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La croissance économique, une idée erronée

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Extrait des Archives : publié le 28 février 2013
1300 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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SUIVRE : Crise Croissance
Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

L’objectif le plus important aux yeux d’un gouvernement est la croissance économique. De cette croissance naissent la création d’emploi et de taxes permettant au gouvernement de financer ses dépenses. En d’autres termes, la croissance représente le point central de toute politique économique. De nombreux efforts sont également concentrés sur l’étude de statistiques considérées comme vitales dans le but de quantifier tout ce qui est en mesure de contribuer à l’aboutissement de cette croissance. Les politiques monétaires ‘indépendantes’ ont depuis longtemps migré depuis un objectif de contrôle de l’inflation à un objectif de stimulation de l’économie et de la croissance. La quasi-totalité des personnes vivant aujourd’hui dans des pays développés connaît et supporte cet objectif, bien qu’elles ne tombent que rarement d’accord sur les moyens d’y parvenir. Aujourd’hui, non seulement les gouvernements ne cessent d’échouer à achever cet objectif fondamental, ils s’inquiètent également de plus en plus du fait que la réduction des dépenses gouvernementales puisse nous propulser dans une phase de contraction économique profonde.

Est-il juste de raisonner en termes de croissance économique et de contractions ? Ce concept est essentiellement Keynésien, et nous vient d’analyses économiques traditionnelles. Il suppose que les gouvernements ont un rôle interventionniste et sont en mesure d’améliorer la situation économique ce qui, après étude de la réalité, semble pour le moins inexact. Une économie fournissant aux gens les biens et services dont ils ont besoin le fait de manière aléatoire et sans aucune planification. Elle est la somme d’un ensemble d’activités qui organisent la production de biens et services par les entrepreneurs et chefs d’entreprises pour la seule raison que ces biens et services seront utiles à la société.

La force d’une économie de marché libre est le caractère aléatoire du processus productif. En découle le progrès des conditions de vie. Ce progrès dépend uniquement de l’expansion des facteurs de production, et la distribution des ressources disponibles dépend de l’anticipation par les entrepreneurs des besoins et des désirs de la société. Lorsque le gouvernement intervient dans ce chaos productif, il détruit son caractère aléatoire en dirigeant les actions économiques vers un objectif commun.

Les cycles destructeurs de type croissance-récession en ont toujours été la conséquence. Les gouvernements tentent de coordonner le caractère aléatoire des marchés afin de favoriser ce qu’ils appellent la croissance. Leurs politiques semblent porter leurs fruits quelques temps, après quoi elles débouchent inévitablement sur une hausse des prix, dans la mesure où les facteurs de production supplémentaires (produits bruts, force de travail et capital) deviennent de plus en plus chers. Des prix élevés se traduisent par une hausse des taux d’intérêts jusqu’à un point où ceux qui ont été séduits par le crédit peu cher doivent se résigner à subir des pertes. La théorie de la monnaie et du capital a toujours prédit de telles retombées, et les faits n’ont toujours fait que les confirmer. Il n’en est pas moins que les économistes de courant traditionnel continuent encore de les ignorer.

L’interventionnisme est aussi certain de pouvoir succéder que l’eau de pouvoir couler vers le haut d’une colline. Le manque de croissance économique où les statistiques permettant de le mesurer n’en sont que la conséquence. La question qui vient alors à se poser est de savoir si oui ou non nous pouvons faire l’expérience de croissance économique sans intervention de la part du gouvernement.

La réponse logique à cette question est non. Une économie de marché libre, en l’absence de facteurs extérieurs, ne croît pas ; elle progresse, ce qui est une chose absolument différente. Elle oublie peu à peu les biens dont les consommateurs ne veulent plus et produit des biens qu’ils sont susceptibles de désirer. Elle ajuste le prix des produits afin de satisfaire au mieux le consommateur tout en restant profitable. La surproduction est punie, et la sous-production invite à la compétition. Personne ne sait ce que le consommateur achètera demain, ni combien il sera prêt à payer. Les entrepreneurs intervenant au sein de ce processus de production aléatoire sont pour la plupart très bons à ce genre de devinettes, du simple fait qu’ils parient avec leur propre temps et leur propre monnaie. Ils doivent anticiper des niveaux de demande avant même de produire et d’introduire un nouveau bien sur le marché. C’est ce que nous appelons progrès, et non croissance. Le progrès consiste à produire demain de meilleurs produits qu’aujourd’hui, tout en utilisant les ressources disponibles. Le progrès, c’est la baisse des prix. Dans le même temps que les prix baissent, plus de biens peuvent être achetés pour la même somme d’argent. Ce que les gouvernements font, c’est détruire ce processus de progrès dans une tentative de le remplacer par une croissance statistique.

