ne fait que grimper par rapport aux devises de pays dont les banques centrales se lance dans des politiques de dépréciation monétaire." Mais le dollar grimpe aussi par rapport à l'euro, qui ne compte sans doute pas pour du beurre... Or les al  Lire la suite
nymeo - 06/12/2014 à 19:04 GMT
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