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La France emprunte sans difficulté… parce qu’elle n’hésitera pas à ponctionner l’épargne des Françai

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Publié le 05 septembre 2014
649 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Rubrique : Editoriaux

Lundi, la France a emprunté à un taux négatif, ce qui veut dire que les investisseurs perdent de l’argent, qu’ils payent pour confier leur argent ! Certes, il s’agit d’emprunts à court terme (3, 6 et 12 mois, pour un montant total de 8,2 milliards d’euros) et à des taux très légèrement en dessous de zéro (de -0,002% à -0,004%). Mais tout de même, cela ne s’était pas produit depuis mai 2013.

Au même moment, l’Allemagne a également emprunté à des taux négatifs. Cependant, la situation économique des deux pays n’a strictement rien à y voir : l’Allemagne a dégagé un excédent budgétaire sur le premier semestre, alors que la France n’arrive pas à limiter son déficit à 3% du PIB ; le taux de chômage varie quasiment du simple au double de part et d’autre du Rhin ; la balance commerciale allemande a dégagé un excédent de 200 milliards d’euros sur 2013, tandis que celle de la France affichait un déficit de 60 milliards. Et on pourrait continuer cette liste sur des pages entières (rentabilité des entreprises, pourcentage des PME exportatrices, niveau des investissements, qualité de la formation professionnelle, etc.). Comment deux pays aussi dissemblables peuvent-ils emprunter avec la même facilité sur les marchés internationaux ?

Si, ces deux pays possèdent un point commun : l’euro. Ça aide, surtout la France. Ceci dit, les investisseurs achètent de la dette française, à des conditions comparables à celle de l’Allemagne ; comment expliquer cela ? Des analystes évoquent le "Flight to quality" (fuite vers la qualité) : les abondantes liquidités cherchant à se placer à travers le monde quittent les pays émergents, peu sûrs et dont les devises peuvent décrocher et, dans la zone euro, évitent les pays périphériques. Ne restent plus que l’Allemagne, l’Europe du Nord et la France.

Cette explication est en partie vraie, mais pas suffisante. Il y en a une autre : les Français épargnent beaucoup, entre 15 et 16% de leurs revenus (contre 10% en moyenne au niveau européen), ce qui se traduit par un pactole de 3.600 milliards d’euros d’épargne financière (livrets, comptes épargne, assurance-vie) logés dans les banques et les sociétés d’assurances. À un journaliste qui lui demandait si la France pouvait faire faillite, un ancien ministre des finances (François Baroin en 2012) avait répondu que la dette de la France est un "investissement sans risque", notamment parce que "la France a un niveau d’épargne élevé". Cet éphémère ministre avait trahi la ligne de conduite du pouvoir, par delà les alternances politiques : l’État n’hésitera pas à puiser dans l’épargne des ménages pour faire face à ses obligations (3.600 milliards d’épargne financière d’un côté, 2.000 milliards de dette publique de l’autre…). Et la qualité universellement reconnue de nos services fiscaux ne laisse aucun doute sur la réalité de cette menace. Voilà qui rassure les investisseurs internationaux. Nettement moins l’épargnant.

On sait déjà que les banques qui tombent en faillite pourront puiser dans les comptes de leurs clients pour se renflouer, en vertu d’une directive européenne, mais une règle non écrite autorise l’État à faire de même : il faut en être conscient. Et, comme la situation de la France se dégrade inexorablement (les déficits ne se réduisent pas, la croissance est à zéro, le chômage continue d’augmenter), ce scénario risque vraiment de se produire. Face aux grands investisseurs internationaux, pour lesquels il ne faut pas négliger la dimension géopolitique (les fonds de pension US, les fonds souverains du Moyen-Orient, la banque centrale de Chine ; il ne fait pas bon se fâcher avec ces gens-là), l’épargnant français devra se sacrifier pour défendre "les intérêts supérieurs de l’État". On peut déjà imaginer, sur nos écrans de télévision, le ton compatissant, mais ferme, des plus hautes autorités de l’État nous expliquant "qu’il n’y a pas d’autre solution". Plus le temps passe, plus l’économie française s’enfonce dans la récession, et plus ce scénario cauchemar devient probable.

