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Cours Or & Argent en

La fausse piste du financement direct des dépenses publiques

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Publié le 04 novembre 2013
811 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

L’endettement public en Europe auquel il faut ajouter les dépenses faramineuses nécessaires pour soutenir les partenaires en détresse de la zone Euro et une administration publique pléthorique pousse nombre de commentateurs à critiquer, avec raison, le système actuellement en place, régi par la Banque centrale européenne (BCE). Cependant, l’alternative proposée n’est pas meilleure que la situation actuelle.


L’alternative, proposée aussi bien à gauche qu’à droite de l’échiquier politique français, consisterait à redonner à la banque centrale – qu’elle soit française ou européenne – la possibilité de financer directement les dépenses de l’État. Cette solution permettrait à l’État de poursuivre ses dépenses en toute liberté, sans avoir à se soucier des intérêts de la dette voire même du remboursement de la dette puisque une banque centrale n’est rien d’autre que la propriété de l’État.


Un autre avantage de cette alternative est qu’il permettrait de contourner le secteur bancaire et financier privés. En l’absence de créances publiques, le secteur banco-financier serait limité dans sa capacité à créer du crédit et à spéculer.


Les partisans de ce financement direct des dépenses de l’État reconnaissent que le procédé est inflationniste, mais ils  estiment que cette inflation se traduira par une croissance des exportations et donc de l’économie. En effet, l’inflation implique généralement une dépréciation de la valeur de la monnaie domestique, ce qui se traduit par une baisse des prix des produits domestiques face à la monnaie étrangère plus stable. Les produits domestiques deviennent ainsi plus attractifs que leurs concurrents étrangers. Voilà la compétitivité retrouvée !


Malheureusement, le financement direct des dépenses publiques est aussi insoutenable que le financement indirect par le biais du marché obligataire.


Tout d’abord, le financement direct ne permet pas un arrêt net de l’endettement public, mais un arrêt temporaire. Si l’État ne réduit pas en même temps son train de vie, alors le financement par la banque centrale devra augmenter, ce qui veut dire que le processus inflationniste se poursuivra à un rythme de plus en plus rapide.


Au fur et à mesure que les prix augmentent et que la monnaie domestique se déprécie, il devient plus difficile d’importer les ressources indisponibles sur le marché domestique.  L’État se verra alors obligé de les importer avec des devises. Or, les réserves de devises ne peuvent pas durer longtemps lorsque le processus inflationniste est continu. Afin de poursuivre l’importation de ressources étrangères, l’État se verra obligé de s’endetter en monnaie étrangère forte dans les marchés internationaux. Une alternative serait de s’endetter auprès des exportateurs domestiques. Cependant, ceux-ci ne sont pas dupes et demanderont soit des créances émises en devise, soit des créances émises en monnaie locale indexée à l’inflation. Le tour est joué, la dette revient avec une hausse significative des taux d’intérêt.


C’est exactement ce qui s’est passé en Argentine, en Bolivie, au Brésil, au Chili et au Pérou entre les années 1970 et 1990 et dans une moindre mesure en Europe occidentale dans les années 1950. Dans tous ces pays, le financement direct de la dette a débouché sur des processus hyper-inflationnistes avec des taux d’inflation dépassant largement les 1000% par an, le tout évidemment couplé d’une dette publique en nette hausse pour ces pays.


En ce qui concerne le secteur banco-financier, il n’est pas vrai que son activité de création monétaire et spéculative s’en verra diminuée. Si le système des réserves fractionnaires reste en place, rien n’empêchera les banques d’utiliser les dépôts à vue des clients comme base d’expansion du crédit. En outre, les besoins éventuels de l’État à se fournir en devises donneront au secteur financier une puissante incitation à spéculer sur les créances publiques.


Finalement, la croissance des exportations sera éphémère. S’il est vrai que dans un premier moment, les exportations augmentent suite à la dépréciation de la monnaie domestique, dans un deuxième temps, la dépréciation sera tellement forte que les recettes des exportateurs ne seront plus très élevées. Autrement dit, l’augmentation de la quantité des exportations n’arrivera plus à compenser la baisse du prix de ces mêmes exportations. Et gardons à l’esprit que les exportateurs auront aussi besoin de devises pour importer les ressources étrangères qui leur sont nécessaires au maintien  ou à l’amélioration de leur structure productive. Or, comme ces ressources sont tarifées en monnaie étrangère forte, les coûts des exportateurs augmentent nettement plus vite et rognent leurs gains inflationnistes.


