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Le mur de la dette souveraine française

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Publié le 20 novembre 2012
888 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Dans un précédent article nous avons étudié la composition de la dette publique française. Nous avons ainsi pu constater qu’elle était majoritairement constituée (à plus des trois quarts) de la dette souveraine, à laquelle nous allons nous intéresser dans cet article. Il existe un élément qui est moins souvent évoqué et qui pourtant risque d’être capital dans les mois et les années à venir. Il s’agit du profil d’amortissement des dettes, c’est-à-dire l’échéancier auquel le débiteur devra rembourser ses dettes.


L’obligation arrivée à échéance il faut en effet la rembourser, sous peine de défaut. Ceci ne peut se réaliser que de deux manières : avec un excédent budgétaire ou alors grâce à l’argent d’un nouvel emprunt. Dans ce deuxième cas on dit que l’emprunteur rolle [1] la dette, ou qu’il pratique de la cavalerie financière. Dans l’exemple de l’État français, qui n’a pas équilibré un budget depuis 1974, c’est ce deuxième moyen qui est employé. Et lorsqu’il y a un déficit budgétaire, non seulement faut-il prolonger les dettes arrivant à échéance, mais il y a en plus nécessité d’emprunter davantage pour combler ce nouveau déficit.


Le gouvernement français dévoilait le 28 septembre dernier le projet de loi de finances pour 2013. Celui-ci prévoit un montant d’émissions de dette à moyen et long terme (BTAN, OAT) net des rachats de 170 milliards d'euros. Pour simplifier, ce total se décompose en 109 milliards d’euros d’obligations arrivant à échéance en 2013 et en 61 milliards d’euros de nouveaux emprunts pour financer un déficit en hausse. Pour l’Agence France Trésor (AFT), à qui est confiée la gestion de la dette souveraine française, la majorité des besoins provient donc de la dette passée arrivant à échéance, c’est-à-dire du rolling de la dette.


Ce sont donc 170 milliards d’euros qui vont être émis sur les marchés à de nouvelles conditions. C’est précisément là que se trouve le risque : les prêteurs vont-ils avoir confiance ? Le niveau de taux d’intérêts pour emprunter sur les marchés financiers va-t-il baisser ou augmenter ? Les prêteurs vont-ils demander des taux prohibitifs ? Si l’on étudie l’histoire économique européenne récente, on s’aperçoit en effet que l’Italie, l’Espagne, l’Irlande et le Portugal (sans parler de la Grèce) ont ainsi vu cette année leurs conditions d’emprunt se dégrader considérablement, ce qui a amené la BCE à acheter sur les marchés secondaires des obligations des états concernés (elle a activé le Securities Markets Programme en mai 2010) :




Actuellement,  l’État français arrive à se refinancer à des conditions favorables. Par exemple, les conditions à 10 ans sont de 2,11%, ce qui est historiquement peu élevé :




Pour autant, comme déjà vu dans un article précédent, cette baisse de taux ne saurait être interprétée comme une marque de confiance des investisseurs ou un témoignage de regain de la solidité de l’économie. Elle est plus sûrement due à une méfiance moindre à l’égard de la dette française que vis-à-vis d’autres émetteurs européens et aux normes prudentielles bâloises incitant très fortement les banques à acheter des obligations souveraines pour se constituer des coussins de liquidité.


Si les obligations arrivant à échéance ont été souscrites il y a un certain temps, elles l’ont été à des conditions moins avantageuses que celles émises récemment. En rollant ses dettes, l’État français emprunte alors à un taux inférieur, ce qui permet de diminuer la charge de sa dette. C’est ainsi que l’on peut observer dans le budget une relative stabilité du poste ‘Charge d’intérêts de la dette’ malgré une forte augmentation de l’encours de celle-ci.




Les baisses de taux donnent ainsi une illusion de sécurité qui pourrait disparaître dès que les taux augmenteront. Les effets des éléments cités ci-dessus vont certainement s’estomper et les conditions d’emprunt risquent alors d’évoluer à la hausse dans les mois ou les années à venir.


Imaginons que les taux augmentent de 1,00% sur toutes les maturités en 2013. Le surcoût pour un stock d’émission de 170 milliards d'euros est de 1,7 milliard d'euros par an. Cela ne paraît pas insurmontable et semble assez indolore (au moins à moyen terme), mais il faut tout de même bien avoir conscience qu’il faudra le payer sur toute la durée de vie de l’obligation. Il y a un effet d’inertie assez important : l’augmentation (ou la diminution) des taux d’intérêts n’impacte que la partie du stock renouvelée.


