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La grosse affaire à venir

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Publié le 27 février 2012
914 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Réunis ce week-end à Mexico, les ministres des finances du G20 ont, à défaut de décider d’un soutien financier au FMI, envoyé un signal clair à leurs collègues européens : « Finissez-en avec cette crise qui nous menace et traîne en longueur, en employant les grands moyens ! ». Renvoyant toute décision relative au renforcement des fonds du FMI afin de soutenir l’Europe à la prochaine réunion ministérielle d’avril prochain – l’assemblée semestrielle du FMI et de la Banque mondiale s’ouvrira le 20 avril – et à la constitution préalable d’un pare-feu européen très renforcé qui fait débat.


Isolés, les Allemands ont exprimé par la voix de Wolfgang Schäuble leur conviction que « cela n’a aucun sens économique de suivre les appels (…) à injecter de l’argent indéfiniment dans les fonds de sauvetage ni de mettre en route la planche à billets de la BCE ». Parallèlement, on a appris le report de la décision de mettre en commun les moyens du FESF (fonds européen de stabilité financière) et du MES (mécanisme européen de stabilité), initialement présentée comme pouvant être prise à l’occasion du prochain sommet européen des 1er 2 mars prochains. Les autres participants à la réunion se sont pour la plupart reconnus dans la position opposée exprimée par Angel Gurría, le secrétaire général de l’OCDE : « Pour être forts, nous devons avoir un pare-feu épais, un pare-feu élevé, un pare-feu large, un très grand pare-feu qui soit crédible ».


Tim Geithner, le secrétaire d’État au Trésor américain, a mis les points sur les « i » en déclarant que « la meilleure manière de procéder, si vous voulez résoudre une crise qui met en péril votre économie et votre position budgétaire, c’est de prendre l’engagement d’en faire plus que nécessaire », tandis que Guido Mantega, le ministre brésilien qui s’exprimait au nom du BRICS, n’y a pas mis les mêmes formes : « les pays émergents ne vont aider l’Europe qu’à condition qu’elle renforce son pare-feu et fassent plus que ce qu’elle fait actuellement avec son fonds de stabilité ». Ce même raisonnement a été adopté par le FMI, qui a réduit au minimum sa participation au plan de sauvetage de la Grèce, en attendant d’en savoir plus à ce propos. Enfin, sur le même registre mais en plus direct, George Osborne, le ministre britannique, a posé comme préalable de « voir la couleur de l’argent de l’Eurozone ».


Pour finir, les débats auraient d’après les agences de presse été occupés par la mise au point du communiqué final et par le délicat choix entre « essentiel » ou « important » pour qualifier l’accroissement des ressources du FMI.


Cette critique quasi unanime des Européens reflète la crainte que la crise qu’ils ne maitrisent pas se poursuive sans fin et dérape, affectant l’un des grands marchés mondiaux et par ricochet les exportations de tous, Américains compris. Elle a aussi valeur de mise en garde à propos de ce qui va suivre aux États-Unis.


Charles Dallara, le directeur général de l’Institute of International Finance, a en effet dit tout haut ce que tous pensent tout bas : le retour de la crise de la dette américaine est programmé, une fois le cap des élections présidentielles passées, et c’est la grosse affaire à venir. Il importe donc que la crise européenne soit auparavant stabilisée, afin qu’elles ne soient pas simultanées, car l’impact potentiel de la crise de la dette américaine est énorme.


Les pronostics économiques de la Fed ne sont pas brillants, celle-ci reste d’ailleurs sur le qui-vive, prête à intervenir à nouveau en cas de menace de récession et de déflation. Ce qui réduit les marges de manœuvre du futur exécutif américain qui ne va pas pouvoir toujours repousser l’échéance de choix qui opposent les républicains et les démocrates au Congrès à propos de la manière de réduire la dette, et le paralysent. Ce n’est pas seulement la classe politique qui va être placée devant ses responsabilités, c’est la société américaine qui va devoir se résoudre à voir mettre en cause ses fondements pour changer, d’une manière ou d’une autre.


L’Europe est placée devant la mise en cause de l’État providence, les États-Unis devant la fin inéluctable du rêve américain. Voilà ce que la crise peut offrir pour l’avenir.


Si l’on se tourne vers l’Asie, le continent de tous les miracles annoncés, l’existence d’une gigantesque bulle financière et immobilière chinoise, qui peine à être contrôlée, ainsi que le ralentissement de la croissance, relativisent la contribution à la croissance mondiale qui peut être escomptée de la Chine. Quant au Japon, désormais troisième puissance économique mondiale après la Chine et les États-Unis, il ne parvient toujours pas à sortir de sa trappe à liquidité en dépit des crédits affectés aux grands travaux de la reconstruction post-tsunami ; alors qu’il va contradictoirement devoir prendre des dispositions afin de réduire son déficit public prochainement, dans l’obligation de financer sa dette sur le marché mondial et d’en affronter les conséquences. Tout le camp occidental est à un titre ou à un autre atteint par la crise de la dette.


Le Bundestag devrait adopter demain lundi le deuxième plan de sauvetage de la Grèce, avec comme argument essentiel que c’est la moins mauvaise des solutions. Les responsables politiques des partis de gouvernement, qui s’affirment comme tels et affectionnent en temps normal de jouer les visionnaires, ne le sont guère quand il s’agit de la crise de la dette et des moyens d’en sortir.




Billet rédigé par François Leclerc

 

 



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Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).
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