Fermer X Les cookies sont necessaires au bon fonctionnement de 24hGold.com. En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez leur utilisation.
Pour en savoir plus sur les cookies...
AnglaisFrancais
Cours Or & Argent en
Dans la même rubrique

Le capitalisme a-t-il fait faillite?

IMG Auteur
 
Extrait des Archives : publié le 10 avril 2012
1801 mots - Temps de lecture : 4 - 7 minutes
( 13 votes, 3,7/5 ) , 9 commentaires
Imprimer l'article
  Article Commentaires Commenter Notation Tous les Articles  
[titre article pour referencement]
0
envoyer
9
commenter
Notre Newsletter...

 

 

 

 

 Les communistes, les fascistes et les nazis répètent à coeur joie que le capitalisme est condamné, qu'il est appelé à disparaître pour céder la place à un système social meilleur et plus équitable, c'est-à-dire le socialisme. Le fanatisme dont témoignent ces assertions est en vérité très remarquable. Mais les arguments invoqués sont assez faibles et ne prouvent pas grand-chose.      La quintessence de toutes les affirmations socialistes est le matérialisme dialectique, la doctrine marxiste selon laquelle le règne du socialisme viendra fatalement, indépendamment de la volonté des mortels. Ce dogme fondamental découle de la dialectique de Hegel et de sa prétendue loi de la négation. Le capitalisme serait « la première négation de la propriété individuelle privée ». Il « engendre sa propre négation avec l'inexorabilité d'une loi naturelle », c'est-à-dire la mainmise par l'État sur les moyens de production. Cette référence à Hegel pourrait être considérée comme une démonstration suffisante dans la Prusse des Hohenzollern où les oeuvres de Hegel étaient une sorte d'évangile. Aujourd'hui, hors de l'Empire de Staline, même les marxistes les plus fanatiques n'osent plus invoquer cette dialectique à l'appui de leurs prophéties. Pas un homme de bon sens n'attache à présent la moindre valeur aux subtilités dialectiques de Marx et de Hegel.

          De même, l'expérience que l'on invoque n'apporte aucune preuve à l'appui du socialisme. S'il y avait un enseignement ou une démonstration à tirer de l'histoire, ce serait que la propriété privée des moyens de production constitue une condition indispensable de civilisation et de bien-être matériel. Jusqu'à maintenant toutes les civilisations ont été fondées sur la propriété privée. Seules les nations qui ont adopté ce principe sont sorties de la pauvreté et ont vu s'épanouir les sciences, les lettres et les arts. Enfin une comparaison entre les conditions de vie des masses dans la Russie socialiste et dans l'Amérique capitaliste n'est certainement pas à l'avantage du système communiste.

          Ceux qui parlent avec complaisance d'une prétendue faillite de la bourgeoisie ont recours à un procédé très simple. Tout ce qui est peu satisfaisant est imputé au capitalisme. Par contre, aucun mérite ne lui est concédé. On laisse entendre que ses améliorations furent offertes à l'humanité comme un cadeau du destin. S'il n'y avait pas « les contradictions inhérentes du mode de production capitaliste » tous les hommes pourraient jouir en paix des bénédictions d'un pays de cocagne. Avides de profits élevés, les bourgeois ne produisent pas les choses dont les gens ont besoin, mais seulement celles dont la vente est profitable. C'est ainsi qu'ils maintiendraient intentionnellement les masses dans la pauvreté et l'esclavage.

          Pour réfuter ces ineptes sornettes, il n'est que de considérer le fonctionnement des marchés économiques, du système capitaliste dont on a tant médit.

          En régime capitaliste, la production travaille pour le marché. Le « test » de toute la production, c'est la vente, les acheteurs étant mus par le désir de se procurer les marchandises mises à leur disposition. Il ne peut pas être question de faire un bénéfice en produisant d'autres biens que ceux dont le public a besoin et qu'il est, pour cette raison, disposé à acheter. Il n'y a, par conséquent, aucune contradiction entre la production en vue du profit et la production en vue de la consommation, puisque c'est seulement en produisant pour celle-ci que l'homme d'affaires peut réaliser un profit. Le capitalisme c'est le règne du consommateur. Ce sont les consommateurs qui, en achetant ou en s'abstenant d'acheter, déterminent ce qui doit être produit, tant au point de vue de la qualité que de la quantité. Leur attitude engendre soit un profit soit une perte pour l'homme d'affaires. C'est par eux que les pauvres deviennent riches et les riches deviennent pauvres. Ils décident en fin de compte à qui doit appartenir le capital et qui doit diriger les usines.

