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Le dernier combat du Japon

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Delta Global Advisors
Publié le 20 janvier 2015
1039 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
( 12 votes, 4,9/5 ) , 8 commentaires
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Rubrique : Editorial du Jour

Il existe dans la culture populaire militaire américaine un terme appelé « dernier combat », qui décrit une situation pendant laquelle une force de combat tente de maintenir une position défensive alors que tout semble perdu. La force de défense subit généralement d’importantes pertes ou se trouve complètement détruite, comme nous avons pu le voir avec le dernier combat de Custer. Le général Custer, qui avait mal jugé la taille et la capacité de l’armée ennemie, a mené sa bataille finale à Little Bighorn, bataille qui a causé l’annihilation totale de ses troupes et de lui-même.

Le gouvernement japonais prend actuellement une mesure incroyable d’expansion de son programme de QE, dans une tentative désespérée de dévaluer sa devise et de faire à nouveau gonfler les bulles sur les actifs tout autour du monde. En d’autres termes, le Japon entreprend sa propre version d’un dernier combat.

Dans une dernière tentative de stimuler la croissance économique et l’inflation, le Japon a annoncé l’expansion de son programme de QE à 700 milliards de dollars par an. En plus de ça, le fonds de pension d’état japonais prévoit de se débarrasser d’importantes quantités d’obligations souveraines japonaises et de doubler ses investissements sur les actions domestiques et internationales. Tout cela n’est rien de plus qu’une tentative désespérée d’alimenter l’inflation, qui selon le Japon est responsable de la croissance économique. Mais ces politiques absurdes ont de nouveau forcé le Japon à entrer une phase de récession, après que son PIB a chuté de 1,6% au troisième trimestre avec avoir perdu 7,1% au second trimestre de cette année.

Il ne fait aucun doute que le Japon parviendra avec brio à détruire sa devise nationale et son économie, et à faire s’effondrer les marchés qu’il tente de manipuler tout autour du monde. Afin de comprendre ce raisonnement erroné, il nous faut observer comment le Japon a pu en arriver là.

Après la fin de la seconde guerre mondiale, le Japon a traversé une période de trente ans aujourd’hui connue sous le nom de « miracle économique ». Ce miracle est apparu grâce au développement d’une économie d’exportation d’après-guerre et à la mise en place de politiques fiscales prudentes, qui avaient pour objectif d’encourager les ménages à épargner. Le niveau de vie des citoyens japonais était alors l’un des plus élevés du monde, et le pays a abordé les années 1980 sur une vague robuste de croissance économique. En revanche, si nous avons pu apprendre une chose après toutes ces années, c’est le besoin insatiable des gouvernements à intervenir sur le marché libre, même lorsqu’ils n’ont pas besoin de le faire. En conséquence, les Accords du Plaza de 1985 avaient pour objectif d’affaiblir le dollar et le mark allemand contre le yen. La Banque du Japon, dans une tentative de compenser la hausse du yen, a fortement réduit ses taux d’intérêt. Les politiques laxistes de la Banque du Japon depuis le milieu jusqu’à la fin des années 1980 ont engendré une spéculation agressive sur les actions domestiques et le marché immobilier, et porté le prix de ces actifs jusqu’à des niveaux encore jamais vus. Entre 1985 et 1989, l’indice du Nikkei a triplé pour passer à 39.000, et représentait alors plus d’un tiers de la capitalisation boursière mondiale.

Avant la fin des années 1980, le miracle économique du Japon s’était transformé en une économie de bulles, au sein de laquelle les prix des actions et des biens immobiliers ont atteints des niveaux stratosphériques, portés par une mania spéculative. Le marché japonais du Nikkei a atteint un record historique en 1989, avant de s’effondrer, ce qui a entraîné une sévère crise financière et une longue période de stagnation économique dans laquelle le Japon se trouve encore empêtré aujourd’hui. C’est ce que nous appelons aujourd’hui les « décennies perdues » du Japon.

