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Le dollar Américain durant la première guerre mondiale

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New World Economics
Extrait des Archives : publié le 16 octobre 2012
1250 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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SUIVRE : Crise Croissance L’or
Rubrique : Histoire de l'or

 

 

 

 

Cette semaine, nous nous pencherons sur un épisode très peu connu de l’histoire du dollar et de la Réserve Fédérale, plus précisément sur la première guerre mondiale et la récession des années 1920 qui s’en est ensuivie.


Nous savons tous que la Réserve Fédérale se vit donner une existence légale en 1913, juste à temps pour la première guerre mondiale. Peu de temps après l’éclatement de la guerre, les Etats-Unis traversèrent une crise de liquidités qui fut prise en main par le ‘système bancaire de compensation’ mis en vigueur par l’Acte Aldrich-Vreeland de 1908. La Réserve Fédérale n’avait pas encore été mise en place et n’était pas encore opérationnelle.


Les Etats-Unis prirent part au conflit dès le mois d’avril 1917, alors que les banques de la Réserve Fédérale devenaient opérationnelles. Dès son premier jour, la Fed fut forcée de maintenir très bas les taux d’intérêts afin de permettre au gouvernement d’emprunter pour pouvoir financer l’effort de guerre. Voici comment Richard Timberlake décrit la situation dans son excellent ouvrage intitulé Monetary Policy in the United States: an Intellectual and Political History:


‘A l’époque où les Etats-Unis prirent part à la première guerre mondiale, les banques de la réserve Fédérale devenaient tout juste opérationnelles. Presque immédiatement, le Département du Trésor affirma sa dominance. Selon un rapport officiel de 1917, la politique de rabais du Trésor consistait dans ‘le maintien des taux en harmonie avec les faibles taux d’intérêts portés par les emprunts des Etats-Unis’. En 1918, un nouveau rapport indiquait à son tour que ‘les politiques et exigences du Trésor ont été coordonnées et, en raison de la guerre, gouvernées par ses propres demandes’. Ce même rapport admettait également que les taux d’actualisation étaient basés sur les taux d’intérêts pesant sur les obligations du gouvernement des Etats-Unis, ‘et devraient pour l’instant continuer d’être contrôlés afin que les exigences du Trésor puissent être respectées’. La direction de la Réserve Fédérale a reconnu son devoir de coopérer avec le gouvernement et de lui fournir les fonds dont il avait besoin pour la guerre’.


‘Le rapport annuel de 1919 excuse la soumission de la Fed aux volontés du Trésor en décrétant qu’aucune augmentation des taux d’intérêts n’aurait été suffisante à persuader les marchés d’absorber les obligations du Trésor. Il lui était nécessaire de coopérer avec ce dernier de quelque manière que ce soit afin de faciliter tout d’abord la vente des obligations du gouvernement puis l’absorption de ces dernières par les investisseurs’.


Comme vous pouvez vous l’imaginer, tout cela était synonyme d’impression monétaire. Voici ci-dessous ce qui est arrivé à la masse monétaire des Etats-Unis durant cette période – les données sont tirées du livre de Milton Friedman intitulé Une Histoire Monétaire des Etats-Unis, 1867-1960 :






Notons que quelque chose d'assez amusant commence à apparaître dès le début de l’année 1915. En creusant un peu, nous pourrions peut-être arriver à déterminer de quoi il s’agit. Nous reviendrons donc sur ce point un autre jour.


Voici ce que nous obtenons durant les années 1940 – ces données proviennent de la Fed de Saint Louis :






Nous pouvons relever certains détails intéressants à partir de ce graphique. Premièrement, rien ne semble se passer au cours des années 1920, malgré le climat de croissance économique. A la fin de l’année 1929, alors que la Grande Dépression s’installe, nous pouvons noter que la masse monétaire est en pleine expansion. Cela paraît tout à fait logique puisqu’à l’époque, en de telles circonstances, les retraits faisaient pression sur les banques et la possession directe de papier monnaie devenait certainement plus populaire. Les arguments que vous avez pu entendre quant à une réduction de la masse monétaire ne tiennent que de la fiction – ils concernent M2, ce qui signifie les dépôts bancaires, et non la base monétaire.