          La production en masse est la clef de la prospérité des grandes affaires. Une grosse entreprise court au désastre si elle ne parvient pas à réduire les frais de production de chaque article en augmentant le total de la production et en même temps le total de la vente. Ce n'est ni la grandeur de ses usines ni l'importance du capital investi qui constituent la caractéristique de la grosse entreprise, mais le fait qu'elle sert de vastes couches de la population. Toutes les ramifications des grosses entreprises sans aucune exception, produisent directement ou indirectement pour les besoins de tous. Les établissements qui n'ont en vue que les besoins particuliers des classes aisées sont relativement de petites dimensions.
Pourtant dans le capitalisme de la société bourgeoise ou capitaliste, les industries de luxe assument, elles aussi, une fonction très importante. Aussitôt que les riches ont adopté une nouveauté et en ont fait un luxe à la mode, l'homme d'affaires se trouve incité à améliorer ses méthodes de production afin de la rendre accessible aux masses. Le grand sociologue français Gabriel Tarde a dit à ce sujet: « Une innovation est le caprice d'une élite avant de devenir un besoin du plus grand nombre... ce qui est un luxe aujourd'hui sera demain une nécessité. » En jetant un coup d'oeil rétrospectif sur l'histoire des trente ou quarante dernières années, nos contemporains n'auront pas de peine à trouver de nombreux exemples de cet axiome.

          En achetant ses produits, les consommateurs remboursent également les frais encourus par l'homme d'affaires pour le développement de la production. En dernier ressort les salaires ne sont pas payés par le chef d'entreprise mais par le consommateur. Cette constatation montre clairement la futilité de toutes les tentatives d'améliorer le bien-être matériel des masses par une manipulation des salaires. On peut soutenir que le profit résultant pour les salariés d'une hausse de salaires s'accompagne d'une perte égale pour eux en tant qu'acheteurs. En fin de compte on ne peut relever le niveau de vie général qu'en améliorant les méthodes technologiques de la production.

          Si l'on considère les bénéfices, la situation est à peine différente. En 1946, M. Robert Nathan avait préparé, pour les syndicats ouvriers qui demandaient des augmentations de salaires, un rapport intitulé « Une politique nationale des salaires pour 1947 ». Dans ce document, qui fut sévèrement critiqué en raison du parti pris dont il témoignait contre le système capitaliste, M. Nathan estimait que les bénéfices de toutes les entreprises de production aux États-Unis en 1946 ne représentaient que 4,8% des ventes. Contrairement aux mensonges généralement accrédités, la part du revenu qui est touchée par les actionnaires ne représente qu'une faible fraction de la somme payée pour les salaires et les émoluments. 

          Bien plus, sur le revenu net qui est remis aux actionnaires après payement des impôts, une partie seulement est dépensée tandis que le reste est mis de côté et investi en vue d'un développement ultérieur de l'entreprise. De tels investissements permettent d'accomplir de nouveaux progrès technologiques. Aucun projet n'est réalisable si les fonds nécessaires à son exécution n'ont pas été préalablement mis de côté dans ce but. La détresse actuelle des pays européens vient précisément du fait que les fonds nécessaires pour la modernisation de leur outillage industriel font défaut.

          On ne fait pas de profits en réduisant la part qui, de droit, revient aux ouvriers, mais en réussissant à fournir aux consommateurs, dans les meilleures conditions, les produits qu'ils demandent. Les entreprises qui excellent à adapter leur production à la demande changeante du public et qui utilisent l'afflux incessant de connaissances technologiques nouvelles font des bénéfices tandis que les entreprises moins habiles enregistrent des pertes.

          La qualité essentielle du système de libre entreprise, c'est de répéter chaque jour ce procédé d'élimination qui confère un rôle dominant aux hommes les plus capables dans la conduite des affaires et en écarte les autres.

          Ce n'est pas par suite d'un défaut du système de production capitaliste que nous ne disposons pas d'un stock plus abondant de biens. La cause doit en être recherchée dans la pénurie des facteurs naturels de la production et aussi dans le fait que le fruit des économies antérieures, c'est-à-dire le capital disponible, est limité et ne permet pas de faire face à tous les investissements désirables. Un facteur naturel et un facteur historique limitent notre pouvoir de créer pour tous la prospérité que nous souhaitons. Mais en contrepartie de ces handicaps, l'entreprise inspirée par l'esprit de profit représente une indéfectible impulsion dans le sens du progrès et de l'amélioration.

