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La bonne et la mauvaise spéculation III : Le marché de la dette

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Publié le 15 avril 2013
937 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Lors de mes  précédents billets (1 et 2), je me suis intéressé au rôle social que pouvait jouer la spéculation afin d’harmoniser les prix dans l’espace et dans le temps. Le spéculateur fournit les marchés en liquidités lorsque les agents économiques désirent abandonner une position sur un actif, et évitent ainsi une baisse trop brutale des prix. En outre, le spéculateur détient des stocks d’actifs et les offrent au public quand la rareté des actifs en question est excessive. Cela  empêche une hausse brutale des cours de ces mêmes actifs. Il facilite ainsi le travail de ceux qui souhaitent prendre ou abandonner des positions sur un actif. En effet, le spéculateur élimine des écarts et des imperfections qui subsistent sur les marchés. Tant que ces écarts et imperfections persistent, le spéculateur trouvera une opportunité de gain qui l’incitera à les éliminer en achetant et revendant des actifs.


La spéculation est néanmoins souvent associée à la création de déséquilibres, à l’augmentation des écarts de pris (à la hausse ou à la baisse) et à la formation des bulles spéculatives.  Pourtant, la participation du spéculateur à ces phénomènes n’est en fait qu’une réaction à une série de faux signaux générés dans les marchés.


Un bon exemple est celui de la manipulation du taux d’intérêt par les banques centrales. Normalement, les taux d’intérêts pratiqués dans l’économie sont le résultat des préférences intertemporelles des agents. Les épargnants ont une préférence pour le présent plus faible que les investisseurs et consommateurs non-épargnants. Cette asymétrie entre les préférences des épargnants (les offreurs) et les demandeurs de capital permet des échanges entre ces deux catégories d’individus. Il en résulte un  prix. C’est le taux d’intérêt. Les spéculateurs peuvent se trouver de deux côtés de l’échange. Ils sont soit des épargnants, et donc des fournisseurs de liquidités, soit des demandeurs de capital qu’ils vont utiliser dans des entreprises jugées plus rentables.


Quand la banque centrale (BC) manipule le taux d’intérêt, une volatilité supplémentaire est automatiquement introduite dans le marché. Ce taux ne reflète plus les préférences intertemporelles des agents, mais il aura néanmoins un impact réel aussi bien sur le marché monétaire (titres de dette de court-terme) que sur le marché obligataire (titres de dette de long-terme) mais sur d’autres marchés également.


Un taux d’intérêt plus bas implique une hausse du prix des titres de dette sur le marché[1] secondaire. Car le taux d’intérêt payé pour ces titres, fixés préalablement à un niveau plus élevé, rend ces obligations intéressantes par rapport aux nouvelles obligations émises qui intègrent le nouveau taux. Une hausse du taux d’intérêt à l’inverse entraîne une baisse du prix de marché des titres de dette sur le marché secondaire, car ils offrent un rendement moindre que les titres nouvellement émis. Par conséquent, toute variation des taux conduit à un ajustement du prix des titres de dette sur le marché secondaire lors de leur revente.


La spéculation et le gain qui l’accompagne provient des achats ou des ventes d’obligations en fonction de la manipulation des taux d’intérêt de la part de la BC. Cette opportunité de gain qui n’existait pratiquement pas auparavant dans le marché financier va détourner les fonds des investisseurs du financement nécessaire à la production de biens et services. En intervenant sur le taux d’intérêt plusieurs fois par an, la BC multiplie alors les opportunités de gain dans les marchés monétaire et obligataire.


En outre, si la BC passe son temps à jongler entre ses objectifs de stabilité de prix et ses objectifs de croissance économique (des objectifs diamétralement opposés), alors cela suscitera davantage d’arbitrage et donc une augmentation exponentielle des opportunités de gains spéculatifs. Il suffit au spéculateur d’anticiper la position de la BC pour déterminer la direction de la variation des taux. Les objectifs de stabilité de prix résultent souvent en une hausse des taux, tandis que les objectifs de croissance et de relance ont pour conséquence une baisse des taux.


L’écart des taux entre les titres de court et de long terme peut créer encore plus d’opportunités de gains. Car si les taux de court terme sont trop bas par rapport aux taux de long terme, le spéculateur n’hésitera pas à emprunter à court terme pour investir à long terme, et vice-versa.


Ainsi, le spéculateur fonctionne comme un vecteur de l’inflation monétaire qui accompagne la baisse des taux sur les actifs de court terme (e.g. bons du trésor). La BC baisse les taux et injecte des liquidités dans le système. Les banques commerciales répondent généralement par une expansion du crédit (le mécanisme est expliqué à partir d’ici). Les spéculateurs attentifs aux gains d’arbitrage qu’ils peuvent faire sur les marchés monétaire et obligataire sauront faire bon usage de ces nouvelles liquidités.


Les opportunités de gains étant plus récurrentes, il devient alors plus intéressant d’utiliser des fonds sur les marchés monétaire et obligataire, où les  profits peuvent y être plus importants et plus rapides que ceux réalisés sur le marché de biens et services.


La description ci-dessus nous montre que la cause principale de la spéculation massive que nous constatons aujourd’hui sur les marchés des capitaux, est avant tout le résultat de la manipulation continue des taux d’intérêt par la BC. En effet, les spéculateurs y sont attirés par les écarts potentiels issus de cette manipulation.


Nous verrons ensuite que ce mouvement spéculatif sur les marchés des capitaux n’est en fait que la partie immergée d’un phénomène plus vaste qui touche d’autres marchés dans l’économie.


 

 



[1] Le marché primaire d’un actif fait référence à la négociation de son émission. Le marché secondaire fait référence aux négociations ultérieures des actifs émis et qui sont maintenant en circulation dans le marché.

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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