Par contre, si l’on regarde les échéances futures des dettes souveraines, on s’aperçoit que ce sont plus de 470 milliards d’euros qu’il faudra renouveler dans les 4 prochaines années, en plus desquels il faudra emprunter pour les déficits futurs cumulés de 2013 à 2016.




Il est également à noter que cette dette est majoritairement détenue par des non-résidents :




Cette situation de dépendance par rapport à des financements étrangers rend l’État particulièrement vulnérable au renouvellement de la dette. Si le Japon peut se permettre de dépasser les 230% de dette publique, c’est que plus de 90% des détenteurs sont des résidents (parmi eux figure en bonne place la banque centrale).


Ainsi, c’est un véritable mur de la dette qui s’annonce pour le gouvernement français. Si à court ou moyen terme une augmentation des coûts d’emprunt semble peu problématique, l’État français est face à un véritable effort de crédibilité pour réaffirmer sa solvabilité, convaincre les investisseurs et ainsi réussir à franchir ce mur.


[1] de l’anglais ‘to roll’, qui signifie rouler

 

 

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Après un diplôme de Statisticien et d’Actuaire à l’Institut de Statistique de l’Université Pierre et Marie Curie (Université Paris VI), il a d’abord exercé la fonction d’économiste, avant de se tourner vers l’actuariat et l’ingénierie financière. Il travaille actuellement dans la direction financière d’une grande banque française.
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L'impôt qui décrédibilise
Par Henri Gibier

François Hollande s'impose, ainsi qu'à son gouvernement, de courtes vacances pour rassurer les Français ; il est permis de se demander si ce n'est pas l'inverse qui serait le plus efficace. C'est vrai sur un plan général, car si la crise de l'euro est derrière nous et si la reprise est à nos portes, comme l'a assuré le président, on ne voit pas bien pourquoi il faut maintenir sur le pied de guerre tout l'appareil de l'Etat et obliger les ministres à prendre leurs quartiers d'été à quelques heures de Paris. Voilà une façon bien anxiogène d'afficher sa sérénité. C'est encore plus évident quand il s'agit d'un sujet que la plupart de nos compatriotes - en tout cas ceux qui ont les moyens de prendre des vacances - tentent d'évacuer de leurs pensées estivalières : les impôts. Eux restent plus que jamais, et beaucoup trop, présents à l'esprit de nos gouvernants. Pendant l'hiver, on avait cru comprendre que les prélèvements, qui, sur leur seule lancée, vont battre en 2014 tous les records depuis plus d'un demi-siècle, allaient enfin cesser d'être appelés à la rescousse pour combler nos déficits publics récalcitrants. « En dehors d'une hausse de la TVA, il n'y aura aucune autre augmentation d'impôts », avait affirmé le chef de l'Etat le 28 mars, sur France 2. Las, lors de la conférence de presse du 16 mai, cet engagement n'était déjà plus présenté par l'intéressé que comme un « idéal ». Même s'il reconnaissait encore le 1 er juillet, qu'un alourdissement de la pression fiscale « serait contradictoire avec la volonté d'accélérer la reprise », François Hollande a fait un nouveau pas en arrière lors du traditionnel entretien du 14 juillet : il n'y aura de hausses d'impôts en 2014 « que si elles sont indispensables ».

Lorsque le premier personnage de l'Etat, celui qui fixe le cap de l'exécutif, s'autorise un tel flou sur une question si binaire - y aura-t-il plus ou moins d'impôts à payer l'an prochain ? - tout devient possible. Et c'est bien ce qui se passe depuis les premières vagues de départs en vacances des juillettistes. Le ministre de l'Economie a averti de son côté qu'il allait tenter de « limiter » la hausse des prélèvements obligatoires en 2014 à 0,3 % du PIB, ce qui représente tout de même 6 milliards d'euros supplémentaires. Son homologue du Travail a eu la gentillesse de préciser que cela se ferait « avec intelligence et subtilité ». MDR

Aujourd'hui, les paroles et les actes se déjugeant à grande vitesse , cet été risque d'être meurtrier pour la crédibilité du pouvoir et, au-delà, de toute la politique.

IL a déjà perdu toute crédibilité .
Au fait quand on parle de la france à l'étranger on ne parle QUE des impôts .
Pauvres conettribuables que vous êtes.
un autre angle de vues:
http://www.atlantico.fr/decryptage/regle-or-realite-tetue-dette-qui-depuis-38-ans-jamais-permis-generer-croissance-necessaire-remboursement-simone-wapler-549484.html?page=0,1
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RalphZ - 20/11/2012 à 11:02 GMT
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