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Le lourd prix de l’ajournement du défaut de paiement

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Thorsten Polleit
Extrait des Archives : publié le 15 septembre 2016
1127 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Article du Jour

Le crédit est un outil merveilleux susceptible de favoriser la division du travail, et d’améliorer ainsi la productivité et la prospérité. L’octroi de crédit permet aux épargnants de répandre leurs revenus dans le temps, comme ils le désirent. En empruntant, les investisseurs peuvent élaborer des projets de dépense productifs qu’ils n’auraient pas pu se permettre de financer grâce à leurs propres ressources. 

Les effets bénéficiaires du crédit ne peuvent cependant que se présenter si le crédit et le système monétaire sous-jacents sont solidement établis sur les principes du marché libre. L’économie actuelle présente un problème majeur : le régime actuel de crédit et de monnaie ne correspond en rien à un système de marché libre.

A l’heure actuelle, toutes les devises du monde – qu’il s’agisse du dollar, de l’euro, du yen ou du yuan – représentent du papier sponsorisé par des gouvernements, et sont des monnaies fiduciaires. Ces monnaies ont trois caractéristiques principales. Premièrement, les banques centrales détiennent le monopole de leur production. Deuxièmement, elles sont créées au travers de prêts bancaires – à partir de rien – qui ne sont pas garantis par une épargne réelle. Et troisièmement, elles sont dématérialisées, et peuvent donc être produites dans n’importe quelles quantité.

Un régime fiduciaire souffre d’un certain nombre de défauts éthiques et économiques. Il est inflationniste, et cause inévitablement des épisodes de spéculation, génère des mal-investissements et des cycles de croissance et de récession, et encourage une accumulation excessive de dette. La monnaie fiduciaire favorise de manière injustifiée une poignée d’individus aux dépens de tous les autres : ceux qui les premiers reçoivent la nouvelle monnaie en profitent aux dépens de ceux qui la reçoivent plus tard (effet Cantillon).

Un problème demande notre plus grande attention : le fardeau représenté par la dette accumulée par un régime fiduciaire devient rapidement insurmontable. La raison première en est que la création de crédit et de monnaie à partir de rien, accompagnée par des taux d’intérêt artificiels, encourage le mal-investissement. Et ce dernier n’a pas la capacité de générer le capital nécessaire au remboursement futur de la dette accumulée.

Les gouvernements sont coupables d’accumuler une dette excessive, grâce aux banques centrales et à leur apport infatigable de crédit à taux très bas. Les politiciens financent leurs promesses grâce au crédit, et les électeurs acquiescent parce qu’ils s’attendent à bénéficier de la corne d’abondance gouvernementale. La classe au pouvoir et la classe des gouvernés espèrent toutes deux pouvoir repousser le remboursement de cette dette jusqu’aux générations futures.

Vient cependant un moment où les investisseurs ne souhaitent plus refinancer la dette arrivant à maturité, ou encore financier une nouvelle croissance de l’endettement des banques, des entreprises et des gouvernements. Dans une telle situation, la monnaie papier est vouée à s’effondrer : beaucoup s’inquiètent des défauts potentiels comme ennemis mortels du régime de monnaie fiduciaire. Une fois que les flux de crédit s’assèchent, la phase de croissance se transforme en une phase de récession. C’est exactement ce qui s’est produit dans de nombreuses régions du monde en 2008.

L’effondrement d’une devise fiduciaire peut rapidement se transformer en une dépression de grande échelle, c’est-à-dire en des faillites bancaires, des banqueroutes de corporations voire de gouvernements. L’économie se contracte brutalement, le chômage flambe. Un tel scénario sera toujours présenté comme une dure épreuve, plutôt que comme un ajustement économique rendu inévitable par les ravages du cycle de croissance précédent de monnaie fiduciaire.

Tout le monde – gouverneurs comme gouvernés – cherchera à échapper au désastre. Menacés par de grandes difficultés économiques et un désespoir politique profond, tous tourneront les yeux vers les banques centrales qui, hélas, imprimeront autant d’argent que possible pour maintenir à flots les emprunteurs, et en premier lieu les banques et les gouvernements.

L’activation des planches à billets sera perçue comme le dernier de tous les recours – une réaction que nous avons pu observer à de nombreuses reprises au cours de l’histoire troublée de la monnaie papier. Depuis la fin de 2008, de nombreuses banques centrales ont maintenu leurs banques commerciales sur pieds grâce à leurs émissions de crédit à taux zéro.

Et ces politiques ont en fait pour objectif de pousser les banques à émettre toujours plus de crédit et de monnaie fiduciaire. L’émission de toujours plus de crédit et de monnaie à des taux historiquement bas est souvent perçue comme un remède aux problèmes causés par l’expansion du crédit et de la monnaie à faible taux.

24hGold - Le lourd prix de l’a...

Ludwig von Mises comprit qu’une croissance de la monnaie fiduciaire ne peut que mener à l’effondrement du système économique. La seule question qui reste encore sans réponse est de savoir si cette conséquence sera précédée d’une dévaluation de la devise en question :

« La phase de croissance ne peut pas durer indéfiniment. Il y a deux alternatives. Soit les banques continuent d’émettre du crédit sans restriction et de générer des hausses de prix continuelles et une orgie de la spéculation, ce qui se termine, comme toute autre épisode d’inflation illimitée, par un effondrement du système de monnaie et de crédit. Soit elles s’arrêtent avant d’atteindre ce point, renoncent volontairement à l’expansion de crédit et laissent place à la crise. Dans les deux cas, une dépression s’installe ».  1

Une politique monétaire dédiée à éviter un défaut de crédit par tous les moyens ne pourra que nous mener vers une situation difficile : une dépression précédée d’une inflation. C’est un scénario assez similaire à ce qui est arrivé en France au XVIIIe siècle.

Selon Andrew Dickson White, la France a émis de la monnaie papier afin de remédier à des problèmes assez simples et a ainsi laissé place à quelque chose de beaucoup plus dangereux. Afin de résoudre un problème temporaire, un poison corrosif a été administré, qui a rongé les organes de la prospérité de la France :

La situation a progressé en accord avec une loi de physique sociale que l’on pourrait appeler « loi d’émission accélérée et de dépréciation ». Il aurait été assez facile de s’arrêter après une première émission. Il est devenu plus difficile de le faire après la seconde, et ainsi de suite.

Le commerce, les manufactures, les intérêts mercantiles, les intérêts agricoles, tous ont été ruinés. Tous ont souffert de la même destruction qui s’abattrait sur un Hollandais qui ouvrirait les digues pour arroser son jardin un soir d’été très sec.

Tout s’est terminé sur la prostration financière, morale et politique de la France – de laquelle seul Napoléon a pu la sortir. 2

 

  • 1. Ludwig von Mises. Interventionism: An Economic Analysis. Irvington-on-Hudson, N.Y. : Foundation for Economic Education, 1998. P. 40.
  • 2. Andrew Dickson White. Fiat Money Inflation in France, How It Came, What It Brought, and How It Ended. D. Appleton-Century Company Inc., New York et Londres : D. Appleton-Century, 1933. S. 66.

 

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