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L’impôt économiquement correct : la redistribution destructrice

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Publié le 05 février 2013
812 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
( 9 votes, 4/5 ) , 3 commentaires
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Rubrique : Or et Argent

 

 

 

 

L’argument ultime en faveur des impôts consiste à soutenir que l’impôt fonctionne comme un moyen de redistribuer les richesses entre les membres de la société. Ceux qui produisent le plus de richesses doivent contribuer davantage que ceux qui n’arrivent pas à produire autant.


Il s’agit d’une combinaison d’arguments économique et moral. Puisque les richesses produites par les contribuables seront soit consommées soit investies, alors, peu importe qui consomme ou investit, l’effet économique sera toujours le même. De plus, l’État serait capable d’identifier les groupes qui ont le plus besoin qu’on leur transfère les ressources de ceux qui en ont le moins besoin.


Faisant abstraction de l’argument moral, on remarquera tout d’abord que la redistribution de richesses est loin d’être parfaite. Les richesses redistribuées ne sont jamais transférées dans leur intégralité, puisqu’une partie des ressources sera allouée au fonctionnement de l’administration publique chargée de prélever l’impôt et de le réallouer.


Cependant, on pourrait affirmer que les membres de cette administration sont eux aussi les cibles de la redistribution et donc que rien n’est perdu. Or, ceci ne change rien au fond du débat à savoir que toute redistribution implique une perte pour l’économie, qu’elle cible ou pas les membres de l’administration.


Car toute consommation et tout investissement  ne résultant pas d’un processus de redistribution implique l’acquisition au préalable de biens et services. Or cette acquisition passe nécessairement par l’utilisation du capital d’un individu. C’est d’ailleurs ainsi que sur un marché libre, le capital est redistribué en permanence, car la consommation et l’investissement consistent justement en un processus continu de redistribution des richesses entre vendeurs et acheteurs.


Le prélèvement d’impôts implique cependant une rupture momentanée de ce processus de redistribution réalisé par les échanges volontaires. Le groupe favorisé par cette redistribution aura accès à un capital sans rien avoir produit en échange, ce qui implique une perte sèche pour les contribuables qui ont fourni ce capital. Il n’est pas suffisant de dire que les contribuables ont, en contrepartie, un retour en termes de services, car ces services ne sont pas accessibles à tous les contribuables (par exemple, certaines aides et allocations) ou ils ne souhaitent pas vraiment consommer les services en question (des routes ou des librairies qu’ils ne fréquenteraient, par exemple, jamais).


Ceci est aussi une perte pour l’économie puisque le même capital circule tout en produisant moins de biens et services qu’avant. En outre, cette production réduite implique une production de biens dont la demande n’est pas justifiée économiquement. Autrement dit, la consommation et l’investissement sans imposition impliquent toujours une redistribution plus productive que lorsque cette consommation et cet investissement résultent d’une imposition.


À ce stade, on pourrait argumenter qu’en dépit de cette rupture dans le processus libre de redistribution du capital, l’État se montre efficace en ce qu’il redistribuerait les ressources  à des groupes plus productifs que les groupes taxés.


Il faudrait cependant pour cela que l’État adopte et utilise le calcul économique de façon systématiquement correcte. Or, nous avons pu voir dans l’article précédent que c’est institutionnellement impossible car l‘usage rationnel du calcul économique implique un lien étroit entre l’usage des ressources économiques et la responsabilité quant au résultat de celui-ci.


Ce lien est absent au sein de l’État du fait de la façon dont les membres de l’administration y sont nommés et du caractère imposé de son financement. Ils ne sont pas choisis en fonction de leur capacité à gérer économiquement des ressources, mais de leur capacité à gagner des élections ou de s’intégrer au sein de l’appareil bureaucratique de l’État. En outre, l’administration fait usage de ressources qu’elle n’a pas acquises  par le biais d’une production  mais par celui de l’imposition. Enfin,  les revenus de l’État sont totalement dissociés des résultats de la gestion des ressources par l’administration publique. Autrement dit, l’administration n’est pas vraiment responsable de l’usage de ces ressources en ce qu’ils ne répondent ni juridiquement ni personnellement des pertes réalisées.


Je tiens à préciser que mon but, dans cette série d’articles sur la fiscalité, n’était pas de rejeter l’existence même de l’impôt ou de l’État.  Par exemple, l’offre publique de services juridiques et de sécurité peut impliquer un gain par rapport à une situation où, sans impôt, on prendrait le risque de voir émerger des armées privées spoliatrices.


L’intention était surtout de montrer que, en dehors de l’offre de certains services assurant le respect de la propriété et de la liberté individuelle, il est impossible à un gouvernement de vouloir défendre de façon cohérente (au moins, d’un point de vue purement économique) un niveau d’imposition supérieur à la réalisation de cette offre. De même, tout discours sur l’augmentation des niveaux d’imposition est incohérent.  Les seuls arguments disponibles sont alors de nature purement idéologique ou morale. Il faut néanmoins démontrer qu’une idéologie ou une morale est objectivement supérieure à une autre. Il faudrait démontrer, en outre, qu’une idéologie ou morale est économiquement plus productive qu’une autre.


 

 

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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Si , justement , l'état est de trop.........
C'est à cause de cette aberration boulimique et parasitaire que le travail de toute une vie ne vous appartient pas....Quoi que vous fassiez par la force du travail , vous ne possédez rien si ce n'est le titre d'esclave via l'acte de naissance possédé par l'état....
Tout ce qui est à votre nom est déjà confisqué.....L'acte de naissance sert à ça.....Ce papier est leur levier juridique pour vous voler.
Je ne sais pas si vous comprenez :
En clair tout ce que vous signez à votre nom est transmis de fait à l'état voyou puisque le papier officiel sur lequel est inscrit votre nom appartient à l'état...
Jamais vous n'obtiendrez l'original , mais que des copies.
La propriété n'étant rien d'autre que le droit à l'utilisation contre la baisse de votre culotte ( taxes , impôts) en guise d'ajustement pour les besoins du moment....
La corruption des politiques crève les yeux , ce qui fait de l'état une entité à caractère mafieuse ; la mafia légale ...
La planète Terre est un énorme centre de détention.....La détention par la dette....
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L'existence d'un état est malheureusement nécessaire mais cet état, nécessairement minimal, doit être une émanation de la nation et non le contraire. Ce modèle d'état n'est pas fasciste puisqu'il ne sert qu'a une seule nation, les gens y sont propriétaire d'eux-même y compris et surtout de leur identité. La nation y est première, on a la nationalité de ses parents biologiques, point. Tout les membres de la nation ont les mêmes droits et l'état assure la protection de tous les nationaux de la même façon, y compris ceux qui vivent à l'étranger. Le seul impôt est la capitation, égale pour tous, dont le paiement donne droit à la protection de l'état et le droit de vote. Les fonctions régaliennes de cet état sont la défense, la justice et la diplomatie. Cet état n'a pas le monopole de la défense, de la justice ou de la diplomatie, il n'en a que la primauté. Les membres de la nation sont libres de s'organiser en société comme ils le veulent dans le respect de la liberté des autres et de l'intégrité de la nation. L'état est au service de la nation et de ses membres, il ne doit jamais outrepasser cette fonction.
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En France, on est loin de tout ça et depuis longtemps !
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