Les statistiques conçues pour mesurer cette croissance, tout particulièrement le PIB, ne sont en mesure de mesurer quoi que ce soit si ce n’est la quantité de monnaie dans l’économie et ce, de manière imparfaite. Les dépenses gouvernementales, qui sont en réalité un coût économique, sont approchées comme étant productrices de valeur. Les producteurs réels que sont les usines, les distributeurs de biens et de services électroniques, qui réduisent leurs prix au fil du temps, voient leur production diminuer en termes statistiques, dans le même temps que ceux qui maintiennent leurs prix élevés grâce au monopole maintiennent voire augmentent leur production en termes de statistiques. C’est simplement là le résultat d’une utilisation inconsidérée d’un ensemble d’outils permettant de mesurer le concept erroné qu’est celui de croissance économique. Le PIB et les outils qui lui sont associés ne mesurent pas le progrès, ils encouragent la régression économique.

Nous devrions plutôt dire que le PIB est une approximation de la quantité de monnaie déployée au sein d’une économie. Il représente la combinaison d’une mesure de la production, des dépenses gouvernementales et de l’évolution des prix. Imaginons un instant que certains facteurs de production deviennent indisponibles aux prix actuels. La production peut alors seulement progresser en fonction de la manière dont les facteurs de production existants sont redéployés. Imaginons également que les régulations du secteur privé et dépenses du gouvernement demeurent inchangées. Dans ces deux cas, la croissance économique n’est autre que la réflexion d’un changement de prix, qui est le résultat quant à lui d’un changement en termes de quantité de monnaie déployée au sein de l’économie. Le calcul de la croissance économique ‘réelle’, c’est-à-dire la croissance économique ajustée à l’inflation, oublie de prendre en considération un très grand nombre d’effets de l’inflation monétaire. Ainsi, ce que l’on appelle croissance économique n’est en rien une croissance : elle est simplement une mesure erronée et alternative de l’inflation monétaire non-officielle.

Il ne serait que très mauvais de prendre au sérieux les tentatives ratées de banquiers centraux à manipuler l’économie et les données statistiques. Non seulement ils ont trompé le public avec leurs tentatives de relance de la croissance, ils se sont aussi trompés eux-mêmes. Pour cette raison, ils ne sont pas équipés de manière à pouvoir gérer la crise, qui n’est autre que le résultat de leurs interventions antérieures. Ils aiment à dire que la croissance économique, source ultime des recettes fiscales et de la solvabilité des gouvernements est mise en danger par les réductions de dépenses gouvernementales. Statistiquement, c’est vrai, parce que si vous retirez la monnaie injectée par le gouvernement dans des secteurs économiques inutiles, le PIB chute. Le point important à noter ici est qu’on oublie souvent qu’un gouvernement qui cesse de drainer l’économie des ressources de son secteur privé permet à cette monnaie d’être déployée plus efficacement pour le bénéfice de tous les entrepreneurs.

C’est donc là la voie ultime à emprunter afin de nous débarrasser de toute forme de difficulté financière.


NB : Il existe d’excellentes analyses de la théorie de capital, mais convertir les actions aléatoires en objectifs communs est une erreur faussant la compréhension des effets destructeurs de la planification centralisée.

 

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La croissance économique, c'est le parcours du hamster dans son tourniquet sans fin.
Fabriquer des objets qui ne servent qu' à peine 20 ans, alors qu'ils pourraient durer 3, 5 ou 10 fois plus longtemps, ou au moins jusqu'à ce qu'une technologie nouvelle les rende obsolètes, c'est faire foncièrement de l'anti-croissance, c'est sans cesse se redonner du travail pour recréer la même chose qu'on aurait pu garder bien plus longtemps sans tous les dégâts que l'on sait, sur l'environnement et la santé.
C'est juste un jeu idiot pour s'occuper et ainsi échapper au vide de l'existence.
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"celui qui contrôle la nourriture controle les personnes". Henry Kissinger(Ange de la paix et prix Nobel). Voir Agribusiness à la sauce OGM Rockefeller, distance débile entre producteur et consommateur. Contrôle de la qualité des produits (Lasagnes!). Vous voudriez bien savoir ce que vous ingurgitez chaque jour...
A lire: Seeds of destruction, W. Engdahl. bon appetit.
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Notez tout de même que dans le cas où les sévices publics sont dans un marché concurrentiel où le choix du consommateur est respecté, on peut tout de même présumer que le PIB qui est corrélé représente une création de richesse.

Si la Suède fonctionne bien malgré ses dépenses publiques élevées, ça doit être probablement pour cela, ce qui fait que son PIB est bien plus réaliste que d'autres, comme par exemple la France…

Cependant, l'état actif dans l'économie sera toujours juge, partie et législateur, donc représente toujours un risque de concurrence déloyale et risque d'utiliser la force de la loi dans le cas où l'offre étatique est inadaptée.
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N'ayons pas peur de la décroissance!

Si celle-ci est présentée comme une horreur par les puissants d'aujourd'hui c'est justement par ce qu'elle réduirait leur pouvoir/richesse au profit des gens "normaux" qui n'ont pas ou peu de pouvoir/richesse aujourd'hui.

