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Le FESF : le « subprime » de la Zone Euro

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Publié le 04 novembre 2011
720 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Il y a un peu plus de deux ans, les marchés dérivés et la titrisation des dettes entraient dans le collimateur des États et de la presse. Les banques commerciales furent ainsi accusées d’accorder des crédits à des individus incapables de les payer, car elles pouvaient ensuite les titriser sur les marchés dérivés sous la forme de CDOs (Collateralized Debt Obligations) ou d’ABSs (Asset-Based Securities). Elles repassaient ainsi le risque d’insolvabilité à d’autres acteurs du marché, tout en liquidant les mauvais crédits  de leurs bilans.


A l’époque, on a très peu parlé du lien incestueux entre les États et les banques commerciales qui a pourtant rendu possible ce schéma infernal. Après la liquidation de la Banque Herstatt en 1974, les Banques Centrales membres de la BIS (Bank of International Settlements) créent le Comité de Bâle pour surveiller la gestion du risque des crédits bancaires. Le premier accord de Bâle est signé en 1988, suite au crash boursier de 1987. L’idée est d’exiger des banques commerciales qu’elles constituent des réserves en capitaux propres (actifs très liquides) d’au moins 8% du total de leurs actifs pondérés par le risque.


Si d’un côté, les Banques Centrales exigent un peu de discipline de la part des banques commerciales, de l’autre, les États exigent qu’elles prêtent davantage. Ainsi, aux États-Unis, sous Clinton puis sous Bush fils, des lois sont votées pour inciter les dépenses en voitures, habitation et études supérieures, le tout financé à crédit. En Europe, l’Allemagne finance sa réunification par des expansions de crédit, pendant que l’Espagne, le Portugal, l’Irlande et la Grèce reçoivent des investissements massifs eux aussi financés à crédit. Ceux-ci sont supposés permettre à ces pays d’être plus proches économiquement de leurs voisins plus puissants.


Les banques sont alors confrontées au problème épineux qui consiste à contourner les règles de liquidité imposées par Bâle pour pouvoir ainsi financer tous ces projets d’investissement et de consommation. En effet, au fur et à mesure que les crédits augmentent, surtout quand ils sont de faible qualité, les besoins en fonds propres augmentent aussi, limitant la capacité de la banque à offrir de nouveaux crédits. Il fallait donc trouver un moyen de se débarrasser de certains crédits pour restaurer la capacité d’en offrir d’autres.


Or liquider des crédits de faible qualité sur les marchés monétaires ou sur le marché secondaire des obligations n’est pas chose facile. La solution fut donc de titriser les crédits et obligations de faible qualité dans les bilans des banques par le biais des véhicules spéciaux d’investissement (VSI). Les banques commerciales ont ainsi « refilé » leurs titres aux VSI qui les ont utilisés comme collatéral pour la création de nouveaux titres, les CDOs et ABSs.


La recette de la vente de ces nouveaux titres est alors capturée par les banques commerciales, lesquelles, renflouées par de nouvelles liquidités, peuvent maintenant octroyer de nouveaux crédits tout en respectant les règles de Bâle. Ainsi, ce système a permis aux banques de poursuivre leur expansion de crédit en toute impunité grâce à la titrisation de crédits de plus en plus douteux. Or, le Fonds européen de stabilisation financière (FESF), créé et géré par les États-membres de la Zone Euro, propose ni plus ni moins le même type de fonctionnement. Il serait une sorte de VSI pour les États-membres de la Zone Euro qui n’arrivent plus à placer leurs obligations sur le marché faute d’une notation AAA.


Le triple A est, en effet, fondamental pour les banques commerciales qui veulent revendre leurs obligations d’État  auprès de la BCE et ainsi obtenir de nouvelles liquidités. L’idée est donc de créer un pool d’obligations et de les vendre en tranches de CDOs, de la moins risquée et donc moins rentable (tranche senior) à la plus risquée et donc plus rentable (tranche junior). Mais la structure du FESF implique aussi que les États-membres en bonne santé financière se portent garant des émissions des CDOs en gageant leurs actifs liquides ou leurs recettes fiscales. On remarque que les garanties portées par les États-garants ne se limitent pas au paiement du principal investi, mais couvrent aussi les paiements d’intérêts. Un aspect très peu divulgué du FESF.


Comme pour le schéma bancaire, le FESF souffre du même mal et provoquera les mêmes effets. Il ne traite en aucune façon le fait que les dépenses gouvernementales sont démesurées, intérêts largement inclus.

 

 

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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