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La fureur de Draghi : une banque allemande impose des taux d’intérêt négatifs à ses épargnants

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Publié le 19 novembre 2014
1006 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

Deutsche Statbank, une division de VR-Bank Altenburger Land, qui a été fondée en 1859, n’est peut-être pas la plus grosse banque d’Allemagne, mais elle restera la première banque à avoir confirmé les craintes de longue date des épargnants allemands : la fureur de Draghi.

Les clients individuels et entreprises qui possèdent des dépôts de plus de 500.000 euros profiteront à compter du premier novembre d’un « taux d’intérêt négatif » de 0,25%. En d’autres termes, ils auront à payer 0,25% par an à la banque pour avoir le privilège de lui confier leur argent durement gagné.

L’inflation a eu des effets similaires sur l’environnement des taux d’intérêt zéro à ceux des politiques de la BCE et des autres banques centrales sur les épargnants ; mais cette fois-ci, c’est officiel, et plus personne ne peut se contenter de nier. Plutôt que de prêter votre argent aux banques afin qu’elles puissent le prêter à leur tour à des entreprises et des clients privés à des fins économiques diverses, vous feriez mieux de le cacher dans votre cave. Chapeau bas toutefois à la BCE et autres, qui sont parvenues, au travers du régime de taux d’intérêt zéro, à transformer les dépôts bancaires d’un actif productif en un passif coûteux.

C’est ce que les Allemands appellent un « intérêt punitif ». La toute dernière mesure prise par les banques centrales pour confisquer au fil du temps le capital qu’individus et entreprises ont pu accumuler, et qui aurait dû réintégrer l’économie par l’intermédiaire des banques.

L’été dernier, la BCE imposait des taux de dépôt négatifs à ses banques membres. Ils étaient d’abord fixés à 0,1%, puis ont doublé pour passer à 0,2%. La raison derrière tout cela ? La BCE a fait durer son « mandat », qui vise à, comme elle l’a elle-même expliqué, « assurer une stabilité de prix proche de mais inférieure à une inflation de 2% », qui à son tour est « une condition nécessaire à une croissance durable en zone euro ». C’est n’importe quoi. Il n’existe rien du tout qui indique que l’inflation soit nécessaire à la croissance économique, et toutes les preuves du monde que la croissance économique puisse stimuler l’inflation. Et la BCE le sait. Mais il ne s’agit là que du prétexte officiel qui lui permet d’utiliser l’inflation pour réduire la dette – et l’épargne.

« L’épargne ne souffrira d’aucun impact direct, nous annonçait la BCE il y a cinq mois. Seules les banques qui déposent de l’argent sur certains comptes auprès de la BCE auront à payer des intérêts. Les banques commerciales pourraient bien évidemment choisir de réduire les taux d’intérêt de leurs épargnants ».

Une bonne chose pour les épargnants :

Les décisions de la BCE quant aux taux d’intérêt finiront par bénéficier aux épargnants, parce qu’elles soutiennent la croissance et génèrent ainsi un climat économique qui permettra aux taux d’intérêt d’atteindre un niveau plus élevé.

Un grand merci à la BCE pour avoir sauvé les épargnants !

Voilà qui s’intègre parfaitement dans sa politique de « punition des épargnants » et de « récompense des emprunteurs ». Pour mettre cette politique en perspective, elle a elle-même ajouté que « ce comportement n’est pas spécifique à la BCE, mais s’applique à toutes les banques centrales ».

La fureur de Draghi s’abat désormais sur les particuliers et entreprises d’Allemagne. Une première banque s’essaye aux taux d’intérêt négatifs. Les autres sont semble-t-il prêtes à suivre son exemple. Elles se contentent pour l’instant d’en observer les conséquences mais refusent d’exclure la possibilité qu’elles en feront un jour de même.

« Nous ne pensons pas prendre cette direction », a dit Direktbank ING Diba à Welt.

« Nous sommes d’avis qu’imposer des taux d’intérêt négatifs aux dépôts bancaires – qu’ils appartiennent à des particuliers comme à des entreprises – envoie un dangereux signal », a déclaré un porte-parole de la Fédération allemande des caisses d’épargne (DSGV). Il n’a cependant pas exclu la possibilité que certaines banques membres suivent cet exemple dans le futur.

« Les banques tenteront au mieux d’éviter les taux d’intérêt négatifs, a expliqué l’Association fédérale des banques coopératives allemandes, mais dans cet environnement de taux d’intérêt zéro imposé par la BCE, des taux d’intérêt négatifs sur les très gros dépôts ne peuvent pas être exclus ».

« Nous n’imposerons pas pour le moment de taux d’intérêt négatifs à nos clients individuels », a annoncé Commerzbank, la deuxième plus grosse banque du pays. Pour le moment…

« Nous ne sommes pas en mesure de certifier que nous n’aurons pas recours à des taux d’intérêt punitifs dans le futur », a décrété Frank Kohler, PDG de Sparda-Bank Berlin, la plus grosse banque coopérative du pays en termes de membres. Il a ajouté que les banques qui sont le plus susceptibles de mettre en place des taux d’intérêt négatifs sont celles dont le modèle d’entreprise repose sur les activités bancaires liées aux particuliers et entreprises, et dont les recettes ne peuvent être alimentées par les activités d’investissement, la prise de risques, la manipulation de marchés et d’autres activités de grosses banques telles que celles qui ont « généré la crise financière de 2007 ».

« Ce sont précisément les banques qui n’ont jamais placé le système financier en position de risque qui souffrent le plus, a-t-il ajouté. Voilà qui n’est malheureusement pas dénué d’ironie ».

La voie vers les intérêts punitifs a été ouverte. Tout commencera par de petits intérêts négatifs sur de gros dépôts. Et puis petit à petit, les dépôts deviendront moins importants et les intérêts négatifs de plus en plus larges. Aucun dépôt ne sera plus en sécurité. Voilà à quoi ressemble la stratégie bancaire centrale de « punition des épargnants jusqu’à ce qu’ils changent d’attitude ».

Les Allemands n’auront pas la chance de le faire, mais les Suisses se rendront bientôt aux urnes pour décider quoi faire de leur or. Un vote qui pourrait avoir des répercussions sur le marché de l’or et les autres banques centrales. Lisez ceci : What the Swiss Gold Referendum Means for Central Banks

 

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Donc les banques, avec la complicité des politiques corrompus, ont prit le pouvoir et désormais taxent l'argent déposé en leur sein?... Faut-il en rire ou en pleurer? Tant c'était prévisible... Il s'agit d'un racket organisé, d'un holdup à l'échelle planétaire... Bon sang, on va se laisser plumer sans réagir? Et dire qu'un compte en banque est obligatoire dans un cadre laboral, voire social... DAMNED! Résistance!!! Réveillons-nous!!! Je suis de tout cœur avec les Suisses, en espérant qu'ils sauront redonner à l'or sa parité avec la monnaie! Y'en a marre des BCE et autres commission européenne, et j'en passe, qui ajoutent malheur au malheur des délocalisations et méfaits en tout genre résultant de l'ultra libéralisme qu'on nous impose malgré nous!...
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VeroResistance - 15/11/2014 à 19:58 GMT
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