Peu de temps après que la bulle a éclaté, le Japon s’est lancé dans une série de programmes de stimulus qui ont représenté un total de plus de 100 trillions de yens – et fait d’une économie autrefois construite sur l’épargne une économie attachée à son ratio de la dette sur le PIB, qui s’élève aujourd’hui à 240% - le plus élevé du monde industrialisé. Pour aggraver encore plus la situation, la Banque du Japon a plus récemment lancé une campagne de combat contre la déflation, malgré le fait que la masse monétaire ait continué de gonfler des décennies durant. A la fin de l’année 2012, nous avons été introduits à l’Abénomie, le projet de Shinzo Abe de mise sous stéroïdes des dépenses gouvernementales et de l’impression monétaire par la banque centrale. Son objectif premier est d’écraser les revenus réels des ménages (qui ont perdu 6%), et est responsable de la réduction du PIB de 7,1% enregistrée au deuxième trimestre.

A en croire les rumeurs quant au délai de sa taxe sur les ventes, le Japon ne prend aucune mesure pour tenter de réduire son niveau de dette. Il faut donc en déduire que cette importante expansion de son programme de QE est une tentative de réduire la dette au travers de la dévaluation, et de stimuler la croissance en générant des bulles sur les actifs plus importantes encore que celles qui ont autrefois été responsables des décennies perdues du Japon. Voilà qui ne mènera pas le pays vers un nouveau miracle économique, où l’économie se nourrit de l’épargne, de l’investissement et de la production.

La triste réalité, c’est que le Japon surpasse rapidement l’économie de bulles qui est apparue à la fin des années 1980. Ses marchés des actions et obligations sont aujourd’hui plus que jamais déconnectés de la réalité. La nation fait désormais face à un effondrement total du yen et des actifs libellés en cette devise.

Il s’agit clairement du dernier combat du Japon. Il n’existe pas de réelle stratégie de sortie si ce n’est le défaut. Mais un effondrement économique et un défaut souverain de la part de l’une des plus grosses économies du monde auraient de très importantes ramifications à l’échelle de la planète. Le Japon devrait être la première nation à faire face à un tel effondrement. Malheureusement, la Chine, l’Europe et les Etats-Unis feront aussi bientôt face aux conséquences de l’insolvabilité des nations et de l’intervention gouvernementale sur les marchés libres.

 

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mais justement : ILS VEULENT FAIRE BAISSER LEUR MONNAIE , et ils n'y arrivent pas ? ? ?
un défaut?
c'est quoi un défaut?
un défaut c'est quand un pays ne peut pas rembourser sa dette ?
le japon emprunte en yen comment peut il faire défaut ? panne de l'imprimante a billet sans doute ?
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Le problème vient de ce que, quand votre dette est détenue par les étrangers, vous avez le choix soit en ne pas payer (un défaut), soit de détruire votre monnaie (les étrangers vendront votre dette, et donc votre monnaie, qui ne vaudra plus rien).

Les seuls qui en sont exempts sont ceux dont la monnaie est une monnaie de réserve, en français le dollar US.

... Jusqu'à ce que leur monnaie cesse d'etre une monnaie de réserve, bien entendu.
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un défaut ?c'est quoi un défaut ?
enfin il me semble que c'est quand un pays ne peut pas rembourser une dette ?
le japon emprunte en yen comment peut il faire défaut ? panne de machine a imprimer les billets peut être ?
Heureusement que le reste du monde va très bien, comme ça le japon pourra se tirer d'affaires..... ah ben non, le FMI vient juste de revoir à la baisse les prévisions de croissance mondiale.... http://www.bbc.com/news/business-30876954
(c'est rigolo hein, comment chaque année ils disent "OK, cette année a été plus mauvaise qu'espéré, mais l'année prochaine sera très bonne".. et puis c'est le contraire.. c'est comme de dire à un cancéreux en phase terminale "ok, tu as passé ta journée à vomir du sang, mais demain tu iras mieux, tu pourras même faire une heure de cross-fit", et puis le lendemain "bon, en fait je voulais dire que t'allais regarder une heure de cross-fit à la télé, car là t'es incapable de te lever, mais que ça te servira d'inspiration car demain tu feras vraiment du cross-fit", et ainsi de suite).