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Philippe Herlin est chercheur en finance et chargé de cours au Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Il est également contributeur sur le site Goldbroker.com
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Bonjour,

Je reprends une phrase de HERCULE plus bas qui dit que les dépôts bancaires sont un prêt à la banque...
Tout cela, nous en sommes tous relativement conscient et avons agit en conséquence.

Mais peut on considérer qu'il y a une différence entre un compte courant (sans intérêt) et un compte épargne (qui lui rentre bien dans le cadre du dépôt "à risque")?

Parce que parfois, nous sommes encore obligés de passer par les banques avec des sommes importantes (comme pour la vente d'un bien immobilier par exemple) et alors, le compte courant (non rémunéré... attention il y a surement un piège) pourrait être une alternative ponctuelle et à court terme... le temps de sortir le cash... ce qu est de plus en plus difficile...

Ils le feront UNE fois, pas DEUX ! Et si c'est pour continuer à s'endetter, ce n'est pas la bonne solution non plus !
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Déjà rien que pour convertir sa "créance en euros" d'un compte de dépôt en monnaie centrale (billets), s'il s'agit d'une somme de plusieurs milliers d'euros vous allez voir la réaction de la vendeuse à l'agence bancaire. ( mais pourquoi voulez vous retirer ? vous êtes bien sûr ? mais ! mais non on ne peut pas faire ça ! attendez il faut que j'en parle à mon directeur ! combien de temps ? au moins 5 jours....). En clair le jour où ça commencera à sentir pas bon du tout, n'espérez même pas revoir la couleur de votre argent, une fois les distributeurs seront vides ça sera terminé, rien que cette confrontation pour retirer quelques milliers d'euros ne m'inspire pas du tout confiance. Je préfère garder une partie en cash une autre en métal sonnant et avoir le moins de chiffres virtuels et de créances ou dettes chez eux. Il sera alors assez facile de fermer les banques, bloquer les virements et faire les saisis directement sur les comptes bancaires, et ça sera trop tard pour faire la queue au guichet.
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L'état et les banquiers nous sauverons malgré nous en siphonnant notre épargne. Une fois les compteurs remis à zéro, ils auront encore une génération devant eux pour recommencer.........
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Eh oui, la vie est un éternel recommencement...Sniff.
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Il suffit de ne pas avoir d'épargne :
c'est con comme la lune pour les squeezer.

Mettez une partie de votre pognon dans du bon vin :
ça, ils ne viendront jamais vous le reprendre !
Et, de surcroit, vos enfants vous en seront reconnaissants,
de cette "épargne"-là...

Allez, hop ! On relève la tête, Merisier et Père Plexe !

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@ S.F
Te fais pas de bile, j'regardais pas mes godasses en disant ça !
Pour les bouteilles, c'est effectivement un bon plan. Le mieux encore ce sont les magnum, meilleure conservation.
Et on pourra trinquer à la santé de la famille "bouclier rouge" !!!!
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Moi, mon "bouclier rouge"
est de 1500 à 2000 bouteilles.

Celui-là, au moins, n'est nullement occulte !
(quoi que souterrain).

Beaucoup de pays empruntent facilement alors que leur situation financière n'est pas bonne...

Je suspecte mon pays (Belgique) de mener une politique de longs travaux (par différenciation avec grands travaux où au moins il peut y avoir une vraie valeur ajoutée au final), financée sur le dos du contribuable, mais surtout sur la dette.
Les chantiers de voirie qui durent depuis plus an, la rénovation de stations de métro qui dure plus d'un an aussi, tandis que d'autres stations entrent en chantier aussi, le viaduc dont l'état s'empire pile poil au moment où il faut pour justifier un gros chantier de transformation...

je remarque aussi que les travailleurs ne sont jamais pressés... prennent de longues pauses bien à l'aise, avancent lentement... la modernisation d'un escalateur de station de métro prend entre 1 et 2 mois (ce n'est même pas un remplacement, juste des ajouts)... mais sur ces deux mois, je constate 5 jours de travail effectif, le reste du temps il est juste fermé.

