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La doctrine politique de l’étatisme

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Extrait des Archives : publié le 04 janvier 2012
1373 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
( 21 votes, 4,8/5 ) , 4 commentaires
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Le Patriot Act, ayant été ratifié après les attaques de septembre 2001, représente la plus importante atteinte à la liberté dont nous ayons jamais fait l’expérience. Il a réduit à néant des libertés et droits fondamentaux que nous pensions depuis longtemps acquis. Les libertés ne se perdent jamais toutes à la fois, mais le Patriot Act, au nom tout autant repoussant que son idéologie et la rhétorique dont il a fait l’objet, représente pour les Etats-Unis un point de non-retour, la loi qui donne le meilleur exemple qui soit de l’étatisme comme idéologie politique. Il est une loi si sévère qu’il pousse les gens à oublier ce que signifie réellement la liberté.


C’est pourquoi je suis d’avis que le livre de Ron Paul, Liberty Defined, est l’un des plus importants ouvrages de notre époque. Il définit clairement la liberté comme étant une interférence coercitive de l’Etat. C’est également de cette manière que les institutions libérales d’Aquinas, de Jefferson et de Rothbard l’apercevaient. Il n’est pas de risque plus important pour la liberté que l’Etat. Le pouvoir de l’Etat se doit d’être dissout si nous voulons un jour goûter à nouveau aux fruits de la liberté.


Ron va plus loin et applique le principe de liberté à bon nombre des domaines les plus controversés de l’époque moderne. Son objectif n’est pas là de détailler les projets gouvernementaux. Il va bien plus loin que cela. Ce qu’il recherche, c’est la stimulation de l’imagination humaine afin qu’elle soit capable de voir au-delà des normes étatiques dominantes.


En 1945, Ludwig von Mises écrivait un ouvrage similaire intitulé Omnipotent Government: The Rise of the Total State and Total War. C’est probablement là l’attaque la plus cinglante jamais écrite envers le National-Socialisme. Il y détaille les caractéristiques d’un étatisme Nazi (une forme de nationalisme basé sur les liens du sang). Encore plus important encore, il tente d’expliquer pourquoi le Nazisme n’est en réalité qu’un symptôme du problème bien plus large qu’est l’étatisme lui-même. Il aperçoit le Nazisme comme étant une doctrine que les gens viennent à embrasser sans pour autant en comprendre l’idéologie. Ce type de comportement émerge généralement en des temps économiques incertains.


Il existe toujours de bonnes excuses quant à bafouer les libertés humaines qui ont fondé la civilisation telle que nous la connaissons aujourd’hui. Si l’Etat ne peut trouver une bonne raison de le faire, alors il en invente une. Une civilisation crédule, ou simplement inquiète pour s sécurité, peut aisément permettre à son gouvernement de mettre la main sur ses droits et ses libertés, et un gouvernement qui ait été en mesure d’acquérir un tel pouvoir ne l’abandonne jamais de lui-même. Les libertés et les droits se doivent d’être regagnés par les citoyens eux-mêmes, et la manière d’y parvenir est l’inversement des conditions qui aient autrefois permis à l’instauration de l’étatisme. Les citoyens doivent abandonner toute crédibilité envers l’idéologie de leur gouvernement, et doivent arrêter de se persuader que le monde serait perdu s’il cessait d’être gouverné par des tyrans.


L’une des étapes de ce processus dit d’illumination requiert une compréhension de ce que nous avons perdu lorsque nous avons abandonné notre liberté, et de ce qui nous serait apporté si nous la regagnions. L’ouvrage de Mises ne néglige pas cette étape, et présente une description des plus exemplaires de la vision libérale traditionnelle :


Afin de bien nous rendre compte de la signification de ce programme libéral, nous devons nous imaginer un monde dans lequel le libéralisme serait des plus suprêmes, soit dans lequel tous les Etats seraient des Etats libéraux, soit dans lequel assez d’Etats seraient libéraux pour pouvoir repousser des agressions militaires. Dans ce monde libéral, les moyens de productions seraient une propriété privée. Le marché de l’emploi ne serait pas pénalisé par les interventions du gouvernement. Il n’existerait aucune frontière commerciale, et les hommes seraient libres de vivre et de travailler où ils le désirent. Les frontières seraient visibles sur les cartes mais n’auraient aucune influence sur les migrations humaines et le transport de marchandises. Les natifs ne jouiraient pas de lois dont ne pourraient jouir les étrangers. Les gouvernements et leurs servants verraient leur rôle réduit à la protection de la vie, de la santé et de la propriété contre les agressions frauduleuses ou violentes. Ils ne seraient pas en mesure de mettre en place quelque discrimination que ce soit envers les étrangers. Les cours de justice seraient indépendantes et protègeraient efficacement les citoyens contre les empiètements de la bureaucratie. Toute personne aurait un droit de parole, d’écriture et d’impression. L’éducation ne serait pas sujette à l’intervention du gouvernement. Les gouvernements seraient une sorte de gardes de nuit entre les mains desquels les citoyens auraient placé le contrôle de la police. Les bureaucrates seraient aperçus comme étant des mortels, et non des êtres surhumains ou paternels ayant un droit de tutelle sur leurs citoyens. Les gouvernements n’auraient pas le pouvoir d’imposer à leurs citoyens la langue qu’ils devraient utiliser dans la vie de tous les jours, ni la langue grâce à laquelle ils devraient éduquer leurs enfants. Les organismes administratifs et les tribunaux seraient forcés de parler à chacun dans sa propre langue, si cette langue se trouvait parlée par un nombre minimum de personnes dans la région sur laquelle ils auraient jurisprudence.


