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L’hyperinflation définie, expliquée et prouvée – partie 1

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Publié le 18 septembre 2016
1512 mots - Temps de lecture : 3 - 6 minutes
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Rubrique : Editorial du Jour

L’hyperinflation n’est pas qu’un risque économique appartenant à un avenir lointain.. Malheureusement, le terme est très mal utilisé aujourd’hui, et donc très mal compris. Une définition est requise.

La raison pour laquelle le terme « hyperinflation » est largement incompris est assez simple : le terme « inflation » est mal utilisé. Sans une bonne compréhension du concept d’inflation, il est impossible de comprendre ce qu’est vraiment l’hyperinflation.

L’inflation est un accroissement  de la masse monétaire. C’est la définition économique du terme. Et la seule définition correcte qui existe.

Le terme « inflation » est utilisé par erreur (ou délibérément pour le cas des banquiers centraux) pour signifier une hausse du prix des produits de consommation.. Mais cette inflation des prix n’est que la conséquence directe de l’acte initial d’inflation, qui est la croissance de la masse monétaire.

Grâce à des décennies de lavage de cerveaux (et de statistiques frauduleuses), cette distinction simple mais toutefois importante n’est aujourd’hui plus comprise des gens. Et pourtant, c’est un concept qui est bien compris par les marchés : le concept de dilution.

Lorsqu’une société imprime une nouvelle action, elle dilue sa structure d’actions, et la valeur de toutes ses parts en circulation diminue proportionnellement. Ce n’est rien de plus qu’une simple réalité arithmétique. Si une société qui commence avec une base d’un million d’actions passe à un total de 2.000.000 d’actions, alors la valeur de toutes ses actions a baissé de moitié. Si nous évaluions le monde en termes de valeur des actions (ou du papier des banquiers), alors la dilution de la structure d’actions résulterait automatiquement en une inflation proportionnelle des prix.

Ce principe s’applique d’abord, et de la même manière, à notre système monétaire. Si une banque centrale imprime une nouvelle unité de monnaie fiduciaire non-garantie, elle dilue la base monétaire, et la valeur de toutes les unités monétaires en existence diminue en conséquence. C’est le déclin de la valeur de la devise au travers de cette dilution qui se traduit directement par une hausse des prix : une inflation des prix. Et pourtant, chose incroyable (pour laquelle nous devrions remercier nos laveurs de cerveaux), ce concept élémentaire n’est pas accepté comme vrai. Une allégorie est nécessaire.

Prenons l’île de Gilligan : un système fermé, et relativement peu peuplé. Mais changeons un détail. Pour des raisons de simplicité mathématique, imaginons que dix naufragés se trouvent sur l’île, plutôt que sept.

Des échanges prennent place entre les résidents de l’île. M. Howell, le banquier de l’île, suggère de créer une devise locale, grâce à la planche à billets qu’il se trouve avoir dans sa valise.  

Il appelle sa devise le dollar noix-de-coco, et chaque résident obtient dix dollars noix-de-coco. Plus aucune unité monétaire n’est créée ensuite, ce qui signifie que notre base monétaire est complètement plate. Dans ces circonstances, il ne devrait jamais y avoir d’inflation sur l’île de Gilligan. Jamais.

Les prix en dollars noix-de-coco sont initialement déterminés par les préférences des résidents, et à moins que ces préférences changent, les prix demeurent stables, parce que les quantités de devises en circulation n’augmentent pas – c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’inflation.

Mais les circonstances finissent par changer. M. Howell, désormais banquier central de l’île, annonce aux résidents qu’ils ne devraient pas avoir à endurer un mode de vie si rustre. Il leur promet d’améliorer leur niveau de vie en imprimant plus de dollars noix-de-coco afin de créer un effet de richesse.

Il offre à chaque résident 40 dollars noix-de-coco supplémentaires. Chaque résident dispose désormais de 50 unités monétaires. Tout le monde se sent plus riche. Mais que se passe-t-il sur l’île ?

Les préférences des résidents n’ont pas changé. Marianne fait un gâteau à la noix-de-coco, la coupe en dix parts égales et, comme à son habitude, les vend à l’unité. Après des mois/années, le prix d’une part reste d’un dollar noix-de-coco.

Le pêcheur, qui a un bien plus gros appétit que les autres résidents et dispose maintenant de cinq fois plus de dollars noix-de-coco dans sa poche, décide d’augmenter le nombre de parts de gâteau qu’il achète. Il offre à Marianne deux dollars noix-de-coco pour une part de gâteau. Mais les autres résidents ont aussi cinq fois plus d’argent dans leur poche, et paient le même prix que le pêcheur afin de pouvoir maintenir leur propre niveau de consommation. Le prix d’une part de gâteau passe donc à deux dollars noix-de-coco.