Allez... quelques exemples:
La croissance c'est travailler plus à l'extérieur pour payer la nounou et se craquer un plat surgelé au micro-onde en rentrant à pas d'heure.
La décroissance c'est avoir le temps d'élever soi-même son enfant et de se mijoter un petit plat sur le coin du fourneau.

La croissance c'est faire 2 heures de métro pour se rendre au bureau et y travailler avec ordi et téléphone.
La décroissance c'est de faire le même travail sans métro, avec un home-office .

La croissance c'est acheter de fades cerises marocaines à 6€ dont 40cts de tva.
La décroissance c'est de prendre son échelle et son panier et déguster les cerises du jardin.

etc
etc
à vous de continuer !!
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Pour cela, il faudrait commencer par réduire la fiscalité qui fait qu'il est nécessaire de produire 3 pour pouvoir acheter 1, les réglementations sociales qui empêchent de travailler sous un seuil, augmentent les coûts hors prix du travail, les réglementations hygiénistes qui obligent à jeter ces cerises marocaines, les réglementations qui interdisent de les vendre à perte aboutissant à leur surévaluation et donc leur destruction pure et simples.
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En tant que consommateur final, si je n'achète pas dans les circuits (longs) qu'on me propose, je donne un leçon à tous les maillons de la chaîne et je fais de la décroissance.
Je ne parle pas de faire du black!

Quand j'achète en circuit court au maraîcher du coin, il paye sa tva et ses charges.
Je sais où va la valeur-ajoutée. Chacun est content de l'opération, ce qui est la base du commerce.
Aucun inconnu éloigné (émirs, raffineurs, transporteurs, assureurs, banquiers, loueur de stockage, chimistes en tous genres etc) ne prend une part de notre gâteau à tous les deux, ça fait chuter le PIB qui ne mesure que les échanges alors que ça nous enrichit.
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"L’interventionnisme est aussi certain de pouvoir succéder"
merci google trad ... -_-
En gros je serais plutôt d'accord.
Mais un point me chiffonne : quand il est question du fonctionnement de l'économie de consommation, où les produits inutiles sont oubliés, où les comportements futurs d'achats sont imprévisibles.
Ceci n'est pas correct. Chaque entreprise importante a son service marketing dont le travail est justement de prévoir les comportements d'achat, et plus encore, de les conditionner.
Certaines entreprises sont passées maîtresses dans cet art, comme Apple, ou Canon (dans le secteur de la photo/vidéo numérique).

Les résultats sont sensibles... je vois des consommateurs gâtés-pourris maintenant. Juste l'exemple du dernier appareil photo hybride de Panasonic, le GH3. Toute une communauté de fans s'était formée autour du prédécesseur, GH2, et chacun proposait ses améliorations (souvent "wish-list", comme ce que les enfants envoient au père noel). Quand le GH3 est sorti, on dirait qu'il n'y avait que des déçus. Chacun râlait car tel ou tel point de sa liste n'était pas repris dans ce nouvel appareil. Pire, il y a eu quelques délais de livraison, problèmes d'approvisionnement des points de vente. Ceci a engendré des commentaires du genre "fuck you panasonic". Juste parce que le nouveau joujou n'est pas disponible IMMEDIATEMENT, juste parce que le nouveau joujou n'est pas 100% CONFORME aux attentes de chaque individu différent.
C'est ça le consommateur moyen dans une économie de marché. Il a été conditionné pour rester un enfant pourri, toujours envieux, toujours impatient, jamais satisfait.

Et sinon, concernant les "meilleurs produits" de demain, il s'agit souvent d'apparences. Ils sont plus jolis, plus sophistiqués, mais en revanche ils sont moins durables.
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Et oui, les gens préfèrent avoir tout de suite des objets meilleurs marchés, plus beaux avec plus de fonctionnalités que des objets durables.
Cependant, croyez-vous qu'en imposant des objets durables, dont la contrepartie sera un prix plus élevé, des délais, plus moches et moins de fonctionnalités, que les gens seront plus contents ?
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Je ne suis pas fan d'imposer des choses aux gens. Mais peut-être qu'en éduquant correctement les gens ? En leur inculquant des valeurs plus "durables" justement ?
Ok, je fais le doux utopiste là...

A force j'en viens vraiment à me demander si l'Homme n'est pas mauvais de nature :s
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Le problème est que l'éducation perd de sa neutralité politique, enfin, ce qu'il en reste, et deviendra un endoctrinement. On ne peut jamais être certain que la pensée politique du moment est la bonne.
L'homme est ni bon, ni mauvais. En tant qu'individu, il est plus souvent bon que mauvais, même s'il peut y avoir des écarts. Par contre, dans un corps collectif, cela semble être différent, mais l'analyse devient complexe et abstraite…
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Sinon, quelle est l'influence de l'inflationnisme et du keynésianisme dans ces comportements ? L'inflation pousse bien à dépenser son argent plus rapidement et le keynésianisme pousse à la consommation…
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samideano - 08/03/2015 à 16:34 GMT
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