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La mise est doublée sur l’inflation

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Publié le 29 septembre 2014
1084 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
( 21 votes, 4,9/5 ) , 7 commentaires
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Rubrique : Editoriaux

Les récentes déclarations des officiels de la Fed et les récentes actions du président de la BCE, Mario Draghi, ont révélé leur détermination à combattre une inflation trop peu élevée, qui selon eux représente une menace pour la reprise. Un certain nombre de choses contribuent aux souffrances globales, et les prix peu élevés sont bien bas dans la liste.

Depuis que les marchés se sont effondrés en 2008, les banques centrales du monde ont travaillé ensemble pour faire grimper les prix des actifs financiers et maintenir la hausse des prix. Elles en ont fait ainsi dans l’idée qu’une hausse des prix représente un ingrédient vital de la croissance économique. La théorie voudrait qu’une inflation soutenue crée de la demande en poussant les consommateurs à acheter avant qu’une hausse de prix, attendue, n’apparaisse. Le revers de la médaille serait donc que la déflation, ou baisse des prix, étrangle la demande en poussant les consommateurs à repousser leurs achats au lendemain. Les bénéfices de l’inflation sont supposés être soulignés par une hausse des prix des actions et des biens immobiliers, qui génère un semblant de richesse pour les propriétaires de ces actifs, qui à son tour se répercute dans l’économie. En d’autres termes, plantez de la monnaie et de l’inflation dans l’économie, et regardez-les pousser.

Jusqu’à présent, les banques sont parvenues à générer des bulles et à maintenir l’inflation, mais la croissance ne s’est pas manifestée pour autant. La théorie voudrait que la croissance approche, mais comme Godot, elle manque sans cesse de se présenter. Beaucoup d’économistes ont du mal à comprendre pourquoi.

Il existe deux explications à cet échec. Soit ce modèle ne fonctionne pas (et l’inflation et les bulles sur les actifs ne génèrent pas de croissance) ou les efforts de stimulus que sont les taux d’intérêts à zéro pourcent et le quantitative easing n’ont jusqu’alors pas été suffisants. Soit les banquiers doivent mettre en place une nouvelle approche, soit ils doivent doubler la mise sur leurs politiques actuelles. Et vous devriez savoir pour quelle solution ils ont opté. Les banques sont sur le point de tout miser sur l’inflation.

Malgré leur « indépendance », les banquiers centraux travaillent main dans la main avec les gouvernements. Ils sont également les sujets des mêmes pressions politiques et paralysies bureaucratiques. Il existe une loi non écrite au gouvernement selon laquelle lorsqu’un programme ne produit pas les effets attendus, la cause n’en est jamais le non-fonctionnement de ce programme, mais une simple insuffisance. C’est pourquoi les gouvernements jettent de l’argent par les fenêtres. Pour les gouvernements, la discipline de marché libre qu’est la diminution des pertes n’existe pas.

C’est là que nous en sommes avec le stimulus. Six années de taux d’intérêts à zéro pourcent et plusieurs trillions de dette publique ne sont pas parvenus à restaurer la croissance, mais la conclusion que nous avons choisie est que nous ne leur avons pas accordé suffisamment d’efforts. Ma théorie est quelque peu différente. Peut-être que les taux d’intérêts à zéro pourcent et les bulles sur les actifs pèsent sur l’économie plutôt que ne l’assistent ? Peut-être ont-ils éveillé le zombie d’un modèle déchu et empêché un système viable d’apparaître ? C’est une possibilité que personne, parmi les rangs du pouvoir, n’est prêt à considérer.

Mais qu’en serait-il si l’inflation se poursuivait sans que la croissance ne se présente ? Qu’en serait-il si une stagflation se développait – une condition qui dans les années 1970 a causé du tort aux Etats-Unis plus encore que Boogie Fever ? Peut-être la nouvelle génération d’économistes s’en trouvera-t-elle surprise, mais une forte inflation et un fort taux de chômage peuvent coexister. A vrai dire, les deux ont été combinés dans les années 1970 et 80 pour produire l’indice de la misère. Mais selon la pensée économique actuelle, cet indice ne devrait pas être. L’inflation doit causer la croissance. Si le taux de chômage est élevé, c’est soi-disant parce qu’il n’y a pas une demande suffisante pour faire grimper les prix. Mais c’est l’expansion monétaire qui fait grimper les prix, et pas un marché de l’emploi sain.

La tragédie, c'est que si ces politiques ne génèrent pas la croissance attendue, ce qu’elles ne feront pas, ceux qui en subiront les conséquences seront ceux qui pourront le moins se le permettre : les pauvres et les personnes âgées. L’inflation et la stagnation signifient une baisse du pouvoir d’achat. Les riches pourront en mitiger les effets grâce à un portefeuille bien construit et des destinations de vacances moins chères. Ils n’auront pas à sauter des repas. Ce sont ceux qui ont les revenus les plus modestes qui en souffriront le plus.

