Fermer X Les cookies sont necessaires au bon fonctionnement de 24hGold.com. En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez leur utilisation.
Pour en savoir plus sur les cookies...
AnglaisFrancais
Cours Or & Argent en

L’inflation, notre fausse amie

IMG Auteur
 
Publié le 18 février 2013
912 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
( 15 votes, 4,8/5 ) , 1 commentaire
Imprimer l'article
  Article Commentaires Commenter Notation Tous les Articles  
0
envoyer
1
commenter
Notre Newsletter...
Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Le problème de la dette publique et du manque de compétitivité de certains membres de l’Union européenne (UE) poussent certains  (en particulier des économistes « respectables ») à réclamer un peu d’inflation. Une plus grande  « flexibilité » de la Banque centrale européenne (BCE) permettrait à l’UE de venir en aide aux producteurs en réduisant les taux d’intérêt et en leur fournissant des liquidités supplémentaires. Les consommateurs bénéficieraient eux-aussi d’un coup de pouce inflationniste sur leurs salaires, qui devraient leur permettre de consommer plus. Enfin, l’inflation permettrait également de dévaluer la dette et de rendre de la compétitivité à une Europe en stagnation. Autrement dit, l’inflation serait la solution magique pour relancer l’économie.


Il est intéressant de remarquer que les bienfaits inflationnistes cités ci-dessus sont totalement contradictoires. En fait, ils n’apparaissent que s’ils sont analysés isolément et superficiellement. Or, une fois qu’ils sont mis en contexte les uns avec les autres, on voit que l’inflation est coûteuse pour une économie dans son ensemble.


La baisse du taux d’intérêt est comparable à une baisse de prix concomitante à la surproduction d’un bien dont la demande ne change pas dans la même proportion. Trop de production par rapport à la demande résulte en une baisse du prix, car les agents considèrent que la production supplémentaire est relativement moins intéressante que la production d’autres biens. Il faut le reconnaître. On ne veut pas vraiment de l’argent, mais des biens.


En outre, une baisse artificielle des taux d’intérêt fausse les estimations des producteurs. Les taux d’intérêt  avant création monétaire leur donne une valeur réaliste du coût du capital réel. Il s’agit du capital épargné et mis à leur disponibilité par les épargnants dans l’économie. Une baisse par création monétaire (et donc inflationniste) sans rapport avec un effort d’épargne supplémentaire  crée l’illusion d’un capital réel moins cher.


Car la baisse des taux d’intérêt liée à une offre supplémentaire de liquidités à l’égard des producteurs conduit ces derniers à lancer  de nouveaux projets ou d’investir davantage dans des projets en cours.


Cependant, cette croissance de la production sans le support d’épargnes supplémentaires conduit à une hausse des prix des ressources nécessaires à l’initiation et à l’expansion des projets, car celles-ci sont déjà utilisées ailleurs dans l’économie. Tôt ou tard, les producteurs se rendront compte de la hausse de leurs dépenses et entameront des stratégies de réduction des coûts pour rester compétitifs face à la concurrence domestique et internationale. Par exemple, ils pourraient décider de délocaliser davantage afin de freiner les hausses salariales dues à l’inflation. Des injections supplémentaires de liquidités ne feront qu’aggraver le problème, car les prix continueront à grimper tout en incitant les entreprises à réduire leurs dépenses et tant pis pour le reste de la population.


Voilà pourquoi la baisse par l’inflation des taux d’intérêt n’est rien d’autre qu’une baisse illusoire. Le capital réel reste toujours cher, car il est rare par rapport aux besoins des producteurs et des consommateurs. Il y a trop de liquidités par rapport au capital réel disponible. On veut des biens (e.g. travail, biens de capital, matières premières, biens transformés, etc.), mais pas nécessairement plus de monnaie.


Le coup de pouce inflationniste aux salaires est la conséquence indirecte de l’inflation car les entreprises disposant de liquidités supplémentaires peuvent et même doivent augmenter les salaires afin de conserver leur main d’œuvre – surtout la main d’œuvre impossible à délocaliser. S’il est vrai que cela se traduit par un pouvoir d’achat monétaire plus conséquent pour les salariés, l’inflation des prix se chargera de ronger le pouvoir d’achat réel de ces mêmes salariés. La hausse de la consommation sera en fait la conséquence de cette perte de pouvoir d’achat réel de la monnaie. Pourquoi conserver une monnaie de moins en moins capable d’acheter des biens ? Mieux vaut la dépenser tout de suite au lieu d’épargner… et accélérer le processus inflationniste.


