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Le danger des taux fixes pour les banques françaises

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Publié le 07 août 2014
782 mots - Temps de lecture : 1 - 3 minutes
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Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

Le billet précédent a montré que la pratique des prêts à taux fixes peut être très avantageuse pour les débiteurs. Elle peut, cependant, s’avérer dangereuse pour les créditeurs et pour les épargnants. Analysons plus précisément ces dangers pressentis.

 

À première vue, cette pratique des banques françaises semblerait expliquer pourquoi la France a été relativement épargnée par la crise des prêts immobiliers, qui a contrario grandement affecté ces dernières années les États-Unis, la Grande-Bretagne ou encore l’Espagne. Cette confusion s’appuie sur un raisonnement simple et souvent véhiculé dans les média : l’augmentation des taux d’intérêt pousse vers le haut le montant de la traite (pour les débiteurs ayant souscrit des crédits à taux variable), ce qui rend insolvable certains emprunteurs et par conséquent les banques auprès desquelles ils avaient souscrit les crédits en question.

 

Ce raisonnement n’est pas erroné mais il ne suffit pas pour conclure que les prêts à taux fixes permettraient d’éviter des crises financières. Au contraire, la généralisation des prêts à taux fixe en France pourrait avoir des effets au moins aussi néfastes que la crise des subprimes aux États-Unis (et cela sans même que les débiteurs deviennent insolvables). 

 

Car les bénéfices des débiteurs d’une part, et ceux des créanciers et épargnants d’autre part, ne coïncident pas nécessairement. Si les taux augmentent, il est intéressant pour le débiteur d’avoir souscrit des prêts à taux fixe. Si en revanche le créancier et l’épargnant n’ont pas prêté à des taux variables, ils subiront des pertes car leurs fonds seront moins bien rémunérés que ce qu’ils auraient pu être sinon. Si cette période coïncide en plus avec une augmentation nominale des prix, alors ils verront leur pouvoir d’achat diminuer.

 

Mais la situation des banques françaises prêtant à des taux fixes (et extrêmement bas) est bien pire encore. Il en est ainsi car ces banques ne prêtent pas seulement des fonds propres mais aussi des fonds qui, pour la plus grande partie, sont achetés sur le marché interbancaire. Les banques parviennent à réaliser des profits tout en proposant des taux toujours plus bas car leurs emprunts ont une maturité inférieure à leurs prêts.

 

Concrètement, en France, les taux des prêts immobiliers dépendent dans une large mesure de l’évolution des Obligations assimilables du trésor (OAT). Lorsqu’une banque prête sur 20 ans, elle se finance pour sa part à travers des prêts de 10 ans, 5 ans voir des prêts dont la maturité est encore plus courte. Cette opération lui permet de prêter à des taux bas mais l’oblige en même temps à se refinancer en permanence pour rembourser ses propres emprunts et poursuivre son activité de crédit. Des mouvements des taux vers le haut pourraient donc affecter très défavorablement les résultats de la banque et la mettre en difficulté pour honorer ses propres créances.

 

Ce risque n’est certes pas nouveau, et il a déjà été évoqué à plusieurs reprises par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ou encore par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (Basel Committee on Banking SupervisionBCBS) sans que cela ne change grande chose au mode de fonctionnement des banques françaises. Toutefois, le problème se pose en ce moment d’une manière plus aigüe car les taux sont particulièrement bas depuis l’année dernière. Donc, si les banques ont pu par le passé ajuster leur bilan à terme en pariant (jusqu’à aujourd’hui avec succès) sur une baisse des taux, il est de plus en plus difficile de le faire actuellement car les taux ne pourront pas diminuer indéfiniment et le problème du refinancement des prêts accordés depuis l’année dernière et encore aujourd’hui à des taux fixes (et bas) se posera tôt ou tard.

 

Les premiers signes ont d’ailleurs déjà fait leur apparition pour ceux qui ont noté l’opération de titrisation effectuée récemment par le Crédit Foncier. Car devant le risque croissant d’une remontée des taux, les banques n’ont que deux solutions majeures : arrêter le robinet des crédits (du moins à taux fixe) et/ou la titrisation des créances. Il faudrait donc s’attendre prochainement à la multiplication de ces deux démarches et observer dans quelle mesure elles seront efficaces. 

 

Les taux fixes ne représentent donc pas une panacée contre une crise financière et peuvent même au contraire contribuer à la déclencher. Mais ce qu’il est en fin de compte fondamental de retenir, c’est que ce n’est pas le type de taux (fixe ou variable) qui pose problème mais le fait qu’ils soient maintenus (par les décisions de politique monétaire de la BCE) artificiellement bas. Ce sont, en effet, ces taux bas qui rendent solvables des emprunteurs qui ne l’auraient pas sinon été. Cela les encourage à entreprendre des actions plus risquées et des projets moins faisables que dans d’autres circonstances.

 

 

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Marian Eabrasu est professeur d’économie et d’éthique à l’ESC-Troyes. Il a été chercheur à l’International Centre for Economic Research (Turin, Italie) et à l’institut Ludwig von Mises (Auburn, Etats Unis). Il est l'auteur de nombreux articles publiés dans des revues à comité de lecture comme La Revue Française de Science Politique, Quarterly Journal of Austrian Economics, Business and Society, etc. Son dernier article publié en 2012 dans Raisons Politiques s'intitule "Les états de la définition wébérienne de l'Etat"
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ON DIRAIT QUE L AUTEUR DE CET ARTICLE NE SAIT PAS CE QUE SONT LES RESERVES FRACTIONNAIRES ET COMMENT EST CREE LA MONNAIE!! mdr

Bref; pleurons sur le pauvre sort des banques!

snif, snif!!

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OH MY GOD ON DIRAIT QUE L AUTEUR DE CET ARTICLE NE SAIT PAS CE QUE SONT LES RESERVES FRACTIONNAIRES ET COMMENT EST CREE LA MONNAIE!! mdr Bref; pleurons sur le pauvre sort des banques! snif, snif!!  Lire la suite
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