          Il est triste de constater que les gouvernements et les démagogues falsifient les données fondamentales de l'économie et s'engagent dans des politiques qui aboutissent à de sérieux mécomptes voire même à des catastrophes. Le développement de la production et l'amélioration de l'outillage industriel exigent un volume plus considérable de capitaux, c'est-à-dire de moyens de production, tels que instruments, machines et ainsi de suite. Mais les charlatans s'imaginent qu'ils peuvent remplacer par l'émission des billets et l'extension du crédit, des capitaux inexistants. Il est vrai qu'au début, de telles manipulations déterminent une brève et artificielle prospérité. Mais l'orgie financière qui en résulte est fatalement suivie par la dépression, la crise économique.

          Les efforts des politiciens et des chefs ouvriers d'augmenter les salaires par des moyens de pression que l'on appelle par un euphémisme « méthodes syndicalistes », ne valent guère mieux. Elles ne réussissent, elles aussi, que pour une brève période. Par la suite elles suscitent inévitablement une vague de chômage. En élevant le niveau des salaires au-dessus du niveau du marché, les ouvriers s'excluent eux-mêmes de celui-ci.

          Les communistes nous disent que la crise économique et le chômage sont les maux inhérents au système capitaliste. La vérité est qu'ils sont l'inéluctable résultat d'une politique tendant à substituer au capitalisme un système de « compromis »... Le seul moyen de prévenir le retour de dépressions économiques et de vagues de chômage est de ne pas manipuler artificiellement le taux de l'intérêt, le montant du crédit et le niveau des salaires.

          Le système capitaliste tend à relever continuellement le niveau des salaires. Mais le développement de cette tendance dépend de l'accroissement des économies et de l'accumulation de capital. En confisquant par des impôts cette partie du revenu de la population qui aurait été économisée et en se laissant aller à des dépenses inconsidérées conformément à la formule préconisée par Lord Keynes, les gouvernements font tout ce qu'il faut pour porter atteinte au bien-être de la population.

          Le capitalisme a amélioré le sort matériel de toutes les couches de la population d'une manière inouïe. Dans les pays capitalistes, les populations sont infiniment plus nombreuses qu'à la veille de la « révolution industrielle » et l'« homme de la rue » jouit d'un standard de vie bien plus élevé que celui des classes aisées des époques passées. Le capitalisme n'a pas besoin de propagande pour faire son apologie. Ses réussites suffisent. Quelles sont donc celles que pensent lui opposer les socialistes?
  


Article originellement publié par le Québéquois Libre ici

 

 

Données et statistiques pour les pays mentionnés : Russie | Tous
Cours de l'or et de l'argent pour les pays mentionnés : Russie | Tous
<< Article précedent
Evaluer : Note moyenne :3,7 (13 votes)
>> Article suivant
Ludwig von Mises (1881 - 1973) est un économiste majeur de l'école autrichienne d'économie. Il expose dans son magnum opus, L'Action humaine, les positions épistémologiques et méthodologiques qui caractérisent l'école autrichienne : conception subjective de la valeur, individualisme méthodologique et praxéologie. Son nom reste également attaché à la critique théorique du socialisme, que Mises considère voué irrémédiablement à l'échec en raison de l'absence des mécanismes de fixation des prix par le marché. Friedrich Hayek, Murray Rothbard et Israel Kirzner comptent parmi ses élèves les plus éminents.
Publication de commentaires terminée
  Tous Favoris Mieux Notés  
Article qui date de 1947, à l'époque où le monde dévasté par la guerre se cherchait une nouvelle idéologie, imposée de force par le grand vainqueur afin de servir ses intérêts propres.
Il fallait donc en faire la propagande, tout en sachant que le bien qui en serait dit allait forcément être concrétisé dans la pratique vu que le monde était pratiquement détruit, il ne pouvait que aller de l'avant, avec quelque doctrine que ce soit. (Les communistes aussi ils sont allés de l'avant, ils étaient même les premiers dans l'espace).
Le communisme s'est ensuite effondré car il avait été corrompu par des meneurs totalitaires sans aucun scrupule. A présent, c'est au tour du capitalisme de subir le même sort. Les idées de base, forcément bonnes, ont été corrompues par l'égoïsme et l'avarice démesurée de certains.... (relançons le débat sur l'origine ethnique de ces certains ? hoho, on va s'amuser).
Evaluer :   1  1Note :   0
EmailPermalink
Le capitalisme n'a ni début ni fin, il est inhérent à l'espèce humaine. Par exemple, le capitalisme existait déjà à l'époque Romain et bien avant aussi. Après on peut parler des idéologies qui se sont greffées dessus comme le néo-libéralisme, mais c'est une autre histoire...
Evaluer :   3  0Note :   3
EmailPermalink
" il est inhérent à l'espèce humaine."
Il n'est apparu qu'avec la sédentarisation. Les nomades ne le connaissent toujours pas. Pas d'épargne, pas d'investissement, pas de projection de soi dans l'avenir. Les troupeaux broutent jusqu'à la racine et le désert avance.