Le regain de compétitivité dû à l’inflation est possible une fois que ce processus inflationniste est bien entamé. Pour exister, la production nationale doit, en effet, être financée par une monnaie trop abondante et dont le pouvoir d’achat diminue. Car dans ce cas, le prix de la production nationale pour les importateurs externes bénéficiant d’une monnaie de meilleure qualité est extrêmement bon marché. Evidemment, les exportateurs se feront payer en monnaie étrangère de plus grande valeur tandis que tous les autres acteurs nationaux devront se contenter d’une monnaie nationale de piètre qualité.


Finalement, la dette publique sera elle-aussi dévaluée puisqu’elle est estimée dans une monnaie nationale de mauvaise qualité et donc peu demandée par rapport à des monnaies plus fiables. Si le taux d’intérêt est fixe, alors l’État se trouve dans une situation où il paie un taux d’intérêt ridicule par rapport au taux d’inflation.


Le prix à payer n’est pas seulement porté par les acheteurs de la dette publique et qui sert généralement de motif à l’inflation dès le départ. Le prix réel à payer par la société comprend tous les éléments  décrits ci-dessus : des entrepreneurs qui lancent des projets qui se révèleront impossible à terminer, des salariés qui cherchent à se débarrasser de leur monnaie et trouvent de plus en plus difficile d’épargner, une compétitivité sur le dos de l’ensemble des producteurs nationaux et une dette publique qui ne sera pas payée à sa valeur réelle initiale.


Reste à savoir sir l’inflation peut-être une alternative à la situation actuelle ? En fait, nous verrons dans le prochain article que tel est déjà le cas. L’inflation est là depuis longtemps.


 

 

<< Article précedent
Evaluer : Note moyenne :4,8 (15 votes)
>> Article suivant
Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
Publication de commentaires terminée
  Tous Favoris Mieux Notés  
Quoi qu'il arrive on y viendra, plus ce sera tard plus ce sera violent...
Evaluer :   6  0Note :   6
EmailPermalink
Dernier commentaire publié pour cet article
Quoi qu'il arrive on y viendra, plus ce sera tard plus ce sera violent... Lire la suite
Ludovicus - 18/02/2013 à 11:21 GMT
Note :  6  0
Top articles
Derniers Commentaires
Pour lutter contre le covid, poussez Mamie dans le cellier !
27 nov.Pschitt1
Darmanin = anagramme de Mandarin :-)
Barbara Pompili instaure l’écocide et le pratique dans la foulée
29 nov.merisier
Le principe de précaution, c'est la castration qui a été légalisée par des gens qui n'ont pas de coui*****.
Pour lutter contre le covid, poussez Mamie dans le cellier !
25 nov.Dorothée1
Macron = anagramme de Monarc ( absolu )
L’appauvrissement des Français continue
13 nov.glanduron2
Et voilà ! Et voilà ! qu'il dit H. Seize... Moi, je vous dis que l'effondrement de la France est en ligne de mire. Il va y avoir du sang d...
Encore un week-end festif au commissariat de Champigny-sur-Marne
06 nov.glanduron3
Quels mauvais esprits ce Monarc et son ministre "De bon matin". Quelques jeunes de la paisible banlieue communiste de l'est parisien (Geor...
Et maintenant, le couvre-foutoir
06 nov.glanduron3
Voilà des mois que je ne suis pas revenu sur 24H Gold. Je viens juste vous parler de ce virus et de tout ce qu'il entraîne. Autan...
Confinement : un gouvernement « poulet sans tête »
06 nov.Bernard V.
J'adore votre style humoristo-sarcastique sans toutefois partager entièrement votre approche quasi libertarienne. Pa par étatisme ou un quelconque ...
Reconfinement : un échec et une fracture irrattrapables
05 nov.Dorothée1
Ce qui est vraiment inconcevable, c'est qu'après près d'un an et demi de pandémie virale, on ait pas réussi, en France, à multiplier par 3 ou 4, no...
Articles les plus commentésFavorisPlus...
Flux d'Actualités
TOUS
OR
ARGENT
PGM & DIAMANTS
PÉTROLE & GAZ
AUTRES MÉTAUX