Le pêcheur, qui dispose encore d’importantes quantités de dollars noix-de-coco, tente une fois de plus d’augmenter sa part en offrant trois unités monétaires à Marianne. Les autres résidents en font de même, et le prix par part passe à trois dollars noix-de-coco. Ce processus se poursuit jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre soit établi, pour les parts de gâteau de Marianne comme pour tous les autres biens et services proposés par les résidents de l’île.

Parce que l’offre est fixe, les résidents de l’île allouent très rapidement l’intégralité de leur monnaie additionnelle, et de nouveaux prix émergent. Bien évidemment, leur niveau de vie reste toujours le même. L’effet de richesse n’est qu’une illusion. L’inflation des prix prend fin, jusqu’à ce que M. Howell décide d’imprimer encore plus de dollars noix-de-coco – et fasse gonfler la masse monétaire une fois de plus.

L’inflation ne sort pas de nulle part. Elle n’est pas créée par des fées, contrairement à ce que les banquiers centraux voudraient nous faire croire. Elle est toujours exclusivement le produit de leurs propres impressions monétaires. C’est ça qu’est l’inflation dans le monde réel. L’hyperinflation, par extrapolation, est une création monétaire excessive par les banquiers centraux.

Les sceptiques et les avocats des banques centrales ne sont pas convaincus. Ils pensent que le monde réel est quelque chose de bien plus complexe que l’île de Gilligan, et que mon allégorie n’a absolument aucun poids.

Oui et non. Oui, le monde réel est bien plus complexe que l’île de Gilligan. Non, mon allégorie ne perd pas de sa validité en conséquence, parce que les principes sous-jacents peuvent facilement être appliqués au monde réel.

Notre monde réel est un monde de croissance démographique, et de croissance de l’offre des biens et services pour répondre aux besoins de cette expansion de la population. Mais il reste un système fixe. Nous ne vivons pas sur l’île de Gilligan, mais sur l’île Terre.

C’est ainsi que mon allégorie se traduit sur l’île Terre. Alors que notre population augmente à un rythme alarmant (sur une perspective de long terme), le taux de croissance annuel est très bas, généralement de l’ordre d’un ou deux pourcents. L’offre de biens et services augmente au même rythme pour satisfaire la demande de la population.

En termes économiques, ce principe est appelé « taux de croissance naturel ». Il peut aussi être décrit comme le taux de croissance durable. Au sein d’un système fini, qui dispose de ressources finies, une croissance supérieure à ce taux naturel est à la fois artificielle et insoutenable.

Dans notre système monétaire, si les banquiers centraux maintiennent leur création monétaire autour de ce taux de croissance naturel, alors l’inflation est représentative de ce taux naturel, et il n’en découle pas d’inflation des prix. Le taux de croissance de la masse monétaire correspond au taux de croissance de la population et des biens, et l’équilibre des prix peut être maintenu.

Il est intéressant de noter que sur le long terme, la croissance de la masse monétaire globale a toujours été similaire au taux de croissance naturel. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles un étalon or, c’est-à-dire un système monétaire garanti par l’or, est une base optimale pour notre système monétaire.

Dérobés de notre étalon or en 1971 par Paul Volcker et Richard Nixon, les banquiers centraux ont été libres d’imprimer leurs devises papiers frauduleuses de leur plein gré. Les « menottes d’or » tant détestées par John Maynard Keynes leur ont été retirées.

Prudemment d’abord, puis avec abandon, les banquiers centraux ont accéléré leur impression monétaire.  Le graphique suivant en est la représentation :

 

 

Comme je l’ai déjà expliqué par le passé, c’est là la représentation littérale et mathématique de l’hyperinflation : l’expansion exponentielle et hors-de-contrôle de la masse monétaire d’une nation. Comme mes lecteurs le savent déjà, la masse monétaire d’une économie légitime (et son système monétaire) est supposé représenter une ligne horizontale, comme nous pouvons le voir avec la base monétaire des Etats-Unis et celle d’autres devises sous l’étalon or.

A partir du moment où ce qu’il restait de notre étalon or a été éliminé, la ligne horizontale a commencé à s’incliner vers le haut. C’était alors une preuve mathématique que le dollar, désormais devenu une simple devise fiduciaire, se trouvait dilué et finirait graduellement par ne plus rien valoir.

Est ensuite survenu l’effondrement de 2008. Ce qui était une ligne linéaire grimpante est devenu une ligne verticale avec la création de nouvelles unités monétaires à un taux quasi-infini. Quand la ligne horizontale de la base monétaire est devenue une ligne verticale, nous avons eu la preuve qu’une hyperinflation s’était installée : la dilution extrême et irréversible d’une devise jusqu’à ce qu’elle ne vaille plus rien.

 

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