Cela touche les habitations privées aussi, je constate un nombre important de constructions et rénovations extérieures qui traînent depuis un an ou deux... on peut suspecter une attribution trop facile de crédits afin de stimuler le secteur, mais lorsque les propriétaires manquent de liquidités, le chantier s'arrête et traîne.

Pour gonfler un peu le PIB, nos élites ont décidé d'y intégrer la prostitution...

La ponction se rapproche, le citoyen devra bientôt payer les pots cassés.

Alors sur ce point je suis bien d'accord avec Sannat, il faut dé-bancariser. Profitons de notre argent virtuel tant que c'est encore possible. Il est aussi possible de transformer son argent virtuel en papier (menacé d'effondrement à moyen terme, mais au moins il sera à l'abri de la première ponction) : on dépense son argent virtuel pour rendre des services que les bénéficiaires remboursent en argent papier.

Ainsi je fais taxi pour la belle-famille, je fais le plein avec ma carte de banque et eux me remboursent en billets de banque.
Pourquoi croyez-vous que "Uber" sont devenu l'ennemi public numéro 1 en Europe ? Car c'est justement ce qu'il permet aux citoyens de faire...

Sinon pour le reste, informez-vous sur la Bulgarie, voyez ce qu'il s'y passe en ce moment...
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Bon, pas de quoi s'inquiéter, on a des précédents pour savoir ce qui se passe quand un pays fauché a la possibilité d'emprunter à des taux auxquels il ne pourrait pas prétendre parce qu'il est arrimé à la meme monnaie qu'un pays prospère.

Il n'y a qu'à prendre l'exemple de la Grece pour savoir ce qui va nous arriver
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La "chyprisation" des comptes bancaires on la voit arriver "gros comme une maison" vu que l'arsenal législatif est maintenant en place , merci l'Europe .

Mais quelqu'un peut il nous dire ce qu'il en est des comptes titres ?

Merci par anticipation au généreux érudit .
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Sans être érudit, il me semble que le compte titre represente des actifs qui sont en votre possession, il ne devrait pas être touché par ceci (il sera nécessairement affecté par une taxe sur tous les actifs qui viendra probablemnt simultanément, mais c'est autre chose).

Un depot bancaire, à la différence, est juridiquement considéré comme un prêt que vous faites à la banque. C'est la raison pour laquelle, en cas de défaillance de la banque, vous etes traités comme les autres créditeurs, c'est à dire scalpé.

En espérant que cela aura pu vous etre utile...
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J'allais oublié que la dette émise par les états est détenue par les particuliers à travers les fonds de pensions, les contrats d'assurance vie, les OPCVM obligataires etc, donc il s'agira en fait de ponctionner les particuliers sur leur patrimoine et de les renbourser avec le dit argent, le circuit est intéressant à observer. Mais l'état ses era entre temps désendetter. Mais avant cela il faudrait une bonne couche d'inflation, ce serait mieux pour l'état, pas pour l'épargnant.
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Rapide , Clair et Précis .

Merci mille .

Y.
Pour le premier point merci à Michel Barnier pour ses 30 lois européennes dont il est fier en libéral affiché, dont il connaît pas un seul mot même s'il se réfère à Adam Smith qu'il n'a jamais lu.
Pour le deuxième se référer à Madame Lagarde grande économiste de par le monde qui n'a jamais étudié l'économie ni mla finance, puyisque sa formation est avocat de droit social. Mais qu'importe en politique on ment tout le temps. Elle a dir il y a quelques mois (fin 2013) qu'un impôt de 10 % sur le patrimoine des européens servirait à désendetter les états, elle ne fait pas de distinction sur le nature des actifs patrimoiniaux (elle est tellement calée en la matière, à quoi bon!) et en contrepartie les états s'engageraient à ne plus recommencer (c'est sérieux)
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Eh Bé ! Sian Pouli ! Disait Pagnol dans "La femme du Boulanger". m.a.m. : Eh bien nous sommes jolis !
En Français contemporain : Nous sommes mal barrés .
Merci pour toutes ces précisions .
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Bonjour, Je reprends une phrase de HERCULE plus bas qui dit que les dépôts bancaires sont un prêt à la banque... Tout cela, nous en sommes tous relativement conscient et avons agit en conséquence. Mais peut on considérer qu'il y a une différence entre  Lire la suite
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