Il existe de nombreuses autres caractéristiques à la société libérale. Il n’existerait pas d’Etat providence (il n’en existait pas avant Bismark et Roosevelt). Il n’existerait aucun passeport (il n’en existait pas avant la première guerre mondiale). Il n’existerait aucune carte nationale d’identité (il n’en existait pas avant la seconde guerre mondiale) ; Les citoyens pourraient utiliser la devise qu’ils désirent (et ils pouvaient le faire jusqu’à l’éclatement de la Guerre Civile). Ils pourraient accumuler de la richesse et la transmettre à leurs enfants tout en s’assurant que leurs petits-enfants pourront également en jouir (comme c’était encore le cas avant la première guerre mondiale). Ils pourraient innover sur le marché commercial sans craindre d’être traduits en justice ou encore d’être surtaxés. Ils pourraient négocier tout contrat, employer ou renvoyer à leur guise. Ils ne verraient pas de propagande gouvernementale placardée sur les avions ou les devantures de supermarchés. Ils ne s’intéresseraient même pas à la politique, puisque le gouvernement aurait entre ses mains si peu de pouvoir que même les pires personnes ne pourraient en changer le fonctionnement.


Ce n’est pas là un rêve si reculé. L’explication faite ici par Mises n’est qu’une description de ce que la liberté a autrefois été à des époques et en des lieux multiples de notre Histoire. Il écrit ceci pour nous rappeler ce que les gens ont perdu, et ce que le gouvernement leur a dérobé.


Le point que Mises tente de mettre en avant dans son livre est qu’il ne suffit pas d’exprimer sa haine pour un régime, mais qu’il est également nécessaire d’en faire une critique détaillée et de le comparer à la définition que nous connaissons de la tyrannie. Il ne suffit pas non plus de s’opposer à son gouvernement. Nous devons apprendre à aimer la liberté et comprendre son fonctionnement tout en vivant en des temps en lesquels la liberté n’existe quasiment plus et n’est plus comprise. C’est là l’objectif de son livre : mettre en avant le Nazisme comme étant une branche de l’étatisme lui-même.


C’est là également le point soulevé par Ron Paul dans son ouvrage Liberty Defined. Il s’oppose au gouvernement tel que nous le connaissons. Plus encore, il comprend le principe de liberté et tente de nous apprendre à aimer ce principe, à comprendre son fonctionnement et son rôle.


Je ne suis pas surpris que le fils de Ron Paul, Rand Paul, soit le seul membre du Sénat des Etats-Unis à oser s’opposer au Patriot Act et à l’appeler par ce qu’il est réellement. Il a basé sa carrière politique sur l’abolition de cet acte. Si nous ne sommes pas en mesure de déceler ce qui ne va pas avec le Patriot Act, alors nous ne sommes pas en mesure de déceler le problème des despotismes passés ou actuels. Si nous sommes en mesure de percevoir ce qui cloche, alors c’est déjà là un bon point de départ dans la compréhension de ce que sont les libertés humaines.


Llewellyn H. Rockwell, Jr

LewRockwell.com

  

 

 

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"Patriot Act" ou le moyen exemplaire d'extorquer par la peur cette loi inique.
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Il n'y en a que pour les américains.

Le mot "Patriot Act" peut parfaitement être remplacé par "Europe" dans ce texte.
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Qui se soucie de liberté quand on a du pain et des jeux, le RMI et la télé ?
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Utopie est le premier mot qui m'est venu à l'esprit après avoir lu ce texte. Les libéraux orthodoxes confondent état et nation. Certes, ils ont bien compris que les nazis sont socialistes et donc étatistes mais leur mode de pensée américain les empêchent  Lire la suite
Pierre70 - 04/01/2013 à 18:18 GMT
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