De nombreux économistes tentent aujourd’hui de nous faire croire que les Etats-Unis ont finalement déterminé la formule miracle et que nous allons désormais récolter les fruits de nos expériences monétaires. Ils pensent que le Japon et l’Europe ont été trop timides pour mettre en place un programme de stimulus suffisant et tentent désormais de rattraper les Etats-Unis. Mais cette théorie est erronée pour un certain nombre de raisons. Premièrement, les Etats-Unis ne sont pas en phase de reprise mais en phase de décélération. Le PIB annualisé des Etats-Unis pour la première moitié de 2014 s’élève à 1%, moins encore qu’en 2013. Le taux de chômage baisse, mais le taux de participation au marché du travail a atteint un record à la baisse sur 36 ans, et les salaires stagnent. La dette publique a gagné 5 trillions de dollars, sans pour autant mener à quoi que ce soit. Les Etats-Unis ne sont pas le modèle que les autres pays devraient suivre.

Il est également incorrect de penser que les problèmes auxquels font face l’Europe et le Japon puissent être résolus par une hausse de l’inflation. Une hausse des prix ne fera qu’alourdir le fardeau qui pèse sur les consommateurs européens et japonais, et ne revitalisera pas leurs économies. Les problèmes de l’Europe, du Japon et des Etats-Unis sont liés à une oppression de l’épargne, de l’investissement et de la productivité générée par les taux d’intérêts zéro, les déficits budgétaires, les réglementations commerciales, les lois du travail et les taxes. Puisqu’aucun des gouvernements de ces pays n’a la volonté politique de faire face à ces problèmes, ils espèrent simplement qu’une dose accrue de magie monétaire suffira.

Alors que la Fed, la BCE, la Banque du Japon et d’autres mettent leurs œufs dans le même panier et espère que toujours plus d’inflation nous sortira de l’abysse, nous devrions leur souhaiter bonne chance. Il va leur falloir un miracle.

 

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Peter Schiff est expert en économie politique et monétaire, et dans le conseil de la diversification internationale du patrimoine.
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Je vois ça... En France on a des lois sur l'expression!
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L'inflation c'est bon pour les états et mauvais pour les gens.
La déflation c'est mauvais pour les états et bon pour les gens.
La norme dans une économie saine est la déflation.
L'intérêt de l'état est donc de démolir l'économie.
La solution pour les gens est d'abolir l'état.
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Ceci n'est pas vrai pour l'État en tant que ce qui est mais pour sa forme républicaine. La république ne sert que ceux qui la composent et n'est composée que de ceux qu'elle sert ou qui se servent d'elle. Il est alors bien tentant de l'imposer au plus grand nombre pour n'en servir que le plus petit !
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"la déflation, ou baisse des prix, étrangle la demande en poussant les consommateurs à repousser leurs achats au lendemain."

Je paye des charges sociales, des impôts, des primes d'assurance, des factures d'énergie, des loyers ou des mensualités de prêt.
Je paye des caddies de denrées alimentaires.
Parfois un petit extra sous la forme d'un objet en solde à -50% (mais aujourd'hui ou jamais!)
...
Alors, oui effectivement, j'ai vachement le loisir de reporter mes achats à plus tard ! Je suis complètement libre de mon calendrier de paiements !
Surtout quand la "fin de mois" commence le 10 du mois en question !

Vive la déflation !
Seuls la craignent ceux qui vivent de ponctionner un pourcentage. Et bien souvent ceux qui se rémunèrent sous la forme d'un pourcentage n'ont pas fourni une part bien saine de la valeur ajoutée.
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Des chambres à gaz ont existé aux Etats-unis, entre les deux guerres... mais effectivement Il faut être assez niais et pour choisir ce procédé complexe et dangereux... -))
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"....C’est pourquoi les gouvernements jettent de l’argent par les fenêtres. Pour les gouvernements, la discipline de marché libre qu’est la diminution des pertes n’existe pas." Si on ne sait pas vraiment où va cet argent, par contre, je sais d'où il vient !
"Créer de l'inflation, c'est brûler ses meubles pour se chauffer." Ludwig von Mises.

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Vu sa constance sans faille, cette politique est peut-être tout à fait efficace, selon ses propres buts et ses véritables destinataires. Le maintient de la démographie actuelle conduit aussi sûrement que 2 et 2 font 4 à une restriction drastique des ressources et du niveau de vie moyen et donc une réduction notable des inégalités (cette corrélation n'est plus à démontrer). Ceci menace donc sérieusement les grandes fortunes: peut-on croire qu'elles vont l'accepter sans rien tenter?
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Je vois ça... En France on a des lois sur l'expression! Lire la suite
nymeo - 29/09/2014 à 20:22 GMT
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