Sinon, concernant le dernier combat du Japon, quand on voit comment il a gonflé son budget Défense, on peut se demander si cela restera uniquement une métaphore...



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@RalphZ,
Il me semble que le Japon est surtout axé sur les exportations à forte valeur ajoutée. Il me semble qu'avec l’appauvrissement continue des classes moyennes dans les pays développés, le nombre de très riches devient faible sur des créneaux de plus en plus étroits. Le marché qui se développe bien est le marché des pauvres : voir la Daxia bas de gamme ou des riches comme les voitures Allemandes haut de gamme. Dans le moyen de gamme, il n'y a plus de profit car de la concurrence est acharnée. Le Japon a sa monnaie, un marché protégé, mais souffre de devoir exporter car c'est une île avec peu d'agriculture, sans ressources, avec des tremblements de terre, des typhons, parfois des tsunamis. L'immobilier dans de telles conditions est vraiment problématique. Il est certain que l'effondrement du pouvoir d'achat des classes moyennes au niveau mondial va nous causer à tous de sérieux problèmes. Je suis de votre avis, le Japon est le premier de la série. En fait, c'est l'échec d'un modèle de mondialisation où des esclaves travaillent pour des chômeurs. Il est loin le temps où Ford disait que chaque ouvrier devait pouvoir acheter la voiture qu'il fabrique...
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En effet, notre monde devient vraiment une dualité riches/pauvres, comme je l'ai développé dans d'autres commentaires :
- Avions (A380, A350,...) où les pauvres s'entassent dans la partie "bétaillère" (aussi appelée classe économique) et les riches ont des sièges cocons qui occupent - selon leur richesse - l'espace équivalent de 3 à 6 sièges "économiques".
- TGV : avec les tarifs qui augmentent, cela devient peu à peu un train de riches. Les pauvres peuvent (doivent) se rabattre sur les bus, et comme par hasard les compagnies de bus low cost se développent fortement (tout comme les avions low cost), style Megabus.
- Nourriture/santé : quand on est pauvre et qu'on n'a pas beaucoup de temps, on ne trouvera sa ration de calories que dans des fast food et produits type "junk food"... ce qui a un impact négatif sur la santé à long terme, génère des dépenses médicales et réduit la capacité de travail, donc oblige à rester dans le cercle vicieux tandis que les riches ont des magasins bio.
- Voitures : grâce à Dacia que vous citez, les pauvres peuvent avoir une voiture neuve de qualité acceptable... mais dans le monde qui semble venir, les pauvres devront quand même perdre des heures dans les embouteillages, au volant de leur voiture low-cost, tandis que les riches - eux - se feront conduire par des voitures autonomes qu'ils auront transformées en bureau mobile, espace détente,... (et je pense que certains pays iront jusqu'à proposer des bandes réservées aux voitures autonomes, y compris des bandes super-rapides sur l'autoroute, selon l'argument que ces voitures seront plus sûres et pourront rouler à 200 km/h, dépassant les pauvres c**llons flashés à 131 km/h (ou 121 en Belgique) ou englués dans les ralentissements)
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Nos chères élites ne peuvent pas avoir d'autre projet qu'une table rase globale: la réduction drastique de la population et l'avènement d'une civilisation de privilégiés, fondée sur la robotique. Terminator arrive, il tuera pour les banquiers...
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mais justement : ILS VEULENT FAIRE BAISSER LEUR MONNAIE , et ils n'y arrivent pas ? ? ?  Lire la suite
fry - 22/01/2015 à 10:23 GMT
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