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Cours Or & Argent en

Le krach de 1929

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Extrait des Archives : publié le 30 juin 2017
1824 mots - Temps de lecture : 4 - 7 minutes
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Rubrique : Université de l'or


« …les gens pensaient que tout ne pourrait toujours plus qu’aller bien. Il y avait dans l’air un vent d’optimisme qu’on ne pourrait pas décrire aujourd’hui. »

« Il y avait un espoir ambiant. Les Etats-Unis s’étaient extirpés de la première guerre mondiale avec leur économie intacte. Ils étaient le pays le plus puissant du monde. Leur dollar était roi. Ils avaient eu un président très populaire au milieu de la décennie, Calvin Coolidge, et en ont eu un plus populaire encore en 1928, Herbert Hoover. Tout semblait aller pour le mieux. »

« L’économie traversait de grands changements dans cette nouvelle Amérique. Nous étions à l’aube de la révolution de la consommation. Nouvelles inventions, production de masse, usines qui produisaient de merveilleux appareils comme des radios, des climatisations, des déodorants… L’une des inventions les plus fabuleuses de l’époque a été le crédit à la consommation. Avant 1920, le travailleur moyen ne pouvait pas emprunter d’argent. En 1929, ‘acheter maintenant pour payer plus tard’ était devenu un véritable mode de vie. »

« Wall Street s’est vu attribuer tout le mérite de cette prospérité, et Wall Street était alors dominée par un petit groupe d’individus fortunés. Très rarement, au fil de l’Histoire de cette nation, autant de pouvoir avait été concentré entre les mains de si peu. »

« L’une des tactiques les plus communes était de manipuler le prix d’une action particulière, comme celle de Radio Corporation of America. De riches investisseurs mettaient leur argent en commun en secret pour acheter une action, en faire gonfler le prix, puis vendre à un public qui ne se doutait de rien. Dans les années 1920, une majorité des actions étaient manipulées par les insiders. »

« Je dirais que pratiquement tous les journaux financiers étaient dans le coup. Cela inclue les journalistes du Wall Street Journal, du New York Times, du Herald Tribune, et de tous les autres. Si vous étiez un gestionnaire de fonds communs, vous pouviez appeler votre ami du Times et lui dire, ‘Ecoute, Charlie, j’ai une enveloppe qui t’attend ici, je pense que tu devrais écrire quelque chose de favorable sur RCS’. Et Charlie ne manquait pas de le faire. Un publiciste du nom d’A. Newton Plummer a annulé des chèques envoyés aux plus gros journalistes de New York City. Les journalistes se sont mis à, comment disait-on ? A dépeindre un portrait positif de nombreuses actions. Ils s’entendaient entre eux, et publiaient des éloges des actions RCA et des autres. Et les gens disaient ‘On dirait que beaucoup de gens s’intéressent à RCA’. Et ils se joignaient au rang des acheteurs. Les actions sont passées de 10 à 15 à 20. Et c’est là que les gens ont acheté. D’autres ont acheté à 30, à 40. Mais le groupe original, le fonds commun, avait déjà cessé d’acheter. C’est lui qui vendait désormais. Les actions ont atteint 50. Les gros investisseurs sont tous sortis. Et les actions se sont effondrées. »

« Les fonds communs étaient un peu comme un jeu de chaises musicales. Quand la musique s’arrêtait, ceux qui avaient encore des actions souffraient. Si les petits investisseurs souffraient, il ne leur fallait pas longtemps avant de revenir à la charge. Ils savaient que le jeu était truqué, mais peut-être que la prochaine fois, ils pourraient déjouer le système. Wall Street avait ses critiques, parmi lesquels figurait l’économiste Roger Babson. Il a remis le boom en question et a été accusé de manquer de patriotisme, de vendre l’Amérique à découvert. »

« Roger Babson nous a mis en garde contre la spéculation, il nous a dit ‘Il va y avoir un effondrement, et les conséquences en seront terribles’. Et les gens se sont jetés sur lui, ils s’en sont pris à lui à tel point que ceux qui craignaient pour leur réputation et ne souhaitaient pas s’attirer de calomnies ont choisi de se taire. »

« Les politiciens allaient et venaient, mais dans les années 20, les hommes d’affaires étaient rois. »

« Parce que tout le monde cherchait à emprunter de l’argent pour couvrir le déclin de la valeur de ses actions, il y a eu une pénurie de crédit. Les taux d’intérêt ont flambé. A 20%, très peu de gens pouvaient se permettre d’emprunter davantage. Le boom était sur le point de s’effondrer comme un château de cartes. »

« …la National City Bank a immédiatement fourni 25 millions de dollars de crédit, et la crise du crédit a pu être évitée. Au cours des 24 heures qui ont suivi, les intérêts sont passés de 20 à 8% et la panique a pris fin. Et puis, en mars 1929… »

« Tout n’allait pas pour le mieux dans l’économie américaine. Les signes de troubles étaient nombreux. La production d’acier était en déclin. L’industrie de la construction tournait au ralenti. Les ventes de voitures avaient plongé. Les consommateurs se faisaient rares. Tout ça à cause du crédit facile, parce que les gens étaient lourdement endettés. Des pans entiers de la population avaient été appauvris. »

« De la même manière que Wall Street avait mis en évidence une croissance soutenue de l’économie tout au long des années 20, le marché devait désormais refléter un ralentissement économique. Mais il a atteint des sommets. Les prix des actions n’avaient plus rien à voir avec les profits des entreprises, l’économie, ou quoi que ce soit d’autre. Le boom spéculatif enregistrait son propre élan de croissance. » 

