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La fin des haricots

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Publié le 30 août 2011
911 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Est-il admissible pour le gotha des banquiers centraux de s’entendre dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Visiblement non, car les oreilles de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, ont tinté après qu’elle se soit exprimée à Jackson Hole, haut-lieu de l’Université d’été des banques centrales où elle été invitée au dernier moment à prononcer un discours.


Considérant que « nous sommes dans une phase dangereuse », elle a prodigué des avertissements sans équivoques aux Européens et aux Américains.


Aux premiers, elle a vivement recommandé de rendre obligatoire d’urgence le renforcement des fonds propres de leurs banques, « clé permettant de couper la chaîne de la contagion ». Préconisant d’utiliser tous les moyens, privés et publics, et plus particulièrement le fonds européen de stabilité financière (FESF).


Aux seconds, d’amortir une partie importante du principal des prêts immobiliers en actionnant Fannie Mae et Freddie Mac et de contribuer au refinancement des crédits immobiliers à des taux plus bas, expliquant que « l’heure n’était plus aux demi-mesures et aux atermoiements » alors que les prix des maisons continuent de baisser, tirant la consommation vers le bas et accroissant l’incertitude sur l’économie.


Grands spécialistes du rideau de fumée, surtout lorsqu’il s’agit de leurs banques qu’ils couvent comme des poules, les banquiers centraux n’ont pas spécialement apprécié de s’entendre dire ainsi leur fait et ont vivement répliqué, d’après les envoyés spéciaux. Les déclarations de Christine Lagarde seraient « confuses » et « mal orientées » et ils envisageraient de lui demander de « clarifier ses propos », car la question-clé pour les banques est celle de leur approvisionnement en liquidités, et il faut donc en rester-là. Encore et toujours le même déni.


Celui-ci est moins surprenant que les mises en garde prononcées au nom du FMI, impliquant de s’interroger sur leur signification. L’histoire de La Grande Perdition a déjà été traversée de déclarations hétérodoxes proférées par ceux dont on s’attendait le moins à ce qu’ils les prononcent. Par exemple de grands argentiers et régulateurs de la City, Mervyn King ou Lord Turner. Cela a signalé à chaque fois des moments d’élargissement de la crise et n’est pas résulté de coups de folie individuels.


Les autorités des pays développées planchent depuis quelques jours sur un nouveau sujet et Barack Obama va le premier devoir rendre sa copie au début du mois prochain. Comment conjuguer la réduction à long terme des déficits publics avec une relance à court terme de l’économie ? Avec quels moyens et quels objectifs ?


C’est ce moment-là que choisit la Grèce pour déraper à nouveau sous les projecteurs de La Troïka venue inspecter ses comptes, menaçant de nouveau à elle seule de faire sombrer toute la zone euro, elle-même au bord de l’explosion en raison de ses contradictions internes. « La dynamique de la décision du 21 juillet a été perdue » rapporte le quotidien grec To Vima en attribuant ce constat à une source « proche du dossier ». De fait, les comptes du pays sont à nouveau sortis de l’épure et le montage financier de la nouvelle aide de 159 milliards d’euros bat de l’aile. Les banques ne se précipitant pas pour y participer et les petits pays européens réclamant des garanties.


Il faudra un jour expliquer comment la Grèce – qui contribue si faiblement au PIB de la zone euro – peut à elle seule en menacer la solidité. Et sans aucun doute doute trouver dans les déclarations de la directrice générale du FMI à propos des « chaînes de contagion » que les banques représentent la clé de la compréhension de cette étrange situation.


Sur ces entrefaites, Angela Merkel et Barack Obama se sont concertés samedi dernier par téléphone, et, selon la Maison Blanche « les deux dirigeants sont tombés d’accord sur l’importance d’une action concertée, dont une action à travers le G20, pour affronter les défis économiques actuels et stimuler la croissance et les créations d’emploi dans l’économie mondiale ». Mais aucune indication n’est venue préciser comment cette pétition de principe allait être mise en œuvre. Car il s’agit d’opérer une transgression majeure par rapport à ce qui hier encore était présenté comme prioritaire : la réduction sans tarder des déficits. À laquelle les autorités allemandes continuent en Europe de se cramponner comme à une bouée de sauvetage et les républicains américains comme à la seule chance que les États-Unis retrouvent leur prospérité passée.


Cette volte-face est aussi significative que les déclarations inattendues du FMI à Jackson Hole, où l’événement n’a pas été du fait des banques centrales dont les représentants ont expliqué qu’elles ne pouvaient pas tout faire, sous-entendu qu’elles ne savaient plus quoi faire.


Plus incongrues, mais n’en signifiant pas moins le désarroi qui se répand, on a vu refleurir en France les déclarations sur les spéculations financières anglo-saxonnes et le complot des Américains visant à détourner l’attention sur l’Europe pour mieux masquer leurs propres difficultés. Plus discrètement, François Baroin prononçait l’éloge funèbre de la mesure phare du dernier sommet Merkel-Sarkozy en reconnaissant que le dossier de la taxe sur les transactions financières était vide de tout contenu.


La conférence de Jackson Hole fera date dans les livres d’histoire. L’occasion pour les banquiers centraux d’implicitement déplorer l’incapacité des dirigeants politiques tout en reconnaissant en même temps qu’ils n’ont pas les moyens de se substituer à eux. Que reste-t-il alors à entreprendre, une fois cela admis, sinon de changer de stratégie. Mais laquelle ? En attendant, la confusion gagne du terrain.


 

 

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Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).
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Il n'y a rien a attendre des politiques puisqu'ils ne sont là que pour promettre des dépenses. Mme LAGARDE qui ne dispose même pas d'un vernis économique et encore moins de finance mais assurément d'une qualification d'avocat social et d'une découverte politique qui est d'annoner ce que certains ont envie qu'elle annone comme M. Baroin apprenti ministre de l'éco et des finances n'ayant même pas eu le temps de finir son stage de ministre du budget...
Pour nos dirigeants des pays occidentaux ils ont mangé notre pain blanc mais n'en ont pas informé les populations et la dette est un cancer dont il va falloir en finir. C'est à dire mal. Il n'est de penser qu'à la faillitte de la Grèce qui ne remboursera pas ce que les politiques ont donné mais quand même pris dans nos portemonnaies. Les épargnants étrangers qui ont cru à la capacité de la France de pouvoir vivre avec une épargne extérieure de près de 2 fois et demi sa propre capacité d'endettement et de vivre ainsi trois fois au dessus de nos moyens. C'est scandaleux, voire criminel. Le réveil va faire mal.
Pour finir on a le plan Fillon de cet été pour des taxes, que pouvait-on en attendre d'autre? Puisqu'il s'y est pris à trois fois pour faire une ébauche de réforme des retraites qu'il faudra quand même faire un jour. Cela porte un nom : amateurisme.Il faut donc en finir avec la politique et corceter ces personnes dans mes tâches régaliènnes où elles seront moins nuisibles, mais quand même!
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CLAUDE F. - 31/08/2011 à 18:02 GMT
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