Si un peuple sédentarisé se donne des nomades pour dirigeants, c'est le drame.
La solidarité de la fourmi avec la cigale, ça n'existe pas.
Evaluer :   1  0Note :   1
EmailPermalink
et la solidarité de la cigale avec la fourmi, ça existe encore moins.
Evaluer :   1  0Note :   1
EmailPermalink
Détrompez-vous. De cette solidarité-là certains en ont plein la bouche. Même sans télé-radio, on s'en fait éclabousser à chaque coin de rue.
Evaluer :   1  0Note :   1
EmailPermalink
Comme dit Gepeto San Peto, cassez-vous avec vos armes à feu à la montagne.Achetez une tite fermette et 500 hectares autour et devenez auto-suffisant. Et si on vous attaque, n'hésitez pas à faire des morts. Les morts ne reviennent pas deux fois ! Ouarf ce qu'on est drôle chez les survivos.
Evaluer :   4  0Note :   4
EmailPermalink
économiste : enfumeur à la solde des puissants.
Evaluer :   5  1Note :   4
EmailPermalink
Le CApitalisme cet article devrait être publié dans dans quotidiens régionaux , dans toute la France pour faire comprendre à "tous les milieux" l'intérêt du capitalisme pour l'ouvrier, le simple salarié, il est fort dommage que dans notre pays malgré l'instruction qui nous ai donnée un fort pourcentage de français
ne comprennent pas où est leur intérêt !
9 avril 2012 francis
Evaluer :   4  6Note :   -2
EmailPermalink
il n' y a pas de société humaine viable et possible sans capitalisme... même les "communistes" sont tous des capitalistes qui s'ignorent : nourris au capitalisme d' Etat, ils capitalisent toute leur vie, certes non pas des actions ou autres produits boursiers mais des "acquis" ou des subventions et "avantages sociaux", brefs, ils capitalisent un patrimoine social ce qui en dernière analyse, revient à la même démarche que celle d' un petit boursicoteur d' une nation libre ( par exemple, le "patrimoine social" représente le capital individuel prépondérant de la majorité des individus de pays ultra-collectivistes comme la France ou la Belgique )
Evaluer :   1  0Note :   1
EmailPermalink
Dernier commentaire publié pour cet article
Détrompez-vous. De cette solidarité-là certains en ont plein la bouche. Même sans télé-radio, on s'en fait éclabousser à chaque coin de rue. Lire la suite
Pâris - 17/03/2016 à 18:48 GMT
Note :  1  0
Top articles
Derniers Commentaires
Le cours de l’or dépasse un seuil symbolique, les marchés craignent...
14 aoûtjack.be
C’est quoi cet article de merde??? On vient de passer les 1500 $ alors qu’on vient de redescendre après avoir passé les 2000...??? Vu la qu...
L’origine de l’échec des nations
12 aoûtMERLOU1
le problème fondamental ( et N° 1 ! ) de l' Egypte ( comme pour tous les pays miséreux de cette planète ) c'est sa démographie galopante et inepte ...
La haute administration au pouvoir : l’occupant intérieur se frotte...
16 juil.Saphir1
On peut aller encore plus loin : le pouvoir est dans les loges, le reste n'est qu'illusion.
La haute administration au pouvoir : l’occupant intérieur se frotte...
07 juil.Bernard Conte
En bref malgré les élections on ne sort pas de la démocratie de connivence caractérisée par un bipartisme qui instrumentalise les chiens de berger ...
L’origine de l’échec des nations
22 maiERWIN2
dont le dépassement se fera probablement dans la violence. Quel sera le niveau d'organisation de cette violence et par quel encadrement ? J'ima...
L’origine de l’échec des nations
22 maiBernard Conte1
Les élites politiques de notre bipartisme de fait sont au service de leurs sponsors. La crise actuelle est aussi une crise de légitimité des él...
L’origine de l’échec des nations
21 maiNoumounke1
Je vous cite : "Malheureusement cette restructuration se heurtera inévitablement à un effet de cliquet... dont le dépassement se fera probablement ...
L’origine de l’échec des nations
21 maiRüss655
La question de la violence ne laisse malheureusement aucun doute: Une fois sauté le troisième repas d'affilée, on n'a plus le temps d'expl...
Articles les plus commentésFavorisPlus...
Flux d'Actualités
TOUS
OR
ARGENT
PGM & DIAMANTS
PÉTROLE & GAZ
AUTRES MÉTAUX