« Nous avons assisté à une illusion de masse. Les prix grimpaient, les gens achetaient. Les prix grimpaient encore plus, et de plus en plus de gens arrivaient. Finalement, le processus se perpétuait de lui-même. Chaque hausse attirait plus de gens, convaincus de leur droit divin de devenir riches. »

« Les années 20 ont été une décennie de combines d’enrichissement éclair. Trois ans plus tôt, tout le monde achetait une maison en Floride. A mesure que les prix des terres flambaient, de plus en plus de gens achetaient, dans l’espoir de faire rentrer de l’argent. Et puis du jour au lendemain, le boom a pris fin et les investisseurs ont tout perdu. »

« Le 5 septembre, l’économiste Roger Babson a donné un discours devant un groupe d’investisseurs. ‘Tôt ou tard, un effondrement se produira qui aura de terribles conséquences’. Voilà deux ans qu’il répétait la même chose. Mais ce jour-là, les investisseurs l’ont écouté. Le marché a piqué du nez. On a parlé de Babson Break. Le lendemain, les prix se sont stabilisés, mais quelques jours plus tard, ils ont recommencé à baisser. Les investisseurs ne pouvaient pas le savoir, mais l’effondrement avait déjà commencé. »

« …le marché a enregistré de grosses fluctuations à la hausse et à la baisse. Le 12 septembre, les prix ont perdu 10%. Ils ont de nouveau plongé le 20. Les marchés boursiers du monde étaient tous en baisse. Le 25 septembre, le marché est soudainement remonté. »

« Reuben L. Cain, vendeur d’actions, 1929 : Je me souviens m’être demandé ‘Mais pourquoi est-ce que le marché fait ça ?’, et puis je me suis dit ‘Je suis nouveau ici, et ces gens…’ Tous les jours dans les journaux, Charlie Mitchell avait quelque chose à dire, les gens de chez JP Morgan avaient quelque chose à dire. Et je me suis dit ‘Ils en savent beaucoup plus que moi. Je suis nouveau ici et je ne comprends pas pourquoi le marché est en hausse’. Et puis ils disent que le marché ne peut pas baisser, et que s’il le fait, il remontera demain. Et alors vous vous dîtes ‘Peut-être sont-ils vraiment comme des Dieux. Ils savent tout sur tout, et tout se passera comme ils le disent’. »

« Alors que le marché commençait à s’effondrer, les leaders financiers étaient plus optimistes que jamais. Cinq jours avant le krach, Thomas Lamont, directeur de la très conservative Morgan Bank, a écrit au président Hoover. ‘L’avenir s’annonce brillant. Nos titres sont les plus désirables du monde’. »

« Tous les chefs d’entreprise et les banquiers des Etats-Unis ne cessaient en 1929 de faire l’éloge de l’économie et de dire que tout ne pouvait plus que grimper. »

« Est ensuite venu le mercredi 23 octobre. Le marché s’est montré un peu tremblant, faible. Impossible de dire si la cause en a été une légère vague de pessimisme. Beaucoup se sont dit que le temps était venu de sortir. Le jeudi 24 octobre – le premier jeudi noir – le marché, dès le matin, a enregistré un terrible déclin. Le marché a ouvert en chute libre, et certains n’ont même pas pu trouver d’acheteurs pour leurs actions. La panique était totale. Et puis une foule s’est réunie devant la bourse, à faire des bruits étranges et menaçants. C’était de loin la pire journée qu’on avait encore traversée. »

« Il y a eu une lueur d’espoir le premier jeudi noir. A environ 12h30, une annonce a été faite. Un groupe de banquiers rendraient disponible des sommes substantielles pour apaiser le manque de crédit et soutenir le marché. Juste après, Dick Whitney a traversé la salle des marchés de la bourse de New York. A 13h30, alors que la panique était à son comble, il a traversé la salle et d’une voix forte et intelligible, il a demandé à acheter 10.000 actions US Steel à un prix considérablement plus élevé que la dernière enchère. Il a ensuite hurlé d’autres ordres d’achat d’actions clés. »

« Nous avons eu la preuve que les banquiers s’étaient engagés à mettre fin à la panique. Et ils y ont mis fin ce jour-là. Le marché s’est stabilisé et a commencé à remonter. »

« Mais le lundi suivant a été terrible. Apparemment, les gens avaient réfléchi à la situation pendant le weekend, et le dimanche, en étaient venus à la conclusion qu’il vaudrait mieux pour eux de sortir. C’est là qu’est survenu le vrai effondrement. Le mardi. Quand les marchés ont plongé, et plongé, sans pouvoir s’arrêter. Les banquiers de Morgan ne pouvaient plus contenir la panique. C’était comme essayer d’arrêter les chutes du Niagara. Tout le monde voulait vendre. »

« Dans les salles de courtage du pays, les petits investisseurs – tailleurs, épiciers, secrétaires – fixaient des yeux les prix en chute libre dans un silence de plomb. Leurs espoirs d’une retraire aisée, d’une nouvelle maison, d’une éducation pour leurs enfants… tous se sont trouvés réduits à néant. »

« A la fin de l’année 1929, à l’approche de la nouvelle année, tout était question d’avenir. Personne ne savait que la Grande dépression approchait à grands pas – chômage, longues queues pour du pain, faillites bancaires – une telle chose était inimaginable. Mais la bulle avait éclaté. L’optimisme avait disparu, ainsi que la confiance, l’illusion de pouvoir devenir riche sans travailler. Une ère était révolue. On buvait aux années 30, mais on savait, au plus profond de soi, que la fête était terminée. »

 

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Jesse 13 abonnés
Visitez le Café Américain de Jesse pour des nouvelles rafraichissantes sur les marchés.
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