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Chaque fois que les banques
centrales et leurs affiliés se trouvent en situation difficile,
quelques essayistes
économiques se lancent dans l’écriture
d’argumentations incohérentes ayant pour objet de faire passer
l’or pour une relique barbare. De toutes ces argumentations, la plus
frappante a été écrite en 2009 par Willem
Buiter.
The
Price of Gold in 2160 - Statsguy
et James Kwak
Je me suis forcé de
lire cet ouvrage à plusieurs reprises afin de m’assurer
qu’il ne s’agissait pas là d’un essai satirique.
L’auteur n’y présente aucune prévision quant
à la population future de notre planète, de ses futures
structures économiques ou encore de la demande en or à
venir ; et ne s’intéresse uniquement qu’à la
possible présence de métal jaune sur d’autres
planètes de notre galaxie.
Le processus par lequel l’or vient à être créé
est encore aujourd’hui très peu connu, bien que l’on pense
que des supernovas en soient l’origine. Cette théorie consistant
en la recherche d’or sur d’autres planètes que la
nôtre n’est donc pas totalement excentrique, du moins bien moins
que ne peuvent l’être d’autres théories
pseudo-scientifiques parues ces quelques dernières années.
Le point de vue de
l’auteur quant à la possible présence d’or au plus
profond de notre galaxie est analogue à la découverte du
Nouveau Monde par les Européens et à leurs premières
extractions d’or et d’argent en des terres qui leur
étaient inconnues.
Selon lui, c’est dans
une situation similaire que nous nous trouvons aujourd’hui.
Certains pourront penser
que l’auteur tente simplement dans son livre de présenter de
façon embellie que les devises basées sur des matières
premières finissent toujours par s’effondrer, avec des exemples
tels que celui du sel, déjà utilisé auparavant par Mr. Buiter.
Il est certain que toute
devise connaît des jours plus ou moins glorieux, dans la mesure
où elle est un élément relatif de valeur instauré
par les autorités en place, qui elles-mêmes viennent à
aller et venir au fil du temps. Même si, fut un temps, ces
autorités semblaient invincibles, leurs Empires n’auraient
jamais pu être imaginés demeurer en place infiniment.
Cependant, il existe
quelques réserves de valeurs qui, n’étant pas
instaurées par la force, tendent à réapparaître
régulièrement et être appréciées comme
telles de génération en génération. Comme toute
personne ayant quelque connaissance poussée de la monnaie pourrait le
dire, ces dernières possèdent la qualité clé
qu’est la confiance, qui n’est que très difficile à
maintenir par la force.
Comme de nombreux
historiens de la monnaie en ont déjà fait mention, la
Réserve Fédérale a initialement été
créée afin d’émuler la stabilité de valeur
de ce qui plus tard ne devint que pure monnaie fiduciaire. Comme des hommes
tels qu’Andrew Jackson l’avaient prédit, ils ont échoué
de la même manière et pour les mêmes raisons que leurs
prédécesseurs.
Tout système est
sujet à la corruption, plus particulièrement s’il
n’est placé qu’entre les mains de petits groupes
d’hommes très puissants, et plus particulièrement
d’hommes puissants agissant dans l’absence la plus totale de
transparence.
Il semble pour le moins
culotté de la part d’un économiste de critiquer une
réserve de valeur prouvant de plus de 5000 ans d’histoire tout
en promouvant des monnaies fiduciaires qui, tout au long de l’Histoire,
ont toujours fini par s’effondrer. Une devise fiduciaire peut bien
être dévaluée, réinventée, elle ne fera
toujours que perdre sa valeur et son caractère, et ne laissera
finalement derrière elle que son nom.
J’entends
déjà à l’horizon le bruit assourdissant des
planches à billet se mettant en marche. Tenez-vous prêts pour
une nouvelle version toute Européenne du Quantitative Easing, ainsi que pour de nouveaux plans de sauvetage et
de nouveaux arguments économiques absurdes favorisant la convenance en
dépit de la justice.
J’éprouve une
sympathie, bien que très limitée, pour nos banques centrales et
le dilemme auquel elles font face. Il n’en demeure pas moins que ce
qu’elles mettent en œuvre dans l’objectif de stabiliser nos
monnaies, tout en refusant d’accorder la mise en place
d’importantes réformes, ne représente que la quintessence
de l’immoralité et de l’abus de pouvoir.
Le cœur du
problème, c’est que les systèmes
financier et monétaire existants deviennent de plus en plus
arbitrés et corrompus. Un groupe relativement restreint de
capitalistes se prend à vouloir créer de la monnaie en ne
partant de rien, avant de distribuer cette dernière à qui bon
lui semble.
C’est là la
base même de mon aversion pour ces abus de pouvoir de la part des
hommes politiques, ainsi que pour ceux qui s’engagent dans ce que nous
pourrions appeler poliment ‘management de perception’.
Cette attitude
auto-arbitraire, bien que ses motivations puissent sembler justes, est la
raison pour laquelle les devises fiduciaires finissent toutes par
s’effondrer. Nos politiciens continueront de créer de la monnaie
et de la distribuer à qui bon leur semble, corrompant l’ensemble
du système politique sur son passage.
Les résultats
cumulés de ces abus de pouvoir sont corrosifs pour la
société. Les exemples les plus déloyaux, si
donnés par des hommes de pouvoir, ne pourront qu’attiser les
pires des comportements de la part de leur entourage. Cette
réalité est bien dommage.
‘Notre
gouvernement montre l’exemple à tous ses citoyens. S’il
devient hors-la-loi, alors naîtra en son peuple une aversion pour la
loi ; s’il invite chaque homme à vivre de ses propres lois,
alors il crée l’anarchie’.
Louis D. Brandeis
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