En conclusion, le financement direct des dépenses publiques entraîne une nette hausse des prix de biens et services, un endettement en monnaie forte ou à des taux indexés sur l’inflation et la corrosion éventuelle des recettes exportatrices. En fait, cette solution est aussi défaillante que ce que produit aujourd’hui le système actuel car elle est fondée sur le même principe : celui de substituer l’inflation à l’épargne réelle. La vraie alternative est d’ajuster le système financier aux vraies capacités du système productif et d’inciter la formation d’épargne réelle. Toute autre alternative n’est que pure illusion.


 

 



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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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Je ne suis pas du tout d'accord avec cette analyse.

2 choses disctinctes bien que liées sont gentiment mélangées histoire d'enfumer le pi.... contribuable.
Les déficits publics et la création monéraire.

D'autant plus qu'une part massive du déficit public est due..... aux intérêts payés pat le contribuable sur l'argent créé à partir de rien par les institutions financières.
le contribuable est donc massivement ponctionné au profit de financiers qui ont pour seul mérite d'être financier et donc d'avoir le droit de créer de l'argent à partir de rien que l'ensemble de la population a obligation d'accepter.

D'autre part quelle que soit l'augmentation des impôts la dette est non remboursable puisque seul l'argent correspondant au capital est créé et que pour rembourser les intérêts il faut ........... contracter de nouveaux emprunts qui génèreront de nouveaux intérêts.... La fuite en avant économique et la croissance économique permettent de masquer temporaireemnt le phénomène..... pour un temps. Mais la réalité finit par revenir un jour.

fondamentalement il s'agit d'un système de criminalité oraganisée qui profite à une petite oligargie et à une masse de parasites qui gravite autour, se nourrissant des fons publics au détriment de la majorité de la population et en particulier de ceux qui travaillent à la production réelle de biens et services qui se font totalement spolier de leur travail par ce système.

Le système étant basé sur la dette les déficits publics sont nécessaires pour alimenter la machine; et la dégradation des comptes publics donne de bons prétextes au petit monde politico financier pour faire passer des mesures de "rigueur" qui consistent à détrousser via l'impôt la masse de la population au profit d'un petit monde prospère qui vit grassement sur le dos du reste de la population.

La création monétaire par des institutions privées devrait être strictement interdite et combattue, et les pratiques des instititutions financières relèvent plus du crime contre l'humanité que de l'économie.

L'équilibre des comptes publics est également un problème.... qui ne peut trouver de solution dans un système de création monétaire par des institution privées. Par contre ces déficits sont largement utilisés par les institution financières pour justifier la mise en place de leur système et qui ont besoin de ce paravent pour cacher la nature de leurs agissements.

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parfaite analyse de la situation actuelle .
On rapellera pour illustrer symboliquement le propos, qu'aux US l'impot sur le revenu a été crée la meme année que la constitution de la FED .....d'obédience ...privé. (1913)
A près un bon stage à la Rothschild , notre bon Pompom ,1973 , s'est senti obligé de nous plonger dans ce "rackett " pour nous éviter le risque de dérive monétaire de notre état souverain , qui bien curieusement était pourtant ....à l"équilibre jusqu'alors .
Circulez ..... avant que la ménagère de 50 ne pige .....z"ont de beaux jours ...


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Cher arstovideo, relisez bien l'analyse de Gabriel A. Giménez-Roche, cela est déjà un premier pas de stopper les créances des dettes futures.

" Un autre avantage de cette alternative est qu’il permettrait de contourner le secteur bancaire et financier privés. En l’absence de créances publiques, le secteur banco-financier serait limité dans sa capacité à créer du crédit et à spéculer"
En effet, le problème est complexe. Mais au final il ne relève pas tant de l'économie que de la justice.
vouloir apporter des solution sur un plan économique ou financier à ce qui ressort au final de pratiques de criminalité organisée à grande échelle risque de n'apporter que des résultats décevants.

Le préalable serait de remettre en place un système judiciaire intégre et efficace.........ce qui est fort peu probable dans le contexte actuel.
Cher Gabriel Gimenez-Roche proposer vous, comme le prochain ministre de l'économie.
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excellent article !
...merci pour avoir aussi bien formulé des évidences qui échappent pourtant totalement à de nombreux commentateurs crypto-collectivistes et autres idiots-utiles qui polluent ce site !...

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Dernier commentaire publié pour cet article
En effet, le problème est complexe. Mais au final il ne relève pas tant de l'économie que de la justice. vouloir apporter des solution sur un plan économique ou financier à ce qui ressort au final de pratiques de criminalité organisée à grande échelle ri  Lire la suite
arstavidios - 06/11/2013 à 01:53 GMT
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