Mais revenons à nos moutons…


Durant la guerre, un embargo sur l’or fut lancé aux Etats-Unis, ce qui signifie que personne ne pouvait acheter, vendre ou exporter de l’or. La banque d’Angleterre avait dès 1914 suspendu la convertibilité de ses billets de banque en or, faisant de la livre sterling une devise flottante. Des livres sterling furent ensuite imprimées afin de financer l’effort de guerre du gouvernement Britannique. Au début de la première guerre mondiale, la base monétaire de la devise Anglaise était estimée à 200 millions de livres, selon le livre Sterling: the History of a Currency. Avant la fin de l’année 1919, elle avait déjà atteint 550 millions de livres.


Voici un graphique représentant les réserves d’or des banques Américaines :






Au début de la guerre, les réserves d’or physique des banques augmentaient. J’interprète cette information comme correspondant à un redoublement de l’intérêt porté par les Européens au dollar et aux actifs en dollars, à une époque où leurs gouvernements étaient tous en guerre les uns contre les autres. Nous pouvons toutefois noter une phase de déclin entre 1917 et 1919. Il s’agit probablement ici de la période durant laquelle a été imposé l’embargo sur l’or.


Voici maintenant un graphique représentant les importations et exportations d’or des Etats-Unis. Les données négatives indiquent des exportations :






Nous pouvons constater un bref mouvement sortant au moment où la guerre explose en Europe, suivi de près d’un flux entrant, ce qui suggère encore une fois que les Européens se sont jetés sur le dollar. Un second flux sortant apparaît en 1917, laissant place à un mouvement négatif, ce qui représente certainement un échange en masse de billets de banque contre de l’or. Entre le milieu de 1918 et le milieu de 1919, la situation est stable, du fait de l’embargo imposé sur les exportations d’or. Lorsque cet embargo fut levé à la fin de la guerre, un important flux sortant d’or a pu être enregistré. La Fed a répondu à cela en réduisant la base monétaire, transformant ainsi le flux sortant en un flux entrant. Vous pourrez retrouver ces informations dans le rapport de la Fed intitulé Banking and Monetary Statistics, que vous trouverez dans les archives FRASER de la Fed de Saint Louis (Je rends mes sources publiques afin que vous puissiez, si vous le désirez, créer vos propres graphiques).


Ce qu’il s’est passé, c’est que la Fed a été poussée par le Trésor à faciliter le financement de l’effort de guerre et donc à imprimer bien trop de monnaie papier. En ont découlé des rachats d’or qui ont ensuite pris fin suite à un édit gouvernemental. Après la guerre, ces rachats d’or se firent de plus en plus nombreux, indiquant la faiblesse du dollar en comparaison à sa contrepartie métallique. La Fed et les banques (la Fed n’avait à l’époque pas encore le monopole d’impression monétaire) réagirent à cela en réduisant la base monétaire.


La démobilisation des troupes, la chute de la demande en biens et services liés à la guerre et l’inflation monétaire débouchèrent à la fin des années 1920 sur une récession au cours de laquelle les prix chutèrent considérablement. Le graphique ci-dessous est intitulé ‘Indice des Prix à la Consommation’, mais je suis persuadé qu’il s’agit plutôt de l’indice de prix de l’Agence Américaine des Statistiques et du Travail –un indice de prix des matières premières qui n’est pas réellement comparable à l’indice des prix à la consommation, qui fut compilé quant à lui à partir de 1940. En revanche, il n’en est pas moins que cet indice se stabilise à un niveau bien supérieur à celui d’avant-guerre.






Il y aurait d’autres choses à relever quant à cette période historique, mais je m’y attarderai dans un prochain article.



Nathan Lewis

 

 

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Nathan Lewis est l'auteur de Gold: the Once and Future Money, publié par Agora Publishing et J Wiley. Il est le directeur de Kiku Capital Management.
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Ce qu transparait de tout ceci est que les Etats Unis n'auraient jamais pu financer un tel effort de guerre par l'impot, c'est à dire avec le consentement de leurs citoyens. L'inflation monétaire a permis au gouvernement d'alors, tout comme à celui d'aujourd'hui, de financer sa politique guerrière en reportant son paiement sur les générations futures.

Tout en décimant les génération actuelles.

Ce qui, il faut en convenir, est bien la nature du politique. Faire payer demain ce qu'il veut faire aujourd'hui parce qu'il l'a promis hier. Son alliance avec la phynance de la presse à papier est donc parfaitement logique.
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Ce qu transparait de tout ceci est que les Etats Unis n'auraient jamais pu financer un tel effort de guerre par l'impot, c'est à dire avec le consentement de leurs citoyens. L'inflation monétaire a permis au gouvernement d'alors, tout comme à celui d'au  Lire la suite
ELS - 23/10/2012 à 03:55 GMT
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